II. Les Pastorales et la critique récente (col
III. Analyse des épîtres (col. 1049). IV. Unité des trois lettres; invraisemblance de l'hypothèse fragmentaire (col. 1053). V. Époque de composition (col. 1056). VI. Erreurs visées (col. 1064). VIL L'organisation ecclésiastique (col. 1070). VIII. Vocabulaire et style (col. 1074). IX. Doctrine (col. 1078).
I. Canonicité et authenticité dans la tradition. — L'affinité de fond et de forme entre les trois lettres est frappante. Elles se tiennent si étroitement qu'elles doivent, du point de vue de l'authenticité, subir ensemble le même sort. La plupart des critiques en conviennent. La II Tim. a joui souvent d'un traitement de faveur de la part des adversaires, à cause des nombreux détails personnels qu'elle renferme au sujet de. saint Pfiul et parce qu'il n'y est pas question de la hiérarchie ecclésiastique. Certains fragments, dans l'une ou l'autre des trois lettres, ont aussi parfois trouvé grâce auprès de savants qui repoussaient l'origine paulinienne de l'ensemble. Cette dissociation n'est pas légitime : l'air de famille des trois lettres soeurs est trop manifeste, et l'origine paulinienne, que certains traits marquent plus fortement chez l'une ou l'autre, doit s'étendre à toutes.
Il n'y a pas lieu, à propos des Pastorales, d'insister sur la différence entre l'authenticité et la canonicité. Ces deux notions sont, en elles-mêmes, bien distinctes. L'authenticité ne regarde directement que l'origine humaine; la canonicité, l'origine divine. Un écrit est authentique, quand il est de l'auteur auquel on l'attribue; il est canonique, quand il est reconnu par l'Église comme inspiré et faisant partie des livres sacrés. En soi, la canonicité est indépendante de l'authenticité et l'Église reçoit comme sacrés des livres dont l'auteur est ignoré ou contesté. Pratiquement, pour ce qui regarde les Pastorales, les deux questions se tiennent. A l'origine, il est vrai, durant les deux premiers siècles, elles sont utilisées sans référence et sans nom d'auteur. Mais de bonne heure elles sont citées sous le nom de Paul et cette origine apostolique garantit, aux yeux des écrivains ecclésiastiques, leur droit à figurer parmi les livres saints. Les dissidents, comme Mareion et Tatien, les excluent à la fois du corpus paulinien et du canon sacré. Pour les catholiques, aucun doute sérieux ne s'étant jamais élevé sur l'origine paulinienne, aucune hésitation ne s'est manifestée non plus sur leur caractère inspiré et canonique. On pourrait néanmoins se demander de quelle manière Paul en est l'auteur et si ci rtaines particularités ne t'expliqueraient pas plus facilement par l'intervention d'un secrétaire qui aurait revêtu de son style à lui la pensée de l'Apôtre. Nous verrons que cette intervention est loin de s'imposer.
I.a tradition se prononce en faveur de l'origine pan* Unienne des trois épîtres pastorales d'un accord unanime et constant Ces témoignages, d'abord implicites au cours du il* siècle, deviennent bien vite explicites et formels.
1° Citations implicites. — Dès la fin du Ier siècle et dans la première moitié du ne, les Pères apostoliques ont cité les Pastorales de la même manière que les autres livres de l'Écriture. Us citent sans référence ni nom d'auteur et le plus souvent sans se préoccuper de fidélité littérale; mais il est facile de reconnaître les pensées et les paroles dont ils s'inspirent.
