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Pr 2.
1909 SERAPION au concile de Sardique et y avoir soutenu la cause de l’évêque d'Alexandrie. Apol. conl. Arianos, C. L. Vers 355, nous le trouvons à la tête d’une ambassade envoyée à l’empereur Constance pour réfuter les griefs soulevés par les ariens contre saint Athanase. Sozomène, Hist. eccles., 1. IV, ©. 1x. Il peut se faire qu’à la suite de cette mission infructueuse, Sérapion ait été envoyé en exil. Du moins saint Jérôme nous apprend-il qu'il mérita la palme des confesseurs, De or al, xx, P:L;,t-0xxmx, col.:699;: cf. Epist,, Lxx, Ad Magnum, 4;. Photius, Contra manich., 1. ΧΙ, P. G., t. cu, col. 32-33; Bibliotheca, cod. LXXXV, P. G.,t. our, col. 288. En tout cas ce n’était pas lui qui était sur le siège épiscopal de Thmuis en 359; à cette date, l’évèque de Thmuis était un arien du nom de Ptolémée, qui prit part au concile de Séleucie. Epiphane, Hæres., LXxIH, 26. Nous ne savons rien des dernières années et de la mort de Sérapion. On peut seulement remarquer que saint Athanase lui adressa une lettre sur la mort d’Arius, P. G.,t. XxXv, col. 685- 690, et plusieurs lettres sur la question du Saint-Esprit, t. xxvI, col. 529-676, et que ces écrits paraissent remonter à la période 356-362.
Sozomène assure que Sérapion était un homme de la plus grande sainteté de vie et d’une éloquence extraordinaire, Hist. eccles., 1. IV, €. 1x, et saint Jérôme ajoute qu’il mérita le surnom de scholasticus, à cause de l’élégance de son esprit. De vir., Χοιχ. Le même auteur donne le catalogue de ses écrits : Edidit adversum manichæum egregium librum et de psalmorum tlitulis alium et ad diversos utiles epistolas. Nous ne connaissons rien du livre sur les titres des psaumes, qui n’a laissé aucune trace. Deux des lettres ont été conservées en entier : un mot de consolation à un évêque malade du nom d’Eudoxe, et une lettre assez longue aux moines d'Alexandrie. P. G., t. xL, col. 924 sq. Nous connaissons également un fragment de la Χχιπὸ lettre de Sérapion, ce qui indique l’existence d’une collection de ces lettres. Pitra, Analecta sacra et classica, t. 1, Paris, 1888, p. 47. P. Martin a publié, cf. Pitra, Analecta sacra, t. 1V, Paris, 1883, p. 214-215, 443-444, trois petits fragments syriaques sous le nom de Sérapion, extraits l’un d’une homélie sur la virginité, l’autre d’une lettre à des évêques confesseurs, le troisième d’un écrit incertain. L’authenticité de ces trois fragments n’est pas hors de conteste. Par contre, celle des deux lettres semble bien établie, et l’on a relevé de nombreuses analogies entre leur style et celui du traité contre les manichéens; cf. Robert- P. Casey, Serapion of Thmuis against the manichees, Cambridge, 1931, p. 12-15.
Le seul ouvrage entier que nous possédons de Sérapion est ce traité contre les manichéens, dont nous connaissons actuellement cinq manuscrits, le meilleur de ceux-ci étant un codex de J’Athos, du Χαμ siècle, découvert en 1924. Cf. R.-P. Casey, The text of the antimanichean wrilings of Titus of Bostra and Serapion of Thmuis, dans The Harvard theological review, t. XXI, 1928, p. 97-111. Dans tous nos mss, l’ouvrage de
- Sérapion est suivi de celui de Titus de Bostra, sur le même sujet; et le ms. de Gênes, qui semble bien l’archétype des autres à l'exception de celui de VPAthos, présente dans l’arrangement de ses feuillets un tel désordre qu’une partie du texte de Sérapion figure au milieu du traité de Titus. Déjà en 1859, P. de Lagarde s'était aperçu que le livre de Titus comportait cette interpolation ou mieux ce bloc erratique, mais il n’avait pas cherché à en connaître le véritable auteur. J. Dräseke, Gesammelte patristische Untersuchungen, Altona, 1889, p. 1-24, avait attribué ce morceau à Georges de Laodicée, mais cette attribution n’avait pas été retenue, et pour cause. Ce fut seulement Brinkmann, Die Streitschrift des Serapion
DE
THMUIS 1910 von Thmuis gegen die Manichäer, dans Sizungsberichle de l’académie des sciences de Berlin, 1894, p. 479-491, qui montra que le passage retiré par Lagarde à l’œuvre de Titus devait être restitué au livre de Sérapion. Par suite de l’interversion d’un cahier, ce ne sont pas moins des trois quarts du livre de l’évêque de Thmuis qui avaient été indûment installés dans celui de Titus; savoir toute sa dernière partie depuis le c. xxv. La découverte du manuscrit de l’Athos a résolu définitivement la question, si tant est qu’elle ait pu encore se poser, et a permis de combler une lacune qui subsistait dans notre texte par suite de la disparition d’une page dans le ms. de Gênes. L'édition de Basnage, 1725, reproduite en 1769 par Gallandi, puis par Migne, P. G., τ. XL, col. 899- 924, est de ce chef devenue inutilisable, Elle doit être remplacée par celle de Robert-P. Casey, Serapion of Thmuis, against the manichees, dans Harvard theological studies, t. χν, Cambridge, 1931, dont l’introduction contient une précieuse étude sur le style et la rhétorique de Sérapion.
