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légèrement sucrée , et non à des aliinens qui ne sont pas encore faits pour cet âge. Lorsque le temps que nous avons indiqué plus haut est arrivé , on commencera à donner à l’enfant du lait de vache coupé avec parties égales d’une crêmede gruau ou de riz; ensuite on passera insensiblement aux bouillies de fécule de pomme de terre, de froment, aux panades préparées de diverses manières, que l’on mêlera un peu plus tard avec du bouillon gras.
On demande à quelle époque il convient de retrancher entièrement le lait aux enfans. Nous avons déjà dit que la nature avait indiqué elle-même cette époque : c’est lorsque la dentition est assez avancée pour qu’ils puissent broyer complètement les alimens , ce qui arrive en général après la sortie des vingt premières dents , que l’on a nommées pour cette, raison dents de lait. Cette époque est plus ou moins avancée chez les différens enfans , mais on peut s’en assurer par l’inspection de la bouche. Cette première dentition s’achève ordinairement de dix-huit mois à deux ans. (V. Dentition. ) Ce serait donc vers cet âge qu’il conviendrait de sevrer entièrement les enfans; il est cependant très-rare que l’on attende jusqu’à cette époque , et on les sèvre généralement vers le douzième ou le treizième mois , toutes les fois qu’ils se portent bien et qu’ils ont subi la crise occasionée par l’éruption des dents incisives. Sevrer les enfans avant cet âge nous paraît en opposition manifeste avec les intentions de la nature; et quoiqu’il ne manque pas de mères qui citent leurs enfans comme des modèles de force et de santé, quoiqu'ils aient été sevrés beaucoup plus tôt, de tels exemples ne doivent point faire autorité , parce qu’ils sont évidemment des exceptions.
Quelle que soit au reste l’époque qui aura été choisie pour sevrer l’enfant , l’on ne doit pas le faire brusquement; la nature n’agit point ainsi; mais il faut y procéder d’une manière lente, graduée , insensible ; l’on augmente peu à peu la quantité de nourriture supplémentaire qu’on lui donne habituellement. Il est prudent, jusqu’au onzième ou douzième mois , de rie puiser ce supplément de nourriture que dans le règne végétal, conjointement avec le lait de la mère. À celte époque on peut y ajouter un peu de gelée de viande, des potages préparés au bouillon de bœuf, quelques morceaux de rôti de veau , de poulet. Il convient , et l’on ne saurait trop insister sur cepoint, de n’angmenter que d’une manière lente et progressive la.nourriture que l’on donne à l’enfant avec le lait de sa nourrice ; ce lait favorise la digestion des diverses substances qa’oq; lui, associe',, et ce genre d’alimentation mixte sert de transition -pnpr arriver enfin à une noumfire plus solide, qui
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doit être insensiblement celle de toute la vie. Si l’enfant avait encore l’habitude, de téter plusieurs fois, on éloignerait peu â peu les, intervalles auxquels on lui donnait ordinairement le sein , et la nourrice. mettra plusieurs semaines , et même quelques mois s’il le faut, pour arriver plus doucement à ce but. Par ce moyen , l’enfant s’habitue peu à peu à se passer du mamelon, et il franchit presque toujours sans accident cette crise de sevrage, qui dès lors n’en est point un pour lui. Le lait n’étant plus qu’un aliment accessoire, il devient facile de distraire l’enfant de l’habitude de téter ; et comme d’un autre côté la nourrice ne donne le mamelon qu’à des intervalles de plus en plus éloignés , le lait.tarira insensiblement, et elle finira par le perdre sans le secours d’aucune médecine, sans douteur, comme sans danger.
S’il arrivait néanmoins que, par une cause quelconque , la nourrice fût obligéejde cesser tout à coup de donner le lait à son enfant, elle devrait prendre quelques précautions pour elle-même, et éviter autant que possible l’engorgement des mamelles. Rien ne saurait être plus avantageux dans ce; cas que de diminuer considérablement la quantité ordinaire de ses alimens, de se condamner même pendant le premier ou le second jour à une diète complète. Il faut en même temps opérer une dérivation du côté du. canal intestinal, par l’administration de quelques purgatifs légers , qui serve à entretenir la liberté du ventre. A cet effet, on fait dissoudre une once de sel de Glauber ou de Sedlitz dans une pinte d’eau ou de petit lait, que l’on boit par verrée toutes les deux ou trois heures. Le jour qui suit cette purgation , la nourrice doit prendre pour sa boisson ordinaire du bouillon de veau ou du bouillon aux herbes, dans le butde calmer l’irritation que le purgatif aurait pu déterminer sur le canal intestinal. Mais, je le répète, ces précautions ne seront jamais nécessaires lorsque l’enfant aura été sevré par degrés et de la manière qui vient d’être indiquée.
Doit-on , après le sevrage , donner à l’enfant un vomitif , puis un purgatif , ainsi que le pratiquent certaines personnes? Si un usage était bon par cela seul qu’il est invétéré, on devrait admettre, celui-ci ; on devrait aussi continuer celui du maillot dans lequel on a garrotté et estropié les enfans pendant des siècles , et dans lequel on enchaînerait encore leurs membres délicats, sans la voix éloquente du sage de Genève. Les vomitifs sont daingereux pour les enfans , parce que les secousses que les efforts du vomissement impriment à tout le coj-ps peuvent déterminer des congestions vers les poumons, vers le cerveau, et donner lieu à des accidens plus ou moins graves. Les vomitifs et les purgatifs sont en outre des irritans qui ne
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sont nullement en rapport avec la susceptibilité de leur canal intestinal. Ces remèdes de précaution doivent donc être bannis impitoyablement; ils ne peuvent convenir que dans certaines maladies, et encore les cas où l’emploi peut en être de quelque utilité sont-il|> infiniment rares.
Le mode de sevrage que nous avons indiqué est celui qui convient généralement dans les cas où l’enfant jouit d’une bonne constitution ; mais s’il était né avec une disposition aux scrofules, au rachitisme, coîhme cela arrive si fréquemment dans les grandes villes et dans certaines localités indépendantes de l’entassement des hommes, on devrait prendre certaines précautions particulières dont nous avons parlé dans un autre article. ( V. Scrofules. )
SODA ou fer chaud. (V» Cardialgie. )
SPASMES. (V. Convulsions et Névroses. )
SPLEEN. Cette expression , employée en Angleterre par les gens du peuple, voudrait dire maladie de la rate. On sait que les anciens plaçaient le siégé de la joie dans la rate * et qu’ils croyaient que l’engorgement , ou , comme ils s’exprimaient , Voppilation de cet organe devait produire la mélancolie. 11 est, je pense, bien inutile de nous arrêter à réfuter ce préjugé, qui n’ést plus aujourd’hui partagé par personne. Le spleen' des Anglais n’est autre chose que ce que nous nommons hypo- -éondrie. Cette maladie, ainsi que nous l’avons fait voir dans cet article (V. Hypocondrie) , est une irritation chronique des organes de la digestion ; compliquée d’une irritation de ceux de l’intellect , c’est-à-dire du cerveau. Tous les individus qui font de fréquens excès de table , dont les sens, toujours agités par des plaisirs sans cesse renaissans, finissent par s & blaser, ou dont le cerveau est continuellement excité par l’ambîtion des richesses ou des honneurs , etc. ; ceux-là, dis-je, contractent facilement ces mtatiôns des organes digestifs et cérébraux , d’oU résultent non-seulement une perturbation de la digestion, mais encore ce dégoût de toutes choses, ce tædium vitæ qui fait regarder l’existence comme un insupportable fardeau.
Dire le traitement qui doit être conseillé aux personnes qui se trouvent dans cet état, ce serait répéter ce que nous avons déjà dit ailleurs, puisque le spleen, sous un autre nom, est la même maladie que l’hypocondrie.
SYNCOPE, défaillance , lipothymie 3 évanouissement , faiblesse . On donne le nom de syncope à une suspension ordinairement
subite de l’action du coeur, accompagnée de la cessation de la
respiration , du sentiment et du mouvement Si là respiration et la circulation persistent, quoique à un faible degré, et qu’il y ait suspension presque complété du sentiment et du mouvement, on l’appelle lipothymie. Enfin ôn donne le nom de défaillance à un état de malaise , accompagné de pâleur du visage , de vertige , de diminution dans les mouvemens , d’obseurGissement des sensations, de faiblesse du pouls; le malade sent qu’il va perdre connaissance. Il est évident que ces trois états ne sont que des degrés différens de la même affection , dont la défaillance ou la faiblesse est lé premier , la lipothymie le second, et la syncope le troisième.
