‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 76 sur 233 · XI · texte numérisé non relu

XI

NIGEE lie CONCILE DE

Constantinople. encore peu sûre, mais à Nicée en Bithynie. Sur l'échec de la réunion du concile à Constantinople et sur les mesures prises par Irène pour rendre possible sa célébration, voir ici même, t. vi, col. 585 sq.

II. Les actes et les délibérations. — 1° Texte et versions des actes. — Le texte grec des actes du deuxième concile de Nicée est édité d'après trois mss., deux de la Vaticane et un troisième ayant appartenu à un archevêque de Tarragone, Antoine Augustin. Voir la note de Binius dans Mansi, Concil., t. xm, col. 486.

Immédiatement après le concile, le pape Adrien Ier fit faire une traduction latine des actes; elle est perdue à l'exception des fragments conservés par les Livres carolins. Sous le pontificat de Jean VIII (872-882), Anastase le Bibliothécaire disait de cette traduction que son auteur « ignorant le génie de chacune des deux langues, avait traduit d'une manière tellement servile que, rarement ou même jamais, on n'arrivait à saisir le sens, de sorte que cette version rebutait le lecteur et était tombé dans un profond discrédit. » Mansi, t. xn, col. 981; P. L., t. cxxix. col. 195 C.

Un fragment de cette version conservé par les Livres carolins nous permet de constater le bien-fondé du jugement d' Anastase. A la troisième session du concile, le texte grec des actes fait dire à Constantin, évêque de Constantia dans l'île de Chypre : ô^iôçpcov yl-y\io\LOLi... 8zy 6y.s\ioç x.cà à<T7taÇ6(jievoç ti^tixcoç t«ç àytaç xal aeTTTàç etxôvaç. xal ttjv xocrà Xaxpsîav T:poax'ivy]Cf(.v \i6vr] TÎj ÛTrspouaîco xai Ça>ap)(t.xYJ TpiâSt. àva7TS(ji.Trco (Je suis du même avis, je reçois et salue avec respect les saintes et vénérables images. Quant au culte de latrie, je le réserve à la Très Sainte-Trinité). Mansi, t. xn, col. 1147. Voici comment la première version latine rend ce passage : Suscipio et amplector honorabililer sanctas et venerandas imagines secundum servitium adorationis quod consubstantiali et vivificalrici Trinilati emitto. On comprend l'indignation du rédacteur des Livres carolins à la lecture de cette énormité. Voir Livres carolins, 1. III, c. xvn, P. L., t. xcvm, col. 1148. C'est pour éliminer cette fâcheuse version qu'Anastase le Bibliothécaire, qui avait déjà traduit les actes du VIIIe concile, en fit une nouvelle; c'est celle qui est imprimée dans les collections de Hardouin et de Mansi, en regard du texte grec, sans le grec dans P. L., t. cxxix, col. 195-512. En 1540, fut imprimée à Cologne une troisième version latine des actes du IIe concile de Nicée. Le cardinal Baronius l'estimait bien inférieure à celle d'Anastase. Voir la note de Binius dans Mansi, t. xm, col. 485. Elle est imprimée dans Mansi, t. xm, col. 497 sq. Ces deux dernières versions latines présentent la même lacune, elles ne donnent pas le procès-verbal de la vin6 session, elles se contentent d'en traduire les canons. Il se pourrait que cette lacune ait été volontaire, au moins de la part d'Anastase. Les Livres carolins, I. III, c. xm, P. L., t. xcvm, col. 1136, reprochent au concile de Nicée d'avoir admis une femme dans son sein pour y enseigner, contrairement à la sainte Écriture; or, d'après les Actes grecs, c'est Irène qui présida la vme session du concile et qui y prit la parole. Mansi, t. xm, col. 413 sq. Il ne nous semble pas impossible qu'Anastase ait omis de traduire le procès-verbal de cette séance pour esquiver ce reproche; peut-être aussi a-t-il considéré la vin' session comme une séance d'apparat sans importance. La traduction latine du procès-verbal de la vme session du concile, imprimée en regard du texte grec dans Mansi, est l'œuvre de Binius.

2° Les sessions conciliaires. — ire session. — Le 24 septembre 787, les Pères du concile se réunirent au nombre d'environ 300 dans le sanctuaire de l'église

Sainte-Sophie de Nicée. A l'exception des deux envoyés des patriarcats soumis à la domination musulmane, tous étaient des sujets de l'empire byzantin. Les deux légats romains, Pierre, archiprêtre de Saint- Pierre, et Pierre, abbé de Saint-Sabas, étaient eux aussi, au moins en théorie, soumisà l'autorité impériale. L'évangile était placé sur un trône au milieu de l'assemblée. Devant l'ambon siégeaient les représentants impériaux, le patrice Pétronas et le logothète Jean; derrière eux se trouvaient les archimandrites, les higoumènes et un grand nombre de moines. Mansi, t. xn, col. 999. Sur la proposition des évêques de Sicile, la présidence fut déférée à Taraise; toutefois les légats romains signèrent toujours en premier lieu et figurent toujours en tête sur les listes de présence.

Taraise inaugura sa présidence en exhortant les Pères du concile à la brièveté dans la discussion, invitation qui, malheureusement, n'eut qu'un succès fort relatif. Mansi, t. xn, col. 999. Après la lecture de la lettre impériale qui, conformément aux conditions posées par le pape, garantissait la liberté du concile et prescrivait la lecture des lettres du pape ainsi que de celle des Églises d'Orient soumises au calife, le concile consacra le reste de la première session à régler des questions de personnes. Voir la lettre impériale dans Mansi, t. xn, col. 1001 sq. Trois évêques iconoclastes furent admis à siéger au concile, après avoir lu une profession de foi condamnant le concile d'Hiéria et les coryphées du mouvement iconoclaste, proclamant la légitimité du culte des images qui n'est pas une idolâtrie, et anathématisant ceux qui refusent de vénérer les images. Mansi, t. xn, col. 1008- 1016. L'admission de sept autres évêques iconoclastes qui avaient contribué à l'échec de la réunion du concile à Constantinople l'année précédente n'alla pas sans difficultés; les moines surtout s'y montraient opposés. Pour trancher leur cas, on lut d'abord douze textes patristiques plus ou moins favorables à la réintégration des clercs tombés dans l'hérésie et revenant à résipiscence. Alors Sabas le Studite demanda si les évêques en ^question avaient été ordonnés par des iconoclastes; c'était soulever la question de la validité des ordinations conférées par des hérétiques. Cinq textes patristiques furent lus pour élucider cette question : Socrates, H. E., II, xxvii, xxxvm, P. G., t. lxvii, col. 272, 423, qui rapporte qu'Acacc le Borgne et Patrophile établirent Cyrille comme évêque de Jérusalem après avoir chassé Maxime; un passage de Théodore le Lecteur et le début des actes du concile de Chalcédoine d'où il ressortait qu'Anatole avait été- établi évêque de Constantinople à l'instigation de Dioscore, ce qui ne l'avait pas empêché de siéger à Chalcédoine; un passage de la Vie de saint Sabas, moine de Jérusalem au vie siècle, au dire duquel Jean, établi évêque de Jérusalem par Sévère le monophysite, fut néanmoins reconnu par les moines, dès qu'il eut accepté le concile de Chalcédoine; un passage enfin de la lettre de saint Basile aux Nicopolitains, dans laquelle il déclare ne pas reconnaître comme évêque celui qui a reçu l'épiscopat de mains profanes pour la destruction de la vérité. Comme les moines insistaient sur ce dernier texte pour résoudre la question par la négative, Taraise se contenta de répondre que les Pères étaient toujours d'accord entre eux. Mansi, t. xm, col. 1050. Du reste, il avait déjà fait remarquer qu'au VIe concile beaucoup d'évêques ordonnés par des monothélites avaient siégé sans opposition. Mansi, t. xm, col. 1045.

