M.-M. GORGE
SERGIUS, patriarche de Constantinople de 610 à 638. — Il ἃ été mêlé très intimement aux origines du monénergisme et du monothélisme. Pour son rôle dans l’établissement de la formule monénergiste, ses collusions avec Théodore de Pharan et Cyrus de Phase (qui devint ensuite patriarche d'Alexandrie), ses discussions avec Sophrone de Jérusalem, on se reportera à l’art. MONOTHÉLISME, t. x, col. 2307-2323, et spécialement col. 2307, 2316-2320. A l’art. Honorius Ie, t. vu, col. 97 sq., on trouvera l’analyse de la lettre écrite par Sergius au pape Honorius, qui fut l’occasion de la réponse de celui-ci. Les Régestes du patriarcat de Constantinople publiés par V. Grumel permettront de sérier avec plus d’exactitude les actes successifs du patriarche, voir fasc. 1, 1932, p. 113-118. Se reporter aussi aux articles du même, Recherches sur l’histoire du monothélisme, dans Échos d'Orient, t.xxvr-xx1x, 1928-1930.
SERIPANDO Jérôme, théologien italien, cardinal et légat au concile de Trente, 1493-1563. — I. Vie. 11. Œuvres (col. 1927). III. Rôle au concile de Trente et position doctrinale (col. 1930).
I. VIE. — 19 Les débuts. — Jérôme Seripando naquit à Troja, dans la Pouille, le 6 mai 1493 (plusieurs lexicographes donnent la date du 6 octobre 1492, on ne sait pour quelle raison). L'enfant manifesta de bonne heure un penchant prononcé pour la vie religieuse; en 1506 — il avait treize ans — il s’enfuit de la demeure familiale pour gagner le couvent dominicain de Santa Catarina ad Formellum; il n’y resta pas longtemps : son frère aîné Antoine vint l’arracher au cloître et le ramena auprès de son oncle. L'année suivante, il fut enfin permis à Jérôme de suivre son attrait pour la vie religieuse, mais ce ne fut pas chez les frères prêcheurs qu’il entra. Le vicaire général de l’ordre des ermites de Saint-Augustin, Gilles Canisio, le célèbre Gilles de Viterbe (voir ce mot, t. vi, col. 1365- 1371), étant venu dans le royaume de Naples, eut l’occasion d'entrer en relations avec la famille Seripando; la rencontre fut décisive pour le jeune homme. Gilles de Viterbe était alors, comme l’a très bien noté H. Boehmer, Luthers Romfahrt, 1914, p. 48, l’un des représentants les plus caractéristiques « du désir ardent d’un renouveau dans l’Église et dans la religion », son influence parmi les ermites de Saint-Augustin était prépondérante, sa renommée dans le monde intellectuel était solidement établie; il eut tôt fait de remarquer les qualités du jeune homme. Le 6 mai 1507, Gilles — qui devait être élu prieur général le 12 juin suivant — donnait l’habit de son ordre au jeune Seripando dans le couvent de San Giovanni da Carbonara à Naples.
Après sa profession, Seripando étudia les rudiments du grec et de la dialectique. En mai 1510, Gilles, voulant diriger lui-même ses études, appela Seripando à Rome au couvent de Sant’Agostino où se trouvait le Studium generale de l’ordre; quelques mois après arrivait à ce même couvent l’augustin allemand Martin Luther. On sait l'importance capitale du voyage en Italie sur l’évolution de Luther, ce que l’on connaît moins c’est l'influence qu’exerça sur lui le général de son ordre; c’est probablement Gilles qui a provoqué la « conversion philosophique: » de Luther en lui communiquant son aversion pour Aristote et son culte pour Platon; par son général, Luther fit aussi connaissance avec les traditions théologiques des augustins italiens, en particulier avec celles touchant la justification, d'où il tirera sa théorie de la justifica- Lion par la foi seule. Il est intéressant de noter cette rencontre entre Luther et Seripando.
SERGIUS — SERIPANDO (JÉROME)
Dans le courant de l’année 1511, Seripando suivit Gilles à Viterbe, au couvent du mont Cimino:; il y étudia le grec et très probablement aussi l’hébreu et le chaldéen; il suivit également des cours de philosophie et de théologie. Ordonné prêtre à Rome en 1513, il continua ses études pendant un an ou deux; Gilles se l’attacha alors comme secrétaire; c’est en cette qualité que Seripando accompagna son général dans la visite des couvents de l’Étrurie et de Bologne, en 1515. Le 25 juin de cette année, Seripando était nommé professeur à Sienne, puis, en décembre, à Naples; il revint à Sienne en juin 1516. C’est à cette époque que sa réputation de prédicateur commença à s'établir. Gilles de Viterbe, créé cardinal par Léon X en 1517, résigna le gouvernement de l’ordre quelques mois après (25 février 1518); son successeur nomma Seripando lecteur de philosophie, charge qu’il exerça peu de temps, car le chapitre général tenu à Venise en 1519 le désigna comme régent des études à Saint-Jacques de Bologne; désormais le nom de Seripando figurera dans les actes de chaque chapitre général; il n’avait alors que vingt-six ans. En 1523, Seripando reçut le gouvernement du couvent de San Giovanni da Carbonara où il avait pris l’habit ; il exerça dans la suite d’importantes charges qui le désignèrent à l’attention de tous; aussi quand Paul III voulut nommer un vicaire général pour gouverner l’ordre pendant la maladie du prieur général, ne fut-on pas étonné de voir le choix du pontife se porter sur fra Girolamo Seripando:; les lettres pontificales portent la date du 19 décembre 1538. Le 24 mai de l’année suivante, au chapitre tenu à Naples, Seripando était élu prieur général.
20 Le généralat (1539-1551 ). — Le chapitre général de 1539 eut une grande importance pour l’ordre des ermites de Saint-Augustin. A la suite de leur confrère Martin Luther, nombre d’augustins étaient passés à à la réforme; les deux congrégations d'Allemagne — observantins et conventuels — étaient réduites à rien; en Italie même, beaucoup de couvents étaient infectés par l’hérésie; dans sa séance du 28 mai, le chapitre décida de retrancher de l’ordre tous les suspects et édicta des peines très graves contre les religieux soupçonnés d’indulgence pour le luthéranisme; le nouveau général décida alors de faire une visite de l’ordre tout entier; deux visiteurs furent nommés pour l’Allemagne, les Pays-Bas et la Flandre; Seripando se réserva de visiter lui-même les couvents des autres pays. Le général attendit la fin de l’été pour se mettre en route. Auparavant, il écrivit à ses religieux pour les mettre en garde contre les nouvelles doctrines : « Si de près ou de loin certains ont été contaminés par la dépravation luthérienne, ce qu’à Dieu ne plaise, qu'ils s’en aillent. Qu’'avec eux les livres de cette hérésie, s’il s’en rencontre, soient « jetés dehors pour être foulés “aux pieds ». Si l’on sait ou que l’on soupçonne que quelqu'un est infecté de ce venin, qu’on se garde de le lui reprocher ou de l’injurier, mais qu’on nous en avertisse aussitôt. » Lettre du 12 juillet, ms. à la fin d'un exemplaire des constitutions des ermites de Saint- Augustin, Paris, Bibl. nat., vélins, n. 395; cette lettre est inconnue à Merkle [voir 10 partie]. Seripando quitta Rome le 18 novembre 1539, visita d’abord les couvents d'Italie, puis ceux de France, d'Espagne et de Portugal; il rentra à Rome, le 3 avril 1542, Le pape se montra satisfait des résultats obtenus et lui manifesta sa confiance en lui demandant son avis sur l'épineuse question du futur concile; Seripando eut avec Paul IIT plusieurs entretiens à ce sujet.