Il faut bien reconnaître que Sérapion n’a du manichéisme qu’une connaissance assez superficielle et qu'il est assez inutile de s’adresser à lui pour étudier la doctrine de ces hérétiques. Il en connaît à peu près ce que tout le monde en sait, sans avoir lu les livres de Mani ou de ses disciples, par ouï-dire et peut-être par des rapports personnels avec quelques adhérents de la secte. Sérapion ne dissimule pas d’ailleurs qu’il se propose de combattre la doctrine, non pas de l’exposer, et son livre est essentiellement polémique; il réfute les thèses fondamentales sur le dualisme et l’origine du mal; parfois même, semble-t-il, il lui arrive d'imaginer des objections pour avoir le plaisir de les réfuter. On peut relever, parmi les points essentiels de sa démonstration, ce qu’il dit pour défendre l’Ancien Testament que rejetaient les manichéens : le Nouveau Testament est fondé sur l’Ancien, si bien qu’on ne peut recevoir l’un sans accepter l’autre; l’enseignement moral de l’Ancien Testament est si excellent qu'il ne peut pas avoir été proposé par le démon.
Le principal intérêt de l’ouvrage de Sérapion est peut-être de nous faire connaître les idées personnelles de l’auteur. Sérapion nous apparaît ainsi comme un curieux mélange d’intellectualisme, formé à l’école de Clément et d’Origène, et d’ascétisme inspiré par les exemples et les leçons de saint Antoine. Loin d’accepter l’allégorisme d’Origène, il pense que, si la Bible a un sens spirituel, c’est seulement en ce qu’elle est inspirée par l’Esprit de Dieu et que sa lecture détourne l’esprit du péché en l’amenant à une véritable conversation avec Dieu. C. xzr1.
Sa théologie est des plus simples. Il n’emploie, pour parler de Dieu que les mots courants, θεός ou ὁ θεός; πατὴρ lorsqu'il le met en relations avecle Fils; ποιητῆς, πεποιηκώς, χτιστῆς, δημιουργός, lorsqu'il le met en relations avec l’univers créé. Il ne se sert pas du mot ὁμοούσιος pour exprimer les rapports du Père et du Fils, et se contente du terme vague ὅμοιος. C. XLVI, lignes 15, 21, édit. Casey. De même lorsqu'il s’agit du Christ, Sérapion n'apporte aucune précision; il se contente de dire que le Sauveur ἃ eu un corps mortel, qu’il a porté un corps semblable aux nôtres. C. ἘΠῚ, 1. 23. Il ne faut pas épiloguer sur ces expressions. Elles montrent simplement que l’évêque de Thmuis n’avait pas à intervenir dans les grandes controverses doctrinales de son temps et que, pour instruire ses ouailles, il pouvait se contenter d’un vocabulaire assez simple. Si, d’ailleurs, les lettres de saint Athanase sur le Saint-Esprit lui sont véritablement adressées, elles prouvent qu’il était capable à l’occasion de s'intéresser aux vrais problèmes théologiques.
On peut encore ajouter qu’au c. ΧΙ, 1. 1, on trouve une des plus anciennes allusions au culte des reliques; que dans quelques passages, c. XL, 1. 64; ©. XLIX, 1. 12; ce. Lin, 1. 39, on a relevé des traces de l’idée ἀ᾽ οἰκονομία divine ; enfin que Sérapion plaçait peut-être l’évangile de saint Marc avant celui de saint Matthieu: cf. €. XXv, 1. 13; c. ΧΧΧΥΙΙ, 1. 11. Tout cela est assez peu de choses.