Il semble bien que Taraise ait mené son enquête patristique avec quelque complaisance; car sans cela il est inconcevable qu'après avoir cité dans la pre-

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mière partie de son enquête le 53e canon des Apôtres, il passe sous silence le 09» qui rejette la validité des ordinations conférées par les hérétiques. Il est aussi difficile d'admettre qu'un patriarche de Constantinople ait ignoré la lettre de son Église à Martyrius d'Antioche, ainsi que le rituel deTimothéede Constantinople, deux pièces défavorables à la validité des ordinations conférées par les hérétiques. Cf. Saltet, Les réordinations, Paris, 1907, p. 106 sq.

Le concile renvoya l'affaire des évoques iconoclastes à une date ultérieure; ils furent réintégrés sans débat à la ui° session.

IIe session. — La deuxième session eut lieu le 26 septembre. Après le renvoi de l'affaire de la réintégration de l'iconoclaste Grégoire, évêque de Néocésarée à une date ultérieure, on lut les lettres du pape à Irène et à Taraise. Dans sa lettre, Adrien explique à l'impératrice que saint Pierre a reçu du Seigneur le pouvoir de lier et de délier, pouvoir qui est passé à ses successeurs (le texte grec dit que Pierre et Paul ont reçu ce pouvoir et que les papes sont les vicaires des deux Apôtres). Or, les successeurs de Pierre ont toujours été favorables à la vénération des images. Comme preuve, le pape citait les Gesta Sylvestri qui racontent que Constantin, malade de la lèpre, vit en songe les apôtres Pierre et Paul, qui lui dirent de faire venir le pape Sylvestre alors caché au mont Soracte à cause de la persécution; Sylvestre lui indiquerait une piscine dans laquelle il recouvrerait la santé si le pape consentait à l'y plonger trois fois. Ayant fait venir Sylvestre, Constantin lui demanda quels étaient ces deux dieux, Pierre et Paul. Le pape expliqua à l'empereur que c'étaient les deux apôtres et les lui montra représentés sur une image. Alors Constantin s'écria que c'étaient ces deux hommes qui lui étaient apparus, et que la preuve était faite que sa vision venait de Dieu. La lettre d'Adrien continuait en rappelant les efforts de ses prédécesseurs depuis Grégoire II en faveur du culte des images, et en défendant ce culte du reproche d'idolâtrie. Comme preuve scripturaire en sa faveur, Adrien allègue les chérubins, l'arche d'alliance, le serpent d'airain, figure du Christ, et le respect témoigné par le psalmiste à la représentation de la face divine. Ps. xxv, 8; xxvi, 8; xliv, 13. Comme autorités patristiques en faveur des images, le pape cite Grégoire de Nysse, Basile, Jean Chrysostome, Cyrille d'Alexandrie, Athanase, Ambroise, Èpiphane, Etienne de Bostra, Jérôme. La suite de la lettre du pape à Irène ne fut pas lue au concile. Elle contenait les conditions mises par Adrien à sa participation au concile, dont nous avons déjà parlé, la revendication des patrimoines de l'Eglise romaine confisqués par les empereurs iconoclastes, la protestation du pape contre le titre de patriarche œcuménique pris par Taraise, le blâme infligé à l'Église de Constantinopie d'avoir élu Taraise, un simple laïque, comme patriarche. Voir la lettre du pape à Irène dans Mansi, t. xn, col. 1056-1075. La lettre d'Adrien à Taraise qui fut lue ensuite ne contient rien de nouveau. Cf. Mansi, t. xn, col. 1078-1084 ; Jafîé, n. 2448, 2449.

Sur la demande des légats romains, Taraise déclara adhérer à la doctrine des lettres du pape. « Nous vénérons les images, dit-il, d'un culte relatif, n^exixôj 7rô0cp TCpoaxuvoù[iev, parce qu'elles ont été faites au nom du Christ, de sa mère, des anges et de tous les saints, mais nous réservons pour Dieu seul notre adoration et notre foi, Xaxpstav Jtort 7Ûaxiv. » Mansi, t. xn, col. 1086 B. Sur la proposition des légats romains, on procéda ensuite au vote nominal : 263 Pères déclarèrent adhérer à la doctrine exposée dans les lettres du pape. Après les, évêques, les

moines présents donnèrent eux aussi leur adhésion. De même que le concile de Chalcédoine avait accepté le tome de Léon, le deuxième concile de N'icée, avant toute discussion sur le fond, donna son adhésion aux lettres du pape Adrien Ier.

ni' session, '28 septembre. — Après la réintégration de Grégoire de Néocéssrée et des. sept évoques mis en cause à la iro session, Taraise invita ceux qui avaient subi des mauvais traitements de la part des évêques iconoclastes à déposer leurs plaintes. Le reste de la session fut rempli par la lecture de la synodique de Taraise, de la réponse qui lui avait été faite par certains moines des patriarcats orientaux, enfin de la synodique du défunt patriarche de Jérusalem, Théodore.

Dans sa synodique, Taraise professe sa foi à la Trinité et à l'incarnation, il reconnaît les six conciles œcuméniques (il attribue les canons du Quinisexte au VIe concile); il anathématise individuellement tous les hérétiques, parmi lesquels il range le pape Honorius, mais il passe sous silence la condamnation des Trois-Chapitres; enfin, il accepte le culte des images et rejette le concile iconoclaste. d'Hiéria. Voir le texte dans Mansi, t. xn, col. 1119-1128.

La lettre des moines orientaux explique pourquoi les envoyés de Taraise n'ont pu s'aboucher avec les patriarches soumis aux musulmans. Elle prie d'excuser leur absence au concile. Cela ne pourra lui porter préjudice, ajoute-t-elle, car ils ne parurent pas non plus au VIe concile dont l'œcuménicité n'est pas contestée. C'est « principalement parce que le très saint et apostolique pape de Rome était d'accord avec lui et présent par ses « apocrisiaires » qu'il en fut ainsi. Mansi, t. xn,col. 1134 E. C'est pourquoi, ajoute la lettre, de même que la foi de ce concile a pénétré par toute la terre, de même celle du futur concile, par suite de l'infervention de Taraise et de celui qui gouverne le siège du prince des Apôtres, seraprêchée partout. » Mansi, t. xn, col. 1135. Voir le texte complet de cette lettre dans Mansi, t. xu, col. 1128-1136.

