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Statula pro retinendo disciplinée regularis rigore

4. Statutum de divisione jructuum, reddituum et proventuum Ecclesiec inter papam et cardinales; 5. Constitutiones qusedam; G. Bulla de censibus Ecclesiec roman:c; 7. Epistolee duee de captione Accon ; 8. Bullarum et epistolarum volumina tria.

Tandis qu'il s'épuisait en efforts pour recouvrer ce qui était perdu de la Terre sainte, Nicolas IV mourut le 4 avril 1292, au palais qu'il avait fait bâtir près de Sainte-Marie-Majeure, et fut enterré dans cette basilique. Le cardinal Félix Perettus de l'ordre des Frères mineurs (le futur Sixte V) érigea, plus tard sur sa tombe, qu'on venait de retrouver, en restaurant le chœur, un superbe mausolée avec l'inscription : Nicolao I V Asculano Piceno Pont. Max. cum in neglecto diu sepulcro fere laluisset, F. Félix

NICOLAS IV

NICOLAS V

Perettus cardinalis de Monte- Alto in ordincm et patriam pietale posuit M. D. LXXIV.

I. Sources. — Potthast, Regesta..., t. n, p. 1820-1914 et les autres recueils mentionnés ci-dessus à Nicolas III. A côté de Raynaldi, voir aussi L. Waddlng, Annales Minorum, t. tv, p. 345, 353, :îS7, 395 et 411; t. v, p. 15-10, 47-49, 70, 91, 123, 1 17, 168-169, 213; courte biographie de Bernard Guy, dans Muratori, lier. itul. script., t. m «, col. 609 (— Ducbesne, Le Liber ponti/knlis, 1. n, p. 166).

II. Travaux. — Les notices de !.. Waddlng, Scriptorea ordinis minorum, 2e édit., Rome, 1906, p. 118; de II. J. Sharalea, Supplementum, t. i, Rome, 1908, p. 371-372; de Fabrlcius-Mansi, Bibliotheca laltna Mediœ et Inflnut /Tîlatis, Padoue, 1754, t. v, p. 101; Nicolaus IV, dans Klrchenlexikon, Fribourg-en-B., t. ix, 1895, col. 291-293; H. Holzapfel, Ilamlbuch der Geschichte des l'ranziskanerordens, Fribourgen-B., 1903, p. 11 sq.; (i. Garavani, Gli splrituali Franceseani nette Marche, t'rbino, 1905; O. Schifl, Sludien zur Gesehtehte des Papsles Nikolaus IV., Berlin, 1907; W. Norden, Das Papstlum und Bytanz, Berlin, 1903; Draeseke, Die Kircheneinigungsversuche des Kaisers Michael Palmologus, dans Zeitsclirijl fiir ivissensch. Théologie, t. XXXIV, p, 383 sq.; I lefele-I.eclercq, Histoire des conciles, t. vi a, p. 153-340.

Am. Teetaeut.

5. NICOLAS V, pape (6 mars 1417 — nuit du 24 ai 25 mars 1455.) — Thomas Parentucilli, tel était son nom patronymique, naquit, le 15 novembre 1397, d'un père médecin, qui pratiquait son art à Sarzana. Après avoir conquis la maîtrise en théologie à l'université de Bologne, il demeura en qualité de familier, aux côtés de Nicolas Albergati, tant pendant son épiscopat à Bologne que lorsqu'il fut devenu cardinal. A la mort de son protecteur, Eugène IV, qui l'avait remarqué, le nomma vice-camerlingue (1413), puis évêque de Bologne (27 novembre 1444). Le rôle qu'il remplit à la diète de Francfort lui valut le chapeau cardinalice (16 décembre 1446). Son aménité de caractère, l'étendue de sa culture intellectuelle, sa piété et l'honorabilité de sa vie privée le recommandèrent aux suffrages des cardinaux qui l'élurent pape, le 6 mars 1147. Le nouveau pontife prit le nom de Nicolas, par reconnaissance à l'égard de Nicolas Albergati qui l'avait comblé de bienfaits. Son sacre eut lieu le 19 mars suivant. Les événements saillants de son pontificat paraissent avoir été la fin du schisme de Félix V, la signature du concordat de Vienne, les tentatives de réformes dans l'empire, le sacre comme empereur de Frédéric III, le rétablissement de la paix et de la prospérité dans les États de l'Église, la répression de la conjuration de Porcaro; nous étudierons chacun d'eux; après quoi, nous ferons connaître l'humaniste et le protecteur des arts que fut Nicolas V et apprécierons son pontificat.