Plus intéressant, à certains égards, que le Traité contre les manichéens est un recueil de trente prières liturgiques retrouvé dans un manuscrit de l’Athos, du xre siècle. Ce recueil est suivi d’une lettre ou d’un traité en forme de lettre Περὶ πατρὸς χαὶ υἱοῦ. Le texte de l’ensemble a été publié pour la première fois par Dimitrijevskij en 1894, mais cette publication demeura inaperçue. L’attention des savants ne fut attirée sur l’euchologe en question que lorsque Wobbermin en eut donné en 1898 une nouvelle édition. La première et la plus longue des prières porte en souscription les mots εὐχὴ προσφόρου Σαρχπίωνος ἐπισχόπου: en tête de la quinzième prière figure le titre προσευχαὶ Σαραπίωνος ἐπισχόπου Θμούεως. Ces formules ne permettent pas de préciser si toutes les prières de la collection ou seulement celles qu’elles accompagnent étaient attribuées à Sérapion. Cependant il semble que le recueil entier était celui de Sérapion. Il serait d’ailleurs beaucoup plus intéressant de savoir si l’évêque de Thmuis lui-même est l’auteur des prières, ou seulement le formateur du recueil, ou encore seulement son utilisateur. À ces questions, il est difficile de répondre. Les arguments stylistiques ne sauraient ici trouver leur emploi. Non seulement les termes de comparaison seraient trop brefs, mais surtout, le style et le vocabulaire des prières ont des caractères trop spéciaux, trop impersonnels pour qu'on puisse utilement rapprocher ces prières de l’ouvrage contre les manichéens. D’autre part, il est hautement probable que l’euchologe de Sérapion contient des prières plus anciennes que le milieu du 1ve siècle et qui étaient employées depuis longtemps dans l’Église. Si le nom de Sérapion est ici justement rappelé, on croira que l’évêque de Thmuis s’est borné à recueillir les prières dont il avait besoin, mais qu’il ne les ἃ pas composées. En toute hypothèse, les pièces contenues dans la collection ont une très grande importance pour l’histoire de la liturgie. La première surtout, l’anaphore de l’évêque Sérapion, mérite une étude attentive de la part de tous les liturgistes aussi bien que des théologiens : elle s’ouvre par une préface qui est une louange un peu confuse à Dieu sur sa propre sublimité et sur son Fils par qui nous le connaissons. La préface se clôt par le Sanctus. Puis vient une prière d'offertoire, que suit immédiatement le récit de la cène; il s’y mêle une prière pour l’Église, plus ou moins inspirée des formules de la Didachè. Après une épiclèse, l’anaphore s’achève par le Memenlo et la lecture des diptyques et par des suppli cations pour les fidèles. On relève ici ou là des expressions un peu déconcertantes au premier abord, telles que celles-ci : « Le pain est la figure du saint corps. Nous offrons ce calice, figure du sang... » En réalité ces formules ne sont pas exclusives du réalisme eucharistique le plus franc. Cf. P. Batiflol, Études d'histoire οἱ de théologie posilive, II° série : L’eucharislie, 7° édit., Paris, 1920, p. 311-334.
Parmi les autres prières de l’euchologe, on peut signaler des prières pour les malades, pour la fertilité des champs, pour l’église locale et ses clercs. Ces diverses pièces mériteraient, semble-t-il, une étude approfondie.
Le court traité sur le Père et le Fils qui suit l’euchologe et qui est adressé aux saints didascales de l'Église catholique et apostolique est très différent
SÉRAPION DE THMUIS — SERARIUS (NICOLAS)
d’allure; il a pour but de prouver que le Fils est coéternel au Père. Il n’y a pas d'autre raison pour l’attribuer à Sérapion que le voisinage de l’euchologe, et il pourrait être plus ancien que l’évêque de Thmuis.
Sur la vie de Sérapion, il faut encore se référer à Tillemont, Mémoires, t. virt, p. 143-145, 696-697. On a indiqué plus haut les travaux relatifs au traité contre les manichéens. L’euchologe a été édité par ἃ. Wobbermin, Altchristliche lilurgische Stücke aus der Kirche Ægyptens, nebst einem dogmatischen Brief des Bischofs Serapion von Thmuis, Leipzig, 1898, dans Texte und Unters., t. Xvit, fase. 4 ὃ. De nouvelles éditions en ont été données par F.-X. Funk, Didascalia et constitutiones apostolorum, t. 111, Paderborn, 1905, p. 158-195, et par F.-E. Brightman, dans le Journal of theological studies, t.1, 1900, p. 88-113, 247-277. Voir encore P. Batiffol, Une découverte liturgique, dans Bulletin de littérature ecclésiastique, 1899, p. 69-81; P. Drews, Ueber Wobbermins altchristliche liturgische Stücke, u. 5. w., dans Zeitschr. für Kirchengeschichte, t.
G. Barpy.
SERARIUS (SERRARIUS) Nicolas, jésuite (XvI® siècle). —— I] naquit à Rambervillers (Vosges), le 5 décembre 1555, commença ses études à Remiremont, alla les poursuivre à Cologne et à Wurtzbourg, et entra dans la Compagnie (province allemande) en 1573. Pendant vingt ans, il enseigna la philosophie, l'Écriture sainte et la théologie à Wurtzbourg et à Mayence, consacrant toute son ardeur à la conversion des hérétiques. Son succès fut immense. Travailleur obstiné, il avait appris l’hébreu et le syriaque, ce qui lui permit d'approfondir beaucoup sa connaissance de l’'Écriture sainte, et le fit généralement considérer comme un des meilleurs exégètes de son temps. Il mourut en mai 1609 à Mayence.