Dans sa synodique, Théodore de Jérusalem débute par une profession de foi à la Trinité et à l'incarnation; il accepte les six conciles œcunémiques et anathématise individuellement tous les hérétiques, ainsi qu'Honorius de Rome. Visant le concile d'Hiéria, il n'estime pas qu'un septième concile soit nécessaire après les six universellement reconnus, car il n'y a rien dans les traditions apostoliques ou les décisions des Pères qui ait besoin de correction où de développement. Mansi, t. xn, col. 1142 E. Théodore admet le culte des reliques et des images parce que, selon saint Basile, le culte rendu à l'image va à celui qu'elle représente. Col. 1146 A. Ensuite, les légats romains déclarèrent que la lettre de Taraise, celle des moines orientaux, ainsi que la synodique de Théodore étaient en parfait accord avec la lettre du pape Adrien. Les membres du concile s'exprimèrent dans le même sens. C'est à cette occasion que Constantin, évêque de Constantia dans l'île de Chypre, prononça les paroles qui furent si mal rendues par le traducteur latin, ci-dessus, col. 419.

IVe session, 1" octobre. — La iv° session est consacrée à la démonstration du bien-fondé du culte des images par la sainte Écriture et par les Pères.

Comme preuves scripturaires, le concile retint : Ex., xxv, 17-22, qui parle de l'arche d'alliance et des chérubins; Ezech., xli, 1, 15, 19, qui parle des chérubins au visage humain; saint Paul, Heb., ix, 1-5, qui parle aussi des chérubins. Taraise expliqua que, si l'Ancien Testament avait des chérubins qui projetaient leur ombre sur le trône de grâce, nous devons avoir les images du Christ et des saints qui protègent de leur ombre notre trône de grâce. II

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ajouta que, si Moïse a représenté les chérubins sous la forme humaine, c'est qu'ils lui étaient ainsi apparus sur le Sinaï; ce n'est qu'après que les Israélites eurent manifesté des tendances à l'idolâtrie que Dieu prohiba les images. Taraise fit aussi remarquer que Dieu luimême avait lutté avec Jacob sous la forme humaine. Mansi, t. xm, col. 5 sq.

Comme preuves patristiques, le concile cita le panégyrique de Mélèce par saint Jean Chrysostome, qui parle de la vénération des chrétiens pour l'image de Mélèce; Antipater de Bostra qui rappelle la statue élevée au Christ par l'hémorrhoïsse; Grégoire de Nazianze parlant de l'image du martyr Polémon; Grégoire de Nysse qui assure avoir vu un tableau représentant le sacrifice d'Isaac et la description du martyre de sainte Euphémie par Astérius d'Amasée; le 82e canon du Quinisexte (attribué au VIe concile); Léonce de Chypre et enfin les lettres du pape Grégoire II et de Germain de Constantinople contre les iconoclastes. Voir Images (Culte des), t. vi, col. 769-

Le concile cita aussi de nombreux écrits relatant des faits miraculeux attribuée aux images. A Béryte, des Juifs transpercèrent un crucifix avec une lance, aussitôt de l'eau et du sang jaillirent, doués d'une vertu miraculeuse. Ce récit est attribué par le concile à saint Athanase. Mansi, t. xm, col. 23 sq. Une femme soutirant de douleurs d'entrailles intolérables gratte une peinture représentant les saints Cosme et Damien, mêle à de l'eau ce qu'elle a gratté et est guérie tout de suite après l'avoir bue. Mansi, t. xm, col. 67. Une femme, délivrée du démon par le stylite saint Siméon le Jeune, lui érige une icône qui est douée d'une vertu miraculeuse; le saint était encore en vie. Ibid., col. 75. Des impies qui voulaient enlever une image de saint Siméon le Jeune sont précipités de l'échelle sans pouvoir atteindre leur but. Ibid., col. 78. Constantin de Constantia affirma au concile qu'un iconoclaste de sa ville épiscopale creva un jour, avec son aiguillon, l'œil à une icône de la Vierge exposée dans une église. Immédiatement après, comme il voulait exciter son bœuf avec le même aiguillon, celui-ci se rompit et un fragment lui creva l'œil. Ibid., col. 77. L'évêque de Citium dans l'île de Chypre affirma que, dans sa ville épiscopale, un sacristain voulant fixer une tenture sur le mur d'une église pour la fête du 15 août, enfonça un clou dans le front de l'image de saint Pierre. Rentré chez lui, il sentit immédiatement de violents maux de tête, qui ne cessèrent qu'après qu'on eut enlevé le fâcheux clou. Ibid., col. 77. Le concile cita encore d'autres faits de ce genre tirés des miracles des saints Cyr et Jean, de Sophrone de Jérusalem, du Pré spirituel attribué au même (voir l'art. Moschus) ainsi que de la Vie de sainte Marie l'Égyptienne.

Pour terminer, après avoir anathématisé les iconoclastes, le concile promulgua le décret' suivant : « ...Le saint et universel concile réuni par la grâce de Dieu et la volonté de nos très pieux et très croyants empereurs, Irène, la nouvelle Hélène, et le nouveau Constantin... » (suit une brève profession de foi)... « le Christ nous a délivrés de l'idolâtrie par son incarnation, sa mort et sa résurrection. Ce n'est pas un concile ou un empereur qui, comme le soutenait le synédrium juif (d'Hiéria), a guéri l'Église de l'erreur de l'idolâtrie, c'est le Christ Seigneur. A Lui, non aux hommes, en revient la gloire et l'honneur. Le Seigneur, les Apôtres et les Prophètes nous ont enseigné que nous devons honorer et louer tout d'abord la sainte Mère de Dieu, qui est au-dessus de toutes les puissances célestes, puis les saints anges, les apôtres, les prophètes, les martyrs, les saints docteurs et tous les saints, et que nous devons recourir à leur inter-

cession, qui peut nous rendre agréables à Dieu, si nous vivons d'une manière vertueuse. Nous vénérons, àaTcaÇ6[i.£6oe, en outre l'image de la sainte et vivifiante croix et les reliques des saints; nous acceptons, saluons et baisons les saintes et vénérables images, conformément à l'antique tradition de la sainte Église catholique de Dieu, et en particulier conformément à la tradition de nos saints Pères qui ont accepté ces images et ordonné de les placer dans les églises et en tous lieux. Ces images sont celles de Jésus-Christ, notre Sauveur, fait homme, puis de Notre-Dame toujours vierge et très sainte Mère de Dieu, et des anges immatériels qui ont apparu aux justes sous une forme humaine; de même les images des saints apôtres, prophètes et martyrs, etc., afin que ces copies nous rappellent l'original et que nous soyons amenés à une certaine participation de leur sainteté. » Voir le texte complet du décret dans Mansi, t. xm, col. 150 sq.