I. La fin du schisme de Feux V. — -Lors de son avènement au trône pontifical, Nicolas V trouvait l'Eglise déchirée, une fois encore, par le schisme. Sans doute, les négociations qu'il avait habilement conduites à Francfort, avaient provoqué l'adhésion du roi des Romains, Frédéric III, à Eugène IV, mais l'antipape Félix V (Amédée VIII de Savoie) et les Pères de Bâle comptaient encore des partisans nombreux, sinon entièrement convaincus, du moins hostiles à la cour romaine et puissants comme les princes-électeurs. Esprit conciliateur, le nouveau pape promit de concéder des dédommagements sérieux à Félix V, si celui-ci opérait sa soumission, et autorisa volontiers Charles VII, roi de France, à remplir le rôle de médiateur (avril 1447).

Une conférence internationale s'ouvrit à Lyon, au début du mois d'août. Les délégués du roi de France, qui tenaient le rôle" principal, avaient reçu l'ordre de ne négocier e:i aucune façon avec l'antipape, mais de s'entendre avec Louis, duc de Savoie, afin d'obtenir l'abdication de son père. L'issue des pourparlers ne

paraissait pas douteuse, car le prince, escomptant la mort prochaine de Philippe-Marie Visconti ■ cite advint, en effet, le 13 août - songeait à s'emparer du Milanais. Mais une telle convoitise n'était réalisable qu'avec l'acquiescement de la France. Or, le dauphin, le futur Louis XI, désirait, non moins ardemment, le duché de Milan et avait déjà réuni environ (i 000 chevaux, en vue de l'expédition qu'il méditait. On avait compté sans l'astuce de Louis Aleman, l'animateur du concile de Bàle. Le cardinal imposa sa présence aux conférences de Lyon, et discuta âprement les conditions que mettrait Félix V à son abdication. Il eut môme la suprême habileté de transférer le siège des entretiens à Genève, où résidait l'antipape (8 novembre 1 147), et de faire paraître les ambassadeurs français en présence de ce dernier. Les Savoyards émirent de telles prétentions que, le 3 décembre, les plénipotentiaires se séparèrent sans rien oser décider. Tout dépendait de Nicolas V qu'il fallait consulter.

Cependant, tandis que des pourparlers avaient lieu avec les schismatiques, la situation du pontife romain s'améliorait de jour en jour. Tour à tour, les archevêques de Cologne et de Trêves, Frédéric de Saxe, l'électeur palatin, les ducs Othon et Etienne de Bavière, les comtes de Wurtemberg, les évêques de Worms et de Spire étaient rentrés dans l'obédience de Nicolas V. Le pape eût pu montrer des exigences, d'ailleurs justifiées. Il se montra, au contraire, très conciliant et, tout en repoussant certaines prétentions exorbitantes des schismatiques, il accorda aux rebelles des satisfactions honorables, et des avantages précieux qu'énumérèrent deux bulles expédiées les 9 et 16 août 1448.

De nouvelles négociations de paix furent entamées avec les membres du concile, mais elles traînèrent en longueur. Les schismatiques se montraient d'autant plus intransigeants qu'ils se disaient persécutés. En vertu d'une sentence impériale, ils avaient dû, en effet, quitter Bàle le 4 juillet 1448 et se réfugier en terre savoyarde, à Lausanne.

La politique, seule, débrouilla une situation apparemment inextricable. Au début de l'année 1449, le duc Louis de Savoie constatait avec dépit que Francesco Sforza lui disputait avec avantage le Milanais. Il lui fallait de l'argent, et les banquiers français, auxquels il s'était adressé, refusaient de lui consentir un prêt, s'il ne mettait fin au schisme. Circonstance plus grave encore, Charles d'Orléans s'apprêtait à soutenir par les armes les droits qu'il possédait sur le duché de Milan. Réduit aux abois, Louis de Savoie se trouvait ainsi acculé à passer par les volontés du roi de France. Son père comprit que l'heure des sacrifices suprêmes avait sonné, sans quoi les intérêts de sa maison subiraient un notable dommage : il abdiqua le 7 avril 1449, en séance conciliaire. A leur tour, le 19, les Pères réunis à Lausanne élisaient pape, à l'unanimité, Nicolas V; puis, le 25, ils votaient le décret de dissolution d'une assemblée réduite à moins d'une centaine de membres, et composée de rares évêques.