C'est vers cette même époque, probablement à l’occasion d'une visite au couvent du mont Cimino, à Viterbe, que Seripando entra dans le cercle des amis du cardinal Pole, alors légat du Patrimoine, les spiriluali : Vittoria Colonna, Alvise Priuli, Vittorio Sor-
ranzo, Marcantonio Flaminio. Voir l’art. POLE, t. ΧΗ, col. 2413-2416; dom R. Biron et J. Barennes, Un prince anglais, cardinal-légat au xvr® siècle, Réginald Pole, Paris, 5. ἃ... passim. On sait, par le procès engagé quelques années plus tard devant l’Inquisition contre le notaire Pietro Carnesecchi, familier de Pole (pièces dans Miscellanea di storia patria, [τὸ partie, t. x, Turin, 1870), quelles étaient les opinions des spiriluali sur les problèmes théologiques du moment, en particulier sur la justification ; il n'est pas douteux que Seripando, qui devait se faire le champion de la théorie de la « double justice » au concile de Trente, n’ait confronté la doctrine traditionnelle de son ordre avec celle du cardinal Contarini, l'ami intime de Pole. Pole et Seripando, tous deux futurs légats au concile de Trente, échangèrent également leurs points de vue sur la réforme catholique et les moyens nécessaires pour l'opérer. Une solide amitié se noua entre eux; quelques temps après la mort de Pole, Seripando pouvait écrire au saint archevêque de Valence, l’augustin Thomas de Villeneuve, qu'«il ne saurait trop se féliciter d’avoir été admis dans l'intimité » de Pole. Quirini, Colleclio epistolarum Reginaldi Poli, t.1v, Brescia, 1755, préface.
Le concile, annoncé depuis si longtemps et retardé par d'invraisemblables complications politiques, était à la veille d’être ouvert. Par sa bulle du 19 novembre 1544, Paul III révoqua les suspensions antérieures et convoqua le concile à Trente pour le 15 mars 1545; en même temps étaient désignés comme légats J.-M. Ciccchi del Monte, cardinal-évêque de Palestrina, le futur Jules III, le cardinal-prêtre Marcel Cervini, du titre de Santa-Croce, qui devait devenir Marcel IL, et l'ami de Seripando, Reginald Pole, cardinal-diacre de Sainte-Marie in Cosmedin, déjà nommé légat en 1543. Seripando, réélu prieur général le 13 mai 1543, était de droit membre du concile; il partit de Rome le 19 avril 1545 et arriva à Trente en compagnie du général des carmes le 19 maï; il fit sa visite aux légats le lendemain. Comme le concile ne commençait pas, Seripando, qui avait toujours quelque ouvrage en chantier, quitta Trente au début de septembre, pour aller travailler à Vérone, mais son absence ne dépassa pas six semaines: dès la mi-octobre il était de retour. On verra ci-dessous, col. 1930 sq., le rôle joué au concile par le général des ermites de Saint-Augustin; nous nous bornerons donc à noter les faits principaux de sa vie pendant la période conciliaire. Le 11 mars 1547, le concile était transféré à Bologne; Seripando quitta Trente le 14 mars, mais ne resta pas longtemps à Bologne; il en partait le 28 avril pour Faënza, où il présida le chapitre de la congrégation de Lombardie, puis se rendit au chapitre général de l’ordre à Recanati; il fut réélu pour la troisième fois prieur général le 29 maï; il se rendit ensuite à Rome et ne revint à Bologne qu’en septembre. Le concile était alors virtuellement suspendu en raison de nouvelles difficultés politiques. Seripando profita de la circonstance pour visiter les couvents d’Étrurie; il quitta Bologne le 24 août 1548; quelques semaines plus tard il était à Rome et y resta. Des difficultés s’élevèrent à cette époque entre le général et la congrégation de Lombardie; le pape dut intervenir en personne et donna raison à Seripando. Cette affaire causa une telle peine au général qu’il en tomba malade; la visite des couvents de l’Ombrie qu'il entreprit le 22 juin 1550, au plus fort de l’été, acheva d’épuiser ses forces. Il rentra à Rome le 10 septembre mais dut en partir dix jours après pour aller se reposer à Naples. De là, il écrivit le 1°7 février 1551 à Cervini, protecteur des augustins, pour lui présenter sa démission. Le chapitre général qui se réunit à Bologne, le 17 mai de cette année, pria Seripando de revenir sur sa décision, mais ce fut en vain: on élut à sa place Christophe de Padoue; désor-
SERIPANDO (JÉROME). VIE
mais c'est ce dernier qui représentera l’ordre des ermites au concile.
3° L'épiscopat à Salerne et la légalion au concile. — Après sa démission, Seripando se retira au couvent du Pausilippe; il espérait bien y terminer ses jours dans la retraite. Il fut vite détrompé. Dès le 2 juin 1551, l’empereur Charles-Quint lui notifiait son intention de le nommer au siège épiscopal d’Aquilée; Seripando refusa en prétextant le mauvais état de sa santé. Quelques mois plus tard, les Napolitains le chargèrent d'une délicate ambassade auprès de l’empereur; Charles-Quint était à ce moment en Flandre; Seripando partit le 23 avril 1553 et arriva à Bruxelles le 29 juin. Il eut des entretiens avec l’empereur, le ministre Granvelle et la reine Marie, régente des Pays-Bas ; il obtint à peu près tout ce qu’il demandait. Il ne quitta cependant la cour que le 5 mars 1554. Sur la route du retour, il apprit sa nomination par l’empereur et par le pape à l’archevêché de Salerne. Arrivé à Rome le 5 mai, il fut sacré le 10; le 25, il partait pour Naples rendre compte de sa mission. Il reçut le pallium à Naples le 21 septembre et se rendit aussitôt à Salerne. Il s’y montra administrateur plein de zèle et s’inspira des principes de la réforme catholique. De Salerne il suivait avec un intérêt passionné tout ce qui touchait au concile et au renouveau catholique. Comme tous les spiriluali, il applaudit à l’élection du cardinal Cervini à la papauté et n’eut que plus de déception, après la mort prématurée de ce pape si zélé, de voir monter sur le trône pontifical le cardinal J.-P. Caraffa. Deux jours après l'élection de ce dernier, Seripando notait tristement dans son journal : Det illi Deus agere de reformanda Ecclesia, quæ Paulus III in ore habuit! Hic enim dixit et non fecit, Julius nec dixit nec fecit, Marcellus fecit quæ temporis punclo quo vixit facere potuit, non dixit. Utinam Paulus 111] dicat et faciat, imo quæ dixit faciat, et qui hactenus potens fuit in sermone, nunc potens sit in opere! Commentarii de vita sua, 25 mai 1555. Un an plus tard, l’archevêque de Salerne gémissait de voir compromise la réforme de l’Église au profit des neveux du pape : Belli rumor increbrescebat : cujus causam asserebant Palliani et aliorum oppidorum qui in parle Columnensium erant ad Carafios translatio et munitio… Reformatio interea Ecclesiæ friget. Commentarii, 26 juillet 1556.