L'activité théologique de Serarius a été multiple.
1° Écriture sainte. — I] publia des commentaires sur Tobie, Judith, Esther, les Machabées, Mayence, 1590, in-4o (2e éd., Mayence, 1610, in-fol.; Paris, 1611). Il y faisait large place à la littérature et à l’érudition profanes selon la méthode humaniste. Le Cursus sacræ Scripturæ de Migne utilise Tobie, Judith et Esther (t. x11, col. 649-786; 787-1268; t. x1r7, col. 9-32); Josué, 2 in-folios, Mayence, 1609-1610 (Paris et Cologne, 1610); Les Juges el Ruth, Mayence, 1609, in-fol. (Anvers, 1610, Paris, 1611); Prolégomènes bibliques el commentaires des épiîlres canoniques, Mayence, 1612, in-fol. (Paris, 1704; le privilège de cette édition est donné pour Lyon; de fait, les Mémoires de Trévoux, 1704, p. 2184, signalent une édition à Lyon; serait-ce la même?), ces Prolégomènes ont été et restent appréciés; Les Rois el les Paralipomènes, Mayence, 1617 (Lyon, 1618), in-fol.
Parallèlement à ces commentaires, Serarius composa un certain nombre de dissertations sur des questions bibliques. Entre autres : De duodecim sanctis apostolis, Wurtzbourg, 1585, in-12; D. Paulus el Judas Iscarioles, ibid., 1591. A la suite de cette publication, une longue controverse mit Serarius aux prises avec J. Drusius et Scaliger. En réponse au De Hassidæis de Drusius, Francfort, 1603 (question de l’identification des hassidéens dont il est parlé au livre des Machabées), notre auteur publia son Trihæresium, Mayence, 1604, in-4°, où il étudie les trois sectes des pharisiens, ce; sadducéens et des esséniens. Scaliger et Drusius répondent. Il leur réplique par son Minerval, Mayence, 1605, in-8°, De nouvelles ripostes des adversaires amènent la composition d’un De rabbinis el Herode, Mayence, 1607, in-8°, Les diverses pièces de cette querelle d'érudits ont été réimprimées au xviie siècle par Triglaudius, sous le titre de Trium scriplorum illustrium de tribus Judæorum seclis synlagma, Delphes, 1703, 2 vol. in-40, Un certain nombre de ces dissertations furent reprises sous le titre Opuscula
xx, 1900, p. 291-328,
theologica, 3 vol., Mayence, 1611,in-4° (réédité en 1640).
2° Hagiographie.— Serarius s’occupa aussi de patristique et d’hagiographie. Il faut citer plus spécialement : Epislolæ sancti Bonifacii, Mayence, 1605, in-4° (2° éd., 1624; réédition dans la Bibliotheca Patrum, t. ΧΙ, p. 70 sq., et dans les Acta sanclorum, junii t. 1, p. 460 sq.); Comitum par genere. inclitum, Mayence, 1605, in-12, ou vies des saints Godefroi de Westphalie et Romary (Acta sanctorum, jan. t. 1, p. 848 sq.); Kiliani Franciæ orientalis gesta, Wurtzbourg, 1608, in-12 (Ac{a sanclorum, julii t. 11, p. 614 sq.); Moguntiacarum rerum.…., Mayence, 1604, in-4° (Cologne, 1624; complété, Francfort, 1722). Dans cette histoire, surtout ecclésiastique, de Mayence, conduite jusqu’au temps de l’auteur, près d’un tiers du récit est occupé par Ja vie de saint Boniface (p. 318-602).
3° Ouvrages didactiques. — De sacramento extremæ unclionis, Wurtzbourg, 1588 (reproduit dans Zaccarias, Thesaurus theologicus, t. xir, Venise, 1763, p. 716- 753); De Athanasiano symbolo, ibid., 1590; De catholicorüm cum hærelicis matrimonio, Mayence, 1606 (Cologne, 1609; aussi dans Thesaurus, t. xu1, p. 696- 715).
4° Polémique antiluthérienne. — Entre autres ouvrages, il faut signaler : Contra novos novi pelagiani et chiliastæ errores, Wurtzbourg, 1593. Il y attaque Puccius Filidinus; Lutheroturcicæ orationes, Mayence, 1604, in-8; De Lutheri magistro, ibid., 1604, en réponse à Hyperaspites Lutheri adversus maledicam orationem N. S., de Fr. Baldvinus; Apologiæ pro discipulo et magistro, Luthero et diabolo, Mayence, 1605, par ce titre même il est facile d’imaginer le ton sur lequel est menée la discussion; De processionibus, Cologne, 1607, in-12; Litaneutici, ibid., 1609. Serarius défend ici la doctrine catholique des cérémonies extérieures et du ulte en général, comme aussi celle de l’invocation des saints contre les extravagances luthériennes.