Une série de bulles (18 juin 1449) relevèrent les schismatiques des censures qu'ils avaient encourues et les maintinrent en possession de leurs bénéfices, prélatures ou privilèges; quant à Félix V, son orgueil fut ménagé : nommé cardinal-évêque de Sabine, il obtint le premier rang dans le Sacré-Collège, une pension mensuelle de 500 florins, l'administration de l'évêché de Genève, la commende de divers prieurés et abbayes, et le titre perpétuel de légat et vicaire du Saint-Siège dans les pays rangés précédemment dans son obédience, c'est-à-dire en Savoie, en Suisse et sur les confins de l'empire; c'est ainsi que les diocèses de Lausanne, Bâle, Strasbourg, Constance,

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Coire et Sion firent partie de sa légation. Le cardinal Louis Aleinan ne fut pas destitué, mais il se confina volontairement dans ses fonctions d'administrateur de l'archevêché d'Arles. Des anticardinaux, nommés par l'antipape, Guillaume Hugues, Jean d'Arces et Louis deLaPalu, reçurent, seuls, à nouveau les honneurs de la pourpre (19 décembre 1449).

L'excellent ouvrage de N. Valois, La crise religieuse du XV siècle. Le pape et le concile (1418-14-59), Paris, 1909, t. n, p. 323-370, expose, de façon neuve, l'histoire de la fin du schisme de Félix V, et rectifie quelques erreurs de détails commises par G. Pérouse, dans son remarquable livre intitulé : Le cardinal Louis Aleman, président du concile de Bàle, et la fui du grand schisme, Paris, 1904, et qui contient une bibliographie très riche. Voir encore M. Bruchet, Le château de Ripaille, Paris, 1907, l'article Amédée VIII de Savoie du Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. n, col. 1172-1174; G. de Beaucoart, Histoire de Charles VII, Paris, 1881-1891 (cet ouvrage doit être souvent corrigé à l'aide de celui, cité plus haut, de N. Valois). Sur le concile de Bàle, cf. E. Bursche, Die Reformarbeiten des Basler Konzils. Eine kirchengeichichlliche Unlersuchung, Lodz, 1921; .1. Haller, Concilium Basiliense. Studien und Quellen zur Geschichte des Konzils vnn Basel, Bîle, 1896-1903, 4 vol.

IL Le concordat de Vienne (17 février- 19 mars 1448). — Si les princes allemands se résignèrent à abandonner la cause de Félix V et à se rallier à Nicolas V, ce fut, sans nul doute, le fruit des négocitations laborieuses qui aboutirent, le 17 février 1448, à la signature du concordat de Vienne et à sa ratification, à Rome, le 19 mars. L'irritante question de la collation des bénéfices qui avait fait tant de mécontents était enfin tranchée. La solution adoptée offrira des avantages tels qu'elle restera en vigueur, fort longtemps. A la bien considérer, elle constituait le reniement des théories révolutionnairss émises dans certaines sessions du concile de Bàle. Les Pères auraient voulu dépouiller le Saint-Siège des réserves et des armâtes; or, le concordat de Vienne réglait précisément les cas où les unes entreraient en jeu et les autres seraient perçues. Certes, le pape perdait le droit de nomination aux évêchés, mais il le recouvrait si l'élection s'était effectuée contrairement aux prescriptions canoniques ou avait été différée au delà des délais, fixés par le concile du Latran; au demeurant, il possédait le droit de confirmation.

L'application du Concordat de Vienne ne s'opéra pas facilement. Il fallut vaincre les résistances de l'épiscopat et des princes par la concession de faveurs et après de longs pourparlers. L'opposition de l'archevêque de Salzbourg ne cessa que le 22 avril 1448, celle de l'archevêque de Mayence qu'en juillet 1449, celle de l'archevêque de Trêves, eu 1451 et, enfin, celle de Strasbourg, en 1476.