Paul IV avait montré peu de bienveillance à l’égard de Seripando, auquel il reprochait son attitude au concile dans l'affaire du décret sur la justification et surtout son amitié avec les spirituali, principalement avec Pole et Morone. Dans sa violente réaction contre la politique de son prédécesseur, Pie IV fit appel au concours de ceux qui avaient eu à soufirir du gouvernement de Paul IV. Dès le 12 septembre 1560, Pie IV mandait Seripando à Rome. Arrivé le 13 octobre, l’archevêque de Salerne fut reçu par le cardinal Charles Borromée le 19 et présenté au pape le 20; dix jours plus tard, il eut un très long entretien avec Pie IV sur le concile et la réforme; le pape le nomma membre de plusieurs congrégations. Par bulle du 20 novembre, le pontife décida la réouverture du concile à Trente pour le jour de Pâques de l’année suivante. Quelques semaines plus tard, le 26 février 1561, malgré la violente opposition de l’ambassadeur de Philippe II, Vargas, Pie IV créait Seripando cardinal prêtre du titre de Sainte-Suzanne; le 10 mars, le pape nommait comme légats à Trente, outre les cardinaux Hercule Gonzague de Mantoue et Jacques Puteo, précédemment désignés, Jérôme Seripando, le Polonais Stanislas Hosius et Ludovic Simonetta; le cardinal Marc Sittich de Hohenems (Altaemps) devait être plus tard envoyé pour remplacer provisoirement Puteo malade.
Seripando se rendit immédiatement à Trente: nous verrons bientôt son rôle comme légat. Son collègue Simonetta lui suscita, ainsi qu’au premier président Gonzague, de nombreuses difficultés, qui lui firent encourir la disgrâce du pape; Seripando aurait pu aplanir ces difficuités s’il n’avait pas été un timide, mais, comme l’écrivait plaisamment un contemporain à propos des légats : Primus (Gonzaga) non audit; secundus (Seripando) non audel; tertius (Hosius) semper legil; quartus (Simonella) semper scribit: quintus (Allaemps) nec audit, nec audet, nec legit, nec scribit. Concil. Tridentinum, éd. de la Gürresgesellschaft, ἔν 11 4, p. LXXIV. La disgrâce imméritée dans laquelle tomba Seripando eut une fâcheuse répercussion sur son état de santé qui n'avait du reste jamais été brillant; la mort du cardinal de Mantoue, premier président, survenue le 2 mars 1563, ajouta à son abattement. Au cours de la congrégation du 8 mars, Seripando ressentit les atteintes de la fièvre; il dut s’aliter et l’on perdit rapidement l'espoir de le sauver. Le 17 mars, le second président du concile mourait au milieu de l’émotion générale dans des sentiments d’admirable piété. Ses obsèques furent célébrées le surlendemain, sous la présidence d’'Hosius et de Simonetta et en présence de tout le concile; selon le désir qu’il avait manifesté avant d’expirer, le pieux cardinal fut inhumé à Trente dans le couvent augustin de Saint- Marc.
II. Œuvres. Seripando a laissé de nombreux écrits; malheureusement tous ne nous sont pas parvenus. Ses manuscrits, conservés d’abord à la bibliothèque du couvent de San Giovanni da Carbonara, furent dispersés en 1717; à cette date plusieurs furent acquis par la bibliothèque impériale de Vienne; la plupart des autres ont pris place, depuis 1866, à la bibliothèque nationale de Naples ; d’autres sont conservés à la bibliothèque Vaticane et aux archives générales de l’ordre des ermites de Saint-Augustin. Le Dr Merkle a essayé de dresser au t. 11 a, 1911, de l’édition du Concilium Tridentinum, P.LXXV-CVIII, un Catalogue critique des œuvres manuscrites et imprimées de Seripando. Ce catalogue n’est malheureusement pas exempt d'erreurs et d’omissions; Mgr St. Ehses en a relevé quelques-unes au t. 1x, 1924, de la même édition, p. XXv1, en particulier l’omission de l'important cod. Valic. Barberin. lat. 817; le Dr Merkle a de même négligé les mss de la bibliothèque Angélique à Rome (bibliothèque de l’ancien couvent de Saint-Augustin). Sans vouloir établir une bibliographie complète, nous allons essayer de donner une liste des principaux écrits imprimés ou inédits de Seripando; presque tous intéressent la théologie ou l’histoire du concile de Trente. Les écrits purement autobiographiques seront mentionnés dans la bibliographie donnée à la fin de l’article.
Sigles employés : NL — mss de la bibliothèque nationale de Naples; VDB — mss de Vienne: BB — cod. Barberini de la bibliothèque Vaticane: AG — mss de la bibliothèque Angélique; CTR — Concilium Tridentinum qui a publié de nombreux écrits de Seripando; les principaux tomes cités sont le t. 114, Diariorum pars 11, éd. Merkle, 1911; les t. v et 1x, Aclorum pars 1], pars VIs, éd. Ehses, 1911 et 1924; les t. x et x1, Epislularum pars I, ... 11, éd. Buschbell, 1916 et 1937; le 1. x11, Tractatuum pars prior, éd. Schweitzer, 1930.
19 Commentaires d’Écriture sainte. — 1. Commentaria in epislulas divi Pauli ad Corinthios et in I1s® ad Thessalonicenses, NL, VII, A, 36, in-40 oblong, non numéroté. — 2, Commenlarium in epistolam divi Pauli ad Romanos, NL, VII, À, 28, in-4° de 252 fol. Un exemplaire, en partie autographe, se trouve à Milan, bibl, Trivulziana, cod. 378, in-8°; il provient
SERIPANDO (JÉROME). ŒUVRES
du cardinal Cervini (Marcel IT) auquel il avait été donné par Seripando pendant le concile de Trente. Ce commentaire ἃ été publié avec les deux suivants. — 3. Exposilio in epistulam divi Pauli ad Galatas, NL, VII, A, 15, in-4° de 58 fol. — 3 bis. Commentaria in epistolam divi Pauli ad Galatas, NL, VII, A, 29, in-4° de 265 fol. ; imprimés à Anvers, 1567, in-8°, et à Venise, 1569, in-40, — 4. Responsiones ad nonnullas quæsliones ex texlu epistolæ [ad Galatas] catholicæ, ou De locis epislolæ ad Galalas, quibus ad sua confirmanda dogmata abuluntur hærelici, quæstiones L VII, publiées avec les deux commentaires précédents sous le titre : Hieronymi Seripandi ... in divi Pauli epistolas ad Romanos et Galatas commentaria, industria fr. Felicis a Laurino theologi, congregationis Sancti Joannis ad Carbonariam de observantia ex ordine eremitarum Sancti Augustini, vicarii generalis, Naples, 1601, in-4°. Ce recueil est précédé d’une Vie de Seripando et d’un catalogue de ses œuvres.
