NEWMAN (JOHN-HENRY) — NICAISE DE SAINTE-T HÉ R ESE
l'entendement lui-même rend à la vérité; reconnaître que ce phénomène, tout embarrassant que nous le trouvions, est une caractéristique normale et inévitable de la constitution mentale d'un être, tel qu'est l'homme dans l'état présent de ce monde. Son processus est un produit vivant, non un mécanilme; son instrument ce sont les actes de l'esprit et non les formules et les expédients du langage. Dans l'élude de ce « microcosme qu'est l'esprit humain, suivons Bacon de tout près; cela vaudra mieux que de faire violence à ses facultés d'après les réclamations d'un optimisme idéal; regardons bien les modes de pensée propres à notre nature, observons fidèlement notre intelligence en exercice. »
11 y a une excellente bibliographie de Newman, dans J. Guibert, Le Réveil du catholicisme en Angleterre, Paris, 1907, p. 310-335.
I. Œuvres. — 1° En anglais. — ■ Édition complète et définitive, 37 vol., Londres, 1870-1879. Pas de numérotation générale: les œuvres sont seulement réparties dans les catégories suivantes : 1. Sermons. 2. Treatises. 3. Polemical. 4. Essays. 5. Historical. 5. Theological. G. Literary. — Ajouter la correspondance (voir ci-dessus, col. 327) et les œuvres posthumes signalées, col. 384.
2° Traductions. ■ — On a signalé au cours de l'article les principales traductions françaises et allemandes. L'Allemagne a publié depuis la guerre, d'abord des Ausgewahltc Werke traduites par M. Laros, Mayence; une édition allemande des Cesammelte Werke est commencée sous la direction de D. Feuling, C. S. B., Erich Przywara, S. J., et Pr. Simon, 1" et 2e vol., Munich, 1924-1928. — La Grammaire et V Essai sur le développement ont été traduits par Théod. Ha;ckei, Philosophie des Glaubens, Munich, 1921; Vie Entwickelung der christlichen Lehrc, 1922.
IL Travaux. — 1° Vie et études biographiques. — Pour le détail, voir l'art. Oxford (Mouvement d'), où sera donné l'essentiel de la bibliographie. Un cadre général excellent est fourni par P. Thureau-Dangin, La renaissance catholique en Angleterre, 3 vol., Paris, 1899-1906, dont le t. i, Newman et le mouvement d'Oxford, tait à Newman une place considérable. Voir aussi R. Buddensieg, J.-H. Newman und sein Anteil an der Or/order Bewegung, dans Zeitschrift fur Kirchengeschichte, 1882, t. v, p. 34-90. — • Nombreuses biographies : B. Hutton, Card. Newman, Londres, 1892; Edvvin A. Abbott, The anglican career of card. Newman, 2 vol., Londres, 1897; Lucie Félix-Faure-Goyau, Newman, sa vie et ses œuvres, Paris, 1901 ; W. Barry, Outline of the life of card. Newman, Londres, 1904 (trad. franc, par/ A. Clément, Paris, 1905); Lady Charlotte Blennerhasset, John-Henry, card. Newman, 1904; W. Ward, The life of John Henry, card. Newman, 2 vol., Londres, 1911, capitale, mais inexacte en plusieurs points, à compléter par les ouvrages suivants du même auteur : Lasl Lectures, Londres, IE',8; Men and matters, Londres, 1914, Ten Personal studies, et par ses biographies du cardinal Winiaii, d'Aubrey de Vere et de W. G. Ward; M. Laros, K ordinal Newman, Wïesbaden, 1921.
Points particuliers : H. Hemmer, Manning et Newman et la quesiion des catholiques à Oxford, dans Rev. d'hist. et de litl. religieuses, 1897, t. n, p. 344-379; P. Thureau- Dangin, Newman catholique d'après des documents nouveaux, Paris, 1912; H. Bremond, Newman, Essai de biographie- psychologique, Paris, 1906; Ch. Sarolca, Card. Newman and his influence on religious Life and Thought, Edimbourg, 1908. — Sur Newman homme de lettres : J. J. Reilly, Newman as a man of letters, New-York, 1925; Bertram Newman, Cardinal Newman, Londres, 1925; J. Lewis May, Cardinal Newman, Londres, 1929. — Sur la vie intime de Newman, il y a six articles publiés par Church en divers périodiques et rassemblés dans ses Occasional papers, t. n, p. 379-482, intéressants parce qu'écrits par un ami personnel; mais Church n'a pas compris les vrais motifs de la conversion de Newman.
2° Philosophie religieuse et théologie. — ■ D. Joye, Théorie de Newman sur le développement du dogme chrétien (thèse de théol. prot.), Paris, 1896; A. Firmin (A. Lrisy), Le développement chrétien d'après le cardinal Newman, dans Revue du Clergé français, 1er décembre 1898, t. xvii, p. 5- 20; G. Grappe, J.-H. Newman, essai de psychologie religieuse, Paris, 1902; E. Dimnet, Quelques aspects du cardinal
Newman, dans Rev. du Clergé fr., 1" et 15 avril 1903' t. xxxiv, p. 234-218; 457-480, art. reproduit dans 1m pensée catholique dans l'Angleterre contemporaine, Paris, 1906; Anonyme, Newman et la connaissance religieuse, dans le Bulletin de lilt. eccl. de Toulouse, juin 1903, compte rendu d'une thèse (non publiée) de M. de la Juillière, Lu connaissance religieuse chez le card. Newman; 1.. de Grandmaison, ./. //. Newman considéré comme mattre, dans Études, 1906, t. cix, p. 721-750; 1907, t. ex, p. 39-69; du même, Le développement du dogme chrétien, dans Revue d'apologétique, 1906, t. vi, p. 5-33 (voir surtout, p. 18-33); E. Dimnet, Newman et l'intellectualisme, dans Annales de philosophie chrétienne, 1907, IV' série, t. iv, p. 261-293; 449-175; IL Bremond, Le développement du dogme chrétien, La psychologie de la foi, La vie chrétienne, 3 vol., Paris, 1905-1906, copieux extraits de Newman, avec des introductions et des notes; E. Janssens, La j>hilosophie et l'apologétique de Pascal, Paris, 1906 (fait des rapprochements intéressants entre l'apologétique de Pascal et celle de Newman); E. Baudin, La philosophie de la foi chez Newman, 1906, extrait de la Revue de philosophie, juin et octobre 1906; Gougaud, Le prétendu modernisme de Newman, dans Kev. du Clergé fr., 1908, t. lvii, p. 560.
On voit que, durant une dizaine d'années, la pensée catholique en France s'est intensément occupé de Newman. Cette préoccupation, on ne saurait le nier est en étroite dépendance du mouvement « moderniste ». L'Allemagne catholique ne semble pas s'être, à cette période, beaucoup intéressée, à Newman, elle n'y est venue qu'un peu plus tard. Depuis quelques années, on s'efforce d'y faire connaître davantage Newman. Voir : Rud. Kassner, Newman, Apologie des Kalholizismus, Mnnich, 1920; E. Przywara, Neivman Christentum. Ein Aufbau aus seinen Werken, 8 fasc. Fribourg-en-B., 1922; sept d'entre eux ne sont que des morceaux enoisis, arrangés; le fasc. 4, Einfùhrung in Newman' s Wesen und Werk, est une importante étude delà philosophie et de l'ascèse de Newman; cf. du même, Religionsbegriindung, Fribourg-en-B., 1923; Der katholische Gcdanke, .923; Ringen der Gegcnwart, Augsbourg 1929, t. n, p. 802-S72; cet auteur a fait largement usage de plusieurs écrits de Newman encore inédits, dont il cite un certain nombre, — Voir aussi Hœcker, Christentum und Kullur, Munich 1929; Geiger, Der Intuitionsbegriff in der katholischen Relig ionsphilosoi>hie der Gegenwarl, Fribourg-en-B., 1926.
L'Angleterre n'apporte guère de contribution à l'étude de la philosophie et de la théologie de Newman. Voir les essais de R. H. Hutton dans Modem guides of English Thought in matters of Faith : Contemporary Thought and Thinkers; et aussi V. F. Storr, The devclopment of English heology in the nineleenlh century, Londres, 1913; W. G. Ward, The philosophy of Theisni, Londres, 1884 (voir ci-dessus, col. 389).