On connâît qu’une personne est tombée en syncope aux symptômes suivans : dans le plus grand nombre des cas, elle se trouve privée tout à coup du sentiment et du mouvement; une pâleur excessive, accompagnée de sueur froide , se répand sur tout son corps ; lés membres restent souples , et quelquefois agités de légères convulsions; la circulation du sang, ainsi que la respiration, sont suspendues; ôn dirait la personne frappée de mort , et cet état ne diffère réellement en apparence de la privation de là vie qu’en ce qu’on peut encore apercevoir un faible mouvement du cœur, et qu’on peut le faire disparaître assez promptement. Les malades reviennent en effet presque subitement à la connaissance, sans l’emploi des moyens qui vont être indiqués ; ils paraissent alors Sortir d’un profond sommeil et ne ressentent aucune douleur. Quelquefois l’évanouissement est moins complet; il est précédé de langueur, de nausées , de tirâillemens dans les membres , d’éblouissemens ; la respiration et la circulation du sang ne sont pas entièrement suspendues ; les malades ne perdent pas complètement la connaissance ; ils entendent dés bourdonnemens, dés sifflemens , etc.
La cause première , ou plutôt la nature de la syncope , paraît dépendre du défaut d’une quantité suffisante de sang dans le cerveau. Il est en effet démontré que le phénomène le plus saillant de eétte affection, la perte de connaissance , est toujours déterminé par l’interruption dë Faction vivifiante du sang sur le cerveau. Quant aux causes secondaires qui peuvent donner lieu à cet accident, elles sont directes ou indirectes : j’appelle directes celles qui , diminuant la quantité du sang, privent le cerveau de la portion qui lui est nécessaire pour remplir ses fonctions. De ce genre sont lès pertes de sang, soit spontanées , comme les hémorragies nasales , utérines , Celles delà poitrine, du canal intestinal, etc. , ou produites par la rupture d’un vaisseau sanguin, soit artificielles , comme Celles qui résultent d’uqe saignée ou d’une plaie. Dans tous ces cas,
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on voit la circulation du sang s’arrêter d’abord et les autres phénomènes survenir successivement. L'affaiblissement qui a lieu à la suite des longues maladies peut aussi donner lieu à la syncope, à cause de la diminution de la masse du sang. Les causes secondaires indirectes sont les douleurs aiguës , les vives émotions morales, certaines odeurs, la vue d’objets effrayans ou désagréables : ces causes , sans diminuer la masse totale du sang, agissent de manière à suspendre les mouvemens du cœur par l’intermédiaire du cerveau, et une fois ce mouvement suspendu, arrive la défaillance ou la syncope. Certaines maladies du cœur déterminent aussi très-souvent cette affection, parce que la circulation du sang se trouve troublée, et que ce fluide est retenu en trop grande quantité dans cet organe. Il est tellement vrai que la syncope dépend de la trop faible quantité de sang, ou au moins de son inégale distribution, que tous les moyens propres à faire cesser cet état tendent . à rétablir la circulation. Ainsi, quand une personne placée dans la situation verticale tombe en syncope sous l’influence d’une saignée ou d’une perte de sang quelconque, il suffit presque toujours de la coucher horizontalement pour dissiper l’évanouissement. Dans ce cas , on ne fait que faciliter vers lé cerveau l’arrivée du sang dont il se trouvait privé. C’est encore de la même manière que l’on agit quand on desserre les vêtemens des personnes qui tombent en syncope, et l’on sait que ce seul moyen suffit souvent pour faire cesser tous les accidens. Les aspersions d’eau froide contre le visage ou la poitrine , l’exposition à l’air,, les odeurs fortes telles que celles d’ammoniac,, d’acide acétique, les douleurs vives, le chatouillement , les secousses électriques sont, après les précédens, les meilleurs moyens de rappeler les syncopés à la connaissance. L’eau froide, jetée avec force et par aspersion au visage du défaillant, manque rarement son effets surtout dans les syncopes qui dépendent d’unë perte de sang, de l’affaiblissement provenant d’une longue maladie. Ce moyen simple et facile suffit toujours seul pour dissiper l’état de défaillance qui accompagne ou qui suit ordinairement la saignée. En général, la syecope cesse brusquement, par l’emploi de quelques-uns de ces moyens, comme elle s’était manifestée. Mais il ne suffit pas de faire cesser l’accident passager qui constitue la syncope ; comme cette affection, ainsi qu’on vient de le voir , peut être produite par une infinité de causes, il en résulte qu’il faut s’attacher ù combattre ces causes., si l’on veut obtenir une guérison radicale. Dans tous les cas où elle est occasionée par une maladie du cœur, des poumons , comme il arrive aux personnes attéintes d’anévrisme , de tubercules pulmonaires ou
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de tout àuti'e organe,' outre que l’on fera cesser là syncope chaque fois qu’elle aura lieu par les moyens précités, on cherchera aussi à procurer la guérison de ces maladies. Comme il a été question dans les divers articles de ce dictionnaire de la connaissance et du traitement de ces maladies, on sent que ce serait; nous répéter inutilement que d’entrer à cet égard dans de plus longs détails.
Les -femmes grosses sont très-sujettes à tomber en défaillance, surtout quand elles sont d’une constitution débile et dans les •premiers mois de la gestation; Cet accident ne doit point inquiéter, s’il n’est accompagné d’aucune autre maladie ; il est facile de le faire cesser en desserrant les vêtemens de la femme, en lui faisant respirer un air libre et frais, et en lui jetant qnelques gouttes d’eau froide au visage. Au reste , cette disposition- A se trouver mat se dissipe toujours d’eUe-même à mesure que la grossesse avance, et il est très-rare qu’elles soient sujettes à cette incommodité jusqu’à la fin.
Certaines asphyxies ont une telle ressemblance avec la. syncope , qu’il serait -difficile , pour ne pas dire impossible , de lés distinguer de cette affection , si on ne connaissait en même temps des causes qui les ont produites. Dans l’asphyxie par l’eau, par le froid, par. certains gaz délétères, il y a perte de mouvement, de sentiment , cessation de la respiration et de la circulation , comme dans la syncope la plus complète. Les moyens. d’y remédier ont été indiqués dans un autre, article, (V. Asphyxie.) ... ; ; : -
SYPHILIS, vérole,, maladie vénérienne. Nous ne nous arrêterons pas à discuter daus cet article l’origine de la syphilis, parce que la solution de cette question n’est d’aucune importance pour celui qui veut seulement savoir par quels moyens l’on peut s’en préserver ou s’en guérir lorsqu’on en est affecté. D’ailleurs l’origine de cette maladie est très-obscure ; et , après bien des recherches et des disputes, on est encore à savoir. si elle a été apportée d’Amérique par les Européens, ou si ces derniers l’ont eux-mêmes portée en Amérique, ou enfin si elle s’est développée spontanément parmi nous. .
Quoiqu’il en soit de ces questions oiseuses , la maladie syphilitique se compose d’une foule de phénomènes morbides , dont la plupart se manifestent à la surface du corps. Ces phénomènes ou symptômes sont ou primitifs, ou consécutifs. On les appelle primitifs, quand ils se manifestent très-peu de temps après l’infection, et consécutifs quand la syphilis, n’ayant pas été bien traitée dès le principe , se renouvelle et devient plus générale.