20 Œuvres oraltoires. — 1. Conciones variæ quas
habuit (Seripandus) infra annum, NL, VIII, À, 8, .
petit in-4°; aucune indication de date. — 2. Prediche XIX sul Pater noster, NL, XIII, AA, 46, in-49, ms. autographe; copie, NL, XJII, AA, 44, petit in-4°. — 3. Prediche sopra il simbolo degli apostoli dichiaralo con i simboli del concilio Niceno et di Santo Atanasio del P. Seripando arcivescovo di Salerno, NL, XIII, AA, 45, petit in-4° de 130 fol., contenant 15 sermons donnés vraisemblablement en 1556; un autre ms., NL, VIII, A, 13, in-4°, de 239 fol. donne le texte d’un seizième sermon. Ces sermons ont été édités par Marcel Seripando, neveu du cardinal, sous le titre : Prediche de Rmo Mons. Girolamo Seripando, arcivescovo di Salerno, che fu poi cardinale e legalo al concilio di Trento, sopra i simboli del concilio Niceno e di Santo Athanasio, Venise, 1567, in-4°; Rome, 1586, in-8°; réédition sous le titre Prediche di Girolamo Seripando, Salerne, 1856. — 4. Oralio in funere Caroli V imperaloris, Neapoli vr Kal. Martii MDLIX habita, NL, XI11, F, 60, imprimée la mème année à Naples, in-4°. — 5. Sylva rerum prædicabilium collecta in memoriæ subsidium, NL, Χ 11], AA, 21-26, 6 mss petit in-4°. Le véritable titre est celui-ci : Zn memoriæ dumtaxat subsidium f(rater) Hier(onymus) Seripandus colligebat, nec eloquentiæ, quam alioqui magni faciebat, laudem ullam quærens, cum lingua vulgo nota essent enarranda, nec eruditionis, cum Christi populum per hæc el alia nonnula ἄγραφα illa quidem et ex tempore non ad scientiam sed ad pielatem instilueret. Le τον porte le titre : Zn memoriæ subsidium f. Hier. Seripandus adnotabat cum éloquentiæ ac humanæ philosophiæ studiis valedixisset el per hæc alque alia ἄγραφα el extemporanea fratres suos ad pietatem instiltueret. Le t. 1 a été écrit en 1530, le t. 11 en 1531, les t. πὶ et Ὁ en 1540, le t. v pendant le généralat, en 1549, d’où le titre particulier, le t. vi à Salerne, 1560.
3 Écrits théologiques. — 1. De justificatione, NL, VII, D, 12 et 13,2 mss in-8°. Ce titre général recouvre plusieurs traités; voici le contenu du premier ms. : a) De justificatione medilala commentatio (fol. 1 r°- 26 ve), CTER, t. x11, ἢ. 94, p. 613-636. Ce traité très important comprend six parties : De justificalionis doctrina, ...acceplione, ...conservalione, ...incremento, .…perfectione, …recuperandæ via. On trouve à la suite : — δ) Commentatæ medilalionis de justificalione quæsliunculæ (XV). On lit au fol. 27 la note suivante de la main même de Seripando : Hæc quæ Tridenti scripseram anno a salule MDXLVI dum in concilio essem magister generalis Auguslinensium, relegi ac denuo examinavi anno MDLXI Tridentum reversus Pii 1111 Pont. Max. ad instaurandum concilium legalus. Merkle suggère que cette revision est due à la controverse sur Baïus; c’est possible. — c) De duplici
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Justitia (fol. 27 τὸ et vo), CTR, t. τι a, appendice. d) Justificationis explicatio ex S. Thoma (fol. 33 r°- 34 το), CTR, t. xut, n. 95, p. 636-637. — e) Pro confirmanda sententia de duplici justitia catholicorum quorumdam doctrina (fol. 43 το- 88 vo), CTR, t. χαὶ, n. 102, p. 664-671. Seripando a composé cet écrit en octobre 1546 pour prouver que la doctrine de la double justice qu’il soutenait s’appuyait sur des opinions théologiques bien établies. Seripando se réfère à l’augustin espagnol Jacques Perez (ï 1490 ou 1491), évêque auxiliaire à Valence, auteur d’un commentaire sur les psaumes dont Seripando cite deux passages, à Pighi, Gropper et Contarini. — f) Note sur l'élaboration par Seripando du premier décret sur la justification (fol. 57 r°-58 vo).
2. {De justificatione), NL, XIII, AA, 22, petit in-4°, autographe. Le titre du ms. est : Fra Geronimo Seripando ed altri lettere varie. Le ms. débute par le traité suivant : Trattato della giustificazione di Girolamo Seripando al magnifico M° Lattantio Tolomei scrilto nell anno 1543 (fol. 2 r°-36 ve), CTR, t. x11, append. vi, p. 824-849. Copie dans NL, XIII, AA, 44. La date de 1543 est peut-être fautive : le traité ne serait-il pas postérieur au décret sur la justification du concile de Trente? Le traité comprend trois parties : des œuvres sans la foi, ce qu'est la foi, peut-on être justifié par la foi seule. Sur ce traité voir un art. du Dr H. Jedin dans Rômische Quartalschrift, t. XxXXV, 1927, p. 351 sq. Parmi les lettres qui se trouvent à la suite de ce traité dans le ms. NL, XIII, AA, 22, on en trouve quelques-unes de spiriluali, en particulier du cardinal Contarini et de Marcantonio Flaminio.
3. Opuscula varia, NL, VII, D, 14-16, 3 mss in-4°. Le premier vol. contient : a) De traditionibus (fol. 2 r°- 9e), CTR, t. x1r, n. 68, p. 517-521. Ce traité se trouve également dans BB, 817, fol. 45 vo-52 vo. — δ) De libris sacræ Scripturæ (fol. 10 r°-31 το), CTR, t. xu, n. 62, p. 483-496. On peut dater ce traité de mars 1546. Copie dans VDB, 629, fol. 33 το- 58 vo et BB, 850, fol. 53 r°-60 vo. — c) De peccato originali (fol. 46 r°-54 vo), CTR, t. xu1, n. 76, p. 541-549. Seripando a écrit ce traité à Trente, probablement après le 24 mai 1546. Il y montre, par le témoignage des Pères, l'existence du péché originel, sa propagation et sa malice; il disserte ensuite de la concupiscence et de ses remèdes, et des effets du baptème. Autre version dans BB, 817, fol. 86 vo-100 το, d) Pro dictis a (cardinali Reginaldo) Polo (fol. 56 r°-59 το), CTR, t. x11, n. 77, p. 549-553, sous letitre De concupiscentia. Même texte dans BB, 817, fol. 100 v°-106 το, — e) De articulis 17 januarii propositis (col. 62 r°-80 r°), CTR, t. χιι, n. 120, p. 747-760, sur les sacrements, en particulier ceux de baptême et de confirmation.
Le deuxième vol. des Opuscula n'offre guère d’intérêt : il contient des textes des Pères rassemblés par Seripando pour son usage au concile.
Le troisième vol. porte ce titre : Propositiones XVIII el censuræ earum quæ circumferuntur nomine Sorbonæ Parisiensis (sur la grâce et le libre arbitre).