A signaler quelques ouvrages américains récents sur des points de détail : S. P. Juergens, Newman on the psychology of Faith, New- York, 1928; F. J. Friedel, The Mariology of cardinal Newman, New- York, 1923.
H. Tristram et F. Bacchus.
NICAISE DE SAINTE-THÉRÈSE, dans le siècle Nicaise. De La Fosse, naquit à Tournai vers l'année 1600; il entra dans l'ordre des carmes déchaussés en 1618 et mourut dans sa ville natale le 5 août 1642. Il publia un Recueil de questions curieuses, rencontrées chez divers bons auteurs, et amassées ici pour la meilleure commodité, Tournai, 1642, in-12 de 818 pages, ouvrage de théologie dogmatique et^morale qui n'est point dépourvu de mérite.
Daniel de la Vierge-Marie Spéculum carmelitanum, Anvers, 1680, t. n, p. 1131, n. 3965; Martial de Saint-Jean- Baptiste, Bibliotheca scriptorum carm. exe, Bordeaux, 1730, p. 302; Foppens, Bibliotheca belgica, Bruxelles, 1739, t. n, p. 899; Cosme de Villiers, Bibliotheca carmelitana, Orléans, 1752, t. n, col. 471 ; Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, Louvain, 1765-1770, t. xn, p. 235; Biographie nationale de Belgique, t. v, col. 281; Barthélémy de Saint-André, Henri Marie du Saint-Sacrement, Collectio script. O. Carm. exe, Savone, 1884, t. h, p. 53; Hurter, Nomenclator, 3« édit., t. m, col. 958.
P. Anastase de Saint-Paul.
NICÉE (1er CONCILE DE)
NICEE (i» concile DE). — I. Actes. II. Convocation. III. Membres. IV. Débats. V. Canons. VI. Conclusion.
I. Actes. — ■ La préface de la collection des canons arabes du concile de Nicée affirme que les actes de cette assemblée formaient plus de quarante volumes ou rouleaux. Mansi, Conc. amplisi. collect., t. n, col. 1062. Toutefois, en fait de procès-verbaux des séances du premier concile général, rien ne nous est parvenu, à moins qu'on ne considère comme authentiques les fragments contenus dans le Syntagma de Gélase de Cynique. Ce dernier écrivit, au temps de la rébellion de Basilisque, contre l'empereur Zenon (476-477), une Histoire ecclésiastique en trois livres, qui va de l'avènement de Constantin au concile de Tyr de 335. aélase, édit. Loeschke-Heinemann du Corpus de Berlin, 1918, préf., p. 3. La partie narrative de cette histoire est une compilation tirée d'Eusèbe, de Rufin, Je Théodoret, de Socra'tcs, ainsi que d'un certain Jean qui est totalement inconnu. Voir le tableau des sources de Gélase, édit. cit., p. xxx. Gélase prétend avoir eu à sa disposition dans sa jeunesse un livre qui avait appartenu à Dalmatius, archevêque de Cyzique, et qui contenait « tout ce qui avait été dit, fait et enseigné dans la très sainte assemblée de Nicée. » Gélase, préface, p. 2. A l'en croire, Gélase aurait fait de copieux extraits « des arguments opposés par les Pères du concile aux blasphèmes des ariens;... des objections faites par des philosophes soudoyés par Arius, ainsi que de la réfutation qu'elles eurent à subir;... des enseignements des Pères concernant l'unique divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi que de l'incarnation...; enfin des divines et apostoliques pensées de l'empereur Constantin. » Gélase, préface, p. 2, 3. Le deu-xième livre du Syntagmi contient un certain nombre de pièces qui semblent bien correspondre à ces extraits du livre de Dalmatius. Ces pièces sont : le discours d'ouverture du concile par Constantin, II, vu; la profession de foi d'Hosius, II, xn; un dialogue entre le philosophe Phédon et différents Pères du concile, traitant de la cônsubstantialité du Fils et du Saint- Esprit ainsi que de l'incarnation, II, xiv-xxiv; enfin des diatyposes ou enseignements divers, II, xxxi. Dans un mémoire intitulé Das Syntagma des Gelasius von Cyzicus, publié dans le Rhcinisches Muséum fur Philologie, t. lx, p. 594 sq. ; t. lxi, p. 34 sq., Loeschke a essayé de démontrer l'authenticité de ces pièces, le livre de Dalmatius n'étant selon lui que la collection des actes ou procès-verbaux du concile de Nicée.
^jDans le Discours d'ouverture donné par Gélase, Constantin glorifie l'Église, le Christ et ses miracles; il attaque le paganisme et l'idolâtrie, exhorte à la concorde, et invite les membres du concile à chercher la solution des points en litige dans les écrits inspirés. Gélase, H. E., p. 46-53. Loeschke n'a pas de peine à lémontrer que ce discours correspond bien à la mentalité de Constantin. Rheinisckes Muséum, t. lxi, p. 57 sq. Toutefois, il est à remarquer que le discours d'ouverture donné par Eusèbe, Vita Constantini, III, xn, ne contient que l'exhortation à la concorde. Voir col. 403. Théodoret a bien lu la dernière phrase du discours rapporté par Gélase, c'est-à-dire l'invitation faite aux Pères de chercher la solution des points controversés dans les écrits inspirés; mais, dans son compte rendu, il ne fait parler l'empereur que de la concorde. Théodoret, H. E., I, vu, éd. Parmentier du Corpus de Berlin, p. 32. L'authenticité du discours donné par Gélase nous semble donc douteuse du fait de ces divergences.
La Profession de foi d'Hosius enseigne l'unique divinité, l'unique oW.oc du Père, du Fils et du Saint-
Esprit, sans confusion ni séparation des hypostases de l'ineffable Trinité. Gélase, II, xn, p. 60. Mîav OsÔtyjtoc xal tt)v ocottjv oùaiav ôp.oXoyr)Tsov rcpoç 'Ô[J.côv toô TzoLzpbç, xal toû uïoû xal Toù àylou 7TV£i)(ia-oç, où aoyxucri.v 0 Siaîpeaiv twv ttjç àppï)TOo èxswTjç xal [jiaxapîaç TpiâSoç Û7TOCTTâastov XT]puTtôvtwv y)|iûv. Pour rendre plausible l'authenticité de cette profession de foi, Loeschke fait état du renseignement donné par Socrates, selon lequel, avant le concile de Nicée, Hosius aurait discuté, à Alexandrie, la question de l'oùala et de l'ÔTtoa-c-aai.:;. Socrates, H. E., III, vit, P. G., t. lxvii, col. 393. Mais, si Hosius à Nicée a professé la cônsubstantialité du Saint-Esprit, comment expliquer le fait que le symbole ne la proclame pas? Pourquoi saint Athanase n'en dit-il rien dans ses lettres à Sérapion, qui précisément traitent cette question? Si Hosius à Nicée a professé l'unité de ï'ousie divine et la trinité des hypostases, comment expliquer le fait que les anathématismes du concile prennent les termes ousie et hypostase comme équivalents? Comment expliquer la répugnance de tant d'orthodoxes à admettre la théologie des hypostases, quand elle fut enseignée par les Cappadociens? L'authenticité de la profession de foi d'Hosius, telle que la donne Gélase, nous semble donc inadmissible.
Le Dialogue contient des interrogations posées par un philosophe nommé Phédon, et les réponses qui leur furent données par Hosius, Eustathe d'Antioche, Léonce de Césarée de Cappadoce, Eupsychius de Tyane, Eusèbe de Césarée et Protogène de Sardique. Gélase, H. E., II, xiv-xxiv, p. 64-101. Protogène de Sardique y enseigne « une seule divinité de la Sainte Trinité en trois hypostases parfaites et égales », jjicc Oeôttjç ttjç àylaç TpiâSoç èv rpialv ùnouziazGiv TeXslaiç xal ïaaiç vooojxévY). Édit. Loeschke, p. 86. Les raisons alléguées plus haut contre l'authenticité de la profession de foi d'Hosius valent aussi contre cette partie du dialogue attribué à Protogène.