1. Clément de Rome écrit aux Corinthiens, vers l'an 95, une lettre qui présente de nombreuses affinités d'expressions et d'idées avec nos épîtres. D'abord un certain nombre de vocables que les Pastorales sont seules à employer dans le Nouveau Testament. Ainsi : àywY'Ô» « conduite », II Tim., m, 10 : -1% èv Xp«TTw àyojyTJç, Clem., xlvii, 6, àyvrçv àycoyT)v, ^ xlviii, 1; àvaÇcoTrupeïv, « rallumer, raviver (la grâce) », II Tim., i, 6 : àvaÇ<ù7rop'ifj(iaTO oùv 7) memç, Clem., xxvii, 3; 7uaTcoGeû; èv, « être convaincu de, affermi dans », II Tim., m, 14 : mffTwOévTsç èv tô> X6y<p toû Geoû, Clem., xlii, 3; ccùçpcov, 4 fois dans les Pastorales et 3 fois chez Clément, i, 2, 3 et lxiii, 3 ; otxoupyeïv, Clem., i, 2, « prendre soin de la maison », forme verbale inspirée de olxoopyéç, Tit., n, 5, ces deux termes n'existant ni dans le grec classique ni dans le grec biblique; XYjpoÇ, titre que Clément donne à saint Paul à la suite de Paul lui-même, I Tim., n, 7; II Tim., m, 11; Clem., xvi, 1, etc. — Puis des expressions caractéristiques, des phrases entières reproduites presque textuellement : nio-nç àyaGrj, Tit., n, 10; Clem., xlv, 1; o-uveîSTriotç àyaOr; ou xaOapà, I Tim., i, 5, 19; m, 9; II Tim., i, 3; Clem., xlv, 7; « se fortifier par la grâce », èv8uva(juo6eïaai 8ià t% x<xplT0Ç> Clem., lv, 3 et II Tim., n, 1 ; « servir Dieu avec une conscience pure », twv èv xaOapôc cuvei8if)CEi XaTpEoovTwv, Clem., xlv, 7 et II Tim., i, 3; « lever (vers le Seigneur) des mains pures », àyvàç xai à^iàv-rouç yelpoLÇ, aipovTeç, Clem., xxix, 1 et I Tim., n, 8; « ce qui est bon et agréable devant Dieu », toôto xaX6v xal aTCoSexTÔv èvwiuov toû 0eoû, I Tim., ii, 3, tî xaXov... xal tI 7tpoa8exTÔv èvajTriov toô 7toi7;aavToç Tj(i.âç, Clem., vu, 3, où le terme rare upooSexTov (cf. Prov., xi, 20) répond au néologisme aTroSexTÔv; « être prêt à toute bonne œuvre », ëxoi.(i.ot sic 7râv Ipyov àyaGôv, Clem., n, 7 et Tit., ni, 1, etc. — Les devoirs que Clément, i, 3, trace aux femmes chrétiennes rappellent Tite n, 5; de même Clem., xxxni, 4 combine II Tim., i, 9 avec Tit., m, 5-7 : xal ï)|xâç oov 8ià 0eXTj[iaToç aù-roû èv Xpio-râ> Trçaoû xX^OévTeç (II Tim., i, 9 : xaXèaavroç xXtjcei àyla... èv XpiaTÔ) 'Irjcoù), où Si' éao-rcSv Stxaioùjj.eOa oùSè 8tà ëpywv wv xaxepyaaâfi.e0a èv écaôrrçTi xapSîaç (Tit., m, 5 : oûx iï, Êpywv tô>v èv Sixaiocûvrj & ènoiijoa(jiEv t)[xeÎç), àXXà 8ià ttjç Tilareto;, Si'^ç TOxv-raç toùç àrc' aîôivoç (II Tim., i, 9 : nç>6 xpovwv aUovtcùv) ô Trav- Toxpàrwp ©eoç èSixalwoEv (Tit., m, 7 : SixaicoOévreç). On pourrait citer encore le soin attribué aux apôtres d'établir dans les villes et les campagnes des épiscopis et des diacres éprouvés, Clem., xlii, 4; Tit., i, 5; II Tim., m, 10; v, 22; les allusions au service militaire, Clem., xxxvn, 1-2; II Tim., il, 3; l'invitation à fuir ce qui ferait blasphémer le nom et la doctrine. du Christ. Clem., i, 1; xlvii, 7; I Tim., vi, 1; Tit., II, 5-10. Bref, dans la lettre de Clément les PastfH tiennent une place importante.