Tous les membres présents signèrent le décret, les légats romains en ajoutant qu'ils recevraient tous ceux qui abjureraient la doctrine iconoclaste.

re session, 4 octobre. — A la ve session, le concile termina l'enquête patristique sur la légitimité du culte des images. On lut un passage de la deuxième catéchèse de saint Cyrille de Jérusalem, qui blâme Nabuchodonosor d'avoir enlevé les chérubins du temple de Jérusalem, ainsi qu'une lettre du stylite Siméon le Jeune, demandant à l'empereur Justin II de sévir contre les Samaritains qui avaient détruit des images. Mansi, t. xm, col. 159. Le concile déclara ensuite rejeter comme apocryphe, parce qu'en opposition avec l'Évangile, le livre intitulé TcspîoSoi twv àrcoCTToXcov qui avait fourni au concile d'Hiéria des arguments contre le culte des images. Ibid., col. 167. Le concile fut d'avis de ne faire aucun cas de la lettre d'Eusèbe de Césarée à Constantia, hostile aux images, à cause de l'hétérodoxie de son auteur. Pour la même raison, le concile voulut ignorer les opinions iconoclastes de Sévère, patriarche monophysite d'Antioche, et de Philoxène de Mabboug. Ensuite le concile constata que les iconoclastes avaient enlevé les passages favorables aux images dans les œuvres de Constantin, l'ancien archiviste de l'Église de Constantinople. Ibid., col. 186. Il restait encore d'autres passages à lire, mais le concile se déclara suffisamment éclairé. Après avoir entendu la lecture d'un mémoire du moine Jean, représentant des patriarcats orientaux, suivant qui les Juifs avaient été les premiers instigateurs du mouvement iconoclaste, le concile décida, sur la proposition des légats romains, d'exposer une image sainte dans le local de sa session.

vi' session. — Cette session eut lieu le 6 octobre selon le texte des Actes, et le 5 selon la traduction d'Anastase. Elle s'occupa uniquement de la réfutation du décret dogmatique du concile d'Hiéria. Voir l'analyse de ce décret à l'article Iconoci.asme, t. vi, col. 582. Grégoire de Néocésarée donna lecture du décret iconoclaste et, après chaque passage lu par Grégoire, les diacres Jean et Eutychius intercalèrent une très longue et très diffuse réfutation qui, avec le décret, remplit 160 colonnes dans Mansi. On se fera une idée du ton de cette réfutation en lisant la phrase suivante qu'on ne peut décemment citer que dans la traduction latine : Vere hœc eorum (se. iconoclaslarum) suni, qui ex ventre eorum pronuntialiones eliciunt, qui saturilatibus stercoralibus conceptis, puiridas evaporationes emittens vesanos et phrenesi captos efficit. Mansi, t. xm, col. 331. Quant au fond*, la réfutation ne fait que répéter ce qui a été dit aux sessions précédentes.

Quelques remarques néanmoins méritent d'être retenues : L'œcuménicité du concile d'Hiéria est

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contestée, parce que le pape n'y a eu aucune participation. Mans], t. xni, col. 207. A l'assertion du concile d'Hiéria que le Sauveur, de même qu'il a envoyé les Apôtres, a suscité les empereurs iconoclastes pour délivrer l'Église de l'idolâtrie, la réfutation répond qu'il est impossible que l'Église tombe dans l'idolâtrie, car elle ne peut changer et rien ne se fait en elle sans le Christ. Mansi, t. xm, col. 207, 211, 215, 227.

A l'objection du concile d'Hiéria que la peinture ne peut représenter le Christ sans diviser ou confondre ses deux natures, la réfutation réplique que la peinture peut très bien représenter l'homme sans diviser ou confondre l'âme humaine et le corps humain. Mansi, t. xm, col. 213, 252-260. Sur cette objection iconoclaste, voir Iconoclasme, t. vi, col. 577.

A remarquer aussi la distinction qui se trouve dans Mansi, t. xm, col. 283. sur le culte relatif des images : tïjv xaTa memv T:poaxov7]o-i.v xal XaxpEiav aÙTCo [i.6vcp tco lui tocvtcov 0eco èv TpiâS1. àvujAvo'jjiivcp rcpoaàyoucuv"... ràç asTCxàç elxôvaç tcôOco xal axopyf) xivoù- (xevoi 7rpôç tt)v tcôv TtpcoTOTÔ7rcov àvaycoyyjv (Anastase traduit ce terme par relationem) àcr7raÇôfi.e0a xal

Tl[iY)TlXCOÇ 7VpOCTXUVOÛ(XEV.

vne session, 13 octobre. — A cette session fut promulgué le décret dogmatique sur le culte des images. Ce décret débute par le symbole de Nicée- Constantinople, dans lequel le Filioque n'existe pas. Il anathématise individuellement tous les hérétiques, parmi lesquels il range le pape Honorius, mais il omet la condamnation des Trois-Chapitres. Concernant le culte des images, il déclare :

Les représentations de la croix et les saintes images, qu'elles soient peintes, sculptées, ou de quelque matière que ce soit, doivent être placées sur les vases, les habits, les murs, les maisons et les chemins; par ces images, nous entendons celles de Jésus-Christ, de sa mère immaculée, des saints anges et de tous les saints personnages. Plus on regardera ces images, et plus le spectateur se souviendra de celui qui est représenté, s'efforcera de l'imiter, se sentira excité a lui témoigner respect et vénération (à<77tatuov xal TiituTtXTiv 7tpo<rxvvY)ortvl sans lui témoigner toutefois une latrie proprement dite (tt,v àXïjStvTp )aTpscav) qui ne convient qu'à Dieu seul; mais il leur offrira, en signe de sa vénération, de l'encens et des lumières, ainsi que cela a lieu pour l'image de la sainte croix et pour les saints Évangiles (les livres) et pour les vases sacrés; telle était la pieuse coutume des anciens, car l'honneur témoigné à une image revient à celui qu'elle représente. Quiconque vénère (irpoax'jvEÏ), une image vénère la personne qui y est représentée. Si quelqu'un pense et enseigne autrement et condamne ce que l'Église consacre, soit le livre des Évangiles, ou l'image de la croix, ou une image quelconque, ou des reliques d'un martyr, ou si quelqu'un travaille à détruire les traditions de l'Église catholique, ou emploie à des usages profanes les vases sacrés ou les monastères qu'on doit respecter, il sera, s'il est évêque ou clerc, déposé; s'il est moine ou laïque, excommunié. Mansi, t. xm, col. 373-380.

Après que tous les membres du concile eurent signé ce décret dogmatique, on lança de nouveau l'anathème aux coryphées du mouvement iconoclaste, et on termina par la glorification de Germain, patriarche de Constantinople, de Georges de Chypre et de Jean de Damas. Mansi, t. xm, col. 400.

