‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 130 sur 457 · SÉPULTURE — SEPULVEDA (JEAN-GINÈS DE · texte numérisé non relu

SÉPULTURE — SEPULVEDA (JEAN-GINÈS DE

particulièrement de philosophes aristotéliciens, tels qu'Alexandre d’Aphrodise (voir la notice Alexandre l'Aphrodisien dans Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. 1, col. 911-914). Attaché à la personne du cardinal Cajétan (1527), il travailla sous la direction du savant prélat à une revision du grec du Nouveau Testament ; il passa ensuite au service du cardinal Quiñonez et obtint en 1536 les charges d’historiographe de Charles-Quint et de précepteur de Philippe IT. Sepülveda prit une part importante, sinon de premier plan, aux controverses qui divisèrent alors l'Espagne au sujet de l'esclavage; il voulut prouver contre Las Casas, Melchior Cano et l’évêque de Ségovie, Ramirez, la légitimité de l’esclavage, légitimité fondée, selon lui, sur l'inégalité naturelle entre les hommes; Sepülveda soutint également que la chasse faite aux Indiens « destinés, tout comme les Chananéens, à leur état par leurs défauts » était juste de droit divin et naturel; sa thèse, Democrales secundus, seu de justis belli causis : an liceat bello Indos prosequi, auferendo ab eis dominia possessionesque el bona temporalia, et occidendo eos, si resislentiam opposuerint, ut sic spoliati et subjecti facilius per praedicalores suadeatur eis fides, ne put être imprimée en Espagne et fut censurée en 1547 par les académies d’Alcala et de Salamanque; Sepülveda riposta par une Apologia pro libro de justis belli causis, Rome, 1550, in-8°, qui fut condamnée. Dominique Soto, confesseur de Charles-Quint, réunit alors (1550) une conférence où l’on entendit contradictoirement Las Casas et Sepülveda; Las Casas croyait la victoire assurée quand le franciscain Bernardino Arevalo prit la défense de Sepülveda en des termes qui firent une telle impression sur l’assemblée qu’on leva la séance en se contentant d’intimer aux deux partis défense absolue de continuer la lutte. Cela n’empêcha point Las Casas de publier deux ans plus tard sa réponse à Sepülveda, Brevissima relaciôn de la destrucciôn de las Indias, Séville, 1552, in-4°, Sepülveda quitta la cour en 1557 et se retira à Mariano, près de Cordoue, où il mourut le 23 novembre 1573.

II. Œuvres. — Outre ses traductions et ses ouvrages historiques, Sepülveda est l’auteur des écrits suivants : De falo et libero arbitrio libri TITI (contre Luther), Rome, 1526, in-4°, Il est intéressant de comparer cet ouvrage avec le traité d'Alexandre d’Aphrodise, Περὶ Εἱμαρμένης χαὶ τοῦ ἐφ΄ ἡμῖν. — De rilu nupliarum et dispensalione, Rome, 1531, in-4°; Londres, 1553. — Democrales (primus), seu de convenientia mililaris disciplinæ, Rome, 1535, in-8°. — Theophilus, seu de ralione dicendi testimonium in causis occultorum dialogus, Valladolid, 1538, in-4°. — De correctione anni mensiumque romanorum, Venise, 1548, in-8°. — De regno et ofjicio regis, Lérida, 1571, in-8°. — On trouve les premiers écrits de Sepülveda dans l'édition suivante de ses œuvres Joannis Genesii Sepulvedæ Cordubensis opera nuper ab eodem authore recognila, quæ cum prius dispersa ferrentur, nunc primum in unum quasi corpus digesta et impressa fuerunt, Paris, 1541, in-8°. On compte en outre deux éditions des œuvres complètes, Cologne, 1602, in-4°; et Madrid, 1780, 4 vol. in-4°.

Sepülveda est un des représentants les plus convaincus de l’école aristotélicienne d'Alexandre d’Aphrodise. Il considère la philosophie d’Aristote comme très conforme à la doctrine chrétienne : Arislotelem maxime sequar, Summum virum, el cujus doctrina αἰ nihil aut perparum differt a christiana philosophia. C’est à cause de son intransigeance philosophique qu'il a été amené à formuler sa théorie de l’esclavage si contraire à la doctrine évangélique. Ce n’est du reste pas le seul point dans lequel Sepülveda se soit écarté, par amour d’Aristote, de la doctrine traditionnelle de l’Église. Le vrai titre de gloire de Sepülveda

1907 SEPULVEDA n’est pas son œuvre théologique et philosophique, mais le monument historique qu’il a élevé à la mémoire de Charles-Quint et qui lui a valu le surnom de Tite-Live espagnol.