L. von Pastor, Geschichte der Pdpste seit dem Ausgang des Mitlelallers, Fribourg-en-Brisgau, 1925, t. i, p. 399-402; édit. française, Paris, 1911, t. n, p. 34-39; Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, Paris, 1916, t. vn, p. 1130-1137. Le texte du concordat se trouve imprimé dans A. Mercati, Raccoltà <ii concordait su malerie ecclesiasliche Ira la Santa Sede e le autorità ciinli, Rome, 1919, p. 177-185.

III. Tentatives de réforme dans l'empire. — 1° La légation du cardinal Nicolas de Cues. — ■ Au lendemain du funeste schisme de Félix V, un grave devoir s'imposait à Nicolas V, celui de combattre les maux qu'avait engendrés l'indiscipline des Pères de Bàle et dont le principal était l'anarchie religieuse. Il invita, d'abord, le monde chrétien au repentir et à la pénitence en publiant un jubilé (1449), puis il donna les pouvoirs de légat en Allemagne, Bohême et pays circonvoisins à un homme fort savant, sachant la langue de ces contrées, connu pour son zèle apostolique, sa vertu, son tact, son éloquence, au cardinal Nicolas de Cues (24 et 29 décembre 1450).

L'envoyé pontifical avait mission de rétablir la paix sociale, de redresser les erreurs doctrinales et de corriger les mœurs; il devait, pour ce faire, tenir des conciles provinciaux ou locaux qui promulgueraient des statuts salutaires, visiter les monastères et les réformer, prendre des sanctions canoniques contre les clercs prévaricateurs et oublieux de leurs obligations, lever les censures encourues par tels autres, travailler à l'extinction de l'hérésie, publier les indulgences du jubilé, en un mot restaurer la vie chrétienne. Ce plan grandiose, Nicolas de Cues l'exécuta consciencieusement. Il exerça une action bienfaisante dans l'Allemagne du Nord et jusqu'en Belgique, en Hollande, en Zélande et en Frise. Il s'attacha à détruire les pratiques superstitieuses, les exagérations du culte des images saintes et les abus nés des pèlerinages; il remédia encore à l'ignorance générale, en forçant le clergé à enseigner les rudiments de la religion au peuple, à prêcher et à faire respecter le repos dominical. La rénovation déjà vie chrétienne n'était possible qu'à la condition que les gens d'Église donnassent, les premiers, le bon exemple; or, sans trop pousser au noir les tableaux qui ont été tracés de la moralité cléricale, il faut avouer que la simonie et le concubinage contaminaient séculiers et réguliers allemands dans une fort large mesure. La faute ne leur incombait que partiellement; elle retombait principalement sur les collateurs ordinaires, qui ne conféraient les bénéfices que moyennant l'abandon frauduleux des dîmes paroissiales et des revenus ecclésiastiques, ou le paiement de pensions à des tiers. Des décrets synodaux interdirent de pareils marchés sous peine d'excommunication. Quant aux concubinaires, de sévères prescriptions les contraignirent à observer la chasteté. Il fut plus difficile de détruire les abus qui sévissaient dans les monastères. Des décrets réformateurs rétablirent la clôture, et menacèrent les contrevenants de la perte de leurs privilèges. Cependant, le légat préféra employer les moyens persuasifs plus volontiers que la manière forte: les visiteurs qui le suppléèrent furent invités à user de modération. La correction des abus l'obligea parfois à agir fermement; c'est ainsi que, fidèle à la ligne de conduite qu'il s'était tracée et qui consistait à placer de bons supérieurs à la tête des maisons religieuses, il n'hésita pas à déposer certains abbés récalcitrants et à leur choisir des remplaçants plus méritants. Hélas! il faut l'avouer, la mission réformatrice de Nicolas de Cues n'obtint pas tout le succès désirable. Sans avoir été stérile, elle échoua en partie, en raison de l'hostilité de ceux qui se refusaient à amender leur vie privée; c'est ainsi que les moines de Deddingen mirent en pièces la voiture qui transportait l'ecclésiastique chargé de les visiter, et qu'à Nuremberg des dévoyés jouèrent du poignard.