Taraise écrivit ensuite une lettre à l'impératrice pour lui rendre compte de ce qui s'était passé au concile. Ce qui est remarquable dans cette lettre, c'est que Taraise y expose la synonymie de Tcpoaxuvsïv et ào-racÇeaGai (Anastase traduit adorare et salutare). Dans l'ancienne langue grecque, prétend-il, xuvsïv "signifiait « saluer» et « baiser », le préfixe Tipôç indique un degré supérieur d'affection. Comme preuve de la synonymie de 7rpoaxuvEÏv et d'àaTcâv£ar6ai, Taraise cite la version des Septante'de I Rea., xx, 41, où il est dit de David 7Tpoasxûvv;cr£ Tplç tôv 'IcovxOav xal

xaTE<ptX7)creiv aÙTov, et aussi l'Épître aux Hébreux, xi, 2 1 , où il est dit de Jacob: TCpoasx'Jv/jaev ènl to axpov tîjç pà6Sou aùxoû (se. Joseph). Cette TcpoaxùvTjcuç, selon Taraise, est différente de la XaTpeuo-iç due à Dieu seul. Mansi, t. xm, col. 404 et 405.

Enfin, le concile écrivit aux clercs de Constantinople pour les mettre au courant des travaux et des décisions du concile. Voir cette lettre ibid., col. 407-

vme session. — Sur la convocation de l'impératrice Irène, les Pères du concile se rendirent à Constantinople; là eut lieu la vin8 session, le 23 octobre, dans le palais de la Magnaure sous la présidence de l'impératrice elle-même. Après un aimable discours de bienvenue, Irène ordonna la lecture du décret dogmatique du concile. La lecture terminée, elle demanda si ce décret avait l'assentiment des Pères. Sur leur réponse affirmative, l'impératrice signa le décret, ce que son fils Constantin fit aussi. Pour terminer, Irène demanda la lecture des principales preuves patristiques en faveur du culte des images. Selon son désir, il fut donné lecture des passages tirés du panégyrique de Mélèce par saint Jean Chrysostome, du discours d'Astérius d'Amasée sur sainte Euphémie, du discours de Jean de Thessalonique contre les Gentils, de la lettre du stylite saint Siméon le Jeune à l'empereur Justin, de la lettre de saint Nil à Olympiodore et enfin du 82e canon du Quinisexte (attribué au VIe concile). Tous ces textes avaient déjà été lus à la ive session. La session fut levée après les acclamations usuelles. Voir le procès-verbal de cette session dans Mansi, t. xm, col. 413-418.

III. Les canons. — • Le deuxième concile de Nicée a promulgué 22 canons disciplinaires. Selon Harnack, ce sont les meilleurs qu'un concile général ait jamais décrétés. Dogmengeschichte, 3e édit., t. n, p. 488. Le texte du dixième canon énonce clairement qu'ils furent promulgués dans la ville impériale, donc à la vme session. Si la traduction d'Anastase les attribue à la vne, c'est qu'elle omet le procès-verbal de la huitième session. Voir col. 419.

a' Toïç ty)v lepaxtxYjv Xa^oùcnv àÇîav (jiapTÛpta te xal xaTopOûtxaTa al tcov xavovixcov SiaTotÇscôv eîariv imoTxmiùGziç,- àç 8e- XÔjjievoi àajjiévcoç, [xsTa toù ©eoçàvTopoç AaëlS a8o-

U.EV 7TpOÇ TÔV 8eO"7TÔTY)V

©eôv XéyovTSç- 'Ev t9j Ô8ô tcov (xapTuplcov aou èTÉpçOïjv, côç êrrî toxvtI ttXoûtco, xal- 'EveteIXco 8(.xaicoaôvY)v, Ta fi.apTÔpia aou etç tov alcova • auvétictov \ls, xal £r]aou.ai.

Kal elç tov alcova r\ 7ipo<p7)Ti.xr) çcovr) ÈvtsXXe- Tai 7)|i,ïv cpuXaTTes.v Ta (xapTÛpta toû ©soO, xal Çfjv èv aÙToïç, SïjXovôti.

àxpàSavTa xal àcrâXEuxa SiajxévovTa, cm xal ô 0e67tt7)ç Mcouo-rjç oûtco cpTjalv 'Ev aÙToïç oùx ea-Ti Tcpoa6etvai, xal àrc'a'j-

TCÔV O'JX ECTTIV àtpsXElV.

Kal ô Osïoç àrcoaToXoç IIÉTpoç èv aÙToïç èyxao- )(côfAevoç Poà- Elç a ètu- 0ujjioijo"!.v ayyEXoi rrapaxû'jiai. Kal ô IlaûXôç cprjai-

1. A ceux qui sont revêtus de la dignité sacerdotale, les témoignages et les enseignements des prescriptions canoniques doivent servir de règle de vie. Les recevant avec joie, nous chantons avec David, le porte-parole de la divinité et nous disons à Dieu : J'ai eu de la joie à suivre tes enseignements comme si je possédais tous les trésors; et : Tu as fait connaître ta justice, les commandements pour toujours, fais-les moi comprendre, et je viurai. Et si la voix du prophète nous prescrit de garder toujours les prescriptions divines et de vivre en elles, c'est qu'elles demeurent toujours sans suppression et sans changement. Aussi Moïse qui a vu Dieu a dit :

En elles rien n'est à ajouter ni à supprimer. Et le divin apôtre Pierre.se glorifiant en elles, s'écrie : Les anges désirent g plonger leurs regards; et Paul : Si un ange du ciel vous annonçait un autre évan-

NICÉE (lie CONCILE DE;

Kav y)(i.eiç Y) a.yyc>.oç ê£ où- Qile que celui que nous vous pavoù s'J!XYY£^^Trotl û|jûv ayons annoncé, qu'il soii 7rap' ô sÙ7)YYeXiaâpie0a anathàme ! Les prescriptions ùjnv, àvà0£[i.a ëarw. Tou- étant ainsi, réjouissons-nous tcov oùv outwç ovtcov xal en elles comme celui qui a o"l(X(i.apTupo\j(jivtoV 7)fzïv, trouvé un riche butin, garàYaXXltoji.svot.STt'aÙTOÏç, wç dons les divins canons affeceï Ttç supot axùXa uoXXà, tueusement en notre cœur, àcrrtacûcùç TOÙç 0EÎouç xa- observons-les intégralement v6vaç Èvo"T£pviÇ6}AE0a, xal sans y introduire aucun chanôXôxXyjpov T7)v aÙTœv 8ia- gement, tant ceux qui vien- TaY'Jjv xal àcràXeuTOv xpa- nent des saints Apôtres, les TÙvojjtsv tmv Èxte0Évtcûv trompettes du Saint-Esprit, Ù7TÔ twv àyltùv GCuXuly- que ceux qui ont été promul- Ytov tou LTvEÙfi.aTOÇ twv gués par les six conciles géné- 7rav£09r)(ji(ov àTCoaTÔXwv raux, de même ceux qui ont tûv te Et; aYΜv olxou- été rendus par des conciles [i.evixtôv cuvôStov xal tojv particuliers, pour la publi- T07uxc7jç o"uva0poo"0si.awv cation (IxSoo-iç) des canons sttI ÈxSôasi, toioÙtcov 8ia- énoncés plus haut, et aussi TaYjxàTwv, xal t«v aYÎcov les canons des saints Pères, IlaTéptov Y)(Acôv. 'EÇ Évoç car tous illuminés par le Yap a7tavTSç xal toù au- même Esprit ont prescrit ce toù IIvEÙ(jiaTOÇ aÙYaaôév- qui est salutaire. Nous anateç, copicrav xà au|i.9£- thématisons quiconque est povTa- xal oûç |i.Èv tû anathcmatisé par ces canons, àva6É(i.aTi TCapaTTÉfXTCouai., nous déposons ceux qu'ils xal Y)[i.EÏç àva0E|.iaTÎÇo|j.Ev • déposent, nous excluons ceux oûç 8è Tfl xa6aipÉo"£l., qu'ils excluent, et lorsqu'ils xal y)[j.e'ïç xa0aipoûfXEV punissent nous appliquons oûç 8è loi à.<f>opia[iû>, xal la peine qu'ils décrètent. Que yjfAEÏç à<popîÇo[AEV oûç Se nos mœurs soient sans avae7UTl.fncp 7rapaSi8ôaat, xal rice; soyons contents de ce r\\J.zïc, waraÙTCùç Ù7io6âX- que nous avons, voilà ce que XofZEV 'AcpiXâpYUpOÇ Y<*P clame ouvertement Paul le ô Tporcoç, àpxoû(X£voi toîç divin apôtre qui a pénétré îrapoûaiv, ô àvaêsëYjxcbç au troisième ciel et qui a elç TpiTov oùpavov, xal entendu des paroles mystéàxoûaaç (5cppY)xa pr)[i.aTa, rieuses.