2. La Didaché (fin du i" siècle?) semble faire deux allusions à nos épîtres. La recommandation [irt yivou èpytXoç, m, 2, reprend le {j.rt ôpylXov de Tite, i, 7, qui est un hapax du Nouveau Testament. Les qu. énumérées xv, 1 pour le choix des épiscopes et dh s diacrel résonant les principales vertus que demande saint Paul de ces mêmes ministres, I Tim., m. 2-10 : douceur, désintéressement, vérité dans le langage, bon témoignage.
3. L'éptlre de liamabf (vers 120?) offre plusieurs points de contact certains avec Us Pastorales. Dès le
TIMOTHÉE ET TITE. AUTHENTICITE, LA TRADITION
début, l'auteur félicite ses lecteurs de la richesse avec laquelle l'amour du Seigneur a répandu sur eux le Saint-Esprit : [ïXétco èv ûfjûv èxxexujiivov àizb -rcXoualou -rijç àyàTa)ç xuptou Twsû(i.a è<p' ù[j.ôx,; cf. Tit., m, 6, nveû(xaToç àylou, oij èÇixeev ^<P' û(x.âç 7rXou<noç 8t,à 'Iy)ooû XpioTOÛ. Un peu plus loin, i, 4, Barnabe parle comme Tite, i, 2 de la foi qu'accompagne l'espérance de la vie divine, kit' èXmSi Ç«r)ç aÙToû. Il insiste, i, 6, sur l'espérance de la vie, commencement et fin de notre foi : Çm^ç èX7Ûç, àpyi) xai téXoç Çcoyjç alwvîou, ce qui rappelle Tit., m, 7, xky)pov6\io\. xax' èXuîSa Cw% alcovtou. Dans Barn., iv, 6 : « Ne ressemblez pas aux méchants en accumulant péchés sur péchés », è7u<T6>peùovTa(; àfxapTlaiç, l'image est suggérée par II Tim., m, 6, erecwpeofiiva à[i.apT[«iç. Barn., vu, 2 : [iéXXuv (le Fils de Dieu) xplveiv ÇûvTaç xai vexpoùç reproduit littéralement II Tim., iv, 1. Barn., v, 6 dit que le Christ accepte de souffrir pour abolir la mort et prouver la résurrection en se manifestant dans la chair. Ce passage réunit deux formules caractéristiques empruntées à II Tim., i, 10, xaTapyrjaavToç t6v Gâva-rov, et I Tim., ni, 16, èq>avepa>67) èv aapxL Enfin Barn., xiv, 6, Xi>Tptùaâ|xevov v)fi.âç èx toû ox6touç èzoi[iâaou, éauTcô Xaov aytov, groupe aussi deux idées exprimées Tit., n, 14. Nul doute donc sur l'emploi des Pastorales dans l'épître dite de Barnabe.
4. Les lettres d'Ignace d'Antioche (vers 107) ont en commun avec les Pastorales des mots rares et des tournures qui paraissent indiquer une dépendance littéraire : ÈTspoSt.SacntaXs'ïv dont Paul est le premier auteur grec et le seul écrivain du Nouveau Testament à se servir, Polyc.,m, 1 et ITim.,i, 3etvi,3;àvaÇto7tupeïv, Eph., i, 1 et II Tim., i, 6, et xaTaaT7)[i.a, tenue extérieure et conduite morale, Trall., m, 2 et Tit., n, 3, deux termes bibliques et classiques, mais propres à saint Paul dans le Nouveau Testament. Le Christ est appelé notre espérance, 'Itqooû XpiaTOÛ tîjç èXmSoç t)(awv, Magn., xi, 1 et Trall., salutation finale et I Tim., i, 1 ; insistance sur l'origine du Christ èx cnép^aTOç AaudS, Eph., xvin, 2 et II Tim., n, 8. Ignace dit de l'Éphésien Crocos, Eph., n, comme Paul au sujet d'Onésime, II Tim., i, 17 : [lexà 7tàvTa u,e àvéTOXuaev xai tt)v aXualv (xou oùx hny]oyùvQr\. L'avertissement aux Magnésiens, vin, 1 : (xt) 7tXavào'0s zaXç ÉTepoSot^taiç (XYjSè n.uGeû(i.aci.v toîç TOxXaioïç àvoxpeXéaiv ouoiv, combine I Tim., i, 3-4, jat) érepoSiSaoxaXeïv [X7)Sè Jipoaéxeiv [u.û6oiç, avec Tit., ni, 9, etolv yàp àvcoçeXeïç.
