LE PROBLÈME DU DONNÉ ET DE LA THÉOLOGIE
positive. — On s'accorde, en somme, à envisager la théologie positive comme visant à établir l'appartenance d'une vérité à l'enseignement chrétien. Nous avons vu plus haut, col. 444, que celte preuve, conçue d'abord comme se faisant par l'appel aux textes de l'Écriture et aux monuments de la tradition, a été davantage conçue, depuis quelques générations, comme guidée par l'enseignement actuel de J'Église et ne pouvant se faire que dans sa lumière.
1° Raison d'être et notion de. la théologie positive. — La positive est la fonction par laquelle la théologie prend possession de son donné, 'foule science rationnelle met en œuvre la lumière naturelle de l'intelligence; mais elle doit recevoir du dehors, et finalement par les sens, sa matière particulière. La théologie est science de la foi; sa lumière existe donc en tout homme fidèle qui a, par la foi, un principe de connaissance des mystères surnaturels et, dans sa raison, la possibilité d'une élaboration et d'une construction scientifique de ces mystères. Encore faut-il que la foi, pure possibilité de connaissance, rencontre la détermination de ses objets. Ces objets étant surnaturels, leur déter initiation ne peut se faire que par une révélation divine. Certes, cette révélation pourrait être intérieure à chaque fidèle, comme elle le fut pour les prophètes et les apôtres. Mais le plan de Dieu n'a pas été tel. Dieu prend les hommes comme ils son!, en comme parties dans un tout en une unité spécifique el en des communautés sociales. Il traite l'humanité comme une seule espèce, comme un seul peuple, pomme une seule Église, et il lui adresse une révélation unique, sociale et collective. Aussi la détermination des objets de la fol, determinatio credendorum, s'opère t-elle non par une expérience Indépendante et personnelle, mais par une révélation el par un magistère sur naturels. S. Thomas, In Boet. de Trin., q. m. a. 1, ad 4um. C'est parce que la lumière surnaturelle donnée à chacun dans la loi est trop faible poui procurer à chacun, pour son propre compte, la connaissance et le discernement des objets de la foi. qu'il y a. dans l'ordre surnaturel, un magistère et que I Église pi un véritable pouvoir d'enseignement.
i oute l'explicitai ion de la roi i loi , liée a la
Révélation transmise, propo expli-
quée p.n la prédication apostoliqui vivant dans
lise. Cf. S. Thomas, Sum. theol., II« II», q. v, i oi p, cl ad &—*; q. vi, a. 1 ; In III m ,S< ;,/., «Iisl . X \ III.
THÉOLOGIE. LA THÉOLOGIE POSITIVE
q. m, a. 2, ad lum, 2am et 4um; dist. XXV, q. i, a. 1, qu. 4, adlum; InIVam, dist. IV, q.n, a. 2, sol. 3, ad lum, qui a cette formule si simple : Fides principaliler est ex infusione : et quantum ad hoc per baptismum datur; sed quantum ad determinationem suam est ex auditu : et sic homo ad fidem per catechismum inslruitur. Cf. aussi Fr. Marin-Sola, Évolution homogène du dogme cathol., t. i, p. 202 sq.
Mais le catéchisme, qui suffit au fidèle pour l'explicitation de sa foi, suffira-t-il au théologien pour construire rationnellement sa foi? Il est bien clair qu'en écoutant la simple prédication de l'Église, le théologien reçoit l'essentiel de ses principes. Et c'est pourquoi on a dit souvent que l'enqi ête positive n'était pour lui qu'une question de bene esse et que, s'il ne peut y avoir de théologie sans spéculation, il peut y en avoir une sans enquête spéciale sur le donné. Cette remarque, où il y a du juste, a poussé parfois certains théologiens à concevoir la théologie positive comme une sorte d'ornement ajouté du dehors à la théologie, mais ne faisant point partie de son activité essentielle et représentant plutôt une concession au goût du jour, ou une opération purement apologétique, ou encore une sorte d'alibi pour ceux qui, ayant perdu le sens de la contemplation théologique, se réfugieraient dans 1' » érudition ».
En réalité, la théologie positive se situe au cœur même de la théologie tout court. Elle est essentiellement un acte ou une fonction de la théologie et procède, à double titre, de la même nécessité que la théologie spéculative : 1. elle est nécessaire à la théologie spéculative, qui emprunte sa matière même à un donné positif. Il est exact que ce donné peut être tenu, dans ses grandes lignes, par le simple auditus fidei qui correspond, en tout fidèle, à la catéchèse chrétienne. Mais une théologie spéculative qui en resterait là n'obtiendrait jamais sa plénitude dans l'ordre même de la spéculation. A moins de devenir une sorte de philosophie des choses chrétiennes, elle devrait se limiter à des questions rudimentaires et ne serait pas nourrie de toute sa sève. Elle serait incapable de se constituer pleinement en son état de science. — 2. Non seulement la positive est nécessaire à la théologie spéculative, mais elle répond, à sa manière, au besoin qu'a la foi de se constituer à un état rationnel et scientifique par l'assomption des ressources propres à la raison et à la science. A la double face, à la double activité de la foi répond, dans la raison croyante qui devient, par là, théologienne, une double fonction; l'une et l'autre ont besoin de se constituer en un état vraiment rationnel et scientifique, en assumant les exigences et les instruments de la raison; ensemble, elles constituent le total développement de la foi dans la raison, sa pleine promotion en science.
