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THÉOLOGIE. PROBLÈMES DE STRUCTURE

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l'histoire et la sociologie, par exemple, seront considérées comme des sciences.

Cette notion de science pourra s'appliquer à la théologie par voie de comparaison et le résultat sera favorable si la théologie peut se présenter comme étant semblable à d'autres disciplines que nul n'hésite à qualifier de sciences. Les esprits modernes jugeront donc de la théologie d'après l'objet du savoir et la méthode employée; ce point de vue méthodologique les amènera généralement à considérer les différentes méthodes particulières dont on use en théologie comme justifiant l'existence d'autant de sciences spéciales : théologie biblique, théologie historique, etc., assimilées aux sciences historiques ou sociales profanes. Quelle sera, dans cette perspective, la situation de la théologie proprement dite, c'est-à-dire de la théologie spéculative? Considérée comme système de pensée, système de représentations, cette théologie serait, à coup sfir et pour le moins, une matière pour la science historique; mais, considérée comme traitement philosophique de certaines convictions qui relèvent de la foi. elle semble bien s'occuper, elle aussi, d'un objet propre et selon une méthode propre et pouvoir dès lors trouver une place dans le monde des sciences.

Dans son Introduction à l'étude de la théologie, Paris, 1926, G. Rabeau a tenté de justifier, même aux yeux des philosophes incroyants, l'existence de la théologie comme science et de déterminer sa place dans une classification des sciences qui répondît aux exigences de la logique moderne. La théologie, dit-il, a droit de cité parmi les sciences, car : 1. elle a un objet scientifiquement fondé, puisqu'il y a un problème spéculatif de la religion qui est posé par la science et qu'il y a un problème pratique de la religion qui est posé par la vie; 2. elle a de fait une méthode qu'il suffit d'analyser et de situer parmi les autres méthodes scientifiques; 3. elle utilise enfin, pour mettre en valeur son objet, toutes les sciences modernes en harmonie avec son but. Elle mérite donc d'être classée parmi les sciences. Comment ce classement pourra-t-il s'opérer et se justifier? L'auteur propose de mettre en œuvre, en cette question, la théorie des « collocations » formulée par Stuart Mill. Il y a des sciences complexes, dont le statut n'est pas défini par l'existence de leurs éléments, mais par le fait de la coexistence de ceux-ci : par exemple, c'est la rencontre des fossiles et des terrains qui permet de synthétiser le donné st i aligraphique et le donné paléontologique dans la géologie. De même la théologie n'est -elle pas définie par ses éléments, histoire ou Kolastique, textes ou déductions, mais par le fait de leur coexistence, par un tait de synthèse, une collocatlon. Or.ce qui met l'histoire et les faits en rapport avec le dogme ou la pensée religieuse, c'est la foi ; dr même que la stratigraphie et la paléontologie sont uni liées pur le fait que tels fossiles gisent dans tels terrains, ainsi l'histoire et la spéculation théologlque trouvent leur unité dans la foi des croyants, celle <les Individus el surtout celle (le l'Église totale. Collocation humaine qui définit la I néologie comme science laie, et au delà de laquelle on peut d'ailleurs trous er, dans la science même de Dieu, une collocatlon suprême qui justifie souverainement la précédente! Voir l'apprêt lation de cette idée par A. (iardeil, dans Revue de* sciences philos, et thdol., 1926, p. G01.

Sur la conception aristotélicienne de la science: O. l lamelin, Lt tgslrmt •!' Vristole, pulil. pai L. Robin, Parts, 1020; itweiler, l/ir l'.njrif] >Ur Wissenscholt M ArUtoteltê, Bonn,

l'application de relie notion :i l;i théologie dans la

■ i(|ur- : M. (iralimann, lier W imrnichnlUbegrl/l des M. Thomai von Aquln, dans l<- Vereintchrift <le la Gorrrs-

poui 1931, p. 7*-n*; r. Simon, ErktnnlnttUuo-

■ Il i i*enxclwlt.\br{jrifl in der Scholastik, 192Î ; I i . Mai in- S"i.i. L'évolution hiiiiHiyêite du dogme catholique, t, i,p.66sq.;

R. Gagnebet, La nature de la théologie spéculative, dans Reoue thomiste, 1938, p. 214-240; cf. aussi, 1939, p. 122 sq.; L. Charlier, Essai sur le problème thfiologique, Thuillies, 1938, p. 26 sq.; P. Wyser, Théologie als Wissenschajt, Salzbourg et Leipzig, 1938 (sur quoi, cl. L. Kfisters, Théologie als Wissenschaft, dans Scholastik, 1939, p. 23.1-240). Sur la notion de science qui semble assez commune pour les esprits modernes : P. Simon, Dur \\ issenschaftsbegrifl seit Beginn der Neuzeit, dans le Jahresberichl de la Gorresgesellschaft pour 1932-1933, p. 45*-61*; Qu'est-ce que la science? (Cahiers de la Nouvelle Journée); Science et loi, V* semaine de Synthèse; L'orientation actuelle des sciences, Paris.

III. Les problèmes de structure e i de méthode. — Ces problèmes sont au nombre de trois, se référant respectivement, d'une part, aux deux composantes de la théologie, à savoir l'élément de donné positif et l'élément rationnel de concepts philosophiques et de raisonnement ; d'autre part, au produit du travail théologique qui, en sa forme la plus poussée, est la conclusion théologique. Ainsi avons-nous à examiner :

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