IlaûXoç ô 0eïoç àrcôaToXoç 8iappif)Sï)v Poqc.

Ce texte attribue lui aussi les canons du Quinisexte au sixième concile général, comme Taraise l'avait déjà fait à la quatrième session, sans que les légats romains et le pape aient manifesté leur désapprobation. Voir Mansi, t. xm, col. 41.

j3' 'E7t£i87)TCp ^âXXov- 2. Comme nous chantons

teç o">jvTa<TO"6[XE6a tû 0sôV avec le psalmiste : Je m'exer-

'Ev toîç SixaicjfAaat aou cerai dans les commande-

pxXET7)a<o, oùx £7uX7]ao|i.ai menls, je n'oublierai pas tes

Tciv XÔywv aou- uâvTaç y.kv paroles, il est salutaire que

XpiaTiavoùç toûto cpuXaT- tous les chrétiens et surtout

teiv acoTYjplov, xaT 'iE.ct.i- ceux qui sont appelés à l'épis-

pETOv 8s, toÙç tyjv IspaTi- copat se conforment à cette

xyjv à[i.7TEXO[xÉvouç àÇlav. parole. C'est pourquoi nous

"OOev ôp[Ço|i.EV, Tcàvxa tov prescrivons : quiconque veut

JTpodcY£0"6ai fiÉXXovTa sîç être sacré évêque doit savoir

tov tyjç èmaxojzîqç Pa0fi.ôv tout le psautier par cœur,

ttixvtcoç t6v (JiaXTYJpa y^oj- afin de pouvoir instruire sur

axsiv, ïva cibç Ix toutou, ce point les clercs qui sont

xal 7râvTa tov xaT' aÙTÔv sous sa dépendance, et le

xXyjpov O'jtw vou0etyj |i.usî- métropolitain doit examiner

o"0ai- àvaxpîvEaOai 8e àa- si le candidat ne s'est pas

(paXciç Û7TO toù |i.7)Tp07TO- contenté de lire rapidement

XItou, el 7rpo0û[i.toç ë)(Ei les saints canons, le saint

àvaYWcôaxElv ÈpEuv/jTtxwç évangile, les lettres des apô-

xal où 7rapo8£unxciç, TOÙç très et toute la sainte Écri-

te Ispoùç xavévaç, xal to ture au lieu de les étudier à

aYiov 'EuaYYsXlov, t^v fond; s'il se conduit d'une

te toû 6eIou àTCOCTToXou manière conforme aux ca-

pl6Xov, xal Ttàaav tt]V nons divins, et s'il instruit le

(kiav YPa<P^lv' xat 'X-OLzà peuple sur ce point. En

Ta 0£Ïa ÈvTaX[xaTa àva- ellet, ainsi que le dit le grand o-TpéçEaOai, xal 8i8âaxEt,v Denys, les maximes qu'une tov xaT' aù-ôv Xaov. Oùala tradition divine a fait arri- Yàp T7)ç xa6' 7),u.àç ÎEpap- ver jusqu'à nous, c'est-à-dire Xtaç saxl Ta ÔEOTCapaSÔTa la véritable intelligence des XÔYta, y}Youv 'Ô T&v OeÎwv saintes Écritures sont l'es- Tpaçôiv àXï)0ivT] èmts:rjiLfj- sence de notre hiérarchie. xa0wç ô [léyocç à7T£cpYjvaTO Celui qui hésite et refuse Aiovùaioç- El 8è àpiçta- d'agir et d'enseigner ainsi ne 675TOÎ7), xal [XY] àa[i.£vl^ot doit pas être sacré, car Dieu oÛtcû 7roi£Ïv te xal SiSâa- a dit par son prophète : Tu xeiv, ji.Y) XEipOTOvdaOco. as rejeté la sagesse et moi je te "E<pï) Y*P TCpoçiQTlxôiç 6 rejetterai afin que tu ne sois 0e6ç • Su lTzLyv(x>csi.v à.n<jï- pas mon prêtre. o"co, xaYw à7ca)CTO[i.al ae

TOÙ [iYJ UpaTEÙElV (XOl.

On rapprochera ces prescriptions relatives à la « science compétente » des divers membres de la hiérarchie, des efforts faits à la même époque par les conciles occidentaux et Charlemagne lui-même. Ce canon a été inséré par Gratien, dans le Décret, dist. XXXVIII, c. 6, d'après la traduction d'Anastase.