A ce que la foi comporte de contemplation de son objet répond, comme sa promotion rationnelle et scientifique, la théologie spéculative; à ce qu'elle comporte de soumission à la révélation de Dieu transmise par l'Église répond, comme sa promotion rationnelle et scientifique, la théologie positive. La première est l'état scientifique de V intelleclus fidei; la seconde l'état scientifique de l'auditus fidei. Saint Augustin commentait la fameuse formule, Nrsi credideritis, non intelligelis, en disant que les deux éléments s'en distribuaient entre l'autorité et la raison : Quod intclligimus debemus rationi, quod credimus debemus auctoritati. De util, cred., c. xi, n. 25, P.L., t. xlii, col. 83. Mais il est clair que la foi est à la racine de Vintellectus et que la raison trouve une application dans la soumission même qui s'adresse à l'auctoritas pour donner à la référence du théologien, à ses sources et à ses autorités, un état, lui aussi, scientifique. Ainsi, d'une part, la jonction de la théologie à ses sources n'est pas pure-
ment scientifique ou rationnelle : c'est vraiment une œuvre de théologie, comme nous allons le marquer bientôt en distinguant théologie positive et histoire des doctrines chrétiennes; et, d'autre part, cette jonction n'est pas une œuvre de pure foi, étrangère à toute rationalité ; mais, tout comme la raison s'applique à l'intérieur de la foi pour en chercher un intelleclus, elle s'applique également à l'intérieur de la foi, avec toutes ses ressources, pour s'en procurer un auditus aussi riche, aussi précis, aussi critique que possible.
Il reste a préciser cette notion de la théologie positive en déterminant successivement son objet formel quod, son objet tormel quo et sa méthode.
2° Objet formel « quod » de la théologie positive. — Tandis que l'objet formel de la théologie spéculative est l'intelligibilité rationnelle et scientifique du révélé ou de l'enseignement chrétien reçu dans la foi, la théologie positive concerne la réception même de ce révélé ou de cet enseignement chrétien. En tant que positive, elle regarde le révélé, pour le recevoir et le connaître, dans son état de chose transmise et offerte à l'adhésion et à la contemplation de la raison croyante, et elle use pour cela des ressources que la raison présente pour saisir un donné, plus précisément pour découvrir ce donné particulier qu'est la foi et l'enseignement ae l'Église. L'objet de la théologie positive est donc la connaissance de ce que l'Église enseigne et livre à notre foi : autant dire qu'elle a pour objet la tradition, dans le sens que des études récentes ont restitué à ce mot.
Quand le traité De divina tradilione s'est constitué comme un traité spécial, au xvie siècle, il ..'est orienté, en fonction de la polémique protestante, dans le sens d'une distinction, dans les objets de la foi ou les dogmes, entre des dogmes contenus dans l'Écriture et des dogmes contenus dans « la tradition ». et dans le sens d'une justification de la tradition ainsi entendue. Ainsi étaiton porté à concevoir celle-ci : t. comme désignant un certain ordre d'objets, 2. comme distincte de l'Écriture et 3. comme constituée par des textes et des documents anciens. C'est en somme cette idée de la théologie post-tridentine qui inspire encore, dans nos manuels de théologie, le fameux schème du Probatur ex Scriptura, ex tradilione...
Or, des monographies récentes ont montré que la conception ancienne et authentique de la tradition était un peu différente. Le sens premier du mot « tradition » est celui d'enseignement ou de prédication doctrinale, soit au sens objectif, ce qui est enseigné ou transmis, soit au sens actif d'action ae transmettre ou d'enseigner. Mais le sens le plus ancien, jusqu'à saint Irénée inclus, est le sens objectif : la tradition est l'enseignement, l'objet transmis par le Christ et les Apôtres, puis, d'âge en âge, par l'Église. Cf. B. Reynders, Paradosis. Le progrès de l'idée de tradition jusqu'à saint Irénée, dans Recherches de théol. ancienne et médiévale, t. v, 1933, p. 155-191 ; D. van den Eynde, Les normes de l'enseignement chrétien dans la littérature patrislique des trois premiers siècles, Paris, 1933. Cet enseignement comprend à la fois l'Écriture avec son contenu et les vérités non contenues dans l'Écriture et que l'on peut appeler « traditions » au sens étroit du mot. En un sens secondaire, on désignera par tradition les monuments ou témoignages que l'Église constitue et laisse de son enseignement au cours des âges et qui nous restent dans certains documents : écrits des papes, des Pères, des théologiens, textes des conciles, liturgie, inscriptions, etc. Cf. A. Deneffe, op. cil. infrai et ci-dessous l'art. Tradition.