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Parmi les symptômes de la syphilis primitive,, en trouve d’abord l’inflammation de la membrane muqueuse qui a été mise en contact avec des parties infectées. Dans cette inflamm'ation il existe d’abord, comme dans toutes les autres , un sentiment de douleur, de démangeaison , de chaleur ; la sécrétion des mucosités , d’abord tariez devient ensuite plus abondante. Quoique toutes les membranes muqueuses soient susceptibles de contracter cette inflammation, celle du canal de l’urètre chez; l’homme , de la vulve et de l’urètre chez, la femme en sont le siège le plus ordinaire , parce que cés parties sont plus que toutes les autres exposées au contact par lequel cette affection se communique. L’irritation urétrale et vaginale est alors accompagnée d’un- écoulement blanchâtre , qui survient ordinairement du troisième au huitième jour après l’infection. C’est à cet- écoulement qu’on donné le nom de blennorrhagie, de gonorrhée, ou , plus vulgairement, de chaude-pisse. La blennorrhagie est- la forme la plus fréquente , et en même temps la plus simple et la plus bénigne de la syphilis ; ellé esl.à la muqueiise' de i’urètre et du vagin ce qu’est un catarrhe: à la muqueuse du nez. On a mis cette forme , ou plutôt ce catarrhe an rang de la syphilis, parce qu’un individu qui en est affecté communique souvent un autre individu un bubon, un chancre, au lieu d’un catarrhe analogue.
Le bubon est une tumeér qui se manifesté aux glandes -des aines,- rarement à celles des aisselles, surtout dans la syphilis primitive, à moins que les doigts n’aient été mis en contact avec des parties infectées, comme cela peut arriver aux accoucheurs et aux sages-femmes , été. Lé bubon augmente de volume pendant huit ou neuf jours, puis il së dissipe ou passe à l’état de suppuration , ou bien il reste long-temps' indolent, fpéssé: à -Uétàt chroniqaé, et -présente les: mêmes caractères qu’uiië tumeur scrofüleusëmndolente.
D’au très fois la blenriorrhàgiè donne liexi â^uri chancre. Uü pétit bouton se manifeste sur la zùeinbrané muqüèasë du prépuce", du gland, delà vülvë, dit clitoris, etc. Ce bouton Oecasione d’abord dé .la démangeaison, puis il blanchit vers la pointe , se rompt , et laisse un ulcère plus ou moins large avec des bords taillés à pic, ainsi que le sont d’ailleurs tous les ulcères des membranes muqueuses , qu’ils soient l’effet d’ude affection syphilitique ou qu’ils ne lé soient pas. Cet ulcère s’étend plutôt en largeur, qu’en profondeur. Le chancre ne se transmët'püS.'seülemënt par le pus de la blennorrhagie , il se communiqué aussi parle pus d’un autre chancréV ;
Dans quelques circonstances , cé sont des végétations pustuleuses qui se développent sur la peau dans Je voisinage des
parties qui ont été infectées ; mais quand ces pustules surviennent dans des points éloignés, elles ne sont plus primitives , et elles ont généralement alors une couleur cuivreuse. Quand elles sont primitives, on les trouve fréquemment sur le prépuce, autour de la marge dè l’ariu.s , de là vulve.
Les quatre symptômes que nous venons d’énumérèri, savoir: la blennorrhagie, .les bubons, les chancres et les végétations pustuleuses , se montrent ou seuls ou plusieurs simultanément. Ainsi on peut voir un individu attaqué en même temps d’écoulement par le canal de l’urètre et de bubons aux aînés , d’écoulement et de chancres, etc. Il arrive assez souvent que la blennorrhagie s’arrête tout â coup, et qu elle se trouve remplacée par un engorgement des testicules : c’est ce qu’on appelle improprement chaude-pisse tombée dans lês bourses • quelquefois la blennorrhagie éf l’engorgement du testicule existent én même temps. Sous Iq.mot.. sarcocèle \naps .avons parlé très en détail de cet accident ( Y. Sarcocè le ). Tels sont les signes les plus ordinaires de la syphilis primitive. ; .
La syphilis consécutive ou la vérole est celle qui , ainsj qu’on l’a vu plus haut, survient â.la suite de la primitive , à une époque plus ou moins éloignée de l’infection , et quand la guérison des premiers symptômes n’a pas été complète. On la divise encore en syphilis ou vérole consécutive, simple, c’est celle qui a lieu toutes les fois que les phénomènes syphilitiques surviennent peu de temps après la disparition des premiers symptômes , et en syphilis constitutionnelle^ qui ne se déclare qu’après plusieurs mois , ci même après une ouplusieurs années. On lui donne alors le nom de constitutionnelle, , parce qu-’on suppose que la maladif, est devenue générale et qu’elle a envahi toute la constitution.
Les signes auxquels on peut reconnaître la syphilis^coasécutive se manifestent ordinairement dans l’ordre suivant; : ce sont des ulcères qui reparaissent quelquefois aux parties sexuelles, d’autres qui surviennent aux lèvres, à l’arrièrebouche, aux amygdales, au voile du palais , aux fossesmasales ( ces ulcères de la bouche peuvent être primitifs, ou consécutifs : primitifs quand ils sont la suite d’un contact immédiat , consécutifs dans toute autre circonstance ) ; des raglrades où fissures à l’extrémité du réctum , aux mains , autour des orteils, des bubons aux aines, et quelquefois aux aisselles et au epu ; des pustules à îa;peau, croûteuses , sèches ou suppurées,,,;d£ formes diverses ,, ,et le. plus souvent d’une couleur violacée, jaune ou .cuiyrée, des excroissances et des yégétations pustuleuses aux parties sexuelles , et qui, suivant qu’elles sont isolées ou groupées ensemble , prennent différens noms , tels que
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ceux dé poireau, de crêtes de coq, de fraises, de chouxfleurs , etc. ; des douleurs dans les os, augmentant pendant la nuit par le séjour au lit : ces douleurs , qu’on nomme Ostéocopes , se font principalement sentir dans les os qui se trouvent immédiatement sous la peau , tels que ceux du crâne, du nez, les clavicules , le sternum, les tibia. Il se développe quelquefois sur ces mêmes os des tumeurs dures , plus ou moins arrondies , douloureuses , et elles peuvent aboutir à la carie , à la nécrose, à un ramollissement des os accompagnée de suppuration abondante. Le gonflement est d’abord produit par l’inflammation du périoste; l’irritation de celui-ci passe à la substance osseuse et la détruit. On observe encore des douleurs de tète plus ou moins violentes, des ophthalmies opiniâtres qui peuvent entraîner la perte des organes de la vision ; on voit des sarco cèles ou engorgement des testicules , la chute prématurée des cheveux, quelquefois la chute des ongles , la contracture et le tremblement des membres; quelquefois des attaques d’épilepsie , des caries du larynx, qui donnent lieu à la raucidi.té et même à la perte de la voix, à la phthisie , à un marasme universel , et enfin, après de longues souffrances, à la mort;
Un pareil tableau est sans doute effrayant : nous pourrions lé rendre plus sombre encore si nous voulions parler des ravages' horribles que cette maladie f ait chez * quelques individus. j’en ai vu , dans l’hôpital des vénériens à Paris, dont les os de la mâchoire inférieure et supérieure ; ceux du nez et du palais avaient été tellement détruits par la carie , que lés yeux paraissaient n’être plus contenus dans les orbites , que la langue, restée comme un appendice informe , ressemblait à un lambeau de chair suspendu par sa base , én sorte que ces malheureux /défigurés d’une manière horrible, étaient obligés de se couvrir d’un masque, pour n’être pas un objet d’horreur et de dégoût à eux et aux personnes même les plus accoutumées à ce genre de spectacle. J’en ai vu dont les entrailles avaient été baises à nu par de larges ulcères qui avaient détruit les parois de l’abdomen. Chez plusieurs les organes sexuels sont si gravement affectés qu’ils tombent en lambeaux, ou qu’on est obligé d’en pratiquer l’excision pour arrêter les progrès du mal.
Hâtons-nous de dire néanmoins qii’il est assez rare aujourd’hui qu’on néglige ces maladies au point de leur laisser prendre un développement aussi effrayant, qu’il est plus rare encoré de trouver réunis chez un même sujet tous, ou même le plus grand nombre dés symptômes qui viennent d’être énumérés. On ea rencontre rarement plus dedeux^ou trois en-
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semble, et il suffit d’uu seul bien caractérisé pour faire reconnaître la syphilis. Ainsi, un ulcère à la gorge, une excroissance pustuleuse sur les parties sexuelles, un bubon consécutif , c’est-à-dire venant à la suite de la disparition des symptômes primitifs, suffiront, même pris isolément, pour l’indiquer.