D'une manière générale, les critiques se sont montrés sévères pour la dureté du polémiste. Même les Mémoires de Trévoux (1713, p. 600) soulignent chez lui « je ne sais quelle passion de ne rien pardonner ». Cette âpreté est la marque du temps. Elle s’alliait chez Serarius à une réelle charité. Son adage favori donne à l’œuvre colossale qu’il a su produire une signification spirituelle singulièrement élevée : pro hærelicis non orandum modo, verum etiam studendum. Avec ses amis, parmi lesquels il faut placer au premier rang le cardinal Baronius, son âme s’ouvrait toute grande. C’est à Baronius qu’il écrit déjà en 1589 : magnus labor sed merces major. Ce sera dès cette époque un commerce incessant entre les deux érudits. Ils se communiquent leurs trouvailles et ils échangent aussi bien leurs œuvres que leurs reliques!
Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. Vix, col. 1134- 1145; t. 1x, col. 851-852; Sotwell, Bibl. scriptorum Soc. Jesu, p. 634-636; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 111, col. 499-504; de Guilhermy, Ménologe de la Compagnie de Jésus, Germanie, [°° partie, t. 1, p. 454; Calmet, Bibl. lorraine, Nancy, 1751, col. 886-891; B. Dühr, Geschichte der Jesuiten, t. 1, Ρ. 664; t. 11, 2e part., p. 423-424; Koch, Jesuitenlexicon, Paderborn, 1934, col. 1642-1643; Annuæ litteræ S. J., Dillingen, 1609, p. 371-377; Der Katholik, 1864, t. 11, p. 161 sq.; Janssen-Pastor (traduction E. Paris), L'Allemagne et la Réjorme, t. vir, 1907, p. 293, 562, 574; C. Baronii Epistolæ εἰ opuscula, éd. Altericius, 3 vol., Rome, 1759-1770; Mémoires de Trévoux, 1713, p. 587-600; R. Cornely et A. Merck, Manuel d'introduction à toutes les saintes Écritures, 2° éd., Paris, 1930, n. 154; Richard Simon, Histoire crilique du Vieux Testament, Fotterdam, 1685, p. 423, 455.
A. RAYEZ
1. SERGE [- (SAINT), pape de la fin de 687 (15 décembre?) au 8 septembre 701. — Comme son prédécesseur Conon, Serge fut le ferlius gaudens d’une compétition qui mit aux prises l’archidiacre Pascal,
SERARIUS (NICOLAS) —
SERGE Ier
déjà candidat à la mort de Jean V (2 août 080), et l’archiprètre Théodore. Le premier, fort de l’appui de l’exarque byzantin de Ravenne, s’était beaucoup remué du vivant du pape Conon, pour arriver au siège pontifical. Sitôt le trépas de celui-ci, les partisans de Pascal l’acclamèrent et réussirent à l'installer dans la partie extérieure du Latran; mais ils ne purent empècher les tenants de l’autre candidat de proclamer Thécdore et d'occuper avec leur élu l’autre partie du palais. Il semble que ce double coup de force ait été surtout le fait du populaire. Devant ces violences, l’aristocratie militaire (exercilus) et le haut clergé, réunis au Palatin, résidence du fonctionnaire qui représentait à Rome le pouvoir byzantin, opposèrent aux deux candidats révolutionnaires un personnage plus digne d’occuper le siège apostolique, le titulaire de l’église Sainte-Suzanne, Serge. On réussit à forcer l'entrée du Latran, et à y conduire le nouvel élu. Théodore fit aussitôt acte de soumission; Pascal y mit plus de façons, il dut néanmoins s’incliner, encore qu'il eût continué sous main des intrigues qui lui vaudront ultérieurement une sévère condamnation. Accusé de s'être livré à des sortilèges, il fut déposé et renfermé en un monastère où il mourra cinq ans plus tard.
Restait cependant pour Serge à obtenir de l’exarque byzantin la reconnaissance, indispensable pour que l’on pût procéder à la consécration de l’élu. Dans l'occurrence, ce fonctionnaire, contrairement aux habitudes, se transporta à Rome, où on ne l’attendait pas. Au cours de l’année précédente, Pascal lui avait fait espérer une forte somme si, de sa grâce, il parvenait au siège pontifical. En dépit de ses protestations, Serge dut acquitter la traite tirée sur la caisse romaine par le candidat malhonnête. C’est seulement après qu'il eut versé à l’exarque les cent livres d’or promises par Pascal, que Serge put être consacré, sans doute le 15 décembre 687. C’est ainsi que le titulaire de Sainte- Suzanne devint le pape Serge Ier, D’une famille d’origine syrienne installée depuis peu à Palerme, en Sicile, il était venu à Rome sous le pape Aaéodat (672-676) qui l’avait reçu dans le clergé; après quelques années passées à la schola cantorum, il avait été promu acolyte, entrant ainsi dans la carrière des honneurs, probablement sous le pape Agathon (678-681); le pape saint Léon II l’avait fait prêtre titulaire de Sainte- Suzanne, où l’on avait remarqué son zèle à desservir les sanctuaires cimitériaux hors de la ville. Il devait laisser, devenu pape, une réputation de sainteté bien établie.