La Révélation est un dépôt ; l'Église pourra bien prendre une conscience progressive de ce dépôt et en réaliser un développement progressif; elle n'y ajoutera
THÉOLOGIE. LA THÉOLOGIE POSITIVE
rien qui lui soit objectivement étranger. S'il y a, dans l'Église et tout au cours de son histoire, des « révélations », celles-ci n'ajoutent objectivement rien a la connaissance du mystère de Dieu; elles sont ou bien une lumière donnée soit à la hiérarchie, soit aux Pères, soit à l'Église dans son ensemble, pour une intelligence nouvelle et plus profonde de l'enseignement révélé, ou bien des « révélations privées » concernant la vie de l'Église, l'orientation de la piété, les fondations ou la conduite des âmes. Cf. J. de Ghellinck, Pour l'histoire du mot « revelare, », dans Recherches de science relig., 1916, p. 149-157; J. van I.ee, Les idées d'Anselme de Havclberg sur le développement du dogme, dans Analecta Prœmonstralensia, t. xiv, 1938, p. 5-35; J. Ternus, Vom Gemeinschaftsglauben der Kirche, dans Scholaslik, t. x, 1935, p. 1-30; M.-J. Congar, La crédibilité des révélations privées, dans Vie spir., octobre 1937, Suppl., p. 29-48.
C'est pourquoi, dans la continuité de la «tradition », entendue au sens d'enseignement révélé transmis par l'Église, il y a lieu de faire une distinction entre la Iraditio consiitutiva, qui est renseignement-révélation des prophètes, du Christ et des apôtres, la Iraditio continuativa, enfin ajouterons-nous dans toute la mesure que réclame le fait du développement doctrinal, la iraditio explicativa, qui est la proposition, la conservation, l'explication et le développement par l'Église du népôt primitif. La traditio consiitutiva étant formée par l'apport révélateur des prophètes, du Christ et des apôtres, sans préjudice des sine scripto tradiliones, est laite principalement de l'Écriture sainte de laquelle les Pères anciens faisaient dériver toute la substance doctrinale de la Paradosis ecclésiastique. Quant à la Iraditio continuativa et à Y explicativa, elles consistent dans la proposition fidèle et l'explication progressive du dépôt, telles qu'elles se sont produites dans l'Église animée et dirigée par l'Esprit du Christ, depuis la Pentecôte jusqu'à nous. C'est ce témoignage social, selon toute sa réalité concrète et son développement successif, qui est l'objet ou la matière de la théologie positive. B.-M. Schwalm, Les deux théologies : la scolaftique et la positive, dans Revue des sciences philos, et théol., t. ii, 1908, p. 674-703; cf. M. Blondcl, Histoire et dogme, dans La Quinzaine, 16 janvier, 1er février et 15 février 1904.
L'objet de la positive, c'est donc la tradition, c'està-dire l'enseignement transmis depuis le Christ et les apôtres jusqu'à nous par l'Église et qui s'est développé, quant à ses expressions et quant à l'intelligence que l'humanité croyante en a prise, petit à petit, jusqu'à nous, et qui est vivant dans l'enseignement de l'Église actuelle : id quod traditum est, id quod traditur. La théologie positive, c'est la sacra doclrina en tant qu'elle prend conscience de son contenu acquis. Llle trouve son objet dans les expressions, d'abord de l'Église actuelle, puis de l'Église totale en la continuité vivante de son développement (traditio continuativa et explicativa), enfin dans les sources qui, expression de la traditio constituliva, sont la règle intérieure de la Paradosis ecclésiastique. Ainsi l'objet quod de la positive, c'est le témoignage total sur le mystère de Dieu, tel que, porté par les prophètes, le Christ et les apôtres, il existe, est conservé, interprété, développé <t proposé dnns et par l'Église du Christ et des apôtres, dans et par l'Église une et apostolique.