4 Écrits conciliaires. — Sous ce titre nous rangeons la plupart des écrits ayant trait au concile, tant au point de vue théologique qu’au point de vue historique (certains, plus spécialement théologiques, ont été indiqués au 3°).
1. Memoriæ ad concilium Tridentinum speclantes, a cardinali Seripando collectæ, titre donné par Montfaucon (Diarium italicum, p. 307) aux mss VDB, 6016 et 6017. Ces mss renferment divers écrits que l’on retrouve à peu près (mais dans un ordre différent) dans NL, 1X, À, 48, 49 et 51; on trouvera une description complète de ces mss dans Merkle, CTR, t. 11 a, prolég., et dans Generoso Calenzio, Documenti inediti e nuovi lavori lellerarii sul concilio di Trento, Rome, 1874,
SERIPANDO (JÉROME). ROLE DOCTRINAL
p. 325-330 et 336-358. Nous cilerons ici les écrits les plus importants de ces Memoriæ sous les titres donnés par Merkle : a) Fragmenta historiæ concilii annis 1545 et 1546, NL, IX, À, 49, fol. 133 r°-187 το; BB, X VI, 24; VDB, 6017; CTR, t. n1 a, p. 399-429. Düllinger a donné une édition partielle de cette histoire sous le titre Actionum tridentinarum series a die XIV Καὶ. junii anni MDXLV usque ad pridie nonas februarii MDXL VI, dans Ungedruckle Berichte und Tagebücher zur Geschichte des Konzils von Trient, Nordlingen, 1876, p. 1-38. — δ) Fragmenta ad hisloriam annorum 1561 et 1562 perlinenlia, extraits de NL, IX, À, 48 (fol. 1 νο- 36 vo) dans CTR, t. 11 a, p. 468-488.
2. Farrago geslorum concilii Tridentini el Bononiæ sub Paulo III, NL, IX, À, 50 et BB, XVI, 13.
3. Actes de Seripando au concile, CTR, t. v : a) n. 136, p. 332-336 : Sententia de juslificatione (per Seripandum) dicta in congregatione generali die 13 Julii 1546, d’après BB, 892 (NL, IX, À, 50). — ὃ) n. 156, p. 371-375. — c) n. 212, p. 485-490. — ἃ) n. 219, p. 510-517 : Decrelum de justificatione reformatum secundum censuras super illo lecto 23 septembris (31 octobre 1546). — 6) n. 250, p. 666-671. — [) n. 270, p. 704-705. — g) n. 282, p. 725-726. ἢ) ἢ. 291, p. 743. — i) n. 295, p. 750-751. — 7) n. 321 À, p. 821- 828 : Decreti de justificatione prima forma (11 octobre 1546), d’après NL, VII, D, 12; cf. Le Plat, Monumentorum ad historiam concilii Tridentini amplissima collectio, t. 111, Louvain, 1783, p.472-473.— k) n. 321 B, p. 828-833 : Decreti de justificatione altera forma, NL, VII, D, 12. -- CTR;"t. χιαῖ, ἢ. 108, p. 679-685 : Decrelum de justificatione secundo propositum sub nomine legatorum et reformatum per Fr. H(ieronymum Seripandum) ex suis et aliorum censuris, d’après NL, IX, À, 26, fol. 35 r°-39 vo, On trouvera d’autres extraits des interventions de Seripando au concile dans CTR, t, 1x.
4. Lettres intéressant le concile. — a) Lettres à Charles Borromée, Ambros., H, 244, l’une a été éditée par Sickel, Rômische Berichte, t. 11, p. 108-117; quatre autres par Suëta, Die rômische Kurie, t. τι, p. 251, 338, t. 111, p. 39. — δ) Lettres à Sirleto, BB, XVI, 11, et Vatic. 6189. — c) Lettres à Cervini, CDR; tx; τὶς 371; p.-457-458; π΄ 83,-p. 222-223; n. 95, p. 231-233. — d) Lettre à Augusto Cocciano, sur l’Interim, CTR, t. x1, n. 293, p. 427-428; dans Calenzio, op. cit., p. 261-280.
5° Divers. — 1. Postillæ et nolæ marginales in opus originale ms. historiæ X X sæculorum cardinalis Ægidii Vilerbiensis, titre donné par Merkle d’après des catalogues anciens, mais sans autre indication. L’Hisloria viginti sæculorum per totidem psalmos digesta, ad Leonem X, de Gilles, AG, 351, contient des Additamenta de Seripando sur les papes Léon X, Adrien VI, Clément VII, Paul III, Jules III et Marcel II. Cf. Narducci, Catalogus codicum manuscriptorum in bibliotheca Angelica, t. 1, Rome, 1893, p. 177.
2. Postillæ et adnotationes in Iu® librum Sententiarum cardinalis Ægidii, titre donné par Merkle également sans autre indication. Le commentaire de Gilles sur le Livre des Sentences se trouve dans quatre mss : Vatic., lat. 6325; AG, 636 (Q. 28); NL, VIII, F,8et NL, XIV, II, 71. Ce dernier ἃ été transcrit au xvirie siècle sur l’exemplaire copié à Trente par l’augustin Nicolas Scutelius pour Seripando et annoté par lui.
3. Quæsliones de nalura divina adversus Epicurum et adversus sloïcos quod nihil sit in rerum nalura quod in secum finem non feratur, NL, VIII, E, 40, in-fol. Il est possible que ce traité ne soit pas l’œuvre de Seripando.
III. ROLE AU CONCILE DE TRENTE ET POSITION DOCTRINALE. — 19 Pendant les premières sessions du concile (1515-1548). — Dès son arrivée à Trente, en
mai 1545, Seripando avait une réputation solidement établie. Son activité antérieure, ses travaux et ses écrits, sa qualité de maître général d’un ordre illustre, son amitié avec les cardinaux Cervini et Pole, deuxième et troisième présidents du concile, tout devait contribuer à lui assurer une place importante dans l’assemblée chargée d'opérer la réforme de l’Église. De fait, dès l'ouverture des travaux, il se fit remarquer par l'étendue de son savoir, la netteté de ses opinions et par son zèle pour la réforme. Cervini, qui avait la plus grande part dans la direction du concile, employe très habilement le général des ermites de Saint-Augustin à préparer les matières qui devaient faire l’objet des discussions du concile.
La première intervention de Seripando fut très remarquée. Le décret de la 115 session donnait comme titre au concile les mots Sacrosancta Tridentina Synodus sans y ajouter la formule employée par les anciens conciles : universalem Ecclesiam repræsentans; plusieurs évêques protestèrent contre cette omission et créèrent ainsi une grosse difficulté aux légats qui ne voulaient pas de la formule parce qu’ils y voyaient une concession aux protestants. Dans la congrégation générale du 13 janvier 1546, les cardinaux Cervini, Madruzzo et Pacheco, l'évêque d’Astorga, Diego de Alaba y Esquivel, prirent la parole sans trop réussir à calmer les opposants. Seripando se leva alors et, avec beaucoup d’habileté, fit remarquer qu'il ne s'agissait pas de renoncer définitivement à la formule, « mais de ne pas s’en servir provisoirement, en attendant que le nombre de ceux qui participaient au concile fût devenu plus considérable et que l’assemblée eût voté des décrets assez importants pour justifier un si grand qualificatif ». Conc. Trid., t. 1V, p. 565 sq. Les évêques opposants se déclarèrent satisfaits.