I. GÉNÉRALITÉS, — Dissertation sur la vie et les œuvres de Sepuülveda en tête de l’édition des œuvres complètes, publiée par l'académie d'histoire de Madrid, 1780; N. Antonio, Bibliotheca hispana nova, Madrid, 1780, p. 700-704; Meyers’ Lexikon, t. XVI, Leipzig, 1929, col. 127; Pastor, Geschichte der Päpste, pontificat de Clément VIII, t.1rva, p. 554; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. XLH, Paris,

toire des hommes illustres, t. XX111; Michaud, Biographie universelle, t. XXXIX, p. 83-85; Moréri, Le grand dictionnaire historique, édit. de 1759, t. 1x, p. 351; Ellies Du Pin, Bibliothèque ecclésiastique du X VIe siècle, t.1V, p.391; Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée, t. XXI1, p. 208.

II. SEPULVEDA ET L'ESCLAVAGE. — Art. ESCLAVAGE, t. v, col. 497-498; art. Las Casas, t. vrir, col. 2621-2622; Bartholomeo de Las Casas, dans Zeilschr. für die histor. Theologie, t. 1V (1834), Leipzig, p. 202 sq. (protestant); Vacas Galindo, Fray Bartolomé de Las Casas. Disputa o controversia con Ginès de Sepülveda contendiendo acerca de la licitad de las conquistas de las Indias, reproducida literalmente de la ediciôn de Sevilla de 1552... con una nota bibliografica por el Marquiès de Olivart, acompañada de un ensayo : {ray Bartolomé de Las Casas, su obra, su tiempo, Madrid, 1908; Belträn de Heredia, O. P., El maestro Domingo de Soto en la controversia de Las Casas con Sepülveda, dans Ciencia tomista, t. xLV, 1932, p. 35-49 et 177-193; Melchior Cano, De locis theologicis, 1. 11, ©. 11 (Melchioris Cani opera, éd. Serry, ” Pavie, 1734, p. 282).

III. IDÉES PHILOSOPHIQUES. — Brucker, Historia critica philosophiæ, t. αν, Leipzig, 1767, p. 184-197; cardinal Gonzalez, Histoire de la philosophie, trad. ἃ. de Pascal, Paris, 1891, t. 111, p. 23-25; t.1, p. 340-341; De Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, Louvain-Paris, 1922, p. 574.

J. MERCIER

1. SÉRAPHIN DE LA CROIX, frère mineur récollet, né à Lyon en 1589, recevait l’habit le 2 septembre 1604. Il étudia avec succès le grec et l’hébreu, et même il professa ces langues, dont Rome avait rendu l’enseignement obligatoire dans les ordres religieux. Le P. Séraphin se consacra cependant plus ordinairement à la prédication, et ce ministère l’amena fréquemment à combattre les protestants. En 1623, il prêchait son troisième carême à Saint-Marcellin, où séjournait alors comme ministre un apostat du nom de Jacques Barbier. Celui-ci n’osait se mesurer avec le savant récollet, aussi se contentait-il de répandre de courts écrits contre lui. Le prédicateur devait retourner dans la même ville pour le carême de 1624, mais il avait été élu définiteur de sa province de Lyon, dite de Saint-François, et envoyé à Rome pour y traiter des affaires de son ordre. À son retour, ses supérieurs le désignèrent pour aller donner les sermons du carème à Bourg-Saint-Andéol. Il n’oubliait point pour cela les habitants de Saint-Marcellin et c’est à eux qu'il dédiait son gros volume intitulé Flambeau de la foi catholique. Qui fait voir à tous très clairement. I. Par les sainctes escritures. 11. Par tous les conciles généraux οἱ plusieurs provinciaux approuvez des cinq premiers siècles. III. Par lous les saincls Pères des mesmes siècles. IV. Par lous les droicts. V. Par la raison. VI. Par les instlilulions de Calvin. VIT. Par le Confiteor des huguenots. VIII. Par leur caléchisme. IX. Par leur confession de foy, cesle vérilé catholique très effroyable, mais très véritable, qui contient en suc loutes les controverses : Que tous ceux qui meurent en la religion prélendue réformée sont infailliblement éternellement damnez, Paris, 1626, in-40, Dans les deux premières parties, il démontre par plus de 2 500 arguments, tirés des neuf principes indiqués, la doctrine qu'il avait enseignée du haut de la chaire, la troisième est employée à réfuter trois écrits du ministre Barbier. On attribue au P. Séraphin d’autres ouvrages, que

Page 1