‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 240 sur 423 · IV. SAINT THOMAS ET LA PHILOLOGIE BIBLIQUE · texte numérisé non relu

IV. SAINT THOMAS ET LA PHILOLOGIE BIBLIQUE

Saint Thomas n'a su aucune des langues originales des écrivains sacrés, donc ni l'hébreu ni le grec; ignorance à peine excusable, car s'il n'a pu prendre utilement connaissance de la grammaire grecque composée par Roger Bacon, et si celle que donnait Robert Grossetête dans son commentaire du pseudo-Denys lui était inaccessible, il aurait pu aisément s'instruire de cette langue à Paris et à Naples où il y avait de bons hellénistes, notamment près de Guillaume de Moerbecke, O. P., le futur archevêque de Corinthe, avec qui il fut en relations personnelles. « Avouons que si saint Thomas n'a pas su le grec, c'est qu'il n'a pas voulu le savoir. » A. Gardeil, Les procédés exégétiques de saint Thomas, dans Revue thomiste, 1903, p. 428-457. Le même reproche peut être adressé, et plus vivement encore, au Docteur angélique pour son ignorance de l'hébreu, car, à l'inverse du grec, dont la connaissance était toute nouvelle au xme siècle, celle de l'hébreu était assez répandue parmi les théologiens depuis un siècle, comme l' Ysagoge in theologiam, composée vers 1150, en fournit un excellent exemple. Cf. A. Landgraf, Écrits théologiques de l'école d Abélard, Louvain, 1934; J. Fischer, Die hebraischen Bibelzitate des scholastikers Odo, dans Biblica, 1934, p. 50-93; S. Berger, Quam notitiam linguœ hebraicœ habueruni christiani medii œvi temporibus in Gallia, Nancy, 1893; H. Steinschneider, Christliche Hebraislen des Miltelalters bis 1500, dans Zeitschr. fur hebraische Bibliographie, 1896, p. 51 sq., 1901, p. 86 sq.; B. Altaner, Zur Kenntnis des hebraischen im M. A., dans Biblische Zeitschrifl, 1933, p. 288-308. En 1240, le rabbin de Paris, Jechiel, remarque encore que beaucoup de prêtres chrétiens sont forts en langue hébraïque; cf. S. Dubnow, Weltgeschichle des jùdischen Volkes, trad. A. Steinberg, Berlin, 1926, t. v, p. 43, et, quelques années plus tard, Roger Bacon publiait ses éléments de grammaire hébraïque pour débutants; cf. Ed. Nolan, S. -A. Hirsch. The greek Grammar of Roger Bacon and a fragment of his hebrew grammar, Cambridge, 1902. Toutefois, dès le xne siècle, ce mouvement linguistique avait une orientation exclusivement apologétique, et tendait moins à l'intelligence du texte biblique qu'à répon-

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