Ses relations avec Constantinople, inaugurées par les exactions de l’exarque byzantin, furent d’abord pénibles. On a dit à l’art. QuiniI-SExTE (Concile), t. ΧΠῚ, col. 1594-1595, comment Serge fut sollicité par l’empereur Justinien II de souscrire aux décisions disciplinaires de cette assemblée, où l’on ne s'était pas privé de bousculer la législation occidentale et d’imposer au monde romain le droit canonique de l’Orient. On a dit aussi comment la courageuse résistance de Serge lui valut des avanies, mais qui tournèrent finalement à la confusion du protospathaire impérial Zacharie. Le Liber pontificalis enregistre avec orgueil le triomphe final remporté par Serge Ier sur le basileus, qui, en 695, était renversé à Constantinople. On ignore ce que furent les relations de Serge avec les successeurs de Justinien II, Léonce et Tibère III.
En Italie, où la conquête lombarde avait marqué un temps d’arrêt, où d’autre part s’accélérait la conversion des Lombards au catholicisme, le pape Serge Ier fut assez heureux pour mettre le point final au lamentable schisme d’Aquilée. Sur les origines et les développements de ce séparatisme, voir l’art. Trotrs- CuariTrrEs. Le schisme était déjà éteint dans les pays qui relevaient de Constantinople. Le roi Cunipert
(688-700) s’employa à le faire cesser dans la partie de l'Italie qui relevait de lui, c’est-à-dire dans la région continentale dépendant de Cividale. Il convoqua à Pavie un concile où discutèrent les évêques catholiques et les schismatiques d’Aquilée. On finit par faire comprendre à ces derniers que le Ve concile (de 553) ne portait pas atteinte aux décisions de Chalcédoine; des légats furent envoyés au pape, porteurs d’une lettre de Damien, évêque de Pavie, enregistrant les concessions des schismatiques, tandis que, de leur côté, les gens d’Aquilée arrivaient eux aussi à Rome. Les exhortations de Serge eurent raison des dernières résistances et les envoyés d’Aquilée entrèrent finalement en communion avec le Siège apostolique. Il est impossible de préciser d’une manière absolue la date de cette réunion sur laquelle nous sommes renseignés par le Liber ponlificalis et par le Carmen de synodo Ticinensi, dans Mon. Germ. hist, Script. rerum langob., p. 189-191.
Nous voyons aussi Serge 1° renouer avec le royaume des Francs des rapports qui s'étaient beaucoup raréfiés aux générations précédentes. Le maître de la situa- Lion était pour lors le maire du palais, Pépin II d'Héristal, le vainqueur de Tertry (687). Il s’intéressait à l’effort missionnaire qui tentait de dépasser, dans la direction de l’Est, les frontières de l’empire franc, tout spécialement à l’action de Willibrod dans la Frise. Anglo-Saxon d’origine, celui-ci, avant de commencer son œuvre, était déjà venu demander à Serge Ie bénédiction et encouragement. Bède, Hist. eccles.,1. V, ©. x1, P. L.,t. xcv, col. 245. Après quelques années d’apostolat, il revint à Rome, à la demande de Pépin. Le maire du palais invitait cette fois le pape à consacrer Willibrod comme archevêque des Frisons. Ibid., col. 246. Ainsi fut fait : le 21 novembre 695, dans l’église Sainte-Cécile, le missionnaire fut ordonné évêque par le pape lui-même qui lui donna le nom de Clément. Voir Liber pontificalis, t. 1, p. 376 et les notes p. 382, où Duchesne rectifie la date fournie par Bède.