Les symptômes les plus communs de la vérole sont des ulcères rebelles, des taches cuivreuses ou croûtes syphilitiques à la peau, des dartres et des végétations; puis l’alopécie, les douleurs ostéocopes, les tumeurs sur les os , la carie. Lorsque ces affections ne sont point détruites, elles pénètrent de l’extérieur à l’intérieur ; les viscères participent à l’irritation de l’enveloppe du corps , mais le plus souvent on com-' munique cette irritation aux viscères par le traitement que l’on emploie.
Quelquefois la vérole se manifeste d’une manière générale, sans qu’on ait observé aucun phénomène primitif : c’est ce qu’on appelle la vérole d’emblée 3 dont les symptômes sont d’ailleurs les mêmes que ceux qui viennent d’être décrits.
Des causes de la syphilis , et du traitement qu’il convient de lui appliquer. Il est indubitable que la syphilis qu’on nomme primitive se communique par le contact. Ainsi un individu affecté de blennorrhagie peut la communiquer à un autre individu si la matière de l’écoulement se trouve en contact avec la membrane muqueuse des organes sexuels : cette même matière peut aussi donner lieu à des chancres, à des bubons. Ce n’est pas seulement par le contact des organes sexuels que la transmission peut avoir lieu ; elle est aussi communiquée par les yeux, le nez,, la bouche, les seins, l’anus, et en un mot par toutes les ouvertures des membranes muqueuses qui sont mises en rapport avec la matière contagieuse. On a vu des personnes être infectées de chancres aux lèvres, en se servant d’un verre dans lequel avaient bu des individus portant des chancres à la bouche ou aux lèvres ; d’autres, en s’asseyant sur les lieux d’aisance où s’étaient assis auparavant des individus affectés de blennorrhagie. Le même accident est quelquefois arrivé dans les bains. Des baisers lascifs sur les yeux, sur la bouche , servent assez souvent de moyens de communication. Les individus affectés de blennorrhagie qui , après avoir porté leur doigt sur leurs organes sexuels , les reportent ensuite à leurs yeux , se sont quelquefois inoculé à eux-mêmes une ophthalmie vénérienne des plus violentes. Il est inutile au reste d’énumérer plus au long les différentes manières dont la syphilis peut se communiquer ; il suffit de savoir que l’union des sexes n?est pas le seul moyen de transmission, quoiqu’il soit sans aucun doute le plus ordinaire,
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Il existe aujourd’hui une discussion très-vive parmi les médecins relativement à la nature de la syphilis. Tous s’accordent à la regarder comme contagieuse ; mais les uns admettent l’existence d’un virus qui peut non-seulement développer des symptômes syphilitiques sur les parties où il est appliqué , mais qui peut circuler dans le corps et aller produire ses effets sur différens points, même après un long espace de temps ; les autres rejettent au contraire cette idée d’un virus restant plusieurs mois, et même plusieurs anne'es, sans donner lieu à aucun accident, et ne faisant ensuite explosion qu’après cet espace de temps. Dans des discussions de cette nature , il vaut beaucoup mieux s’en tenir à ce que démontre l’expérience que de s’appuyer sur des hypothèses hasardées. Gr, il est certain que la blennorrhagie est une inflammation de la membrane muquepse de l’urètre communiquée par une autre blennorrhagie ; il est certain que cette matière purulente qui constitué l’écoulement peut donner lieu non-seulement à une blennorrhagie, mais encore à d’autres formes , tels que chancres, bubons, etc. ; il est également certain qu’une inflammation du canal de l’urètre peut être produite par divers autres corps irritans introduits dans ce canal, et qu’il en résulte un écoulement absolument semblable à eelui qui résulte du rapprochement des sexes. On sait que la blennorrhagie , que les chancres et les bubons se terminent quelquefois d’eux-mêmes, sans le secours d’aucun traitement et sans qu’il en résulte aucun accident plus tard. On sait aussi que dans certains cas où ces maladies ont été arrêtées brusquement et dès les premiers jours de leur apparition , il est survenu plus tard des symptômes d’infection générale , et que dans d’autres circonstances semblables aucun accident ne s’est manifesté. D’après toutes ces données , qui sont positives , il est inexact de dire que la syphilis devient toujours constitutionnelle , si on ne la traite pas convenablement quand elle est primitive, et quand on n’a pas eu recours aux médicamens appelés antisyphilitiques; car il est trèsrare aujourd’hui qu’une blennorrhagie, traitée par les émoiliens, sans aucune préparation mercurielle, dégénère ensuite en vérole constitutionnelle; et l’on est tellement convaincu que la blennorrhagie n’est autre chose qu’une inflammation1 , qu’un catarrhe de la membrane muqueuse de l’urètre, qu’un bubon n’est autre. chose qu’une inflammation glandulaire, que l’on n’emploië pas d’autre traitement que celui auquel on a recours dans toute autre inflammation , quelle que soit la cause qui l’ait produite.
La question devient plus compliquée, lorsqu’il s’agit de la syphilis constitutionnelle dont les symptômes, ainsi que nous
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l’avons dit, apparaissent plusieurs semaines, plusieurs mois, et même des années après l’infection. Tous les individus ne sont pas également susceptibles de contracter cette maladie. II y en a même qui ne la contractent jamais, quoique s’exposant souvent et sans aucune précaution aux causes qui la déterminent chez d’autres avec la plus grande facilité. C’est qu’ici, comme dans toute autre maladie , deux conditions sont requises; d’abord la disposition des organes et l’action des causes : l’une ou l’autre de ces conditions venant à manquer, la maladie ne se développe pas. Une disposition inflammatoire Favorisé surtout l’explosion des symptômes vénériens, tels que les chancres , les ulcères, les choux-fleurs, les croûtes syphilitiques, les poireaux, les fraisés, les végétations de toute espèce, lès périostoses, les exostoses, la Carie, etc. La constitution lymphatique rend d’un autre côté cette maladie extrêmement rebelle, en sorte que chez les individus doués de cette constitution , il devient quelquefois très-difficile de la faire disparaître, quel que soit le traitement que l’on mette en usage.
Pour jeter quelque jour sur la question qui nous occupe, pour voir jusqu’à quel point l’on peut attribuer à la présence d’un virus ou à d’autres causes les phénomènes dont l’ensemble compose la syphilis, nous allonsextraire des Archives générâtes de médecine les observations que le docteur Ratier a faites à l’hospice des vénériens de Paris , dans les salles dirigées par M.Cullerier. Il serait difficile de trouver ailleurs que dans cet établissement les mêmes moyens d’investigation, et de puiser des ren- Seignemens à une meilleure source. L’hospice des vénériens est le refuge où la classe dès ouvriers de la capitale de l’un et de l’autre sexe , et les filles publiques viennent chercher la guérison lorsqu’ils sont atteints dë syphilis. Ayant suivi nous-même pendant assez long-temps les divers Iraitemens mis en usage dans ce vaste hospice, nous avons eu occasion de nous assurer de la justesse de ces observations. On trouvera en même temps dans cet extrait çe qui est relatif au traitement de la syphilis soit primitive, soit consécutive.
On sait, dit l’auteur de l’article que je rapporte, ejue chez les malades ayant eu des phlegmasies contagieuses des parties génitales, il se manifeste, après un intervalle de santé qui peut être extrêmement long, si l’on en croit les auteurs, de symptômes consécutifs plus ou moins graves qu’on a coutume d’attribuer au virus vénérien. Ces affections s’observent chez ceux qui ont été traités sans mercure, mais elles ont lieu également après les traitera eh s mercuriels les plus complets. Nous avons observé des faits de l’ün et de l’autre genre : M. Cülleriér en possède an grand nombre. Il est bon de -remarquer
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que le traitement mercuriel ne met pas à l’abri des récidives, et que tout individu ayant eu la syphilis , peut, quelque traitement qu’il ait subi , conserver l’inquiétude de voir paraître des symptômes d’infection constitutionnelle. Or , s’il venait à Être établi, par un nombre suffisant d’observations , que les récidives se trouvent en proportion égale dans un délai donné chez les malades traités par la méthode rationnelle et chez ceux qui ont pris du mercure, on devrait renoncer à employer ce remède , au moins aussi généralement qu’on le fait à présent. Bl. Cullerier a d’ailleurs observé que les symptômes consécutifs se montraient principalement chez ceux qui avaient eu des symptômes primitifs opiniâtres, et qui avaient été obligés de faire plusieurs traitemens mercuriels ; et que de plus les mercuriaux réussissaient assez mal en général contre ces affections secondaires , et qu’elles guérissaient mieux par d’autres moyens. Nous avons vu guérir parfaitement des affections consécutives sous l’influence du traitement rationnel dont nous avons parlé plus haut. Ajoutons que des affections considérées généralement comme dépendantes de l’infection vénérienne antérieure , telles sont les ulcérations de la gorge, des caries, des pustules cutanées, peuvent se montrer chez des sujets chez qui l’examen le plus attentif des parties, et l’interrogatoire le plus scrupuleux, n’a pu faire découvrir aucune trace physique ni morale d’affection primitive.....