Loeschke croit pouvoir démontrer l'authenticité de la partie du dialogue attribués à Eusèbe de Césarée, par la constatation de quelques similitudes d'expressions avec certains passages d'écrits authentiques d'Eusèbe. Rhein. Mus., t. lxi, p. 68 sq. Il ne voit de difficulté que dans l'explication de Prov., vu, 22, attribuée à Eusèbe par Gélase. Tandis que, aussi bien avant Nicée, dans la Démonstration, qu'après Nicée, par exemple dans le Traité contre Marcel, Eusèbe explique ce verset des Proverbes comme visant le Logos divin, dans le dialogue, il l'interprète de la raison humaine préexistante. Gélase, p. 71. Selon Loeschke, la divergence s'expliquerait parce qu'avant Nicée Eusèbe enseignait que les écrivains sacrés avaient employé indistinctement xxiÇeiv et yevvav, par exemple, Demonstr. evang. , V, i ; mais qu'au concile, pareille « naïveté » n'était plus de mise. Rheinisches Muséum, t. lxi, p. 73. Et cependant, longtemps après Nicée, dans le deuxième discours contre les ariens, c. m, Athanase enseigne encore la même « naïveté », en écrivant : « Les saints, à propos du Verbe, au lieu de : l'a engendré emploient aussi : l'a fait. Le mot est indifférent, pourvu que la nature soit reconnue. » P. G., t. xxvi, col. 152. Dans le dialogue, Eusèbe conclut.de Gen.,i,26, à la cônsubstantialité et à l'homotimie du Fils et du Saint-Esprit. Cf. Loeschke, op. cit., p. 82. Conçoit-on qu'Athanase, qui par deux fois dans le De decretis Nicœnœ synodi, et dans YEpist. ad Afros, est. si heureux de rappeler que finalement Eusèbe a accepté 1'ôji.ooûaioç, aurait passé sous silence l'intervention d'Eusèbe, en plein concile, pour l'homoousie et l'homotimie du Fils et du Saint-Esprit?
NICÉE (1er CONCILE DE'
Dans le dialogue, Gélase fait dire à Eusèbe la phrase suivante : avOpcoTroç xal Oeôç ô aùxoç, eTç yàp èÇ àu.<poïv Xpiaxôç, voou|j.évTf)ç xal YvwpiÇofAÉvï)? tîjç Siacpopàç tcôv oùawôv, ttjç te 6e6x7)Toç aùxoû xal ttjç aapxôç. 0e6ç ?jv xal è'aft., Ysyovev avOpcorcoç Sià tJ)v olxovo(itav. " Le même est Dieu et homme, car le Christ est un de deux, la différence des substances de la divinité et de la chair étant conçue et reconnue; il était et il est Dieu; il est devenu homme par l'économie. » Loeschke reconnaît que cette phrase n'a pu cire prononcée à Nicéé; aussi il s'en débarrasse cavalièrement en la déclarant interpolée. Cette phrase est sûrement de Gélase. Loeschke oublie que le Synlagma a été composé précisément pour démontrer que les Pères de Nicée n'avaient pas pensé comme Eutychès. Gélase, préface, p. 3. Sur la fin de sa vie, Loeschke n'était plus si affirmât if quant à l'authenticité des pièces tirées du « livre de Dalmatius »; elle ne lui semblait plus être que probable. Préface de l'édi-c tion de Gélase, p. xxix. A notre avis, elle est fort improbable, pour ne pas dire inadmissible.
Le « Discours à l'assemblée des saints », attribué à Constantin, s'il est authentique, est antérieur au concile de Nicée. Voir sur cette question, Heikel dans Eusebius Werke, 1. 1, p. xci et sq.; Pftalisch,Di'e Rede Constanlins an die Versammlung der Heiligen, dans Dôlger, Constantin der Grosse und seine Zeit, 1913, p. 96 sq. Les documents de Gélase étant éliminés, nous n'avons en fait de pièces authentiques, émanant du concile de Nicée, que le symbole, la synodale et les vingt canons.
Quant à savoir si le concile de Nicée a fait rédiger des procès-verbaux de ses séances, la question est, à notre avis, insoluble. Ceux qui sont pour l'affirmative, comme Loeschke dans le mémoire précité, et Wikenhauser, Zur Frage nach der Exislenz von nizànischen Sgnodalprololcollen, dans Dôlger, op. cit., p. 122-142, ne se basent que sur le fait que certains conciles, avant et après celui de Nicée, ont rédigé des procès-verbaux. Mais si ce fut le cas aussi pour le concile de Nicée, comment expliquer le fait que, dans les nombreux écrits de controverse suscités par ce concile, aucune trace de procès-verbaux ne se soit conservée?
A défaut de procès-verbaux, nous sommes renseignés sur la suite des événements, d'une part, par des témoins oculaires (Athanase, Eusèbe) de l'autre part, les historiens postérieurs, Rufin, Philostorge, Socrates, Sozomène, Théodoret. Leurs témoignages seront apportés à la place convenable.
If. Convocation du concile. — ■ Le concile de Nicée fut convoqué pour régler la controverse dogmatique soulevée par Arius, pour apaiser le schisme égyptien fomenté par Mélèce, et enfin pour unifier la date de la célébration de la fête de Pâques. Cf. Eusèbe, Vita Constanlini, III, iv et v, édit. Heikel du Corpus de Berlin, p. 78, 79.
Pour ce qui concerne les débuts de la controverse arienne et son développement antérieur au concile, voir Arius et Arianisiie, -t. i, col. 1779 sq. Si l'on en croit Philostorge, l'idée de la convocation d'un concile, réunissant les évêques de tous les pays, aurait été suggérée à Constantin par Alexandre d'Alexandrie, accouru à Nicomédie avec Hosius de Cordoue, après la mission de ce dernier à Alexandrie à l'automne 324. Cf. Philostorge, i, la, édit. Bidez, p. 8. Constantin accepta cette idée et invita les évêques à se réunir à Nicée en Bithynie. Le fait de la convocation du concile par l'empereur ne peut être mis en doute. Le concile lui-même dans sa lettre synodale aux Églises d'Alexandrie, d'Egypte de Lybie et de la Pentapole, ci-dessous, col. 415, se dit convoqué par la grâce de Dieu et par le très pieux empereur Constantin, tîjç Toù 0EOVJ /àpiToç xal toû 6eo<piXeaTXTO'j
BaotXfwç o'jvayayovToç T)[Jiâç. Théodoret, II. II., I, ix, édit. Parmentier, p. 38. D'après Eusèbe, Vita Constanlini, III, vi, p. 79, Constantin envoya aux évêques de tous lieux des lettres de convocation pleines de déférence. Le même témoignage est fourni par Socrates, H. E., I, v, P. G., t. lxvii, col. (il ; Sozomène, H. E., I, xvn, P. G., Llxvii, col. 912; Théodoret, //. E., I, vu, p. 30; Gélase de Cyzique, H.E., préface, p. 1-2. Rufin, dans sa continuation de l'IIislo:re d'Eusèbe, I, i, P. L., t. xxi, col. 407, rapporte que Constantin convoqua le concile ex sacerdoium senlentia, sur le conseil d'évèques. Ce renseignement de Bufin semble bien corroborer le témoignage de Philostorge cité plus haut, que l'idée d'un concile général fut suggéré à Constantin par Alexandre d'Alexandrie et Hosius de Cordoue, accourus à Nicomédie à la fin de l'année 424, et par leur entourage. Il ne semble donc pas que le pape Sylvestre ait été o nsulté. Quoi qu'il en soit, le pape ratifia la convocation impériale, en se faisant représenter à. Nicée par deux envoyés. Les témoignages qui ont été allégués pour établir une convocation de notre concile par le pape ou une autorisation donnée par le pape à la convocation impériale, sont ou de mauvais aloi, comme la biographie de Sylvestre dans le Liber pontificalis, ou trop tardifs, comme celui du VIe concile général, pour pouvoir infirmer les affirmations du concile lui-même et celles de ses contemporains. Cf. Funk, Die Berujung der œkumenischen Synoden des Altertums, dans Kirchengeschichtliche Abhandlungen, t. i, p. 57-58. Comme il l'avait déjà fait pour le concile d'Arles en 314, Constantin mit la poste publique à la disposition des évêques se rendant à Nicée, et il les défraya de toutes dépenses pendant la durée du concile. Eusèbe, Vita Constanlini, III, vi, p. 79.