Cette première discussion n’était rien auprès de celles qui allaient suivre. Jusqu’alors le concile n’avait eu à s’occuper que de l'élaboration de son règlement et de la fixation de son ordre du jour; la 1ve session aborda enfin les questions doctrinales en traitant du canon des Écrilures et des traditions apostoliques. Parmi les discussions qui se produisirent à ce sujet, on remarqua beaucoup l’intervention de Seripando. Avec vigueur, le général des augustins proposa au concile d’adopter la distinction — renouvelée de Cajétan — entre livres authentiques et canoniques, fondement de la foi, et livres simplement canoniques, utiles à la foi, Conc. Trid.,t. ν, p. 7; malgré l’appui des dominisains, en particulier de l’évêque de Fano, Pietro Bertano, Seripando ne réussit pas à faire admettre son point de vue; il eut néanmoins une part relativement active à la rédaction du décret de cette session, ibid., p. 54; son rôle devait être beaucoup plus important dans la session suivante consacrée à l'examen dela question du péché originel.
Auparavant Seripando dut prendre la parole contre le bouillant évêque de Fiesole, Bracci-Martelli — lun des tenants de la formule universalem Ecclesiam repræsentans — qui avait violemment manifesté contre les privilèges des moines en matière de prédication. L’évêque dominicain, Thomas Caseili, de Bertinoro, en défendant la cause des religieux, était tombé dans l’excès opposé et n’avait fait qu’envenimer le débat. Le discours de Seripando produisit une profonde impression. « Il écarta avec beaucoup de calme et d’intelligence les raisons invoquées par les évêques ou les religieux pour l’exercice de la prédication. 1] montra clairement que les évêques et les curés, dans l’état actuel des choses, ne pouvaient suflire aux besoins d’évangélisation d’un diocèse. Après qu’il eut prouvé la nécessité de recourir au concours des moines, il montra combien il serait injuste de les faire dépendre, jusque dans leurs propres églises, entièrement de la
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volonté des évêques. » Pastor, His. des papes, trad. Poizat, t. xu1, p. 116; cf. Conc. Trid., t. v, p. 132 sq.
A cette séance, qui eut lieu le 21 mai 1546, le concile avait décidé de mettre à l'étude la question du péché originel. Seripando fut chargé par les légats de dresser, avec l’aide d’autres théologiens, une liste des principales erreurs sur ce sujet. Cette liste fut proposée aux Pères le 9 juin. Les discussions avaient commencé cependant avant cette date: Seripando y apporta plus d’une fois Ja lumière (cf. par ex. Conc. Trid., τον, p. 194-195). Les légats lui demandèrent de collaborer à la rédaction du décret qui fut promulgué le 17 juin. Le texte primitif avait été proposé le 8 juin et souleva de nombreuses observations de la part des Pères et des théologiens. Une des discussions les plus vives eut lieu à propos du canon 2. Le texte du projet portait qu’Adam avait transmis, secundum communem legem, non seulement la mort et les peines du corps, mais aussi le péché qui est la mort de l’âme. L’incise secundum communem legem était ambiguë par rapport à l’immaculée conception de Marie; plusieurs Pères sollicitèrent une addition au texte, par exemple le cardinal Pacheco, qui souleva l’indignation des dominicains par son contre-projet : nisi Deus alicui ex privilegio dederil, prout in beata Virginie. Seripando intervint en en appelant au témoignage des universités en faveur de l’immaculée conception; il se montrait cependant partisan du maintien de l’incise (n’était-il pas un des rédacteurs?). Le concile cependant ne le suivit pas et supprima purement et simplement la formule sans vouloir trancher le débat. Conc. Trid., t. v, p. 202 sq.; cf. Cavallera, Le décret du concile de Trente sur le péché originel, dans Bullelin de litt. ecel. (Toulouse), 1913, p. 294-296.
La discussion sur le péché originel avait amené le concile à s'occuper de la question éminemment actuelle de la justification. Du 22 au 28 juin eurent lieu des discussions préalables sur les points les plus dificiles. A partir du 30 juin, les Pères furent invités à examiner un programme en trois points, répondant aux trois états dans lesquels l’homme peut être considéré. A propos du premier état (celui de l’homme qui accède à la foi), Seripando intervint longuement dans la congrégation générale du 13 juillet. Conc. Trid., t. v, p. 337 sq. Cette communication fut très remarquée, parce que son auteur y manifestait nettement sa tendance augustinienne, réduisant la part de l’homme au profit de la grâce. Zbid., p. 337 sq. Le 23 juillet, Seripando prit de nouveau la parole au sujet du deuxième état (celui de l’homme déjà justifié), sur le point précis du mérite; s'inspirant principalement de saint Augustin et de saint Bernard, le général des ermites montra comment les bonnes œuvres accomplies sous l'influence de la foi et de la grâce sont méritoires de la vie éternelle : Dico quod, sicut vita ælerna merces dicitur in sacris lilteris et gratia, sic opera dici possunt merita, sed debent etiam dici dona. P.373 sq. Le lendemain, 24 juillet, on distribuait aux Pères un projet de décret sur la justification, dû à la collaboration de l'archevêque d’Armagh, Robert Vauchop, et du franciscain observantin André de Vega. Ce projet ne satisfit personne et fut finalement rejeté à cause des tendances scotistes qui s’y manifestaient. Le jour même, Gervini prit l'affaire en main et confia la rédaction d’un nouveau projet à Seripando. « Le général des augustins a raconté les vicissitudes de sa collaboration. Conc. Trid., t. 11, p. 428-432. Cervini lui demandait de rédiger un décret De justificalione selon les vues qu’il lui exprima. Le texte fut prêt le 11 août : il est publié ibid., τ. V, p. 821-828. Une seconde rédaction, avec quelques modifications de détail, fut présentée le 19, των, p. 828-833. Mais pendant ce temps, Gervini consultait également d'autres
théologiens et, à l’aide des éléments qu'on lui fournit, rédigea un nouveau texte, qui fut soumis, dès les premiers jours de septembre, à divers évêques et théologiens importants, t. 1, p. 571. Ce texte fut envoyé à Rome le 22, t. x, p. 660, et soumis au concile le 23, t. v, p. 420-430. Tout le monde le loua de prime abord, sauf Seripando qui ne reconnut pas son œuvre. Le général des augustins présenta même des observations au cardinal. » Michel, Les décrets du concile de Trente, τ χα de l'Histoire des conciles d’Hefele-Leclercq, p.77. Le nouveau projet maintenait cependant intégralement plusieurs parties du texte de Seripando, ainsi le chapitre final consacré au mérite. Conc. Trid., t. χα, p. 426.