La blennorrhagie, un des symptômes qu’on observe le plus fréquemment à l’hôpital, soit isolément, soit réunie aux chancres, aux bubons et aux végétations, a été un sujet de discussion. Quelques auteurs prétendent que la phlegmasie urétrale , suite d’un coït suspect, n’est pas syphilitique et ne donne pas lieu aux affections consécutives que l’on observe après les chancres, par exemple. M. Cullerier est porté à partager cette opinion : il traite la blennorrhagie comme une inflammation aiguë; il fait appliquer des sangsues au périnée, et même le long de la verge. Celte médication, employée énergiquement au début, fait quelquefois avorter la maladie, ou tout au moins en abrège la durée. Elle est secondée par les bains généraux et locaux, le repos et le régime. Quand les symptômes inflammatoires ayant cessé, l’éeoulement persiste , il ne fait pas difficulté de prescrire le baume de copahu pour la terminer. (Voyez, pour l’administration de cette substance, la formule indiquée sous le titre de P otion astringente contre la gonorrhée , tom. I, pag. 187. ) M. Cullerier n’emploie pas ces 7 moyens dans l’état aigu, comme le pratiquent quelques médecins. Il sait d’ailleurs , par des expériences multipliées, que les écoulemens chroniques sont sujets à reparaître, et que chë?
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les femmes surtout ils sont presque interminables. Les injections sont peu usitées chez les hommes; chez les femmes, au contraire, on s’en sert dans l’intention d’arrêter les.écoulemens chroniques. Parmi les divers moyens qu’on a essayé, le chlorure de soude, étendu de dix fois son volume d’eau, a paru le plus avantageux. (Voyez, pour plus amples détails, l’article Blennorrhagie , tom. I. )
L’inflammation du testicule, assez commune dans la blennorrhagie, n’est pas considérée par M. Cullerier comme une preuve de la nature vénérienne de la maladie ; c’est seulement l’indice de la propagation de la phlegmasie jusqu’à l’entrée du canal déférent : cette doctrine peu physiologique avait cependant été soutenue par des hommes d’un talent distingué , et dont le nom fait encore autorité dans tout ce qui a rapport à la maladie. Quelles que soient au reste les circonstances qui ont présidé à son développement, M. Cullerier n’en suit pas moins un traitement assez uniforme. C’est par un traitement franchement antiphlogistique qu’on est le plus sûr de réussir,: Une ou deux fortes saignées, pratiquées au début l’application d’un bon nombre de sangsues, les bains de siège et les cataplasmes, opèrent ordinairement une prompte résolution. ( Voyez, pour plus de détails , l’article Sarcocèle. )
D’après M. Cullerier, l’ulcère primitif connu sous le nom inexact de chancre , est j dë tous les symptômes groupés sous le titre de maladie vénérienne, celui qui doit être considéré comme le plus caractéristique : il est dans le plus grand nombre des cas le résultat de l’inociilation. On pourrait peut-être dire dans tous les cas , puisque la science ne possède pas encore de fait bien constaté d’ulcère vénérien développé spontanément chez un sujet sain , et que , malgré tout ce qu’on a pu dire , on n’a jamais pu prouver que les excès du coït entre deux individus bien portails , aient développé chez l’un des deux ou chez tous les deux des inflammations contagieuses des parties génitales. Une fois établis, les ulcères vénériens, quoi qu’on en ait pu dire, n’ont pas d’aspect qui leur soit particulier ; et l’on pourrait montrer au 'praticien le plus exercé des ulcères bien certainement vénériens, des ulcères mercuriels et des ulcères. produits artificiellement par un caustique , elle défier dé les reconnaître à la simple vue. Leur marche est ordinairement jpéu rapide , et leur durée moyenne de vingt à vingtcinq joürsl Ils guérissent très-bien spontanément ou au moyen d’applicàliôns topiques relâchantes , astringentes ou caustiques. Lés . applications mercurielles nuisent pendant la période inflammatoire ; elles sont quelquefois utiles quand elle a cesse; Lhfin ces ' ulcères laissent une cicatrice qui reste assez long-
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temps dure et inégale , à moins qu’il n’y ait eû uûô perte dé substance considérable. Dans les salles de M. Cullerier, les chancres, comme les autres symptômes , sont traités d’une manière ratiôttnelle. On applique des sangsues aux environs de Ceux qui sont très-enflammés; on s’est assez bien trouvé d’en appliquer sur les chancreseUx-mêmes : un dégorgement rapide et salutaire succède presqae toujours à Cette petite Opération, que M. Cullerier ne fait pratiquer qu’uh petit nombre dé fois. Les sbins ultérieurs consistent dans l’appOsitibn sur les surfaces malades de charpie imbibée d’une décoction émolliente et narcotique, ou même de .charpie sèche quand la Cicatrisatioh commence à s’opérer. Lés corps gras sont généralement bannis de ces pansemens , et ils sont considérés cômme plus nuisibles qu’avantageux. Quahdil se présente des chancrës peu inflammatoires dès leur début , ou qui-, après avoir été Fôrt enflammés, ont cessé de l’être, on erhploie avec béâ'ûcoùp d’avantage dés cautérisations superficielles èt réitérées au moyen du nitrate d’argent (pierre infernale)' M. Cullerier n’a jamais ôbSèrvë d’aceidens à la suite de cëtté p'ratiqUej â laquêilë pfd- Sîeurs médecins reprochent d’en produire. Il y a lieu dépenser que la différence des résultats dépend de ce qu’ils ont cautérisé les chancres pendant l’état aigu de l’inflammation.
Lés végétations sont un phénomène à peu près exclusif à la maladie vénérienne; elles se présentent tantôt comme symptôme unique , tantôt Comme symptônSe concomitant, ou consécutif à d’autres altérations. Elles se développent quelque^ lois avec une rapidité et Une exubérance vraiment singulières. Elles sont beaucoup plus communes Phézlés femmes que chez tes hom’més. M. Cullerier pensé qu’il est assez difficile ( d’en expliquer l’origine, mais il a obs'ef vé plusieurs cas pû' elles semblaient dépendre de l’irrîtâtiôn dés pp^iés r car on lés'vqît naître sur la eicatricé des chancres, et Augmenter beaucoup pendant le cours des frictions mercUriélTes.. Elles semblent quelquefois devenir plus opiniâtres ét repulluiér plus vite §pu| l'influencé d’un traitement local existant. Lé traitement dg& végétations est semblable à celui dés autreéêyiuptômèç. QuândJ elles sont peu considérables; les SOift’s de propreté ,qu élq-uesj saluées locales faites à l’entour , des applications' éinpllielnfg^ et faiblement astringentes d’abord , puis plus énergiqqés , même la cautérisation, suffisent pour les ■feire .ffisparâître.. Celles qui sont isolées et pédiculéç/s pëUyènt ;être:çitU(jüéég par la ligature. L’excision est la seule théthode à employer poUr celles qui sont volumineuses f düf es^ êt qui' sont le siégé d’une suppuration abondante et fëfj?dé‘!* en âgic âutremépt serait prolonger le traitement d’uüe manière indéfinie. On pra-
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tique cette opération avec des ciseaux Courbes , avec lesquels on a soin d’emporter non-seulement la végétation, maïs encore la portion de tégument qui lui donne naissance , faute de quoi on la voit repulluler. Les plaies qui résultent de cette opération guérissent rapidement.