III. Les membres du concile. — A en croire Eusèbe, tous les évêques furent convoqués au concile, OTreûSeiv àraxvTaxôOsv toùç èmaxÔTtouç... 7rpoaxa- Xoù[xsvoç. Vita Constanlini, III, vi, p. 75. Il s'en faut toutefois que tous soient venus. Selon Eustalhe d'Antioche, le nombre des membres du concile fut d'environ 270. Cf. Théodoret, H. E., I, vin, p. 34. Eusèbe en compte 250, Vita Consl., III, vtii, p. 80. Dans sa lettre aux Alexandrins, Constantin parle de plus de 300 évêques qui assistèrent au concile. Socrates, H. E., I, ix, P. G., t. lxvii, col. 85. De même, Athanase dans YHistoria arianorum ad monachos, c. lxvi, P. G., t. xxv, col. 772. Dans sa lettre Ad Afros, c. n, P. G., t. xxvi, col. 1031, Athanase précise que 318 évêques prirent part au concile. C'est ce chiffre qui fut reçu dans la suite. Il est possible qu'il ait été suggéré par Gen., xiv, 14, qui parle des 318 serviteurs d'Abraham qui délivrèrent Loth.
Il existe une liste des signataires du symbole de Nicée classés par provinces. Gelzer-Hilgenfeld-Cuntz ont publié un essai de reconstruction critique de cette liste, Palrum Nicsenorum nomina, Leipzig, 1898. Le texte reconstitué contient les noms de 220 évêques : 116 d'Asie Mineure et d'Arménie; 19 de Lybie et d'Egypte; 19 de Palestine; 19 de Syrie; 10 de Phénicie; 5 de Mésopotamie; 6 de la province romaine d'Arabie; 4 des îles de l'Archipel; 1 de Thrace; 2 de Macédoine; 2 de Thessalie; 3 d'Achaïe, 2 des provinces danubiennes; 1 de Pannonie; 1 évêque goth; 1 évêque scythe. L'Afrique est représentée par Cécilien de Carthage; l'Espagne, par Hosius; la Gaule, par l'évêque de Die ; l' Italie par les deux envoyés romains et par un évêque de Calabre. Eusèbe mentionne aussi un évêque persan. Vita Consl., III, vm, p. 80. Le nom de saint Nicolas de Myre ne se trouve pas dans la liste susdite.
Tous les pays renfermant des chrétiens furent
NICEE (1er CONCILE DE
donc représentés à Nicée, peut-être même ceux qui étaient situés en d'hors des frontières de l'empire romain; mais les évoques d'Asie Mineure, de Syrie, de Palestine et d'Egypte formaient la grande majorité. Eusèbe rapporte que, parmi les évêques présents à Nicée, les uns étaient célèbres par leur sagesse, les autres par l'austérité de leur vie et leur patience, d'autres par leur modestie. Vita Const., III, ix, p. 81. Eusèbe lui-même, Eustathe d'Antioche, Marcel d'Ancyre, Alexandre d'Alexandrie étaient connus pour leur science théologique; Léonce de Césarée de Cappadoce, Jacques de Nisibe étaient renommés pour leur sainteté et passaient pour thaumaturges; Paul de Néocésarée de Syrie, Amphion d'Epiphanie, les Égyptiens Paphnuce et Potamion avaient confessé la foi lors des dernières persécutions. Selon Philostorge, I, 8a, p. 9, parmi les évêques présents à Nicée, 22 étaient partisans d'Arius, tandis qu'Hosius et Alexandre d'Alexandrie étaient bien décidés à enlever la condamnation de l'hérésiarque. Id., 9 a, p. 9. Les débats s'ouvriront pour décider de quel côté pencherait la majorité.
IV. Les débats a Nicée. • — Pour les débats du concile de Nicée, nous avons des renseignements émanant de trois témoins oculaires : le récit d'Eusèbe de Césarée, Vita Const., III, x-xii, p. 81-83; un fragment d'Eustathe d'Antioche, conservé par Théodore!, H. E., I, vu, p. 34; enfin les indications fournies par Athanasc dans le De dccreiis Nicœnœ synodi et dans YEpislula ad Afros. Socrates, H. E., I, vm, col. 64, et Rufin, H. E., I, ni, col. 469, parlent de discussions préliminaires entre évêques et philosophes; mais P. Batiffol fait remarquer très justement que « les assemblées d'évêques à pareille date ne délibéraient pas de la sorte ». La paix constanliuieime, Paris, 1914, p. 323. Nous avons déjà fait observer que le dialogue entre le philosophe Phédon et certains évêques, rapporté par Gélase de Cyzique, n'est pas authentique. Est également à rejeter l'historiette narrée par Socrates, fi. E., I, vm,col. 64, Rufin, I, il, col. 468 et Gélase, H.E., II, v, p. 54, de libelles d'accusation remis à Constantin par des évêques contre certains de leurs collègues, libelles que Constantin aurait fait brûler sans les vouloir lire. Si pareil fait s'était produit, Eusèbe de Césarée n'aurait pas manqué de s'en servir pour glorifier l'empereur.
Au jour fixé pour l'ouverture du concile, le 20 mai 325, d'après Socrates, toc cit.. les évêques se réunirent dans la grande salle du palais impérial de Nicée, où des sièges leur avaient été préparés des deux côtés de la salle. L'empereur fit son entrée en grand costume d'apparat, accompagné non de sa garde, mais seulement de quelques familiers chrétiens. Ayant pris place sur un siège d'or, il fit signe aux évêques de. s'asseoir. L'évêque qui se trouvait à sa droite le complimenta, ensuite l'empereur ouvrit le concile en prononçant en langue latine le discours suivant, qui fut immédiatement traduit en grec .:
O amis, mon vœu suprême était de vous voir assemblés et le voici accompli; je rends grâce publiquement au Basileus de l'univers, qui, après tous ses autres bienfaits, m'a accordé le bienfait plus grand encore de vous voir, je dis de vous voir assemblés tous dans une pensée commune de concorde. Qu'aucun ennemi malfaisant ne trouble notre présente paix et, puisque par la puissance du Dieu Sauveur les tyrans qui combattaient Dieu ont disparu, qu'aucun Sai'txcov pervers n'expose la loi divine aux blasphèmes. Pour moi, je considère comme redoutable à l'égal d'une guerre, d'une bataille, et plus difficile, toute sédition à l'intérieur de l'Église de Dieu, et j'en ai plus de contrariété que des choses du dehois.
Quand donc, par la suggestion et le concours de Dieu, j'eus remporté la victoire sur les ennemis, je crus qu'il ne me restait qu'à remercier DieiUet à me réjouir de concert
avec ceux qu'il venait par moi de libérer : en apprenant votre dissension, mon espoir fut déçu, mais j'estimai que l'affaire n'était pas à différer, et j'espérai pouvoir y porter remède moi-même : je vous convoquai tous aussitôt. Je me réjouis de contempler votre assemblée : les choses répondront mieux encore à mon attente, quand je vous verrai tous unanimes et accordés dans une commune paix, qu'il est digne que des hommes consacrés à Dieu comme vous prêchent aux autres. Empressez-vous donc, ô amis, ministres de Dieu, bons cultores de celui qui est à nous tous un commun Seigneur et Sauveur; examinez ici même les causes de votre dissension, déliez tous les nœuds de la controverse selon les lois de la paix. Ainsi vous ferez chose agréable au Dieu de l'univers, et à moi qui suis avec vous cultor de ce Dieu, vous donnerez une extrême satisfaction. Eusèbe, Vita Constantini, III, xn, p. 82-83.