3" L'objet formel t 7110 » ou la lumière de la théologie positive. Connaissance d'un enseignement révélé, la positive esl théologie; connaissance scientifique de nement, non dans le pur aurtltus fldel, mais dans unr recherche el une Interprétation des documents de lu tradition ecclésiastique, la théologie posl tive est une œuvre rationnelle. Seulement, la raison qui e»t Ici associée à la fol n'est plus proprement la
raison spéculative : c'est la raison qui fait face aux documents bibliques et historiques où s'exprime la tradition ecclésiastique. La lumière de la positive est donc théologique, c'est-à-dire la lumière de la Révélation en tant que, au delà de la simple adhésion de la foi, elle rayonne dans la raison humaine, en utilise l'activité en vue de procurer un état humain, rationnel et proprement scientifique de l'auditus ftdei. Cette notion, de soi fort simple, peut s'expliciter en ces trois propositions :
1. La positive est une théologie, non une histoire. — L'histoire des doctrines bibliques et celle des doctrines chrétiennes ont matériellement le même objet que la théologie positive, mais elles regardent et atteignent cet objet sous une lumière et selon des critères différents. Nous pouvons avoir, du donné chrétien, une connaissance formellement naturelle et historique : histoire du peuple d'Israël, histoire des doctrines bibliques, histoire des doctrines chrétiennes. Ce n'est pas une telle connaissance, formellement rationnelle et historique, du donné, qui peut fournir à la théologie ses principes. Car, dans ce cas, il y aurait, entre le révélé et la théologie qui doit en être une interprétation rationnelle, une rupture de continuité : au point de vue noétique ou épistémologique, on changerait de genre; cf. A. Gardeil, Le donné révélé et la théologie, p. 197 sq., 210-211. La théologie doit, pour rester la science de Dieu révélé, s'aboucher à son donné et connaître ses principes dans une lumière formellement théologique, avec des critères théologiques. C'est pourquoi la théologie positive est formellement différente de l'histoire des doctrines chrétiennes. Cf. A. Lemonnyer, Théologie positive el théologie historique, dans Revue du clergé français, mars 1903, p. 5-18; Comment s'organise la théologie catholique? ibid., octobre 1903, p. 225-242; M. Jacquin, Question de mots : histoire des dogmes, histoire des doctrines, théologie positive, dans Revue des sciences philos, et théol., t. 1, 1907, p. 99-104, et cf. Ibid., p. 344 sq. ; B.-M. Schwalm, art. cité; A. Gardeil, Donné révélé, p. 207 sq., 288 sq.; G. Rabeau, Introduction à l'étude de la théologie, p. 153 sq.
2. La théologie positive, étant théologie, s'élabore en dépendance du magistère de l'Église. — Il s'agit, en effet, pour elle, de trouver et d'interpréter des documents et de connaître un passé en tant que documents et passé témoignent du mystère de Dieu révélé. Aussi est-ce le magistère qui seul peut dire quels sont les documents ou les hommes qui témoignent du révélé, et la valeur respective de leur témoignage. Pour l'Écriture, c'est bien clair. Le canon en est l'œuvre de l'Église, en sorte que l'Écriture n'existe pour nous comme Écriture, c'est-à-dire comme écrit inspiré et expression de la Parole de Dieu, que dans l'Église et grâce à la déclaration qu'en fait l'Église. De même est-ce l'Église qui possède le sens de l'Écriture, l'Église totale, celle d'aujourd'hui aussi bien que celle du passé. Aussi l'Église demande-t-ellc qu'on interprète l'Écriture selon le consensus Palrum, la tradition de l'Église. Denz., n. 786 et 2146, et voir ici l'art. Interprétation de l'Écriture, col. 2294 sq,
3. S'il s'agit des Pères et des théologiens, c'est de l'approbation de l'Église, approbation qui peut d'ailleurs revêtir bien des formes, qu'ils tiennent, pour le théologien, leur \aleur de témoins du donné chrét ien : Ipsa doclrina calholtcorum doctorum ab Eeelesia auclorilatem habel. Unie mugis standum est auctorttait Ecciasiet quani audorltati ml Augusltnt, vel Hteronymt, vel
ciijtisctimqiir dorloris. S. Thomas, Suin. tlieol., II*-II", q. x. a. )'2. Ceci se marquera Immédiatement dans le travail du théologien positif pour lui donner Uni une oriental ion. des critères différents de ceux du pur historien. Pourquoi, dans l'Hirit lire, ne cherehera-t-il PUS son donne dans le / V» Livre d'1 sdftU 011 dans
THÉOLOGIE. LA THÉOLOGIE POSITIVE
{'Évangile de Pierre, sinon en vertu de critères propre- J ment théologiques reçus du magistère de l'Église? De môme en matière patrislique.
C'est de cette différence de crilère et de source réelle de connaissance et d'appréciation que provient, entre la théologie positive et l'histoire pure, une certaine différence dans les résultats, différence dont la constatation provoque parfois une sorte de malaise. Il y a, en effet, parfois, du point de vue de l'historien, une certaine disproportion entre les affirmations que la théologie tient comme données et les preuves positives ou les appuis documentaires qu'on invoque en faveur de ces affirmations. Certes, comme nous le dirons à propos de la méthode, la théologie positive n'est jamais dispensée de loyauté et de rigueur; mais, déjà guidée dans sa lecture des documents par un certain sens et une certaine connaissance de ce qu'elle y cherche, elle y découvre plus que ne peut le faire l'historien. A. Landgraf, Les preuves scripluraires et palristiques dans i 'argumentation théologique, dans Revue des sciences philos, et théol., t. xx, 1931, p. 287-292; F. Cavallera, dans Bull, de littér. ecclésiast., 1925, p. 39 sq.
4° La méthode de la théologie positive. — Ce que nous venons de dire de la lumière de la théologie positive nous indique la méthode qu'elle doit suivre. D'un mot, elle utilise les ressources de la raison historique à la manière dont la théologie spéculative utilise les ressources de la raison philosophique. Ceci comporte deux affirmations, dans la délicate conjonction desquelles réside le secret de la théologie positive : ces deux affirmations concernent respectivement les deux notions de ressources de la raison historique et d'utilisation.