Le cardinal réussit mieux dans le domaine social. Ses instructions lui imposaient la tâche de ramener la concorde parmi le peuple allemand. Il s'évertua à les remplir intégralement, mais, en toute occasion, il obéit à ses principes favoris, d'après lesquels la restauration du pouvoir hiérarchique devait servir de base au rétablissement del'ordre. Voilà pourquoi il soutint énergiquement les droits du pape, des évêques et du clergé séculier contre ceux qui les violaient. A Eichstàtt, il régla les cas dans lesquels le doyen du chapitre serait désormais soumis à l'évêque du lieu; à Magdebourg, à Minden et à Mayence, il restreignit la juridiction des archidiacres qui empiétait sur celle des officiaux: ailleurs, il réprima les excès des religieux qui ne respectaient pas les privilèges curiaux contrairement aux canons, ou apaisa les conflits de juridiction qui avaient surgi entre les communes avides d'indépendance et les clercs; en un mot, il s'ingénia à mettre

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un terme aux querelles locales, où qu'elles existassent. 2° La légation de Jean de Capislran. — Tandis que Nicolas de Cues déployait son zèle dans l'Allemagne du Nord, un franciscain évangélisait l'Allemagne du Sud, l'Autriche, la Moravie et jusqu'à la Pologne, C'était Jean de Capislran, aussi savant que pieux, possédant un don oratoire assez puissant pour soulever le repentir dans les cœurs de gens qui, pourtant, n'entendaient point sa langue. Le prédicateur parlait sur les places publiques, en latin, à des foules qu'/Eneas Sylvius Piccolomini évaluait à vingt ou trente mille personnes. Son geste, son accent convaincu et son extérieur chélif, exprimant l'austérité de sa vie privée, impressionnaient les auditeurs qui écoutaient avec avidité le prêtre chargé de leur traduire les paroles qui les avaient tant émus.

E. Vanstcenberghe, Le cardinal Nicolas de Cues (141)1- 1464). L'action. La pensée, Paris, 1920, p. 87-139, 475-190; L. von Pastor, op. cit., 1. n, p. 98-130, et la 7e édition allemande, t. i, p. 467-193; Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. vn, p. 1201-1227.

III. Le sacre de l'empereur Frédéric III. — Cet événement, à rencontre de ce qui avait eu lieu aux siècles précédents, n'amena pas de complications avec les États italiens. Frédéric s'abstint de paraître en conquérant. Sa suite était peu brillante et ne pouvait inquiéter les. populations qui se tenaient sur la défiance. La cérémonie du couronnement se célébra, suivant les rites prescrits, le dimanche 19 mars 1452. Elle n'eut rien de mémorable sinon qu'elle marqua la fin de l'union de l'empire et du pontife romain : jamais, depuis cette époque, elle ne se renouvela. Au reste, elle ne rapporta aucun avantage à Frédéric et ne rehaussa pas son autorité aux yeux de ses contemporains.

Pnstor, op. cit., t. n, p. 131-153, et la 7e édition allemande, t. I, p. 494-512.

IV. Nicolas V et les États de l'Église. — • Nicolas V eut le mérite incontestable de rétablir dans ses États l'ordre, la sécurité et la prospérité compromis gravement sous le pontificat d'Eugène IV. Par ses bonnes grâces, il se concilia les barons romains, turbulents par nature; aux autres seigneurs il renouvela ou concéda des vicariats à Urbino, Pesaro, Rimini, etc. , et racheta Jési tombé aux mains de Francesco Sforza. Rome et certaines villes de la marche d'Ancône reçurent des franchises ou la confirmation de leurs privilèges. Cà et là, s'élevèrent des forteresses destinées à contenir les instincts pillards des nobles. Les mercenaires, payés régulièrement, ne se livrèrent plus à la rapine, comme par le passé. Les mesures de prudence, adoptées par Nicolas V, lui procurèrent la joie de voir Bologne se soumettre à l'Église (24 août 1447). En l'occurrence, le pape fit preuve d'un esprit de conciliation peu commun et, moyennant la concession de privilèges, il réussit à s'attacher une population ombrageuse, fière de ses libertés et toujours prête à la révolte. Il est vrai qu'il eut soin de :ui choisir des gouverneurs habiles, dont Bessarion fut le meilleur (1450-1455).

Pastor, op. cil., t. n, p. 57-07, et la 7e édition allemande, 1. 1, p. 422-431.