Après sa harangue, l'empereur donna la parole toïç 7tpoéSpoiç TÎjç ouvôSou, c'est-à-dire aux évêques qui étaient les premiers dans l'ordre de la préséance. Eusèbe, Vita Const., III, xm. « Alors, continue Eusèbe, les uns commencèrent à accuser les autres; ceux-ci se défendaient et attaquaient de leur côté; l'empereur écoutait tout avec une grande patience; il suivait avec attention la discussion des problèmes; il reprenait les assertions émises en les corrigeant ou en les adoucissant, de manière à empêcher la discussion de dégénérer en disputes; il témoignait de la bienveillance à tous et il faisait usage de la langue grecque qui ne lui était point étrangère. Son affabilité gagnait les cœurs; grâce à la force de ses arguments, il portait la conviction dans certains esprits (ouirrcelflcov) ; ceux qu'il ne pouvait convaincie, il les faisait rougir. Quand quelqu'un parlait judicieusement, il lui donnait des éloges. 11 prêchait à tous la concorde. 11 arriva à ses fins et mit tout le monde d'accord sur le point en litige. » Tillemont rejette ce récit d'Eusèbe, « parce qu'il semblerait qu'il (l'empereur) eût été le maître du concile et ait violé sa liberté ». Mémoires pour servir à l'Histoire de l'Église, t. vi, p. 652. Batifïol, op. cit., p. 335, fait sienne l'objection de Tillemont, parce que le récit d'Eusèbe serait en contradiction avec le témoignage de Philostorge, I, 9a, p. 9, éd. Bidez, selon lequel Constantin était au milieu des évêques, « attendant ce que l'assemblée déciderait », et aussi avec celui de saint Athanasc, qui affirme qu'aucune contrainte ne fut exercée sur les membres du concile. Epist. ad episc. JEgypli, P. G., t. xxv, col. 568. Il est à remarquer cependant que le récit d'Eusèbe ne parle nullement de contrainte : l'empereur écoute patiemment; il dirige le débat et l'empêche de dégénérer en disputes. Il agit donc comme les présidents des assemblées délibérantes des temps modernes. Il prêche la concorde, il s'applique à convaincre, mais en union avec d'autres (cufj.7re£6cov). Or, Batiffol reconnaît lui-même, p. 335, que ceux qui refusaient de signer le symbole « durent être l'objet des instances du prince ». Donc, en rigueur de critique historique, il n'y a rien à opposer au revit d'Eusèbe : si Constantin fut le président effectif du concile, il se contenta, à la façon des présidents d'assemblées modernes, de. diriger les débats et d'intervenir pour réaliser l'accord final. Cf. Duchesne, Hist. anc. de l'Église, t. n, p. 146.
1° La controverse arienne. ■ — Le débat sur la controverse dogmatique s'ouvrit par la lecture d'un exposé de la doctrine arienne dû à la plume d'Eusèbe de Nicomédie. S. Athanase, De dccreiis, P. G., t. xxv, col. 420; Eustathe, dans Théodoret, H. E., 1, vu, p. 34. Cette lecture souleva l'indignation du concile et l'exposé d'Eusèbe de Nicomédie fut déchiré. Ensuite, selon Eustathe, « plusieurs membres du concile, après s'être concertes voulaient, sous prétexte de conciliation, imposer le silence à ceux qui étaient habitués à bien parler », ce qui semble indi-
NICÉE (Ier CONCILE DE)
qucr que, sous prétexte de concorde, un certain nombre d'évêques voulaient se contenter du rejet de la doctrine arienne en s'en tenant aux anciens symboles de la foi. C'est probablement dans cet ordre d'idées qu'Eusèbe de Césarée proposa de terminer le litige par l'adoption du symbole de son Église. Voir la lettre d'Eusèbc à son Église pour expliquer Bon attitude à Nicée, lettre conservée par Socrates, //. E., I, vin, P. G., t. i.xvii, col. 69. En effet, le texte proposé par Eusèbe pouvait contenter tout le monde, car il était susceptible d'une interprétation arienne aussi bien que d'une interprétation orthodoxe. Eusèbe prétend que son texte fut accepté par tous et qu'on ne lui demanda que l'insertion du terme consubstantiel. Cf. Socrates, loc. cit., col. 72. Toutefois, les modifications exigées par le concile furent plus importantes. La comparaison du texte d'Eusèbe et du symbole promulgué finalement le démontre de toute évidence
Eusèbe
iliaTsûo^ev eîç ëva 0eov riccrépa 7ravTOxpdcTopa, tÔv tûv à7ràvTov ÔpOCTWV TE
Xal àopXTCOV 7TOt,Y)TY)V.
Kai sic Ëva xôpiov 'Iyjaoûv Xpiaxôv, tÔv toû 0£oû Xôyov. 0eÔv ex 0soô, Çwyjv Èx Çwtjç, ulôv (xovoyevTj, topcotôtoxov tox- <ri)ç xxtaeoç, Ttpà tuocvtcov twv aîwvcov Èx toû 0eoû TOXTpôç YsyEvv^uivov, 8V ou xal ÈysvsTO Ta toxvts, tôv Sià tt)v r^sxépav ou- TTjpîav a«pxa>OévTa xal èv àvOpcaTîoiç TCoXt,TeuCTà(jievov xal TzaQôvztx xal àvaaxâvTa tt; TpCrfl YjfAÉpa xal àveXOôvra rcpôç tov TOXTÉpa xal YjÇovTa 7ràX(.v sv SôÇyj xpïvai Çwv-aç xal vrxpoûç.
niaTÉiio^ev xal sic 8v 7rv£'j(jia ayiov, toûtcov sxaotov sïvai xal ÛTOxpxsiv, ttio-teûovtsç mc-répa àXy,- 0œç TcaTÉpa, xal uîôv àXy- 0â>ç ulov, xal uv£Û(xa ayiov àXy(0â>ç ayiov TOvsû- (i.a, xa6wç xal 6 xûpioç T)ji.civ àrtoaTÉXXwv sîç tô XTjpuvji.a ioùç ÉauTOÙ [xa-
0Y]Tàç S17ÏS- IIop£U0£VT£Ç
[i.a07]T£>jaaT£ roivTa ta ë8vï) .
Traduction.
Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes choses, visibles et invisibles.
Et en un Seigneur Jésus- Christ, le Verbe de Dieu, lumière de lumière, vie de vie, Fils unique, premier né de toute la création, engendré du Père avant tous les siècles; par qui tout a été fait; lequel, pour notre salut, s'est fait chair et a habité parmi nous, a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté vers son Père, reviendra dans la gloire pour
Nicée
niCTTEUO[i.£V EIÇ EVa 0sÔv
riarépa TOxvTOXpaTOpa, toxvtcov ôpaTwv te xal àopaTwv ttoiyjtyjv.
Kal eîç sva xûpiov 'Iyj-
OOÙV XpiCTTÔV, TÔV UÎÔV TOÛ 0£O'J, y£VVY)0SVTa EX TOU
roxTpôç [i.ovoysvyj, toutsotiv êx ttjç oûolaç TOÛ
TOXTpOÇ, 0SOV SX 0EOÛ, CpÛÇ ÈX ÇCÛTOÇ, 0eÔv àXyj0ivôv ÈX
0eou àXyjOivoû, ysvvyjOsvTa
OÙ 7TOlY]0SVTa, ÔfjlOOÛaiOV
tû TOXTpî, Si'oû Ta TiâvTa
ÈyÉvSTO, Ta TE ÈV TOI
oùpavw xal Ta Èv Tfj yfj, tov Si' Yj(i.aç toùç àvOpco-
TtOUÇ Xal Stà TYjV Y]|i,£TÉpaV
awTYjpîav xaTsXôôvTa xal aapxwOévTa, iraGôvTa xal àvaaTavTa tt) TpÎTY) yjuspa, àvsX06vTa eîç toùç oùpavoûç, ÈpxôfXEvov xpîvai ÇôvTaç xal VEXpoûç.
Kal sic tô TCVEÙjjia ayiov.