Le nouveau projet fut présenté aux théologiens les 27-29 septembre, t. v, p. 431-442, et soumis aux Pères les 1-2, 5-9 et 11-12 octobre. Le 8 octobre, Seripando exposa ses idées sur la question, ibid., p. 486-488, et causa une grosse émotion. Rappelant la position de Contarini, Cajétan, Pighi, Pflug et Gropper, il demanda au concile d'adopter la distinction entre deux justices, celle de l’homme, acquise par les œuvres, insuffisante (justice inhérente), et celle du Christ, acquise par la foi, nécessaire pour compléter la précédente (justice imputée), c’est ce qu’on est convenu d’appeler la théorie de la « double justice ». Le discours du général des augustins provoqua une telle réaction que les légats décidèrent d'organiser une discussion spéciale sur ce sujet. Zbid., t. v, p. 496-497. Seripando posa lui-même la question en ces termes : Utrum justificatus qui operatus est opera bona ex gratia … ita ut retinuerit inhærentem justitiam censendus sit salisfecisse divinæ justitiæ ad meritum et acquisitionem vitæ æternæ, an vero cum hac inhærente justitia opus insuper habeat misericordia et justitia Christi … quo suppleantur dejectus suæ justitiæ. P. 533. Les consultations des théologiens ne prirent pas moins de dix séances (du 15 au 26 octobre). Trente-sept théologiens prirent la parole; cinq seulement furent favorables à la thèse de Seripando, trois augustins, Aurélius de Roccacontrata, p. 561-564, Marianus de Feltre, p. 599, Étienne de Sestino, p. 607-611; le théologien pontifical Antoine de Solis, p. 576, et le servite Laurent Mazocchi, p. 632, qui dixerunt (résume Massarelli, Ῥ. 632) inhærentem justitiam non sufficere sed esse opus imputatione justitiæ Christi; les autres théologiens s’élevèrent contre la théorie de la double justice, principalement le jésuite Lainez, qui discuta point par point tous les arguments de Seripando. P. 619-626. Les Pères se rallièrent à la position de Laiïinez. Cf. J. Brodrick, The jesuits at the council of Trent, dans The Month, t. σαν, 1929 ὃ, p. 513-521; t. cv, 1930 a, p. 97-108.
Le 25 octobre, Cervini demanda à Seripando de se remettre encore une fois au travail et de rédiger un nouveau décret De justificatione sur la base du précédent en tenant compte des desiderata exprimés par les Pères et les théologiens. Seripando acheva son travail le 31, Conc. Trid., t. τ, Ὁ. 581-583; t. 11, p. 430; texte, οἴ, v, p. 510-523; Cervini y apporta des retouches qui provoquèrent une nouvelle protestation de l’auteur. Le projet fut néanmoins soumis aux théologiens et aux Pères le 9 novembre et occupa quatorze séances jusqu’au 15: décembre, t. v, p. 642-685. Au cours des discussions plusieurs orateurs demandèrent au concile de condamner la théorie de la double justice; certains, tels le franciscain Denis Zannettini, évêque de Mylopotamos en Grèce, prétendaient que Seripando avait emprunté sa doctrine à celle de Luther. Quelques semaines avant, Zannettini avait écrit ces lignes invraisemblables au cardinal Farnèse, t. x, p. 539 : « Tous les théologiens s'accordent à dire que, d’après l’ordre établi par Dieu, les œuvres sont une condition
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nécessaire à la justification. Seuls les religieux de Saint-Augustin, je veux dire les grands ceinturés, disent que de notre côté il n’y a rien de requis; nous nous y comporterions d’une manière complètement passive et réceptive, ce qui est une opinion hérétique et luthérienne ... et c’est en présence de tout le concile qu’ils ont l'audace de parler ainsi! Il est de toute évidence que l’ordre entier est infecté. Mais leur général devait les connaître, puisqu'il est manifeste que lui aussi il est de cette opinion. Et dans leurs conversations, ceux qui ne prêchent pas répandent cette ivraie et autres poisons du même genre, marchant à la suite de leur défroqué sacrilège, Martin Luther. Voilà ce que depuis nombre d’années je ne cesse de crier, surtout contre ces grands ceinturés, soidisant héritiers d'Augustin. » Le problème, on le voit, menaçait de prendre une extension imprévue. Seripando résolut de défendre l’honneur de son ordre et de justifier ses opinions théologiques; il prit la parole les 26 et 27 novembre; son discours fut un long plaidoyer en faveur de l’augustinisme, t. v, p. 666-675; il s’attacha d’abord à distinguer sa doctrine de celle de Luther : « Les luthériens mettent tout dans la foi; suivant leur manière de parler, elle saisit la justice (du Christ) qui nous est imputée. Au contraire, à côté de la foi, l’opinion que je viens d’exposer met les œuvres et les mérites, et elle admet la justice inhérente. Elle se borne à demander qu’ilsoit permis à l’âme craintive d'espérer; qu'il soit permis à l’âme qui tremble en songeant à son imperfection, de se tourner vers les mérites du Christ et d’espérer en la miséricorde de Dieu. » P. 674. Le général des augustins déposa ensuite trois amendements en faveur de sa thèse: la discussion lui fut défavorable, elle devait même aboutir à la condamnation de la justice imputée (canons 10 et 11 du décret). Cependant le concile ne condamna pas formellement la double justice : les efforts de Seripando n’aboutirent qu’à ce résultat. Voir ici l’art. JUSTIFICATION, t. VIII, 00]. 2185.
Les débats sur la justification amenèrent le concile à s’occuper du mérite des bonnes œuvres. On a vu plus haut une intervention de Seripando à ce sujet. Ce ne fut pas la seule; on peut même dire que, grâce à lui, la doctrine du mérite fit un grand progrès. Il est du reste à remarquer que le texte définitif des parties du décret De justificatione relatives au mérite est, à quelques modifications près, le texte même du projet de Seripando. Pour le détail de l’activité de Seripando, voir l’art. MÉRITE, t. X, col. 739 sq.
L’épineuse question de la justification enfin résolue — elle avait occupé le concile plus de six mois — les légats décidèrent que la matière dogmatique de la vire session porterait sur les sacrements. Le général des augustins n’avait rien perdu de son prestige, malgré ses efforts malheureux en faveur de la double justice; son rôle dans cette session fut aussi actif que dans la précédente. Cervini avait chargé Seripando de rechercher dans les écrits de Luther, Mélanchthon et autres novateurs, les erreurs modernes sur les sacrements. Conc. Trid., τ. V, p. 735. Seripando fut bientôt aidé de Lainez et de Salmeron, particulièrement documentés sur la question. Ensemble ils dressèrent une liste de trente-cinq erreurs, quatorze sur les sacrements en général, dix-sept sur le baptême et les autres sur la confirmation. On se mit ensuite au travail et les discussions commencèrent. Le 15 février, le dominicain Ambroise Catarin demanda au concile de condamner l'opinion de Cajétan selon laquelle les enfants dans le sein de leurs mères pouvaient être sauvés par le désir des parents, t. v, p. 933; quatre jours plus tard, Seripando prit la défense de Cajétan, p. 966, et parvint à faire éviter une condamnation formelle. Le lendemain, le général des augustins fut désigné avec Massarelli,
Storck et Bertano pour rédiger un projet de décret sur les sacrements; Je texte fut remis aux Pères le 27 février, texte, t. v, p. 984-987; il devait être adopté sans trop de modifications.