V. La conjuration d'Etienne Porcaro. — ■ Lors du conclave de 1447, Etienne Porcaro avait vainement tenté de provoquer un soulèvement populaire à Rome. C'était un humaniste possédant le culte de l'antiquité classique, un patriote convaincu qui rêvait de libérer la Ville éternelle du joug pontifical. Nicolas V lui accorda généreusement son pardon, et lui confia môme la charge de gouverneur de la Campanie et de la Maritime. Au lieu de témoigner de la reconnaissance à son bienfaiteur, Porcaro occasionna

dict. de théol. cath.

des troubles à la faveur du carnaval. Cette fois, le pape sévit et lui infligea la peine d'un doux internement à Bologne (1450). Là, Porcaro, reprit ses projets révolutionnaires et, trompant la vigilance du cardinal Bessarion, il quitta furtivement Bologne, le 26 décembre 1452, et rejoignit des allidés romains. Il fut convenu que l'insurrection éclaterait le G janvier; pendant la célébration de la messe solennelle, le feu serait mis aux écuries pontificales. A la faveur de la panique qui ne manquerait pas de se produire, les rebelles s'empareraient des cardinaux et du pape. Chargé de chaînes d'or, Nicolas V comparaîtrait devant Porcaro, devenu tribun, qui statuerait sur son sort ; la République serait proclamée et la papauté exilée de Rome. Le plan ourdi n'avait qu'un défaut, celui de reporter l'exécution à une date trop éloignée. On l'ébruita bientôt, et Porcaro, arrêté, avoua son crime et subit le supplice de la pendaison le 9 janvier 1453.

Il n'y eut pas que Rome à pâtir de troubles révolutionnaires. A partir de 1454, une agitation inquiétante grandit dans les États de l'Église, principalement dans les Marches, dans le Patrimoine de Saint-Pierre, à Spolète, à Bologne. Tous ces tracas agirent sur la santé du pape qui s'éteignit dans la nuit du 24 au 25 mars 1455.

Pastor, op. cit., t. n, p. 203-227, 293, et la 7« édition allemande, t. i, p. 571-593, 832-840; E. Rodocanachi, Histoire de Borne, de 1354 à 1471. L'antagonisme entre les Romains et le Saint-Siège, Paris, 1922, p. 250-261, 289-302; J. Guiraud, L'État pontifical après le Grand Schisme, Paris, 1896.

VI. L'humanisme et le culte des arts a la cour de Nicolas V. — Les humanistes italiens avaient naguère affiché des tendances plutôt païennes, et leurs écrits, trop souvent libertins, avaient semé le mépris de la religion et de la morale. Non moins admirateur qu'eux de l'antiquité classique, non moins lettré, Nicolas V entreprit de réconcilier le christianisme et l'humanisme. Sur son lit d'agonie, se remémorant les trésors d'art et de science qu'il avait amassés, il assura au collège cardinalice n'avoir agi « ni par orgueil, ni par amour du faste, ni par vaine gloire, ni par ambition d'assurer l'immortalité à son nom. » Son souci intime et unique avait été de faire de Rome la capitale du monde savant, lettré et artistique et, par voie de conséquence, de redonner au Saint-Siège le prestige momentanément perdu à l'époque du concile de Bâle, et aussi d'accroître son autorité aux yeux de ses sujets temporels.

L'activité déployée par le pape, pendant son court pontificat, justifie les paroles qui lui ont été prêtées. Non content de réparer une foule d'églises tombées plus ou moins en ruines, de restaurer les murs d'enceinte de Rome, les aqueducs et les ponts, de bâtir la fontaine de Trevi (1453), les architectes pontificaux, dont le plus célèbre fut le Florentin Alberti, décidèrent de créer un quartier neuf dans le Borgo, d'édifier un palais plus grandiose au Vatican, de renverser la vieille basilique de Saint-Pierre qui menaçait de s'écrouler et de reconstruire à sa place un vaste édifice affectant la forme d'une basilique à cinq nefs. Sans doute, ces projets grandioses ne furent pas réalisés du vivant de Nicolas V, mais ils marquèrent une ère nouvelle et s'imposèrent à ses successeurs: du moins, l'auguste pontife eut-il la joie de contempler les admirables fresques dont Frà Angelico décora les parvis de la chapelle de Saint-Laurent, au Vatican, et où se marient harmonieusement l'art chrétien et l'art païen.

Si les peintres italiens, allemands, espagnols, français et hollandais affluèrent dans la Ville Éternelle, le concours des lettrés et des savants ne fut pas moins empressé. S'y donnèrent rendez-vous le Pogge, Valla,

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