Toùç Se XsyovTaç* yjv ttots ots oùx fy, r\ oùx 9jv 7Tplv ysvvrjGrjvai, '/) ÈÇ oùx Ôvtwv Èys\£T0, :q èc, ÉTÉpaç ùtco- CTTaaEwç r, oùalaç 9âaxov- Taç EÏvai, YJ XTIC7TÔV Y) TpSTCTOV 7) àXXoiCOTÔV TOV UÎÔV TOU 0EOÙ, TOÛTOUÇ
àvaOE[AaTÎ^st, yj xaGoXixyj xal â.noozokiy.ri toù 0eoù 'ExxXyarîa.
Traduction.
Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant créateur des choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, seul engendré du Père, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été créé dans le ciel et sur la terre; qui est descendu du ciel pour nous et notre salut, s'est incarné, s'est fait homme, a souffert, est ressuscité le
juger les vivants cl les morts.
Nous croyons en un saint Esprit.
Nous croyons que chacun de ceux-ci existe véritablement, le Père qui est véritablement Père, le Fils, qui est véritablement Fils, le Saint- Esprit, qui est véritablement Saint-Esprit, ainsi que le Seigneur l'a dit, en envoyant ses disciples pour la prédication : Allez, enseignez toutes les nations.
troisième jour, est monté aux cieux, et il viendra juger les vivants et les morts.
Et au Saint-Fsprit.
Ceux qui disent : Il y a eu un temps où il n'était pas, et il n'était pas avant d'être engendré, il est né du néant, ou qui soutiennent qu'il est d'une autre hypostase ou d'une autre substance (que le Père), ou que le Fils de Dieu a été créé, qu'il n'est pas immuable, mais soumis au changement, l'Église catholique les anathématise.
Il est à remarquer que dans l'anathématisme final les termes oùffîa et ûtootaoiç sont équivalents.
Le symbole d'Eusèbe s'applique à n'employer autant que possible que des' termes scripturaires ; celui de Nicée est plus net et plus précis; il remplace le vocable Logos de Dieu, par celui de Fils de Dieu; il précise le terme seul engendré de Dieu, par l'addition c'est-à-dire de la substance du Père; il explique engendré par non créé; il introduit le terme consubslan'icl, ô(i.ooûatoç ; enfin, dans les anathématismes, il condamne formellement les principaux points de doctrine d'Arius.
Dans le De decretis Nicœnœ synodi, Athanase nous donne la raison de ces précisions. Le concile ne s'est pas contenté de dire que le Fils est de Dieu, il a précisé qu'il est de la substance du Père pour montrer qu' « il n'y a rien de commun entre le Fils et les créatures; que tout a été créé, mais que le Fils seul est de Dieu. » S'il s'était contenté de dire que le Fils est de Dieu, les partisans d'Arius n'auraient pas manqué de se servir du texte de saint Paul, tout est de Dieu, I Cor.,vm, 9; II Cor., v, 17, 18, pour ravaler le Fils au rang des créatures. De decretis, P. G., t. xxv, col. 448 sq.
A l'exemple d'Eusèbe, le concile voulait aussi préciser la doctrine sur le Fils de Dieu en se servant de termes scripturaires, comme vertu de Dieu, éternelle image du Père, parfaitement semblable au Père, immuable et vrai Dieu. Mais, comme les partisans d'Arius n'auraient pas manqué de faire observer que ces expressions n'allaient pas contre leur doctrine, puisque dans saint Paul, l'homme est appelé image de Dieu, splendeur et vertu de Dieu, I Cor., xi, 7; les sauterelles elles-mêmes étant qualifiées par le prophète Joël de vertu de Dieu, Joël, n, 25; le terme immuable étant lui-même applicable à l'homme, puisque saint Paul écrit que rien ne peut nous séparer de la vertu de Dieu, Rom., vin, 35; pour couper court à toutes ces arguties, le concile introduisit dans le symbole le terme consubstantiel.
Athanase nous donne la signification de ce terme : « Les évêques ont écrit que le Fils est consubstantiel au Père, pour montrer qu'il est non seulement semblable, mais le même par la similitude qui provient de sa génération par le Père, TaÙTÔv tt) ôfiotcûoEt, Èx toû TOXTpôç, et pour montrer que la similitude et l'immutatilité du Fils est différente de l'imitation de Dieu, que nous pouvons réaliser parla vertu et l'observation des commandements. \ Car, sous le rapport corporel, deux choses peuvent se ressembler, sans être l'une dans l'autre et tout en étant séparées par un long espace, comme il en est des enfants et de leurs parents...; il n'en est pas ainsi des rapports du Père et du Fils. Le Fils n'est pas seulement semblable au Père; il est encore inséparable de la substance du Père. Lui et le Père sont un, comme il le dit luimême, et toujours le Père est dans le Verbe comme le Verbe dans le Père; c'est absolument le même rap-
NICÉE (Ier CONCILE DE)
port que celui du rayon à la lumière d'où il sort; voilà ce que veut dire le mot fj^ooùaioc,. » De decrelis, P. G., t. xxv, col. 452. Le terme consubstantiel signifie donc que, par suite de sa génération, le Fils est le même que le Père; le Père et le Fils sont un parce que le Verbe est inséparable de la substance du Père et que le Père et le Fils se compénètrent mutuellement. Exprimé en langage moderne, le sens du terme consubstantiel est donc : identité numérique de la substance divine, égalité des personnes qui sont inséparables l'une de l'autre.
Le ternie consubstantiel ne passa pas sans opposition. Dans sa lettre précitée, Eusèbe affirme qu'il n'a admis ce terme qu'après s'être fait démontrer qu'il n'impliquait ni division, ni conception matérielle dans la nature divine; et il ajoute qu'on allégua les noms de célèbres évêques et écrivains qui s'étaient servi de ce terme pour l'explication de la divinité du Père et du Fils. -Eusèbe, dans Socrates, H. E., P. G., t. lxvii, col. 76. Saint Athanase rappelle que Théognoste, Denys de Rome et Denys d'Alexandrie étaient de ces partisans du terme consubstantiel. De decrelis, col. 460.
Athanase, Hist. arianorum, 42, P. G., t. xxv, col. 744, et Philostorge, I, 9a, p. 9, sont d'accord pour faire du symbole de Nicée l'œuvre personnelle d'Hosius. Ceci est vrai en ce sens que c'est Hosius qui a proposé et fait adopter les additions au symbole d'Eusèbe, additions qui ruinaient l'arianisme par la base. Il n'y a rien d'étonnant qu'un Latin ait proposé les expressions « consubstantiel » et « de la substance du Père », car déjà ïertullien dans son Aduersus Praxean, c. ii, avait écrit que le Père et le Fils sont unius substantif.
Grâce aux arguments développés par Hosius et ses partisans, grâce aussi aux instances de l'empereur, l'immense majorité des évêques, y compris Eusèbe de Nicomédie, chef de la faction arienne, signèrent le symbole de la foi de Nicée. Il n'y eut finalement que deux opposants, les deux Égyptiens Théonas de Marmarique et Secundus de Ptolémaïs. Us furent anathématisés ainsi qu'Arius et ses écrits. Socrates, H. E., I, ix, col. 78.
2° Le schisme mélétien. — ■ Les mesures prises par le concile de Nicée pour l'extinction du schisme de Mélèce ont été exposées dans l'article Mélèce de Lycopolis, t. x, col. 533.
3° Le règlement de la question pascale. — Pour ce qui concerne la controverse pascale du w et au ine siècle, voir Pâques. Les raisons qui incitèrent le concile de Nicée à s'occuper de la date de Pâques nous sont connues par une circulaire de l'empereur Constantin, écrite peu de temps après le concile et conservée par Eusèbe, Vila Const., III, xvn-xx, p. 84-87. P. Batifîol, Bulletin d'ancienn. littérature et d'archéologie chrétienne, 191 4, p. 86, a essayé de démontrer la non-authenticité de cette lettre, sans succès à notre avis; toutefois, même si elle n'est pas authentique, cette pièce donne des renseignements qui ne sont pas à rejeter.