1. Ressources de la raison historique. — Ce que la théologie spéculative demande à la raison philosophique, c'est qu'elle soit loyalement elle-même : de manière à lui apporter un service au'hentique et vrai. De même la théologie positive réclame-t-elle le service d'une raison historique loyale, maîtresse au maximum des différentes techniques. Il s'agit ici d'apporter au service de la connaissance théologique du révélé le maximum des ressources authentiques par lesquelles la raison croyante peut entrer en contact avec la Paradosis ecclésiastique, grâce aux documents bibliques et historiques, il est bien clair d'ailleurs qu'on ne peut demander au même homme de posséder toutes les compétences; le travail théologique est un travail social et réclame des instruments de communication et de collaboration : collections, congrès, bibliothèques, revues surtout, qui sont, depuis le début du x:xe siècle, l'instrument le plus efficace des échanges et de la collaborât ion scientifiques.
Si des progrès sont encore à faire dans la théologie catholique en ce qui concerne l'ampleur et l'exactitude de l'apport positif, surtout peut-être en matière biblique, un progrès considérable a déjà été fait depuis le xix° siècle. On comprend que les exigences de chaque époque soient différentes en ce domaine. La théologie positive a du suivre les évolutions de la raison exégétique et historique. Celle-ci, dans son sens moderne, ne s'est pleinement affirmée qu'après la critique nominaliste et la renaissance humaniste, et plus lard au xixe siècle, déterminant alors la crise que nous avons évoquée plus haut ; mais, avant cela, la raison a eu sa manière de se référer au donné documentaire, et ce qui ne suffirait plus aujourd'hui à une raison historique plus avertie a pu suffire en un autre temps.
2. Leur utilisation. — De la même manière dont la raison philosophique n'est pas maîtresse en théologie spéculative, mais servante, c'est-a-dire accomplissant son travail sous la direction et le contrôle de la foi, de même la raison historique en théologie positive. C'est la condition pour que ses résultats soient vrai-
ment théologiques. La positive cherche à enrichir, par la connaissance de ses sources, la connaissance da la Paradosis ecclésiastique, qui est le « donné » de la théologie, et c'est pourquoi elle doit employer aussi loyalement et aussi intégralement que possible les ressources de la raison historique. Mais elle ne cherche dans le passé que le témoignage sur le mystère de Dieu révélé. Si elle s'intéresse à saint Augustin ou à la liturgie syrienne, ce n'est pas pour eux-mêmes, c'est en tant que ces choses représentent une expression de la Paradosis ecclésiastique et que le révélé s'y trouve développé et attesté. Aussi la positive ne cherehe-t-elle pas à en faire l'histoire pour elle-même; mais surtout les étudie-t-elle sous la direction et selon les indications de la prédication ecclésiastique actuelle, en prenant son départ dans la pensée de l'Église actuelle. Cf. Rabeau, op. cit., p. 153 sq.
La méthode de la théologie positive, parce qu'elle est théologique, sera donc « régressive » selon le mot proposé par le P. A. Gardeil, dans Revue thomiste, 1903, p. 1; cf. Rabeau, op. cit., p. 155; ici, art. Dogmatique, col. 1524, 1533; H.-D. Simonin, dans Angelirum, 1938, p. 409-418. La théologie positive prend son point de départ dans le présent, dans l'enseignement actuel de l'Église, mais elle s'efforce d'enrichir ce que lui livre cet enseignement par une connaissance, obtenue en mettant en œuvre toutes les ressources de la raison historique, de ce que livre à ce sujet l'enseignement total de l'Église, le témoignage social intégral sur le révélé, lequel comprend avec l'Écriture, sa principalinr pars, tout le développement et toutes les expressions que le révélé a reçus dans l'Église à travers l'espace et le temps.
Voilà pourquoi la théologie positive trouve parfois dans un document qui, pour l'historien, n'aurait pas un semblable sens, un indice, une expression de la foi actuelle de l'Église; ainsi, là où l'historien n'aurait pu conclure, le théologien positif, interprétant l'indice, retrouve la continuité du développement. C'est qu'il procède avec la certitude de l'homogénéité de celui-ci, le sens de cette homogénéité et la connaissance du résultat final, au moins en sa substance. Quand l'infaillibilité pontificale, par exemple, est officiellement acquise à la foi commune de l'Église, le théologien positif la retrouve exprimée ou suggérée en des textes, des faits ou des institutions où l'historien, légitimement, ne la voit pas. Car l'historien ne peut donner de sens à un texte que ce qui ressort du texte pris en luimême; pour lui, l'implicite n'existe pas, les indices de développements ultérieurs homogènes ne sont admis que difficilement et l'existence d'une doctrine n'est reconnue que si l'on en trouve l'expression documentaire explicite. Cf. Draguet, dans Apologétique, et cf. H.-D. Simonin, dans Angelicum, 1937, p. 143 sq. Pour le théologien positif, la signification d'un texte est éclairée par le dedans; la plénitude de son sens lui est donnée du dedans, par la voie d'une lecture intérieure qui, sous le bénéfice de la continuité doctrinale, éclaire l'implicite par l'explicite et donne aux indices le sens que manifestera un développement ultérieur. Le texte n'est pour le théologien que le moyen d'une communion plus pleine avec une pensée vivante dont l'âme lui est actuellement donnée; il s'agit pour lui de retrouver dans le passé les éléments de sa propre vie, de sa propre pensée. La référence au donné documentaire n'est pas, en théologie, une preuve extrinsèque aux assertions proposées; elle est un élément même de la parole apostolique ou du savoir théologique. Cf. pour l'Antiquité, D. vanden Eynde. o/>.ci7..p. 54; M.-J.Congar. L'esprit des Pères d'après Môhler, dans Vie spir., avril 1938, suppl., p. 1-25; pour le Moyen Age, J. de Ghellinck, dans A us der Geisteswelt des Mittelalters, Feslgabe Grabmann, t. i, p. 413 sq., et R. Gagnebet,
THÉOLOGIE. LA THÉOLOGIE POSITIVE
dans Revue thomiste, 1938, p. 240 sq. De ce point de vue, l'histoire est plutôt une justification et un enrichissement de la pensée ou de la vie présentes qu'une restitution du passé d'après les documents.
