‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 102 sur 457 · VII. LA RECRUDESCENCE DE L'ANTIAUGUSTINISME · texte numérisé non relu

VII. LA RECRUDESCENCE DE L'ANTIAUGUSTINISME

FAUSTE DE R1EZ. — On ne saurait préciser la date où fut écrit le De vocatione ; mais s’il le fut, comme il est vraisemblable, au temps du pape saint Léon, son apparition coïncide avec le moment où se formait, à Lérins, l'homme qui allait être le plus authentique représentant de l’antiaugustinisme, le vrai fondateur de la doctrine que nous appelons aujourd’hui le semi-pélagianisme. Nous avons nommé Fauste, entré à Lérins vers 430, abbé de ce monastère, puis évêque de Riez un peu avant 462, mort très âgé vers la fin du ve: siècle. Sur son Curriculum vilæ et sa production littéraire, voir son article, t. v, col. 2101-2105. C’est dans le De gratia de Fauste et dans quelques-unes de ses lettres que l’on trouvera la plus claire expression de son système. (Texte dans P. L., t. Lvur, col. 783-836; mieux dans l’édit. Engelbrecht du Corpus de Vienne, t. XXI, où la division en chapitres n’est pas la même.)

1° Caractères généraux du « De gratia Dei ». Nous ne reviendrons pas sur les circonstances qui ont amené la composition de cet ouvrage; elles ont été étudiées à l’art. Lucipus, t. 1x, col. 1020-1024; cf. art. PRÉDES- TINATIANISME, t. xX11, surtout col. 2808. A tort ou à raison, l’évêque de Riez croit saisir dans son entourage des indices d’une véritable hérésie sur les questions de la prédestination et de l’action de la grâce. Après avoir tenté de juguler celle-ci par une intervention synodale à Arles, puis à Lyon, il croit nécessaire d’achever la déroute des mécréants dans un ouvrage de longue haleine qui est le traité De gratia Dei. Il nous est transmis par un seul ms. assez médiocre du 1x° siècle : Paris, lat. 2166, dont la page de garde porte un caule legendus bien significatif.

C'est d’ailleurs un livre décevant, manquant de composition, d’un style recherché jusqu’à l'obscurité et que l’accumulation des textes scripturaires, au milieu desquels on laisse le lecteur sans guide, ne contribue pas à éclairer. Mais ce qu’il y a de plus déconcertant, c'est la difficulté que l’on éprouve à déterminer le ou les adversaires auxquels Fauste s’adresse et qu’il interpelle du nom d’hérétique. A en juger par les deux lettres mises en tête (les chercher dans P. L., t. 1111, col. 681 et 683) et par le prologue qui dédie le livre à Léonce, évêque d’Arles (P. L., t. ἀντι, col. 835-837), l’hérétique, c’est Lucidus. Mais ce Lucidus est-il seul? Surtout a-t-il soutenu toutes les idées damnables (du moins au jugement de Fauste) qui lui sont prêtées? Ce n’est pas bien certain. Finalement il semblerait que le personnage devienne une sorte de symbole sous l'espèce duquel Fauste pourfend une autre doctrine. Cette dernière n’est jamais présentée en termes exprès; elle n’est caractérisée que par le procès de tendances qui lui est fait, et c’est à savoir qu’elle décourage tout effort moral; encore n'est-il dit nulle part que cette conséquence soit enseignée en termes formels par le ou les hérétiques incriminés. Il n’y ἃ guère qu’une seule doctrine positive qui lui ou qui leur soit attribuée : celle de la volonté salvifique restreinte avec sa thèse complémentaire de la restriction de l’œuvre rédemptrice. Quant à la doctrine que l’évêque de Riez oppose à celle-ci, il n’est pas toujours facile de la dégager. Là où Fauste ne développe pas des truismes — à quoi il excelle — il est obscur à plaisir, à telles enseignes qu'au xvre siècle les « disciples de saint Augustin » ont prétendu que cette obscurité était voulue. Laissons-leur la responsabilité de cette affirmation.

2° Idées essentielles. — I] convient, pour les relever sans parti pris, de suivre la marche générale de l’ouvrage. (Nous renvoyons aux divisions de la P. L.)

Ayant à parler De gratia Dei et lenuilale liberi arbi-

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