Avant le concile de Nicée, un certain nombre d'Églises célébraient la fête de Pâques en même temps que les Juifs, ce que l'empereur ne trouve pas sans inconvénient. Selon .losèphe, Anl. jud., III, x, 5, après la destruction de Jérusalem, les Juifs, pour la fixation du premier du mois de nisan ne se guidaient nas d'après l'équinoxe de printemps, mais d'après l'entrée du soleil dans le signe du Bélier, ce qui avait pour conséquence que la fête de Pâques, le 14 nisan, pouvait tomber avant l'équinoxe. Ceci explique le reproche fait par l'empereur, dans la circulaire précitée, aux Églises qui suivaient l'usage juif, qu'elles célébraient parfois deux fêtes de Pâques dans la
même année, c'est-à-dire entre deux équinoxes de printemps. La fidélité au comput juif entraînait aussi le deuxième inconvénient dont parle l'empereur : les Églises qui célébraient la fête de Pâques, avant l'équinoxe, se trouvaient déjà dans la joie pascale, tandis que les autres étaient encore dans les austérités du temps de pénitence. A Nicée, un accord intervint, que la synodale annonce aux Eglises d'Alexandrie et d'Egypte en ces termes : « Nous vous donnons la bonne nouvelle de l'unité qui a été rétablie quant à la fête de Pâques. Tous les frères de l'Orient qui autrefois célébraient la Pàque avec les Juifs, la célébreront désormais en même temps que les Romains, avec nous et avec tous ceux qui de tout temps l'ont célébrée en même temps que nous. » Socrates, I, ix, col. 81.
Les Pères du concile furent donc d'accord pour la célébration de la fête de Pâques selon l'usage romain et alexandrin, c'est-à-dire après l'équinoxe. Ils ne semblent pas avoir remarqué la divergence qui existait entre Rome et Alexandrie pour la date de l'équinoxe.
Le Prologus paschalis attribué à saint Cyrille d'Alexandrie, dans Petau,De doctrina temporum,w appendice, p. 502, et saint Léon le Grand, dans une lettre à l'empereur Marcien, P. L., t. liv, col. 1055, affirment que, selon la prescription du concile de Nicée, l'Église d'Alexandrie devait tous les ans annoncer la date de Pâques à l'Église romaine, qui la communiquait aux Églises plus éloignées. Ce renseignement nous semble douteux, d'abord parce que la synodale du concile n'en dit rien; en outre, parce qu'il n'est pas resté de trace de pareille communication, les lettres festales de saint Athanase ayant un tout autre but; enfin parce que les divergences par rapport à la date de la fête de Pâques continuèrent après le concile de Nicée. Sur la question pascale à Nicée, voir Hefele- Leclercq, Histoire des conciles, t. i, p. 450-477.
V. Les caxons. — Selon Théodoret, les Pères du concile de Nicée décrétèrent vingt canons sur la discipline ecclésiastique. H. E., I,vm,p.38. Le même témoignage se trouve dans Gélase de Cyzique, qui donne le texte original des vingt canons. Gélase, II, xxxn, p. 112 sq. Rufin, H. E., I, vi, col. 473, donne vingtdeux canons; mais la divergence provient de ce qu'il partage en deux le sixième et le huitième. Photius, le chroniqueur Zonaras et le canoniste Balsamon, du xii* siècle tous les deux, ne connaissent que vingt canons de Nicée, dont la teneur est celle que nous avons. Si des collections arabes ou coptes donnent un plus grand nombre de canons, c'est qu'on a voulu faire bénéficier la législation postérieure de l'autorité du concile de Nicée, tout comme on avait attribué aux apôtres la législation ecclésiastique des premiers siècles. Voir Canons des Apôtres, t. n, col. 1605. C'est probablement dans cet ordre d'idées qu'à Rome, au début du Ve siècle, les canons de Sardique étaient attribués au concile de Nicée. Pour cette question du nombre des canons de Nicée, voir Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. i, p. 505 sq.
Nous donnons le texte et la traduction des canons, sauf quelques modifications jugées nécessaires, d'après Hefele-Leclercq, t. i, p. 528 sq. :
oc' Eï -iç év vôacp x>kq Iolt-
pCÔV È/£lpOUpYT)0y), Y) <!)7TÔ
fJapëâpwv è^e-rixr)6-/), oôroç
(J.SVSTW SV TÛ XÀTJpCp- £t
as tiç ûyiaîvcov sauTÔv
è^£T£[J.£V, TOÛTOV X«l SV TCÔ y.Xr)pCp £^ETC(^6tA£VOV 7IE-
TraùcrOai upoCT^xei, xal sx xoô Ssùpo [xrjSsva twv
1. Si quelqu'un a été mutilé par les médecins durant une maladie, ou bien par les barbares, qu'il reste dans le clergé; mais si quelqu'un étant en bonne santé s'est mutilé lui-même, qu'on l'exclue du clergé dont il fait partie et à l'avenir on ne devra pas ordonner celui qui
NI CEE (1er CONCILK DE
TOIO'JTUV XP^vai 7rpoaYea" aura !lB> ainsi. Mais comme il Gai. ÛO7W0 8è toùto tzûo- est évident que ce qui vient
8rXov, 6ri nepl tûv èTtms- d'*trc dit ne rcgardc quc * / , r ■ i ceux qui ont agi ainsi avec
Seoovtwv tÔ TtpaYfxx xal intenlion et qui ont eux.
toX^wvtwv eauirouç bert- mèmes voulu se mutiler,
(j.\av eïpviTai, oikcoç eï ceux qui l'auront été ou par
Ttveç Û7iô [3ap6âpcov v^ les barbares ou par leur
Seo-tcotcôv sùvou}(ÎCT0r)CTav, maître pourront, eonfor-
eûpCaxoiVTO Se fiÇtOl, toÙç mément au canon, rester
toioutouc: elç xXîjpov Trpo- danfs ,la cMricature s'ils en
, ' 7 " sont clignes par ailleurs, oie-rai o xavwv. Voir sur ce canon . Hefele.
Leclercq, t. i, p. 529 sq.; les articles Eunuques, t. v, col. 1515; Irrégularité, t. vu, col. 2550.
P',ETcei8r/7roX>vàr(TO(.Û7tô 2. Soit par nécessité, soit
àviv>«;ç ¥j aXXcoç etceiyo- a cause des ""stances de
fxÉNWV TÛv àv6pa>™v èYé- 1.uel«ues. Personnes, plu-
™ v . r / i sieurs choses contraires à
veto Ttapa tov xayova tov la règle ecclésiastique se sont
ÉxxXrjcnaaTixov, wote av- produites; ainsi, on a accordé
0po>7touç txnb eOvixoô pîou le bain spirituel et avec le
&pTi 7TpoaeX66vTaç rr) nia- baptême la dignité épisco-
T6i, xal èv oXtyw XP0%C) paJe ou sacerdotale à des
xavr.VYiOévTaç EÙ8ùc; fart to hommes qui avaient à peine
TWEUuaTixovXourpôv fiyew, passét de îa ™ F*™» à la
, T, ~ n r o~ foi, et qui n avaient été ins-
x«i <xua t«( poitnofojvai truits que pendant trés peu
TTpoaaystv sic etuo-xotcttjv de temps; il est juste qu'à .
r, 7rpsa6uTspeïoV xaXwç l'avenir on n'agisse plus
ISoÇev èyew, toû Xchtcoû ainsi, car il faut du temps
(jiY)Sèv toioùto yLveaQou au catéchumène (en vue du
xal vàpxal ypôvou Sei tcû baptême) et après le bap-
xarnxouiiévw, xal jierà -rô *ème u/w pl"s lo,nguf „ , ,A » / ^ ( épreuve (en vue des ordres).