Aussi, tandis que l'histoire des doctrines bibliques ou chrétiennes, tout en ayant une valeur irremplaçable de technique, sera toujours lacuneuse et n'aura jamais la valeur d'une explication totale, la théologie bihlique pourra avoir cette valeur. Parce qu'elle est théologie, la positive est, dans son ordre, une sagesse. Par quoi, d'ailleurs, elle rencontre la tentation de toute sagesse, et singulièrement de la sagesse théologique, qui est de négliger la connaissance des causes propres pour ne s'attacher qu'à l'explication transcendante: cf. S. Thomas, ('.ont. Cent.. 1. II, c. iv, un chapitre de haute portée. Cette espèce de mentalité donnerait en théologie positive un faux surnaturalisme qui couvrirait en réalité, sous les droits du Transcendant, une ignorance, du réel. La théologie positive, si elle esi une utilisation des techniques historiques par une sagesse plus haute issue de la foi, ne vit cependant que d'une loyale utilisation des ressources authentiques et aussi intégrales que possible de la raison historique.
5° Réponse à quelques difficultés. — II nous reste à préciser cette méthode de la positive en examinant quelques difficultés très réelles de son emploi. Ces difficultés concernent soit la valeur de vérité objective et, en somme, historique de la théologie positive (n. 1. 2), soit sa valeur dogmatique et régulatrice pour la théologie spéculative (n. 3).
1" difficulté. — I.e point de vue d'une justification d'un donné actuel par les documents du passé, et l'emploi de la méthode régressive risquent d'amener le théologien positif à chercher non la vérilé de ce qui a été tenu par saint Léon, par exemple, ou par saint Alhanase, ou par saint Paul; mais simplement des textes qui aillent dans le sens de ce qu'on veut dire soi même et qui puissent servir de confirmatur à une thèse tenue par ailleurs.
Réponse. - - Il ne s'agit pas proprement, en théologie positive, de savoir ce qu'ont pensé Alhanase ou Léon comme tels : c'est là le point de vue de l'histoire des doctrines chrétiennes et la compétence de la méthode historique; il s'agit, pour mieux savoir ce que croit l'Église, et donc ce que Dieu a révélé, d'interroger saint Athanase et saint Léon comme témoins de la croyance de l'Église à un moment donné et dans des circonstances données; on ne recherche en eux que la croyance de l'Église. Cependant, cette recherche ne peut enrichir notre connaissance du témoignage toujours actuel de l'Église, 1ml île la théologie positive, que si elle nous fait connaît le un aspect plus précis de ce témoignage de l'Église : précisément cel aspect qu'ont compris saint Athanase et saint Léon dans les circonstances qui ont été les leurs. Cette connaissance ne peut être obtenue que si la pensée d'Athanase ou de Léon sur le point envisagé est connue dans sa vérité historique, par une utilisation loyale des ressources île l'histoire. L'apport de la théologie positive à l'oeuvre théologique présuppose el utilise la méthode et les résultats de l'histoire (les dix Innés ehrél icniic.s. L'ordre est donc celui-ci : I. une reconstruction historique du passé chrétien, aussi loyale que possible, grflre à toutes les ressources de l'histoire : histoirt doctrine s chrétiennes; 2. acte de foi et audilus fldei en dépendance de la Paradosis ou prédication ecclésiastique qui se continue, homogène, au travers des générations. .'!. iieliei, in d'un étal scientifique de cel audilus /iilri ei d'un enrichissement de notre connaissance du donne chrétien contenu el présenté dans la prédira lion ecclésiastique, par la connaissance des différents états, des différentes formes el expressions de !.i nice et de la doctrine de t i glise dans leui contti
tution première et au cours de leur développement : œuvre de la théologie positive poursuivie sous la direction de la foi. par la mise en oeuvre et l'utilisation des résultats de l'histoire des doctrines; 4. recherche d'un état scientifique de Vintcllectus ftdei par le tiavail spéculatif utilisant la lumière et les ressources de la raison pour construire en forme de science l'enseignement chrétien ainsi connu en sa plus grande précision, en sa plus grande richesse de donné.
