‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 103 sur 457 · SEMI-PÉLAGIENS. RECRUDESCENCE DE · texte numérisé non relu

SEMI-PÉLAGIENS. RECRUDESCENCE DE

; ANTIAUGUSTINISME 1834 trii, Fauste commence par exposer et par réfuter le pélagianisme, selon qui le travail de l’homme peut aboutir sans la grâce, le libre arbitre étant demeuré parfait et la nature sans corruption. C’est qu'au fait Pélage nie le péché originel; les enfants, dit-il, n’ont pas besoin de baptême; la concupiscence sexuelle dont ils sont nés est quelque chose de bon. Tout cela Fauste le condamne sans ambages.

1. Les thèses en présence. — Mais le compte des pélagiens est vite réglé; dès le c. 117, Fauste se tourne contre ceux d’après qui « l’homme est sauvé par la grâce seule, sans aucun effort », proposition qui se complète par cette autre « que la grâce est donnée aux uns, refusée aux autres ». À nous au contraire, déclare-t-il, il paraît évident que « dans l’œuvre du salut tout n’est pas le fait de la grâce seule; l’obéissance, la pieuse

- servitude doit s’y joindre et finalement le sort de

chacun tient à la manière dont il a répondu à la grâce, laquelle est offerte à tous ».

Les deux thèses ainsi confrontées, vient la réfutation de la première (que, pour faire court, j’appellerai la thèse quiétiste). De toute évidence, dit Fauste, elle supprime la prière, au moins celle de demande. Puisque, dans le système, non judicandi nascimur, sed judicati, à quoi bon implorer de Dieu un secours qui viendra infailliblement au prédestiné, sera immanquablement refusé à qui ne l’est pas? La discussion des textes scripturaires sur quoi veut s’appuyer la thèse quiétiste apporte un peu plus de clarté sur la pensée de Fauste que ces « vérités premières ». Il s’agit d’abord de se débarrasser du texte paulinien : Gratia Dei sum id quod sum. I Cor., XV, 10. Sans doute, dit Fauste; mais les paroles de l’Apôtre qui suivent immédiatement : gratia in me vacua non fuit, font la part de notre effort, obsequium laboris (considéré toujours comme étant de nous). En sorte que, chronologiquement (abstraction faite de la doctrine de l’initium fidei), le premier rôle appartient à la grâce, celui du milieu au travail humain, le résultat final devant être attribué à la grâce et au travail. Le texte est capital : Primas partes soli gratiæ (Paulus) pie subjectus adscripsit; media quæque labori magister obedientiæ deputavit; ulrumque in consummatione moderatus gratiam laboremque conjunætil. L. I, ©. vr, col. 792. Visiblement Fauste fait du labor et de la gratia deux grandeurs distinctes, indépendantes l’une de l’autre, alors que, selon le texte paulinien, le labeur humain, loin d’être une réalité comparable à la grâce, n’existe que dans et par celle-ci.

Non moins symptomatique est l’exégèse d’un autre texte paulinien, tout aussi clair et que Fauste va s’efforcer de plier à sa théorie de l’initium fidei. « C’est par la grâce que vous avez été sauvés, par l’intermédiaire de la foi, disait Paul, et cela n’est pas de vous, c’est un don de Dieu et qui n’a rien à voir avec les œuvres, afin que nul ne se glorifie. » Eph., 11, 8-9. Il est curieux de voir Fauste s’ingénier à tourner ce passage si lumineux à sa doctrine erronée de l’inilium fidei.

- Pour lui, la foi est déjà une manière d'œuvre. Dans le

premier temps de notre justification, Dieu, pour nous conférer la grâce, n’attend pas nos actes; il se contente de cette recherche que, de nous-mêmes, nous faisons de lui : sicut ad Deum largilio remunerandi, ila ad hominem devolio respicil inquirendi. Voilà le départ clairement fait entre Dieu et l’homme; à celui-ci la devolio inquirendi, qui, de son initiative propre, lui fait chercher Dieu, à quoi correspond de la part de Dieu une large, très large, rémunération. La grâce est bien la récompense de l'effort humain. Ce que confirme cette phrase : (Deus) fidem expeclat a parvulis (ici les commençants), opera eliam cum fide a confirmatis requiril. C. νι, col. 793-794.

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