PaTmqia Soxipaoïaç TïXet- EHe est sage ,a parole de
ovoç. aacpeç yap to aTTOcrro- i-Ap6tre disant (I Tim., m,
Xixôv YÇ>â.y.y.<x tc^ XéyoV 6) que l'evêque ne soit pas
Mt) veôçurov, ïva (X7) Tucpco- néophyte, de peur que par
6elç etç xpî^a è\j.néay] xal orgueil il ne tombe dans le
TOCYiSa toû 8(.a66Xou.'sl 8s Jugement et dans le piège
7rpoïôvToçToijxp6vou4-uxi- du démon- Si dans Ia suiîe
« i { o~ un clerc se rend coupable
x6v( ti anaPTrl(ia eupsOn ^^ faute grave> cmJtatée
Ttepi to rcp6o-<07rov xai par deux ou trois témoins, il
êXéyxoiTO Û7t6 Sùo ï) xpiwy doit cesser d'appartenir au
fxap-rôpcov, 7r£7TOcûa0to ô clergé. Celui qui agit contre
toioÛtoç toû xXïjpou, ô Se cette ordonnance et qui se
raepà Taùxa ttoiwv, cbç montre désobéissant à l'égard
ÛTcev-avTia Tfj ucvàXTj ouv6- de ce grfnd c0?cile cs\.cn » o I V *i danger de perdre sa clen-
Sw epaouvotxsvoç,^ ain-o; catlfre
xivSuvEÛaei Tispl tôv xXrj-
pov.
Ce canon prescrit un temps de probation avant la réception du baptême, et, après le baptême un temps de probation avant la réception des ordres.
Un clerc qui se rend coupable d'une faute grave (^u/ixôv ne peut ici avoir que ce sens), constatée par plusieurs témoins, doit être déposé.
Ceux qui contreviennent à ce canon, c'est-à-dire ceux qui ordonnent des néophytes, ou les néophytes qui se laissent ordonner sont menacés de déposition. Cf. Hefele-Leclercq, t. i, p. 533-536.
y' 'A7rr,YÔp£UCTEV xa66- 3. Le grand concile dé-
Xou Y) LXEYaXyj ouvoSoç |j.y)te Iend absolument aux évê-
etuo-xôtoû litre npto^zé- 1ues' aux prêtres> aux d;a"
< » / ( cres, en un mot à tous les
pep (x-/)Te Siax6vçp u^ts membres clu cIergé; d>avoir
oXwç ml Ttov ev Tcp xXrjPoj (avec eux) une pers0nne du è<;eivai croyEiaaxxov è/s-.v, sexe, à moins que ce ne soit 7cXt)v et |i.7] apa (XY)TÉpa r) une mère, une sœur, une àSEXçrjv rt Oslav, rj a y.ôvx tante, ou enfin les seules 7tp6<TtoTCa 7râaav ù^o^lav personnes qui échappent à SiaTTÉÇEUYE. tout soupçon.
Ce canon ne défend pas au clergé le mariage spirituel, c'est-à-dire la cohabitation avec une vierge consacrée à Dieu, comme on en trouve parfois l'usage
dans les premiers siècles de l'Église; pareil mariage étant sévèrement défendu à tous, on ne conçoit pas que le concile l'aurait permis aux clercs avec leurs sœurs ou avec des personnes au-dessus de tout soupçon. Le concile prescrit simplement que les clercs ne doivent avoir dans leur maison que leur mère, leur sœur, une tante ou des personnes au-dessus de tout soupçon. La traduction de auvetaax-roç par sœur cmjupdlc, donnée dans Hefele-Leclercq, est donc inexacte. Ce canon ne s'occupe pas du mariage des prêtres ; mais il montre qu'au iv* siècle, le célibat ecclésiastique était fréquent. Voir Agapètes, t. i, col. 557; Célibat des clercs, 1. 1, col. 2068; et Hefele-Leclercq, t. i, p. 538.
S' 'Etc(ctX07T0V TlpoaTjXei. 4. L'evêque doit être cl a
l^âXioTa uèv ùno toxvtcov bli Par tous ceux (les évè
xûv èv Tfj STrapxta xa6ia- ques) de l'éparchie (pro-
û > «•< s> ' i « vince); si une nécessite
T«a0ao,Et Se Sucr/epeç tir urgente> ou ,a Iongueur du
to toiouto, /) 6ia xaTETTEt- chemin s'y oppose, trois
youaav àvaYXYjv ^ Stà (évêques) au moins doivent
[/îjxoç ôSoû, ÊÇâTTOlVTOÇ se réunir et procéder à la
Tpsîç IttI to aÙTÔ ciuvaiY0" cheirotonie (sacre), munis de
(xevouç, auLn}/Y)(pcov YLV0" la Permission écrite des ab-
(iEvcov xal twv àjtdvTOV sents La confirmation de ce
~ « o ' î. > qui s est fait revient de droit
xatouvTieeu.evcov8iaYpaii- dans ch éparchie, au
{xaTwv, tote tt)v xfipoTO- métropolitain, vlav TcotetaGai, to 8è xùpoç tûv ywo[iév(x>v SiS6a0at xaO'éxâCTTYiv ÈTCapxtav tôî
JAY)Tp6TC0XÎT]f).
L'evêque doit donc être installé par tous les évêques de la province ecclésiastique, laquelle, en ce temps-là, était la même que la province civile. Si tous ne peuvent venir, trois au moins sont nécessaires pour l'imposition des mains avec le consentement des autres donné par écrit. La confirmation appartient au métropolitain, ce qui signifie que contre la volonté de ce dernier, personne ne peut devenir cvêque. Cf. Hefele- Leclercq, t. i, p. 540. Y°'r Élection des évêques, t. vi, col. 2256; t. v, col. 1682; Consécration des évêques, t. v, col. 1684.
e'LT£plTcôvàxot.vcùvr)Ta)v 5. Pour ce qui est des
YEVOfiivwv eÏte tôjv Èv tw excommuniés clercs ou laï-
xXrpco eÏte èv XaïxG TâYL ?UeS' la sentence portée par
« ( ~ û>< ' ' 'es évêques de chaque pro-
um, u;ro tcov xa6 exaorr.v vince doit avoir for^e de' loi>
êTWpxiav STuaxoTrwv xpa- conformément à la règle
Trbco ■}] YvwfJ.7] xaTà TÔv prescrivant que : Celui qui a
xavôva tov StaYopsûovTa, été excommunié par l'un
Toùç ûcp ' ÉTÉpov àTro6XY)6Év- ne doit pas être admis
Taç ûcp' ÉTÉpoiv [ir\ npoGie- P^ les autres. Il faut ce-
oOat. 'EÇETa^aeco Se, ^ Pendant s'assurer que I'éyé-
i / « » i A que n a pas porte cette
{«xpo+uxi? T) ÇiXoveixiqç 1\ sentence d'excommunication
TIVl TOtauTT) a7]Sla tou par«roitessed'esPrit. pares-
ETrt0XO7rou àTTOauyâYCOYOt prit de contradiction ou par
yzyisir^TCLi. "Iva oûv toîjto quelque sentiment de haine.
T7)v 7rpÉ7rouaav ÈÇÉTaoLV Afin que cet examen puisse
Xa^ëâvYi, xaXwç evelv avoir lieu, il a paru bon
ëSoEsv,' èxào-TOU êviauroû d'ordonner que dans chaque
û. « » > ' *> province, on tint deux lois
xau sxao-TTiv ETrapyiav bic ' ',„ .. , -
„ ' »» i pai an un concile, qui se
tou etouç o-uvoSouç yivz- composera de tous les évê-
CT0at, ï'va xoivf) TiâvTwv twv qUes delapro\ince;ils feront
èttloxôtccov tyjç È7rapylaç toutes les enquêtes néces-
È7rl to aÙTÔ ouvaYOfjLÉvcov, saires pour que chacun voie
TàTOiaÛTaÇTinnaaTaÊÇETOC- que la sentence d'excomniu-
Çoito, xal oÛtcoç ol ôu.0- nication a eté ^^P^ . / portée pour une desobéis-
XoYouu-evwç Trpoaxsxpou- »ance c^astat6c et Jusqu.à
xoteç tw ETTiaxoTCW xaTà ce qu.j] plaise a rassemhlée
Xôyov àxoivo')VY)TOi Tcapà des évêques d'adoucir ce
Ttâcuv slvai Sô^watv, [J.éy- jugement. Ces conciles de-
p'.ç âv tôj xoivâ) tcôv vTont se tenir l'un arvant le
Ètti.ctx6tvcl)V ' Sô^Ti Tïiv mi- carême, Pour que, ayant
Xav0pco7TOTÉpavÛ-è?aÙ7cov «■"•»< tout intiment peu