2e difficulté. — Elle renouvelle un point de la précédente. La théologie positive a beau « utiliser » le travail de l'histoire, son point de vue n'est pas purement historique. Recherchant un enrichissement de sa connaissance de la foi de l'Église actuelle, elle est amenée à voir une continuité et une homogénéité formelles dans la similitude matérielle des expressions et, par exemple, là où il sera question chez un Père de dona Spiritus Sancti, à entendre indûment cette formule au sens où nous parlons aujourd'hui des sept dons du Saint-Esprit comme distincts des vertus; cf. Charlier, Essai sur le problème théol., p. 165, n. 209, et p. 167, n. 212. C'est ainsi encore que, dans les textes des conciles, on cherchera la justification de positions théologiques d'école, que ces conciles ont cependant expressément voulu ne pas envisager et qui, parfois, ne se sont fait jour que longtemps après eux. Cf. Charlier, op. cit., p. 159 sq., et H. Lennerz, Das Konzil von Trient und theoloaische Schulmeinungen, dans Scholastik, 1929, p. 38-53.
Réponse. — Ces choses relèvent de la loyauté et de la rigueur dans la documentation et dans l'usage des méthodes d'interprétation que la théologie positive met en œuvre. Documentation el Interprétation doivent être portées à un étal véritablement scientifique et critique; à défaut de quoi, malgré des apparences de citations et un étalage de références, il n'y aura pas de théologie positive. La critique d'interprétation mise en œuvre par celle-ci est double : elle est d'abord historique; elle est ensuite théologique, relevant de ce traité méthodologique et critique des sources et des règles de la pensée théologique qu'est le traité des lieux théologiques.
3e difficulté. — La science se fait par le savant ; l'esprit a une part non seulement dans l'interprétation des faits, mais dans la construction du fait comme tel et clans la réception de l'expérience. Quelque exigence qu'ille apporte en ses démarches, la théologie positive reste l'œuvre du théologien; elle comporte une part Irréductible d'interprétation personnelle, voire de choix dans la documentation. Souvent les textes ne s'imposeront pas au choix ou à l'interprétation d'une manière telle qu'elle exclue ce facteur personnel qui jouera, chez chacun, dans le sens de ses options persni m elles ou corporatives. Ls scotlste trouvera des textes des Pères grecs qui lui sembleront, à l'évidence, aller dans le sens de sa t hese sur la primauté du Christ ; de même le molinlste trouvera t il chez les Pères grecs encore des textes qui lui sembleront appuyer sa théo rie sur la prédestination posl prseoisa merita et la nonprédétermination physique des actes libres, etc.
Réponse. - I.e p. Simonin a envisagé celle difficulté dans une Note sur l'argument de tradition et la théologie, dans Angelicum, 1938, p. 409 iih. Il élimine d'abord, comme critère d'interprétation, une option inspirée par l 'expérience religieuse ou, comme on dit, la « spiritualité » personnelle du théologien; il écarte ensuite, comme critère, l'harmonie d'une interpréta
lion avec la cohérence interne de la construction Intellectuelle ou du système spéculatif, car ce serait user, comme d'un rrilcre, de ce qui est en question II relient, en somme, comme principe d'interprétation, l.r doi llité au magistère ec» lésiastique : car il ne s'agit pas de trouver des appuis pour une théorie pei sonnelle,
THÉOLOGIE. L'APPORT RATIONNEL
mais bien d'enrichir, par la connaissance de toutes ses expressions, Vauditus du témoignage apostolique qui est déposé, s'explique et se perpétue dans l'Église. C'est la pensée de celle-ci que recherche le théologien positif. Il demande à ceux qui, ayant vécu et pensé en elle, ont su exprimer et parfois expliciter la foi de la Calholica, un témoignage sur ce qu'ils tenaient d'elle, sur ce qu'elle a exprimé en eux et peut nous apprendre par eux. Le théologien, d'ailleurs, peut recourir, en même temps qu'aux indications du magistère à ce contrôle et à cet enrichissement que chacun reçoit dans la communion et dans le commerce de tous les autres. C'est un des éléments de la vie et du progrès scientifique que cette collaboration, cette critique mutuelle de normes de vraisemblance et de renforcements de probabilités. Le théologien est un savant et sa méthode bénéficie de cette collaboration, de cette réduction, de ce contrôle mutuel dont le commerce scientifique est la source. Il est aussi un fidèle et il trouve les mêmes bienfaits dans l'ordre de la foi et de la pensée religieuse, au sein de la communauté catholique, tant qu'il est vivant dans celte communion; cf. M.-J. Congar, Chrétiens désunis, p. 52 sq.