5. La lettre de saint Polycarpe aux Philippiens (un peu avant 110) utilise plusieurs fois de manière indubitable les deux épîtres à Timothée. Dès le début, le terme [AaTatoXoyla résonne comme un écho de I Tim., 1, 6, car |i.arai.oXoYÎa (cf. pLaTaioX6yoç, Tit., 1, 10) est un hapax du Nouveau Testament et fait là sa première apparition dans la littérature grecque. Puis voici deux phrases entières, iv, 1 : 'Apxv) 8è toxvtcdv yjxksTtûv cpiXapyopla. El86-reç oùv oti oôSèv etcnr)véYxa|j.ev eiç tov xôajxov, àXX'oùSè è^evsyxeïv ti 'éyo\izv... La première sentence reproduit I Tim., vi, 10, en remplaçant ptÇa et xaxwv par les synonymes v.çyr\ et /cxXsitcùv. La seconde cite plus textuellement encore I Tim., vi, 7 : même antithèse des deux membres avec les deux verbes aux mêmes temps et les mots dans le même ordre, sans autre variante que ëxo(i.ev au lieu de 8ovâ|i.e6a; et la formule d'introduction eISôtsç o5v pourrait signifier que l'écrivain fait appel, non seulement à une vérité proverbiale, mais à une formule bien connue de ses lecteurs, ce qui indiquerait une citation explicite. Au c. v, les recommandations faites aux diacres : ô(xo'.coç Siàxovoi &\xz\l-ktoi... y.r\ 8ià6oXot. jj.7) StXoyoi, àçiXàpyupoi, èyxpareïç Ttepl toxvtcc..., sont empruntées à I Tim., m, 8-11. La même phrase, v, 2 se continue par une invitation à mériter dès le temps présent la vie future, antithèse qui est
tout à fait dans le style de I Tim., vi, 17-18 et Tit., n, 12-13. Elle s'achève par cette assurance : « Car le Christ a promis de nous ressusciter et, si notre conduite icibas est digne de lui, de nous faire régner avec lui », xai cru(jt.6aaiXeûaotJ.ev. On ne saurait mieux résumer II Tim., n, 8-12, qui insiste sur la résurrection du Christ, cause de notre gloire éternelle (8-10), et qui donne pour mot d'ordre « cette parole digne de créance : si nous souffrons avec lui, avec lui aussi nous régnerons », xai aru(x6aaiXeùco(xev. Enfin l'invitation finale : Ù7ièp 7ràvTcov -rwv àylwv KpoceûxeoGe xai ûîtèp flaaiXécov xai èÇouaiœv xai àpxôvTwv, « afin que votre progrès soit manifeste en tout », joint ensemble I Tim., n, 1-2 et iv, 15.
La seconde épître à Timothée, déclare Harnack, Chronologie, p. 481, « est citée si clairement dans le c. v de l'épître de Polycarpe, qu'aucune échappatoire n'est permise ». Cf. Lagrange, Rev. bibl., 1932, p. 12. On peut ajouter que la première à Timothée n'est pas moins clairement citée.