Y' n&aav tJ'TJcpOT Ylv0~ 3. Toute élection d'un évê- [xévTjv 7rapà àp/6vTCov, èm- que, d'un prêtre ou d'un diaoxÔtcou y] 7rpEO"6uT£pou (^ cre faite par l'autorité sécu- Soaxovou, àxupov [iivElv lière, doit être nulle selon le xaxà tov xavôva tov XÉyov- canon qui dit : Si un évêque Ta- El' Tt.ç Ê7Ûo"X07T0Ç xoo- s'empare d'une Église avec fjuxoïç ap/ouai Xp7)o-à[ZE- l'aide de la puissance de ce voç, Si'aÙTÛv ÈYxpaT'/jç monde, qu'il soit déposé et 'ExxXyjaïaç jévriTM, xa- que tous ceux qui acceptent 0aip£Îa0co xal àfpopiÇéa- sa communion soient exclus. 0«aav, xal ol xoivwvoùv- Car celui qui doit être élevé teç aÙTW TrâvTEÇ. Aei y^P à l'épiscopat doit être élu par tov (jiéXXovTa 7Tpo6i6à^sa- des évêques, comme il a été 0ai sic È7Vi.ax07rY)v, imb èm- décidé par les Pères de Nicée ox67Tcov (Jr/lÇ'ÇEO'ôai- xa- dans le canon qui dit : L'évê- 0à>ç Ttapà tojv àyloiv lia- que doit être choisi par tous TÉpwv tôjv Èv Ntxaîa copi- les évêques de l'éparchie; si une CTTai èv tu xavôvi tô nécessité urgente ou la lon- XiyovxL- ETrlaxoTtov 7Tpo- gueur du chemin s'y oppose ar)XEi. (xàXiaTa \ièv ùrcô (rois (évêques) au moins doi- TCavTwv TÔiv Èv TY) È7Tap)(la vent se réunir et procéder à la xa0tCTTaa0ai- el 8è Sua^E- « cheirolonie », munis de la pèç eÏt) toùto Yj 8ià xaTE- permission écrite des absents. 7t£ÎYOuaav àvaYXY)v Y) 8tà La confirmation de ce qui (i/îjxoç Ô80Ù, ÈÇa7ravTOÇ s'est fait revient de droit dans TpEtç £7rl to aÙTO a\>va.yo- chaque éparchie au métropo- [XÉvouç (aufx^'/içcov ywo" litain.

[XÉvcov xal twv à7i6vTcov xal ouvTi0£ti.Évcov8iàYpa|^-

(XaTOv), TOTE TY)V J SlP°~

Tovlav 7toieïff0ai* to 8k xùpoç tcov yivo\i.év<ùv 8180a0ai xa0'ÉxâaT7)v ÈTtapj(îocv

TÛ ji.Y)Tp07roXiTY).

Le premier canon visé est le 31e canon apostolique. Pour le texte du Ier concile de Nicée, voir ci-dessus, col. 410. Ce canon a été inséré par Gratien dans le Décret, dist. XL III, c. 7.

8' 'O XT)puÇ TÎjç àXï)- 4. Le héraut de la vérité, ©Etaç ô (i.£Y«ç LlaùXoç, 6 le divin apôtre Paul, comme 0£toç àrcôaToXoç, olovsl xa- s'il donnait un canon aux vôva Tl0slç toîç 'EçectÎwv prêtres d'Éphèse ou plutôt à TcpsaêuTÉpoiç, [xaXXov 8è tous les clercs, dit avec assuxal 7iavxl kpaTLXW xXvjpco- rance : Je n'ai désiré ni l'arji.aTl, ouTwç Ê7tappY]ai.âo"- gent, ni l'or, ni le vêtement de 07) eItcwv 'ApYuplou Y) qui que ce soit ! je vous ai Xpualou Yj l[iari.a(i.où où- montré de toute manière que Sevoç £7TE0ù[i.Y)aa, uâvTa c'est en travaillant ainsi qu'il ÙTCÉSEtïa Û[x1v, Ôti outcûç faut soutenir les faibles, esti-

xomwvTaç 8eZ àvTtXa[ipâveoOai twv àaOevoûvTwv, jjtaxâptov Y)you[iivooç T0 StSdvat r) Xau,6àv£tv Aie xal T)(jtetç (i.a67)T£'j0lvTeç 7tap'aùxoij ôplÇou,sv, u,y)86- Xwç aîaxpoxEpSwç èîuvoeïaGaièTvîaxoTCOv, TCpoçaat- ^ôji.£vov Tcpoçâcrstç èv âjjtap- TÎatç, ànatTEÎv ypucsbv y) apyupov t] ETepov eïSoç toùç ÙTt'aÙTÔv TEXoùvTaç èmaxônovc, 7} xXTjptxoùç 7] (i,ovax°'JÇ- 'l'^ai y*P ° à7TÔaxoXo<;- "AStxot paat- Xeîav ©eoù où xXï)povo[i.T)couai, xal • Oùx ÔçeîXei Ta -sxva toïç yovEÙat OrjaauptÇeiv, àXX' oi yovEÏç toïç

xèxvOtÇ. Et TIÇ O'JV 8t

àTraÎTTjoiv /pucioCi •}) éxépou tivôç eÏSouç, eÏte Stà Ttva îSîav èjji7rà0eLav cûpcOetY) a7tEtpywv -rîjç XsiToopytaç, xal à<pop[Çwv Ttva twv \m'

aÙTOV xX7)ptXWV, 7) 0"£7TtÔv

vaov xXeÎwv, wç [AT] yîvea- 0at èv aÙTw t<xç toù ©eoù XsiTOupyîaç, xal sic àvaîoGtjtov tt)v ÉaoTOÙ [zavtav è7rt7ré(j.Kci)v, àvata07)TOç Ôvtwç èaTt, xal Tfj Tauxo- 7ra6e(a Ù7toxstaETat, xal

è7UaTpÉt|lEl Ô TCOVOÇ aÙTOÛ

ènl tyjv xsçaXrjv aÙTOÙ, wç 7Tapa6àTYJç èvToXîjç ©eoù xal twv à-rroaToXixwv StaTaÇswv. napayyèXXEt yàp xal IIÉTpoç t) xopuçata twv àTroaT6Xwv Axp6T7)<;- ITot(zaîveTe to èv

ÙfXtV 7T0[(AV10V TOÙ ©EOÙ

è7ii.axo7toûvTeç (jit) àvayxaaTtxwç, àXX'Éxouo-twç xaxà ©sôv [it]Bt aîaxpo- XEpSwç, àXXà 7vpo0ù[jiwç- (AT) wç xaxaxupisûovTeç twv xXrjpwv, àXXà tûttoi

YIVÔjJLSVOl TOÙ 7TOt[AVtOU'

xal <pavEpw0ÉVTOÇ toù àp- Xt7roi(i.évoç xou.t£ta0£ tov ajxapâvTivov ttjç 86^'/;ç otIcpavov.

Inséré au Décret, causa XVI, q. i, c. 64.

NICÉE (lie CONCILE DE)

niant qu'on est plus heureux en donnant qu'en recevant.

C'est pourquoi, suivant ses conseils, nous prescrivons :

aucun évêque ne doit en alléguant de mauvais prétextes demander de l'or, de l'argent ni autre cliose semblable aux autres évêques, aux clercs ou aux moines qui leur sont soumis, car l'apôtre dit : Ceux qui pratiquent l'injustice ne posséderont pas le royaume de Dieu; et : Les enfants ne doivent pas thésauriser pour les parents, mais les parents pour les enfants. S'il arrive qu'un évoque ait par avarice ou par quelqu'autre passion enlevé à un de ses clercs la charge qu'il occupait ou fermé son église, en sorte qu'on ne puisse plus y aller célébrer le service divin, l'évêque devra avoir le même sort, la peine reviendra sur sa tête comme sur un transgresseur des commandement de Dieu et des Apôtres. Car saint Pierre dit : Faites paître votre troupeau sans violence, mais de bon cœur, selon Dieu, non pas pour un vilain lucre mais par zèle, non en dominateurs, mais en exemple du troupeau et quand viendra le prince des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire

s' 'A(i.apTÎa TCpôç 0âvatôv èaxiv, ÔTav Ttvèç à[xaptôvovteç à8i6p0WTOt fisîvwat. T6 8s toutou xstpov, èàv TpaxrjXiwvTeç xaTS- ^avîaTavTat -rijç eùae6eîaç xal ttjç àX7]0eîaç, 7tpoTt- (j.(I)ji.evoi tov fi.aptwvâv ttjç toù ©eoù ÛTtaxoTJç, xal twv xavovtxœv aÙTOÛ Sia- TaÇeov jat) àvTex6[i.evo!.èv toùtoiç oùx ëaTi Kùpioç 6 ©eôç, el [ATj7«o Ta7tsiva>- 6évTEç, toù îSîou oçàXti.atoç àvav/jij'wai.- Xprj yàp jjiàXXov aÙTÔuç upooépyEaOai tco ©Eco, xal [izzà