Depuis le temps de saint Grégoire, le Siège apostolique s’intéressait d’une manière plus spéciale à l’Angleterre, où lentement l’Heptarchie anglo-saxonne se convertissait au christianisme. En 688, on vit arriver à Rome le roi de Wessex, Ceadwalla, qui, ayant abdiqué, venait demander le baptême. Il fut baptisé par le pape le samedi saint de l’an 689 et, comme il le souhaitait, mourut dans le courant de la semaine pascale, in albis adhuc posilus. Bède, ibid., 1. V, ce. ΜΠ, 00]. 236 sq. Les affaires ecclésiastiques anglaises continuaient à être fort embrouillées. Wilfrid d’York, rétabli sur son siège par le pape Agathon, en 679, n'avait pu obtenir qu’en 686 sa réintégration. Encore se retrouvait-il en lutte, dès 691, avec le roi Aldfrid et, peu après, avec Bertwald, élu depuis le 1er juillet 692 archevêque de Cantorbéry. Une nouvelle fois, Wilfrid interjeta appel à Rome; Serge ordonna que lui fût rendue la dignité dont il avait été privé, ses accusateurs devraient se présenter à Rome. Jaffé, r. 2131. Il faut croire néanmoins que Bertwald fournit au pape des explications satisfaisantes car, l’année suivante, 693, Serge lui conférait, sans doute par l’envoi du pallium, la juridiction sur les Églises de la Bretagne anglo-saxonne. C’est en ce sens qu'il convient d’interpréter le mot du Liber ponlificalis : Hic (Sergius) ordinavit Berloaldum Briltanniæ archiepiscopum. I ne peut s’agir de la consécration épiscopale donnée par le pape au nouvel élu, car Bède est formel dans son aflirmation : Bertwald fut consacré sur le continent par l’évêque de Lyon, Goduin, le 29 juin 693. Hist. eccles., 1. V, ©. vin, col. 240, Cette interprétation du Liber ponlificalis permet de donner quelque valeur aux deux lettres de Serge citées par Guillaume de Malmesbury, annonçant aux divers souverains de
SERGE Ie —
SERGE II 1916 l'Heptarchie et aux évêques de la Bretagne majeure la reconnaissance du droit primatial de Bertwald. Jafté n. 2132, 2133. A quelque temps de là, Serge, saisi de nouvelles questions relatives à l’Angleterre, demandait à l’abbé du monastère de Jarrow — celui-là même où commençait à professer Bède — d'envoyer à Rome un de ses moines (peut-être Bède lui-même), pour aider les curialistes à débrouiller des affaires complexes. Jafté, n. 2138.
A son habitude, le Liber pontificalis s'étend avec complaisance sur les travaux d’embellissement accomplis à Rome par Serge : retenons au moins la translation, du secrelarium de Saint-Pierre dans la basilique même, du corps de saint Léon Ier, son grand prédécesseur, auquel le pape consacra une louangeuse inscription. Texte dans Duchesne, Le Liber pontif.,t.1, p.379, n. 35. Non moins intéressante est l’inscription où sont relatés les dons faits à l’église Sainte-Suzanne, dont Serge avait été le titulaire. Zbid., n. 38. A signaler également l'introduction à la messe du chant de l’Agnus Dei pendant la fraction du pain et l’ordonnance relative à la célébration des quatre fêtes de la Vierge : annonciation, dormition, nativité et purification; elles existaient à coup sûr avant Serge, mais c’est la première attestation que nous en ayons. Les collections canoniques ont conservé trace de deux décisions de ce pape : un prêtre qui, sans avoir été baptisé, a reçu l’ordination, doit être définitivement écarté; toutefois s’il était persuadé qu'il avait été régulièrement baptisé, il retiendra son oflice, après avoir été réordonné. Quant aux personnes qui auraient été baptisées par lui, elles n’ont pas à s'inquiéter, leur baptême est valide. Jafté, ἢ. 2136, 2137.
Fort développée pour ce qui concerne le début du pontificat, la notice du Liber pontificalis nous renseigne peu sur les dernières années ; elle marque la date obituaire au 8 septembre de la χινὸ indiction (701). C’est le jour que le Martyrologe romain a gardé.
Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. 1, p. 371-382; Jafté, Regesta pontificum, t. 1, p. 244-245; Gregorovius, Geschicl Le der Stadt Rom im Mittelalter, 5° éd.,t. τι, p. 178-188; L. Duchesne, L'Église au VIe siècle, p. 253-254; E. Caspar, Geschichte des Papsttums, t. 11, Tubingue, 1933, p. 620-636; R. Aigrain, dans Fliche-Martin, Histoire de L'Église, t. v, p. 401-409; 316-323 (pour les affaires anglaises).
É. AMANN.
2. SERGE ÎIl, pape de janvier 844 au 27 janvier 847. — D'une très noble famille romaine, qui
avait déjà donné à l’Église le pape Étienne IV et lui donnera encore le pape Hadrien II, Serge avait été fait acolyte par le pape Léon III (f 816), sous-diacre par son parent Étienne IV (816-817), prêtre du titre de Saint-Silvestre par Pascal Ier (817-824); sous Grégoire IV (827-844), il avait reçu la dignité d’archiprêtre. À la mort de ce dernier (premiers jours de janvier 844), il se trouvait être tout désigné aux suffrages de l'aristocratie laïque et ecclésiastique de Rome. Mais, dans le petit peuple, on s'était mis du côté d’un diacre Jean, que l’on se hâta d'introduire par force au Latran et d’acclamer pape. L’aristocratie tint bon; marchant en force contre le paltriarchium, elle réussit à en débusquer Jean, qui en fut pour sa courte honte. Ainsi fut proclamé pape Serge II. Pour couper court à toute agitation ultérieure, on décida de lui faire donner aussitôt que possible la consécration épiscopale sans attendre, comme le prescrivait le Constlitulum de 824, l'autorisation de l’empereur Lothaire.