6. Écrits divers. — Au cours du 11e siècle, on relève encore l'emploi des Pastorales dans des écrits de provenance diverse. Justin, Dial., xlvii, célèbre ■ la bonté et la philanthropie de Dieu envers les hommes », dans les termes de Tit., ni, 4. — Hégesippe, dans un récit conservé par Eusèbe (H. E., III, xxxn), emprunte plus d'une expression à saint Paul et spécialement aux Pastorales : il atteste que l'Église de Jérusalem garda longtemps « la saine doctrine », xôv ûyiTJ xav6va, ûyûiç, terme que les Pastorales seules, dans le Nouveau Testament, appliquent par métaphore à la doctrine : cf. Tit., n, 8, Xoyov ôyô}; que les novateurs n'osaient pas prêcher tt)v (J>eu8o>\iu(aov yvôSenv, I Tim., vi, 21, et qu'enfin l'erreur s'introduisit 81a twv ÉTepoSi- SairxàXcûv àmxTt]ç, cf. I Tim., 1, 3-6. — La lettre de l'Église de Lyon (177) a diverses allusions aux Pastorales : a-riJXov xai é8paîcùu.a twv èvTaûôa yeyov6xa, Eusèbe, H. E., V, 1, 17 et I Tim., in, 15 ; elç ttjv twv Xomôiv Û7TOTÛ7rw<nv, V, i, 23 et I Tim., i, 16, etc. L'épisode du martyr Pothin en particulier, H. E., V, i, 30, présente un tableau saisissant. Le s.aint vieillard « comme s'il était le Seigneur, rendit le bon témoignage », wç aÛToû ôvtoç toû Kuptou, à7re8l8ou ttjv xaXYjv (xapxupîav, allusion évidente à I Tim., vi, 13. — Théophile d'Antioche, dans son traité à Autolycos, m, 14, P. G., t. vi, col. 1140, recommande d'être soumis aux puissances et de prier pour elles, car la « parole divine » nous l'ordonne, « afin que nous ayons une vie paisible et tranquille », 6ro)Ç -^pefjLov xai y;aûxiov pîov 8tàytûu.ev, I Tim., n, 2. Témoignage bien remarquable, puisqu'il déclare parole divine un texte des Pastorales. L'auteur semble même faire entendre que ce texte est paulinien, car il l'encadre de deux citations de l'épître aux Romains sur le même sujet : Rom., xm, 1 et 7.
Ainsi, dès la fin du Ier siècle et avant la fin du ne, les Pastorales sont connues et utilisées comme les autres Écritures sacrées à Rome (Clément, Justin), en Gaule (Église de Lyon), à Alexandrie (Barnabe), en Palestine (Didachè, Hégesippe), en Syrie, dans toute l'Asie Mineure et en Macédoine (Ignace, Polycarpe, Théophile d'Antioche).
2° Témoignages explicites. — Les témoignages qui attribuent expressément les Pastorales à saint Paul sont nombreux dès la fin du ne siècle et le commencement du me.
1. Clément d' Alexandrie avait brièvement commenté toutes les épîtres de saint Paul dans ses Hypoty poses, dont il ne reste que des fragments. On trouve chez lui vingt-quatre citations de la I Tim., neuf de II Tim., et autant de Tite. Souvent, elles sont mises expressément sous le nom de Paul. Le Protreptique, 9, P. G., t. vin, col. 198, reproduit toute la sentence de I Tim., iv, 8 sur la piété, comme parole de Paul. Strom., II,
TIMOTHÉE ET TITE. AUTHENTICITÉ, LA TRADITION
II, ibid., t. vin, col. 990, montre dans la condamnation des vaines nouveautés, portée I Tim., vi, 20-21, la raison de l'hostilité des hérétiques contre les épîtres à Timothée : Yizb Tau-0]ç êXe-fX0!^01 tî}ç <pcovr,ç oi ànb twv atpécscDv t<xç 7rp6ç TifxéOeov àTefJoûaiv È7nc- ToXâç. Strom., I, 1, col. 692, insiste sur la fidélité à la doctrine traditionnelle, par l'adjuration de Paul à Timothée : 8iafi.apTUpoti.oa Se, t<o Ti\ioQi<ù <pY)alv è7UGTÉXXwv (suit I Tim., v, 21). Et encore, Strom.,
III, 6 : « Nous savons ce que le grand Paul a réglé au sujet des diaconesses dans sa lettre à Timothée ». La II Tim. est aussi alléguée Strom., I, 1, col. 689 : Su o5v èvSijvajAoû, xal IlaûXoç Xéyei (suit II Tim., n, 1-2 et 15). Le Protreplique, 9, établit que la doctrine de l'Apôtre est divine, par les recommandations et les enseignements qu'il donne à Timothée, II Tim., m, 15-17 au sujet de l'Écriture. Même la courte épître à Tite est citée deux fois assez longuement, comme parole de l'apôtre Paul, Strom., I, 14, col. 757 : o5 (Épiménide) u.éu.v/)Tai o à.7TOcn:oXoç ITaûXoç èv xf) 7rpoç TItov èTuaToX-fi, Xéywv oûtcùç (suit i, 12-13), ou du « divin apôtre » du Seigneur : Protr., 1, col. 62 et Tit., n, 11-13.