On voit aussi par là qu'il y aurait quelque étroit esse à limiter les investigations du théologien aux données pour lesquelles il bénéficierait des indications explicites du magistère. En réalité, d'abord, le magistère ordinaire de l'Église a des formes très variées et, comme l'a bien noté Vacant, Le magistère ordinaire de l'Église et ses organes, Paris, 1887, p. 27 et 46 sq.. il va jusqu'à enseigner d'une manière tacite, en laissant penser, dire et faire de telle ou telle manière. Ensuite, dans le silence du magistère hiérarchique, il y a une conservation et une éducation de la foi qui se fait dans tout le corps de l'Église. Enfin, l'enquête historique peut fournir par elle-même des données assez fermes pour donner à la théologie des principes sûrs, même en l'absence de toute « définition » par le magistère, comme c'est le cas, par exemple, pour la notion de la causalité instrumentale de l'humanité du Christ, ainsi que l'a montré le P. Simonin, De la nécessité de certaines conclusions théologigues, dans Angelicum, 1939, p. 72-82. Cf. C. Labeyrie, La science de la foi, p. 531.
Sur la théologie positive et le débat auquel elle a donné lieu au début du xxe siècle : L. de Grandmaison, Théologiens scolastiques et théologiens critiques, dans les Études, t. lxxiv, 1898, p. 26-43; Mgr Mignot, La méthode de la lliéologie, dans Reoue du clergé français, t. xxix, décembre 1901, repris dans les Lettres sur les éludes ecclésiastiques, Paris, 1908, p. 291 s<(.; J. Brucker, La réforme des éludes dans les grands séminaires, dans les Études, t. xcn, 1902, p. 597-615 et 742-754; M. -Th. Coconnier, Spéculutive ou positive? dans Revue thomiste, 1902, p. 629-653; A. Lemonnyer, Théologie positive et théologie historique, dans Revue du clergé français, t. xxxiv, 1903, p. 5-18; Comment s'organise la théologie catholique? ibid., t. xxxvi, 1903, p. 225-242; P. Bernard, Quelques réflexions sur la méthode en théologie, dans les Études, t. ci, 1904, p. 102-117; P. Batilïol, Pour l'histoire des dogmes, dans Bulletin de littérature ecclésiastique, 1905, p. 152-164; Évolutionnisme et histoire, ibid., 1906, p. 169- 179; M. Jacquin, Question de mots : histoire des dogmes, histoire des doctrines, théologie positive, dans Revue des sciences philos, et théol., t. i, 1907, p. 99-104; B.-M. Schwalm, Les deux théologies : la scolastique et la positive, ibid., t. Il, 1908, p. 674-703; !.. Saltel, Les deux méthodes de la théologie, dans Bull, de liltér. ecclésiast., 1909, p. 382-397; F. Cavallera, La théologie historique, ibid., 1910, p. 426-434; Ed. Hugon, De la division de la théologie en spéculative, positive, historique, dans Revue thomiste, 1910, p. 652-656; H. Hedde, Nécessité de la théologie spéculative ou scolastique, ibid., 1911, p. 709-723; A. Gardeil, Le donné révélé et la théologie, Paris, 1910; F. Cavallera, La théologie positive, dans Bulletin de littér. ecclésiast., 1925, p. 20-42; .M. Scliumpp, Bcdeutung und Behandlung der Heiligen Schriil in der sqstematischen Théologie, dans Théologie und Glaube, t. xxi, 1929,
p. 179-198; A. Antweiler, Ueber die Beziehungen zwischen historischen und sijstematischen Théologie, ibid., t. xxix, 1937, p. 489-497.
Parmi ces études, celles de Schwalm, Saltet, Hugon, Coconnier sont spécialement orientées vers une ullirmation de la nécessaire union de la positive et de la spéculative. Voir aussi en ce sens, Bellamy, La théologie catholique au XIX' siècle, p. 182-187, et T. Richard, Étude critique sur le but de la scolastique, dans Revue thomiste, 1904, p. 167-186, 416-436, et Usage et abus de la scolastique, ibid., p. 564-582.
Sur le travail de la théologie positive comme conditionné par le magistère de l'Église : N.-J. Laforèt, Dissertatio hislorico-dogmalica de methodo theologiœ sive de auctoritate Ecclesise catholicœ tanquam régula l'idei christianœ, Louvain, 1849; M. Jacquin, Le magistère ecclésiastique source et règle de la théologie, dans Revue des sciences philos, et théol., t. vi, 1912, p. 253-278; A. Landgiaf, Les preuves scripluraires et patristiques dans l'argumentation théologique, dans Revue des sciences philos, et théol., t. xx, 1931, p. 287-292; J. Hanft, Die Tradilionsmethode, cité supra: H.-D. Simonin, Note sur l'argument de tradition en théologie, dans Angelicum, t. xv, 1938, p. 409-418; L. Charlier, Essai sur le problème théologique, Thuillies, 1938, p. 58 sq.; P. Wyser, Théologie als Wissenschalt, Salzbourg et Leipzig, 1938, p. 112-120, 128 sq., 159. — Et comp. supra, col. 426.