Les phlegmasies des ganglions inguinaux , connues sous le de bubons, sont un des symptômes les plus communs, surtout chez les hommes , chez lesquels ils présentent généralement plus de gravité que cher lès femmes. .Les bubons qui surviennent consécutivement aux chancres , ne sont pas en raison directe de l’intensité de T’inflammation dont ceux-ci sont le siège; on voit au contraire des malades, dont les parties génitales sont couvertes de chancres éminemment inflammatoires, être exempts de bubons; tandis que d’autres ayant un seul chancre peu douloureux , voient leurs glândes ïnguinales s’engorger d’une manière tres-intense. Il y a des bubons, qui ne sont pas liés a la prèsé’nëë des symptômes Vénériens; primitifs; ce sont ceux que P6n nomme bubons d’emblée, Mais' il ne paraît pas que 'cés sortes de bubons soient vénériens , et il paraît singulier’ qu’un bubon inguinal , qui n’a été précédé d’àücun êÿmplômè syphilitique , fasse; naître l’idée d’une ïnfectiem vénérienne, tandis qu'Oii n’a jamais attribué cette éri4 gine à Tinfiammation spontanée des glandes axillaires: Il serait ëürieüx dé rechercher si , dans les cas où ces bubons douteux ont été suivis de symptômes consécutifs plus ou*. moins graves, ccs symptômes n’ont pas dépendu de la méthode cura-* tive employée. ’ - 11 • . ' • '•
Les bu b or a e présentent e 30 des symptôines inflam^ m;no:i :és par la saignée, soit
générale,' soit locale. Cètte dernière est fort utile '- vingtcinq à trente sangsues , placées autour d’un bubon 'très^vd^ lumineux l’ont souvent fait avorter ; les cataplasmes émolHeüï suffisent alors pour achever la résolution , qui s’obtient à peu prés* dans ’îé tiers des. éâs. éM; Üullêrier ôbyrè âü/plutôt* Je foyer purulent, et tâché, par les sangsüés et les résolutifs , de faire fondre les. ganglions engorgés. Q uelquefois la douleur, la rougeur et les autres signes d’inflammation aiguë cessent, mais la tumeur et la. dureté subsistent. C’est alors que M: Cullerier emploie les . frictions avec la pommade d’hydriodàte de potasse où de proto-iodure de mercure. L’action de ces. deux pommades s’est montrée assez satisfaisante , mais peu rapide. ":ïl survient quelquefois Un accident qui entrave la guéri’sqri,J et rend nécessaire uneopération douloureuse. Cet accident consiste dans le décollement de la péau après l’ouverture spo’ûtanêé ou artificielle des bubons. On n’en vient cependant à la réci-
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sion des bords calleux de l’ouverture qu’après avoir employé les autres moyens, tels que les contre-ouvertures , les sétons passés dans les trajets fistuleux, la compression , et en avoir reconnu l’inefficacité. ( Voyez, pour plus amples détails, l’article Bubons, tom. I. )
Il suffit de lire sans prévention , et d’une manière attentive les auteurs qui ont traité des affections vénériennes, pour se convaincre que, pour la plupart, ils ont reçu de confiance une doctrine toute faite, et qu’ils ne se sont pas même occupés à donner une description exacte des phénomènes qui se sont présentés à eux. Les mots de boutons, pustules, vésicules;, éruptions , etc. , employés les uns pour les autres , des affections complexes décrites comme des maladies simples, jettent dans ce sujet une grande confusion. Elle se . trouve encore augmentée par l’introduction, dans le domaine de la syphilis, d’une foule d’affections qui lui sont étrangères, et dont on croyait que ce Protée pouvait revêtir les formes, T elle est, en effet , à cet égard, la prévention, que toute éruption cutanée qui se présente chez un vénérien, est regardée comme une dépendance directe, tandis que très-souvent c’est une simple coïncidence. Sous le nom de pustules étaient confondues presque toutes les maladies de la peau communément attribuées à la syphilis. De toutes ces affections, la plus commune, sans contredit , est celle qu’on connaît sous le nom de pustuleuse muqueuse. Les plaques muqueuses se montrent tantôt primitivement, tantôt comme symptôme consécutif ; elles se développent sur la peau et sur les membranes muqueuses, et sont incomparablement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. On observe une assez grande différence dans leur aspect, suivant le siège qu’elles occupent; en effet, à la peau , elles offrent des élevures solides , aplaties , ordinairement indolentes , accompagnées' d’une démangeaison supportable. Il se fait à leur surface une desquammation qui se renouvelle plus ou moins long-temps , jet que quefois une pustule développée à leur sommet y détermine une uleération qui se recouvre d’une croûte. Aux membranes muqueuses , au contraire,- on voit une tuméfaction peu considérable avec soulèvement de l’épithelium, par une matière blanche et pultacée. Plus tard cette couche couenneiise se détache et laisse un ulcère superficiel. La forme de ces, plaques offre beauepup d’analogie avec celles du muguet (Voy. ce mot). Le traitement de cette affection n’a rien de spécial; les applications adoucissantes y réussissent bien , quand elle est accompagnée de symptômes inflammatoires. Quand elles occupent la face interne de. la bouche, un gargarisme alumineux produit de bons
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effets (V. tom. I. , pag. i55. Gargarisme astringent ). M. Çul- Tener emploie depuis quelque temps avec beaucoup de succès la cautérisation avec la solution de nitrate d’argent.
Les pustules vénériennes se montrent sous la foripe d’une tumeur saillante, dure, d’un rouge violacé, surmontée d’une vésicule , à la rupture de laquelle succède une ulcération superficielle arrondie qui se recouvre d’une croûte adhérente, d’un jaune brunâtre ; ce sont celles qui ont reçu le nom de pustules croûteuses. Nous ne parlerons pas des .pustuleuses galeuses et autres, qui sont tout, simplement dès complications , et non pas des élémens de la syphilis.
On appelle roséole syphilitique des taches rosées, sans saillie, développées sur toute la surface de la peau , tour à tour plus pâles et plus foncées en couleur , et sans aucune espèce de douleur et de démangeaison , comme aussi sans mouvement fébrile. M. Cullèrier croît quiê jéèttejffèctrpn jn’est pas-cqractéristique de la syphilis, et qu’elle peut être produite par l’usage des sudorifiques. Elle n’exige pàs de traitement particulier , s’efface à la longue , sans qu’on , voie aucune médication en abréger sensiblement la durée.
Lés tubercules syphilitiques se montrent chez les malades atteints d’affections anciennes , et souvent exaspérées par des traitemens mercuriels, généraux et locaux, multipliés et mal dirigés. Il est plus ordinaire de voiries ulcères qui leur succèdent prendre un meilleur aspect , et se cicatriser sous l’influence des sudorifiques; presque toujours les mercuriaux les aggravent..
La couleur violacée des auréoles qui entourent les pustules syphilitiques' ou réputées tellèé , ëf la teinte cuivreuse' dés tâches qui leur succèdentjjou gui se développent spontanément, sont loin d’être aussi 'caractéristiques que le prétendent, les auteurs , et c’est une grandédêgèrëtê que de se décider, d’après un indice aussi vague, à entreprendre un traitement mercuriel.
La couleur des tachés n’est pas plus que la forme des ulcères un signe certain d’àffeétiôn syphilitique , puisqu’elle se trouve dans des maladies qui lui sont tout-à-fait étrangères , et l’efficacité même des préparations mercurielles ne doit plus être considérée comme la pierre de touche propre à relever l’existence de la vérole , s’il est démontré que des maladies vraiment vénériennes guérissent sans mercure , que ce remède échoue souvent contre les syphilis les moins équivoques, et améliore des affections qu’il est impossible de rapporter à la vérole. "Les exemples de~ ce genre sont très-nombreux.
