II. Critique philosophique dv transformisme
— Le fait étant bien constaté de l'assentiment assez général que le transformisme rallie dans le monde des biologistes, il faut se demander quelle doit être à son endroit l'attitude des philosophes et des théologiens. La situation est sensiblement la même que celle que créait, au début du xvir3 siècle, l'hypothèse présentée par Galilée sur le mouvement respectif de la terre et du soleil. Il ne faudrait pas que fussent perdues les leçons qui sortent de ce pénible épisode de l'histoire des idées. Galilée eut contre lui d'abord et surtout les philosophes aristoté!ici< ns; les théologiens ne vinrent qu'ensuite à la rescousse. Nous allons étudier d'abord ce que la philosophia perennis doit penser du transformisme, ou d'une manière plus générale de l'évolutionnisme; cette enquête facilitera la critique des théologiens. Il importe souverainement de distinguer dès l'abord ces deux points de vue.
1° Les deux transformismes. — La première chose qu'il convienne de faire, c'est de bien distinguer deux formes de la doctrine évolutionniste. Ces deux formes ne sont pas, d'ailleurs, celles que l'on pourrait imaginer au premier abord.