Cette violation du droit impérial ne pouvait passer inaperçue. Au moment même où se déroulaient à Rome les événements que l’on vient de dire, Lothaire venait d'envoyer en Italie, comme une sorte de vice-roi, son jeune fils Louis, qui s’installait à Pavie, ayant comme mentor Drogon, archevêque de Metz, un des bâtards
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de Charlemagne. Dépositaire des traditions du grand règne, celui-ci ne pouvait admettre le geste désinvolte de la Curie. Il dut y avoir un échange de vues entre Pavie et Aix qui prit quelque temps; mais, en juin, Louis et Drogon, à la tête d’une colonne expéditionnaire considérable, prenaient le chemin de Rome. Un certain nombre d'évêques de la Haute-Italie se joignirent à eux. La façon dont tout ce monde se comporta, sitôt qu'entré en territoire pontifical, ne laissa pas d’inquiéter Serge II. Par ses prévenances, il chercha à modifier l’état d'esprit des Francs; rien ne put empêcher qu’un concile où figuraient, avec Drogon et les archevêques de Milan et de Ravenne, un certain nombre d'évêques de l’Italie du Nord, n’examinât les conditions dans lesquelles il était arrivé à la chaire apostolique. Les termes mêmes du Liber pontificalis, aussi bien que la compilation du pseudo-Liutprand, montrent bien que l'affaire n’alla pas sans difficulté. Finalement l'élection de Serge fut ratifiée : in sede demum confirmaverunt, dit pseudo-Liutprand; mais le pape dut jurer fidélité, sinon au roi Louis, du moins à l’empereur, ce que le peuple romain fit, lui aussi. Au cours des discussions, les représentants de l’empire franc rappelèrent avec force que le Constitutum de 824 conservait toute sa vigueur. Il leur paraissait utile de redire, au lendemain du traité de Verdun, que l'empire d'Occident subsistait toujours et que rien n'était changé aux rapports des deux pouvoirs, tels que les avaient réglés la coutume et le droit écrit. C’est après cette délibération que le pape couronna Louis comme roi des Lombards. Cet ordre des événements, donné par les Annales de Prudence et par le pseudo- Liutprand est certainement préférable à celui que fournit le Liber pontificalis, dont les dispositions apologétiques sont visibles dans la première partie de la notice.
Une seconde affaire fut ensuite traitée, conformément aux demandes de Lothaire; il s'agissait de conférer à Drogon une délégation pontificale qui ferait de lui le représentant du Saint-Siège au delà des Alpes et lui donnerait la situation dont avaient joui, au siècle précédent, saint Boniface et saint Chrodegand. Le pape se prêta à cette combinaison. Jaffé, Regesta, n. 2586. Elle devait d’ailleurs rester purement théorique, car l’épiscopat franc n’était guère disposé à accepter une autorité qui aurait mis en échec celle des métropolitains. Quand, au mois de décembre 844, le concile réuni à Ver par Charles le Chauve prit connaissance de la délégation apostolique accordée à Drogon, il réserva la discussion à un synode ultérieur où serait représenté tout l’épiscopat franc. Capitularia, édit. Boretius, n.cexcCr, t. 11, p. 382-387. 11n’y eut plus jamais de semblable réunion. Une dernière question fut enfin ventilée à Rome en ce synode de juin 844. Lothaire aurait désiré que fussent réintégrés dans leur charge les deux archevêques de Reims et de Narbonne, Ebbon et Barthélemy, déposés par le concile de Thionville en 835, pour leurs agissements contre Louis le Pieux. Mais les instances de Drogon sur ce point furent vaines; les deux archevêques, qui, pour avoir repris quelque temps leurs fonctions, s’étaient exposés aux plus dures sentences, furent seulement admis à la communion laïque. Liber pontificalis, t. 11, p. 90. Cette sentence, aux yeux de Serge II, était une mesure gracieuse: elle ne fut pas appréciée par Ebbon à sa juste valeur. Π trouva le moyen de se faire installer un peu plus tard, sans doute en 846, sur le siège vacant de Hildesheim. Ce qui ne l’empêcha pas d’ailleurs d’importuner ou de faire importuner la Curie de ses réclamations contre Hincmar qu’on avait intronisé à sa place à Reims, le 3 mai 845. Pour ne pas déplaire à l'empereur, Serge II, en 846, prescrivit la tenue à Trèves d’un synode que présideraient ses légats et