5. C'est un péché qui mèrie à la mort, quand le pécheur reste sans amendement. Mais c'est pis, quand il s'élève arrogamment contre la piété et la vérité, et préférant Mammon à l'obéissance envers Dieu, il méprise ses commandements. Dieu n'est pas en lui s'il ne s'humilie et ne vient à résipiscence. Il vaut mieux pour lui revenir à Dieu et demander la rémission de son péché avec un cœur contrit, que de se glorifier de ce qu'il a reçu d'une manière illicite. Car Dieu ejt proche

ouvTeTpi(i.[isv/)ç xapSîaç

TTjV àttpEatv TOÔTOU toù

â[i.apTY)(i.aToç xal tyjv croy- XO>pY)aiv atTEÏaOai, où/l èva6pùv£o0ai tfi àOéa\j.oi iôcsei. 'Eyyùç yàp Kùpioç

TOÏÇ aUVT£Tpl|J.(i.évOt(; Tf)

xapSîa- toùç oùv èyxau- X<D(JL£VOUÇ Stà 86a£toç xpuoîou TETcx^Oai èv 'ExxXt)ola, xal TaÙTT) ta 7rovr)pâ auvYjOEÔa è7t£X7ïtCovTa<; Tfj iXXoTpioùaY) aTrû toù ©eoù xal roxaYjç lEpœaûvï)ç, xal èx toutou àvaiSfil Trpoaa)7Tto xal àTVEptxaXÙTiTw axônaTi, ôvEiSiaTixotç X6yoiç toùç oVàpsTTjv piou ÙTrè toù àyîou IIvEÙjjtaToç èxXsyévTaç xal xaTaxayévTaç èxTÔç Sôoeooç /puotou àTi(i.àCovTaç- TtpwTa (ièv toùto rtoioùvTaç t6v ëaxaTOv Xa[i6àv£i.v fiaQy.o\> toù oïxstou TàyfiaToç- eî

S'è7Tl(X£VOI.£V, Si' è7UTl[i.[0U

StopGoùaGai- eî Se tiç èrzl XEipoTOvîa cpavEÎï) ttote toùto 7TE7T0i7)xa><;, yivéaOo) xaTà tov à7roaToXixov xav6va, tov XéyovTa- Et Ttç È7rtaxortoç Stà xPYltiaTCÙV tîjç à^îaç TaÙTTjç èyxpaTrjç yévyjTat, r) Trp£a6ÙT£poç tj Staxovoç, xa0atpEia6to xal aÙTÔç xal ô x£tpoTovïlaaÇ, xal èxxoTTT£o-0w 7xavTa- Ttaat èx -ôjç xotvcovtaç, wç St(J.wv ô [xâyoç Ù7r'è[xoù IlÉTpou. 'QaaÙTWç xal tov SsÙTepov xàvova twv èv XaXxTjSôvt ôatwv IlaTépcov T)[jiwv, tov XèyovTa : Eï Ttç è7itaxo7Toç èttI xp^aat XEtpOTovtav 7roiYjaatTo, xal eIç Trpâaiv xaTayâyot ttjv (ÏTvpaTov yà-?lvi xa'1 XslP°~ Tovvjaot èîtl xPWadv è^toxotcov ■/) xcoPe7T^CTXOTCOVi ï) 7rp£a6ÔTEpov, -q Stâxovov, f; Ttva twv Èv tw xXrjpw xaTapt0(j.ou|i.£vwv, rt npo- 6àXXotTo ènl xpYJ(iaaiv ot-

XOVOfJtOV 7) È'xStxov T) racpa- (xovâptov, "/) ôXwç Ttvà toù xavovoç, Si' ataxp°xèp- Sstav otxEtav, ô toùto èut- XEtprjaaç, ÈXEyx0£tç, xtv-

SuVEUETW £ÎÇ TOV OtXEtùV

Pa0[i.6v xal ô xEtPOTOVO,J"

(XEVOÇ U."r)8Èv èx TÎ)Ç xaT'

èji.7T0ptav wcp£XEÎa0w xel" poTovlaç 7^ 7Tpo6oXT)Ç- àXX' saxw àXXÔTptoç TÎ]Ç à£taç

7J TOÙ CppOVTtOfJtaTOÇ, 0Ù7TEp

è7ti xP7!(i-aolv efuxev. Eî Se Ttç xal (jtsaTEÙwv cpavEtr^ xat toiç oûtwç aîaxpoïç xal à0EjiÎTOtç Xr^ptaot, xal oùtoç, eî (i.èv xXïjptxôç tXrh toù oîxeÎou èxtcii:tÉtw pa0(xoù- eî Se Xatxèç tj jjiova/ôç, àçoptÇèaGw.

de ceux qui ont le cœur contrit. Ceux qui se glorifient d'avoir obtenu une place ecclésiastique, à prix d'argent, méprisent et injurient effrontément ceux qui n'ont été élus qu'à cause de leur vie irréprochable, devront être rabaissés au plus infime degré de leur ordre; s'ils s'obstinent, ils devront être punis. S'il est prouvé que quelqu'un a agi ainsi pour être ordonné, qu'il lui soit fait selon la règle apostolique qui dit : Si un évêque a obtenu sa dignité pour de l'argent, ou un prêtre ou un diacre, qu'il soit déposé lui et celui qui l'a ordonné, et qu'il soit excommunié comme Simon l'a été par moi, Pierre.

De même, selon le second canon des Pères réunis à Chalcédoine : Si un évêque a conféré les ordres pour de l'argent et a vendu la grâce qui ne peut être vendue, et a ordonné pour de l'argent un évêque, un chorévêque, un prêtre ou un diacre ou un autre clerc, ou a établi pour de l'argent un économe, un dépensier ou un mansionnaire ou tout autre serviteur de l'Église, il s'expose, si le cas est prouvé, à perdre sa propre place; quant à celui qui a été ordonné de cette façon, l'ordination ou la place qu'il a achetée ne lui profilera en rien, car il perdra la dignité ou la position acquise ainsi à prix d'argent. Si quelqu'un s'est entremis pour ce commerce honteux et défendu, il devra, s'il est clerc, perdre sa propre place, et, s'il est laïque ou moine, il sera frappé d'anaiMme.

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