Si l’on se montrait peu: réservé sur l’emploi du mercure dans des affections légères et douteuses, à plus forte raison les prodiguait-on contre les affections opiniâtres , telles que cer-
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fàiïlèâ dartres auxqpellës oin supposait «ne origine vénériénnè. On cii a d'autant plus abusé que , Comme dans la plupart des cas il augmentait les âccidens, la prévention s’abusant sur la nature du mal, attribuait à l’insuffisance du remède ce qui était la preuve de sa trop grande activité , et croÿait devoir insister sur son administration. Dii’à-t-oii qiié ces atfe étions né sont pas vénériennes, parce Qu’elles résistent au mèrcuré, et qu’elles guérissent par d’autres moyens ? Ou bien conviendra-t-on que des affections véritablement syphilitiques peuvent guérir complètement sous rinfluence de médications qui
n’on rien de spécifique , ét être aggravées par le rémède, sans
lequel on nesaüraitrien faire contre les maladies vénériennes, qui .en est la pierre de touche? C’est a quoi devront répondre d’une manière satisfaisante lés partisans de l’ancienne doctrine.
ILa même question pou rràît leur, être adressée relatif emèn t aux affections des os qui. sè'., présentent .fréquemment cîiéx Tes sujets ayant fait plusieurs traitemens mercuriels, et qui sont presque toujours exaspérer par l’usage du mercure, tandis qu’on voit les sudorifiques être suivis des plus^é«^ëü^^^mafg.fâl^ seraijt également à faire pour les ulcèr-es du yqile . du palais , et des parois du pharynx:, dans lesquels ou peut faite lr' meme observation. L’or s 1 "A"
des, vénériens, , dè' vérifier cette ' asseptipn , qné.Xè tÉaitpmçpt mçfcurîel , s’il peut être quelquefois employé avec avantage ne doit pas être 1 ' c ’est- -di
comme capable d’aller attaquer directe a nt et eutraljser le virus, quelles que soient d’ailleurs les 0, organiques
de l’individu. . d ... .
Parmi les actio f c -
est un assez remarquable, c’ést l’amaurose ,.qi goutte sereine. M..Cullerie cônsidè e< . îoméne comme une conséquence de l’abus des mercuriauf ; qp,a ÿu >J‘qn.:effet,,.rlGes.r.pers!onnes chez; iju i une amaürése .etpi|,sàry| tij^eukout tâeftânjilj.gàMr jtr^emcj^in^r^û^Vs
et parla seule suppression du mercure (î).
En 'résumé : le traitement" 'émollient convient généralement ilansTé traitement des symptômes primitif de bpsyphilis,; conjointement avec la^àigné^locaie ou généraïp, dans, certains cas; les bains, le repos ,1’ouverture dës bubons s’il <ya, suppuration ? la cautérisation, des chancirês', lorsque l’inflammation est abattue, ou lorsqu’ils sont tout -à-fait à leur début ; le baume
Ae popabû flans da blènnbrrbagïe chropiqpe.j des injections astringentes, .ou.clé , chlorure de soude daps; le même cas s surf,
(i) Extrait des Archives générales de médecine , année 1828.
sip
tout chez les femmes.. Il faut bien que les malades sachent que les écarts de régime , les boissons stimulantes , la danse , la course, l’équitation et tous les exercièes violens, le coït ou, la masturbation sont un très-grand obstacle â la guérison , et qu’une seule, à plus forte raison plusieurs de ces causes , peuvent prolonger la maladie indéfinim.entvÀprès la guérison., des symptômes inflammatoires , plusieurs médecins ont l’habitude d’administrer le mercure dans le biit de prévenir la récidiÿé, et d’empêcher les symptômes consécutifs.: 'on vient de, voir que l’administration de ce métal était aussi souvent suivie d’accidens que sa non-administration; d’où l’on doit conclure qu’on devrait s’en abstenir, et c’est., notre opinion , ainsi que celle d’un grand, nombre de praticiens, .. . ; ,
ta syphilis, npn'secutive.ou cqnstithtÏQnneire-guént très^spnvent , ainsi qu’on l’a egalement vu; j par la seule administration des sudorifiques , et sans aucun traitement mercuriel., Il y a plus , lorsque les individus, ont fait, abus de mercure, et qu’ils ont eu. recours à ce médicament même pour attaquer les symptômes primitifs, il suffit très-souvent d’en suspendre l’emploi pour voir l’état du malade slaméliorer promptement. Clest que: daps. un-, grand nombre de: cas ies.a.ccidens qne.lfofj, croyait vénériens ■ étaient déterminés par le mercure , et que: l’on devrait alors plutôt donner à L’ensemble de ces symptômes le, nom de maladie mercurielle que celui de, maladie vénérienne. Cette amélioration sera d’autant plus, sensible que la guérison sera. secondée par une température dou’çe et même chaude,,, les. bains, tièdes,. surtout les bains sulfureux, et par l’usage de certaines préparations sudorifiques^ îlj çst certain,, en effets to u tes choses -éjgales dWlleur s 4 ; les , symptdm^rs^i^iiMqttesj^r djssipent beaucoup plus. promptement en. étéqu-’en hiver ^pl. dans les climats chauds que dans les pay . où c.-î maladie est généralement rtrès-opiniâtre^^ans,, 4oute parce .qu’il est: difficile dans.ces pays, et dans tous durant les .-.saisons froides , de donner à la peau l’activité convenable “ Cfg
obs.eryadpns^géiiéi’frles , nous, ne. croyons p^f,.qu;’îï failief^b.u-; jours et entièrement exclure les préparations mercurielles du. traitement de la syphilis epnstitut pi relie pu des affections réputées pour telles. Les cas où l’on doit en. tenter l'administration, sont ceux p\£r la syphilis , sPraiL^ryenue,. quepiqu1e,Ie mercure n’éût pas été employé préalablement . car alors on np peut pas^egprder les. symptômes-quE (jonjobserve cpmme le résultat d’un traitement mercuriel: Mais Tadmipistration de ce médicament doit être faite avec précaution , et l’on doit surtout -éviter de le donner à .des doses élevées,# faute 4ç qupf . if , déterminerait bientôt divers accidens, tels que la salivation,
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le gonflement des gencives, l’inflammation et P ulcération des amygdales, des douleurs ostéocopes, et tout le cortège des symptômes qu’on a long-temps pris à tort pour la maladie vénérienne elle-même. Nous croyons que, dans tous les cas, on peut retrancher les frictions' mercurielles et les remplacer par une dissolution de proto-chlorure de mercure ( sublimé corrosif) dans Peau distillée. Nous avons indiqué, tom. I, pag. 169, sous le titre de Liqueur antisyphilitique, de quelle manière cette préparation devait être faite, à quelle dose il fallait l’administrer, comment et pendant quel espace de temps on devait en faire usage. On l’associe ordinairement avec un sirop ou une tisane sudorifique composée de salsepareille seulement, ou de salsepareille et de gaïac. (Voyez Tisane sudorifique antisyphilitique , tom. I, pag. 202. ) Mais lorsque la maladie vénérienne constitutionnelle s’est développée à la suite de l’emploi du mercure , ou bien qu’elle a persisté malgré l’usage de ce médicament, il faut absolument en suspendre l’administration et la remplacer exclusivement par celle dés sudorifiques. Cependant l’emploi de ces derniers exige quelques précautions que nous avons indiquées ailleurs , et qu’il ne sera pas inutile de répéter.
On peut rapporter aux suivans les cas où il est raisonnable d’administrer la salsepareille ou autres sudorifiques. Il faut d’abord que le canal intestinal soit en bon état , et qu’il ne soit surtout le siège d’aucune irritation un peu vive, ce qui contre-indiquerait l’emploi de ce remède, à plus forte iaison du mercure.' On administre donc la salsepareille, i° quand on a des doutes sur le caractère vénérien de la maladie, et l’on â vu combien il était facile d’en confondre les symptômes avec d’autres affections; 20 quand la personne est affectée de vérole et de scôr-bufen même temps ; cette dernière affection s’apposant entièrement au traitement- mercuriel ; 5° lorsque le mercure produit la salivation ; 4b lorsque la maladie vénérienne est compliquée d’une affection scrofuleuse; 5° toutes les fois que la maladie vénérienne est passée à l’état chronique; c’est-à-dire quand elle est invétérée, et surtout quand elle étend ses ravages sur toute l’économie ; 6" dans tous Les cas où la maladie a résisté au traitement mercuriel. Enfin il est généralement prudent, dans tous les cas sans exception , d’employer les sudorifiques ayant le mercure , sauf à éssàyer plus tard l’emploi des préparations mercurielles, si le premier traitement , prolongé pendant un ou deux mois , venait à échouer.