Au lendemain de cette vir session, une épidémie se déclara à Trente; les légats saisirent l’occasion et firent décider la translation de l’assemblée à Bologne. Le 12 mars, les légats quittaient la ville, suivis deux jours plus tard, du général des augustins. On a vu plus haut que Seripando ne séjourna pas longtemps à Bologne et que, lors de la reprise sous Jules III, (1er mai 1551-28 avril 1552), il n’était plus membre du concile, Christophe de Padoue lui ayant succédé dans la charge de maître général de son ordre. Le dernier acte de Seripando au concile fut de s'occuper avec Catarin de l'examen de l’Zntérim que Charles-Quint venait de publier à Augsbourg.
29 La légalion au concile (1561-1563). — Je concile reprit ses travaux là où ils avaient été laissés en 1552. Seripando, deuxième président, en prit la direction, le cardinal Gonzague, premier président, reconnaissant tout le premier l'insuffisance de sa formation théologique.
Le concile sous Jules ΠῚ avait laissé en suspens les questions de la communion sous les deux espèces et de celle des petits enfants. Le 5 juin 1562, on proposa à l'examen des théologiens cinq articles De usu eucharisliæ; le lendemain commencèrent les discussions des Pères; le 30, on procéda à l’examen de quatre canons correspondant aux cinq articles. Ces canons étaient l'œuvre de Seripando, Conc. Trid., t. vint, p. 618, qui « les présenta modestement comme ayant encore besoin d'adaptation, exemplo ursæ cum filiis suis facil ». P. 634. Le cardinal eut également une certaine part dans la rédaction des chapitres du décret de cette session.
L'objet des travaux de la xxHEe session qui suivit fut le saint sacrifice de la messe; treize articles furent soumis aux Pères (discussions dans Conc. Trid., t. ναι, p. 718-981); le premier la Cène célébrée par Jésus doit-elle ; tre considérée comme un véritable sacrifice — retint particulièrement l’attention générale. Seripando « avait réuni un dossier, encore inédit, ibid., p. 786, de textes favorables à l’opinion affirmative, lui-même tenant pour l’opinion négative. C’est vraisemblablement sous son influence que le c. 1 du décret attribuait au Christ l'institution du sacrifice eucharistique et la fixait à la dernière Cène, mais sans dire qu'il eût lui-même, à ce moment-là, offert un véritable sacrifice. » Michel, op. cit., p. 436. Au cours des discussions qui suivirent, Seripando fut d'avis qu'il ne fallait pas définir ce point : non ponantur incerla pro certis. La majorité ne le suivit pas et modifia en conséquence les termes du €. 1.
Parallèlement aux questions doctrinales, le concile devait travailler à la réforme de l’Église. C’est à ce sujet que se produisirent les regrettables incidents qui mirent aux prises Seripando et son collègue le cardinal légat Simonetta, et dont il a été fait mention plus haut. Seripando qui était animé du désir de ramener les dissidents à l’Église — pendant tout le concile il n'avait cessé de dire qu’il fallait que les luthériens vinssent au concile afin d'y coopérer à la réforme — voulait qu’on procédàt d’abord à la réforme de la Curie, seul moyen selon lui d’inspirer de la confiance aux hérétiques ; Simonetta craignait qu’en s’attaquant aux abus qui régnaient à la Curie, on n’allât trop loin et qu'on ne fit ainsi le jeu des novateurs; il concluait done à une réforme très générale de l’Église, Par désir de conciliation, Seripando accepta le plan de Simonetta, mais à la condition que la réforme de la Curie fût jointe à la réforme générale de Ja chrétienté c'était la seule façon de faire une restauration sérieuse.
SERIPANDO (JÉROME).
Son collègue, soucieux avant tout de mettre la cour pontificale hors de cause, s’efforça par tous les moyens de retarder cette réforme, surchargeant le projet d’amendements, tendant à le rendre aussi imprécis que possible.
A cette question de la réforme s’ajoutait celle de la résidence des prélats. Les premières sessions avaient montré que les débats sur ce sujet pouvaient devenir dangereux. De fait, les Pères n’arrivaient pas à se mettre d'accord sur le principe même de l'obligation de la résidence : procédait-elle du droit divin ou du droit ecclésiastique? Le problème était grave; aflirmer qu’elle était de droit divin, cela ne revenait-il pas à dire que l’évêque, relevant directement de Dieu, ne doit au pape que la subordination que Jésus-Christ lui impose? On devine de quel côté s'étaient respectivement rangés les deux légats. Pie IV, averti par Simenetta, mit tout en œuvre pour faire écarter le débat; le 18 mars 1562, il écrivit dans ce sens aux légats. Simonetta proposa en conséquence l’ajournement pur et simple de l’art. 1. du projet de réforme: le cardinal Hosius lui donna son adhésion. Mais Seripando, soutenu par le premier légat, Gonzague, et dont la timidité faisait place à l’obstination quand il s'agissait de questions de principes, ne voulut rien entendre et exigea une discussion complète et immédiate. Une grosse effervescence se produisit dans le concile; cette crise paralysa l’assemblée de mai à septembre.
Par ses rapports presque quotidiens à la Curie (on se rappelle le « facetum » : semper scribit), Simonetta acheva d’indisposer le pape contre Gonzague et Seripando. Pie IV leur reprocha amèrement d’avoir inséré dans l’ordre du jour du concile un débat qui risquait de ressusciter les vaines disputes du siècle précédent sur la supériorité du concile; il exprima sa douleur de voir ses légats a latere travailler à la ruine de l’autorité pontificale. D'autre part, les correspondants des légats à Rome les avertirent que l'intention du souverain pontife était de nommer le cardinal Cicada premier président et d’adjoindre au collège des légats les cardinaux de La Bourdaisière et Navagero. Gonzague répliqua immédiatement en priant le pape de le relever de sa légation : il ne pourrait se résoudre à passer au second plan. Seripando, de son côté, envoya au cardinal Charles Borromée, secrétaire d'Etat, un long mémoire justificatif. Le cardinal neveu intervint alors et travailla à la pacification, il obtint de Pie IV qu'il renonçât à envoyer de nouveaux légats à Trente, blâma discrètement Simonetta et écrivit à Seripando pour l’encourager à continuer la direction des travaux du concile.
Seripando se remit au travail, mais avec moins d’ardeur qu’autrefois. Son activité dans la xxIHe session (De ordinis sacramento) se limita à diriger les débats. Les travaux de la xx1v° session De matrimonio venaient de commencer, quand il mourut.
30 Posilion doctrinale de Seripando; son augustihisme. — Les opinions que Seripando avait soutenues au concile touchant le péché originel et la justification avaient ébranlé chez un grand nombre de ses contemporains la confiance en la pureté de sa foi; d’aucuns, tels Caraffa, Zannettini, etc., étaient fermement convaincus que le général des augustins avait subi l'influence de son ancien confrère Luther et que ses opinions théologiques se rapprochaient davantage de celles des uovateurs que des traditions orthodoxes. Il est certain que la ressemblance est frappante entre certains points de la doctrine de Seripando et de la théologie de Luther, Que l’on compare, par exemple, les opinions du premier Commentaire sur les Psaumes écrit par Luther en 1513-1514 avec les idées émises par Seripando au concile de Trente, principalement sur la double justice (Luthers Werke, éd. de Weimar,