2. Tertullien défend contre Marcion l'origine paulinienne des Pastorales. L'Église, dit-il, est unanime sur ce point. Il s'étonne que Marcion, acceptant la lettre à Philémon, écrite à un particulier pour un motif tout personnel, rejette les épîtres à Timothée, adressées il est vrai à des individus, mais traitant d'un sujet qui intéresse tout l'ordre ecclésiastique, Adv. Marc, v, 21. Il les cite plusieurs fois sous le nom de Paul : De presser., vi, xxv; De res. carnis, xxn; De pudicit., xiv ; Scorp., xm. Plusieurs fois aussi il applique aux erreurs de Marcion la condamnation portée par Paul contre les antithèses d'une fausse science, I Tim., vi, 20, et contre les inventeurs de mythes et de généalogies. De prœscr., vu, xvi, xxiii; Adv. Val., m; De anima, xvm. Devenu montaniste, il n'hésite, pas à revêtir de l'autorité divine les révélations nouvelles, en faisant dire à saint Paul, grâce à une fausse interprétation de II Tim., m, 16, que toute écriture, quand elle est édifiante, est divinement inspirée : et legimus omnem scripturam, œdificationi habilem, divinitus inspiratam. De cultu fem., I, 3.
3. Saint Irinée, dans le Contra hœreses, cite fréquemment les trois Pastorales sous le nom de Paul ou de l'Apôtre. Dès les premiers mots de la préface, Prœf., 1, P. G., t. vu, col. 737, il applique aux erreurs de son temps la description de I Tim., i, 4 : Quidam inducunl verba falsa et genealogias infinitas, quœ qusesliones magis preeslant, quemadmodum Apostolus ait, quam œdificationem Dei quœ est in fide. Et encore II, xiv, 7, col. 755 : Et bene Paulus ait (I Tim.,vi, 20): Vocum novilates (S. [renée a lu xaivocpcovlaç) falsœ agnitionis. — Il cite, III, xiv, 1, trois versets de II Tim., iv, 9-11, afin d'établir que l'Apôtre avait choisi saint Lac entre tous pour en faire son collaborateur; et III, xiv, 3 : llujus Lini Paulus in his quœ sunt ad Timotheum epistolts ( = II Tim., iv, 21) meminit. A la fin de sa lettre à I-lorinus, dans F.usèbc, H. E., V, xx, 2, il adresse à son secrétaire la solennelle adjuration de Paul à Timothée, II Tim., iv, 1 : opxtÇco ce... xaxà toû KupioC r,|iô")v TjjctoG XpioToû xal xaxà tïjç èv86Çoo ~rç>r,. tn[rq aùxoû, 9jç ïp/ezou xpîvai Çwvxaç xal vexpooç. Il utilise également bous le nom de Paul l'épttre à Tite : Quolquot rnitem absislunt ab Ecclesia et hix antllbm fabulii (utentiuni (I Tim., iv, 7), vere a nemetipsis sunt damnait. Quos Paulus jubrl nobis post primnm ri tecundam correpttonem dèvttare. Conl, hœr., I, xvi, .'{, col. W3. !.. texte de III, ni. 1. cite encore explicitement TH., m, 10-11.