En cas d’irritation du canal alimentaire , on doit toujours ; commencer par préparer le malade au moyen d’un traitement antiphlogistique, qui se compose de boissons émollientes, d’une nourriture très-peu abondante et du jrepos. Il est même
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bon , dans tous les cas , d’essayer le traitement antiphlogistique avant tout autre , parce qu’il n’est pas rare de voir tous les phénomènes vénériens se dissiper pendant son emploi ; et lors même que ce traitement ne produirait pas une cure radicale, ce que nous n’accordons pas, le succès du traitement antivénérien est toujours beaucoup plus certain. Voyez l’article Sudorifiques 3 tom. I, pag. io3 et suiv. , où l’on trouve expliqué l’action de ces médicamens , et où l’on indique particulièrement icelle de la salsepareille, ainsi que son mode d’administration dans les maladies vénériennes.
G’est ici l’occasion de dire notre opinion sur cette foule de spécifiques que l’on prône tous les jours avec emphase contre les maladies syphilitiques. Des médecins, indignes de ce beau titre qu’ils prostituent, ne rougissent pas de calculer sur les préjugés et l’ignorance pour vendre à la foule moutonnière des sots leur panacée, dont ils étalent les merveilles sur tous les murs de la capitale, et que des journaux salariés, comme la déesse aux cent voix qui sème partout le faux et le vrai, reproduisent sur tous les points du royaume. Comment, lorsqu’il s’agit d’une chose aussi capitale que la santé publique , le gouvernement n’interpose-t-il pas son ministère pour surveiller d’une manière plus efficace et réprimer ce trafic scandaleux de recettes et d?arcanes, au moyen desquels on vole si effrontément le public? Comment l’honneur ne commande-t-il pas à tous les médecins de purifier le temple d’Epidaure de ces prêtres intrus, ou d’empreindre surleur front, en gros caractères , les stigmates de l’infamie? Mais le public, toujours avide de promesses merveilleuses, sera long-temps encore la victime de la mauvaise foi de ceux qui lui en font dépareillés, car, selon une observation faite depuis long-tem^s , tant qu’il y aura des gens qui voudront se donner la peine d’être fripons, ils trouveront des dupes qui se laisseront prendre à leur piège. Mais ceux qui basent leur spéculation sur l’ignorance d’autrui, ne sauraient échapper au juste mépris des honnêtes gens. II n’y a point, et il ne saurait y avoir aujourd’hui de remèdes secrets, parce qu’il n’y en a aucun dont la composition puisse échapper aux investigations du chimiste, et devenir bientôt la propriété de tous. 11 faut donc se défier de ces annonces fastueuses de pilules, de bols, d’électuaires, de remèdes infaillibles contre la maladie syphilitique , qui ne guérissent point, ou bien, s’ils guérissent, ils le font d’une manière violente, et en portant de graves atteintes à la santé des personnes qui sont assez crédules pour se fier à d’effrontés charlatans.
Des moyens de prévenir la propagation de la syphilis. Peut-on croire qu’il existe des moyens propres à empêcher la commua
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nication de la maladie vénérienne , de la même manière que l’on a trouvé dans la vaccine un préservatif de la petite vérole ? Plusieurs; médecins se sont livrés, à diverses époques et principalement dans ces derniers temps, à des recherches pour obtenir un pareil résultat, mais jusqu’ici leurs efforts n’ont pas été couronnés de succès. Nous avons nous-mêmes fait de nombreuses expériences pour essayer de résoudre ce problème , et nous croyons devoir exposer avec confiance le résultat de nos observations.
Tout le monde sait aujourd’hui dans combien de circonstances. on emploie avec avantage les chlorures de chaux ou de soude pour la désinfection des matières en putréfaction , pour détruire les miasmes dont l’air pourrait être infecté. On sait , du moins tous ceux qui ont les plus légères connaissances en chimie savent que le chlore agit principalement en se combinant à l’hydrogène , qu’il enlève aux corps avec lesquels on le met en contact. On sait que toutes les matières animales et végétales ont au moins pour principes élémentaires l’hydrogène, l’oxigène, le carbone, et que les animales contiennent de plus l’azote. Dès lors, en s’appuyant sur ces données, on a du dire : les virus contagieux au moyen desquels certaines , maladies se transmettent d’un individu malade à un individu sain étant des produits de substances animales, sont aussi composés d’hydrogène, d’oxigène, etc. -Quelles que soient les proportions de ces divers élémens, la nature et les propriétés du composé doivent changer par la soustraction partielle ou totale d’un seul d’entre eux; or le chlore se, combine avec l’hydrogène partout où ces deux corps se trouvent en contact. Cela étant ainsi , il était naturel de penser que si les individus qui ont des rapports sexuels avec des personnes suspectes de la maladie vénérienne , avaient la précaution de laver avec une solution de chlore les parties qui auraient été exposées à l’infection , Je virus serait décomposé , et l’inoculation de la maladie n’aurait pas lieu. Des expériences variées ont été faites par nous pendant long-temps pour voir jusqu’à quel point les résultats s’accordaient avec la théorie, et nous pouvons assurer que ces expériences ont toujours été des plus satisfaisantes. Le chlore doit être employé à l’état de gaz naissant, et pour l’avoir ainsi , on se sert de chlorure de soude liquide , que, l’on étend de douze ou quinze fois son volume d’eau, au moment où l’on doit s’en servir. On peut aussi employer le chlorure de chaux , qui agit absolument de là même manière. Les femmes se l’administrent en injections au moyen de la seringue de propreté ordinaire , et les hommes se lavent avec cette solution comme ils le feraient avec tout autre liquide. Nous avons les plus
„ . ■ . ™ % grandes raisons de crone que, si les magistrats préposés à {a
police médicale exigeaient rigoureusement que, dans toutes les maisoos77iaMe«re.«sme7it?iem«flt<Ves,lesfemmessuspectesfîssent usage de lotions chlorurées, et que les personnes qui les fréquentent trouvassent toujours dans ces maisons du chlorure de soude pour remployer de la manière que nous venons de l’indiquer, nous croyons , disr-je, que la maladie syphilitique finirait par être rayée du nombre des maux qui affligent l’humanité,
TEIGNE. Avant de lire cet article , consultez celui où .il est traité des Dartres. Cette affection est âu cuir chevelu ce qu’est la dartre au reste de la peau. Il n’y a pas de différence essentielle entre l’une et l’autre. En effet, la teigne est ? comme la dartre , une inflammation pustuleuse dont les vésicules suintent et laissent une. ulcération qui se recouvre de< croûtes de difi* férentes formes.
Symptômes. On voit sur le cuir chevelu des croûtes plus ou moins rapprochées, quelquefois confluentes, groupées par places, ou étendues uniformément sur toute la tête. Ces croûtes affectent des formes différentes auxquelles les auteurs ont donné différens noms. Ainsi, ils l’appellent teigne faveuse quand les croûtes ressemblent aux rayons d’une ruche; granulée quand elles sont saillantes, en forme de grains; muqueuse lorsqu’elles laissent suinter une humeur épaisse , fétide, qui se colle aux cheveux; porrigineuse ou fur furacée quand elles se détachent en forme de paillettes de son ; amiantacée quand les croûtes ont la forme de stalactites, d’amiante, etc., etc. Toutes ces différences ne sont pas essentielles; elles dépendent uniquement de l’abondance plus ou moins considérable de l’humeur sécrétée , et de sa disposition à se coaguler sous des aspects divers. On ne doit avoir égard qu’à l’intensité de l’irritation et à son étendue. Si le cuir chevelu est chaud, rouge, et qu’il y ait une grande exsudation , la teigne est inflammatoire; si les croûtes sont rares , furfuracées , il y a peu d’irritation ; il en est de même lorsque les croûtes sont très-isolées.
Cette affection n’est pas contagieuse , mais la prédisposition à la contracter peut être héréditaire. Quoiqu’aucun âge, aucune constitution n’en soient exempts, elle se développe de préférence chez les enfans et les adolescens , chez les sujets lymphatiques et scrofuleux. Elle coïncide souvent avec l’engorgement des glandes lymphatiques, l’inflammation chronique des paupières. Les dartres remplacent quelquefçi s la