SERVITES. ÉTUDES THÉOLOGIQUES
mentateur » est contraire à l’enseignement de la foi, il s’en éloigne avec pleine liberté. Ainsi, au 1. VIII, d'accord avec Averroès pour admettre l'éternité du monde, dans la question Utrum mundus sit ælernus tali modo quod non habuerit causam productivam sui esse, il répond que sicut patet ex dictis in isto octavo (libro ), opinio falsa Commentatoris fuit; sicut patet per raliones suas sophysticas; et après avoir apporté sept raisons pour en démontrer la fausseté, il en ajoute sept autres déduites des écrits même d’Averroès, de manière que le lecteur puisse les confronter avec les siennes; puis il conclut : /s{æ sunt illæ frivolæ responsiones quas Commentator daret ad dictas rationes. El videte quod quia ego expono Commentatorem, non esset conveniens occullare suam intentionem, quia tune non essel eum exponere sed occultare. Foi. 231.
Philippe Moncagatta da Castellazzo (Alexandrie), grand partisan de l’albertisme en Italie, publia les Commentaria et quæstiones super prædicabilibus, prædicamentis, etc.et omnia opera excellentissimi philosophi Alberti Magni super tota logica Aristotelis, Venise, 1494. Il écrivit aussi divers traités sur la pénitence, une JInvectiva in empiricum quemdam medicum, un Quadragesimale qui ne furent pas imprimés.
En 1462, Étienne de Nicase de Flandre avait écrit, dès son jeune âge, quelques Studia logicalia, ouvrage qui est resté inédit; plus tard, en 1497, il publia une Quæstio de subjecto et de propria passione ad mentem Scoti, disputata in almo Bononiensi studio, où l’on peut voir qu’il a enseigné la métaphysique à l’université de Bologne.
En plus de ces auteurs, plus ou moins suivis dans l’enseignement, notons Ambroise Spiera, de Trévise, religieux remarquable par la sainteté de sa vie et par son apostolat, auteur d’un Quadragesimale de floribus sapientiæ, imprimé en 1477, et par la suite plusieurs fois réimprimé, et d’un bon Commentarius in II%® librum Sententiarum, qui ne fut pas édité. Comme presque tous les écrivains de l’ordre aux xv® et xvIe siècles, il incline ordinairement en faveur de la doctrine de Scot. Notons encore Paul Attavanti, florentin (f 1499), qui prêcha dans les chaires de Florence, en même temps que frère Jérôme Savonarole, et qui, outre deux volumes de sermons très intéressants et deux volumes de droit canonique, publia aussi un petit livre Modo utile di confessione a Dio, et une Logica qui ne fut jamais imprimée.
Parmi les nombreux théologiens de l’ordre au xvIe siècle, qui par leurs écrits ont exercé une certaine influence sur les études de leurs confrères, il faut noter : Jérôme de Lucques, généra]l de l’ordre, qui publia en 1523 les Solutiones apparentium rationum Marini Lutheri, ex sacro evangelii texlu excerptæ; Augustin Bonucci, général (f1556), qui, le 8 avril 1546, tint un discours remarquable au concile de Trente, cf. Martène et Durand, Vet. mon. coll., t. var, col. 1075 sq., et écrivit une Exquisilio super formalitates Aristotelis super universalia, et des Quæstiones super librum terlium de anima selon la pensée de Scot. Ajoutons aussi Nicolas de Pérouse qui enseignait la philosophie à la « Sapientia » de Rome et publia à Rome, en 1512, une Logica selon Aristote; plus tard, Félicien Aurucci de Capitone (Narne), archevêque d'Avignon en 1566, qui écrivit des Explicationes catholicæ locorum fere omnium Veteris et Novi Testamenti quibus ad stabiliendas hæreses nostra lempestate abutuntur hæretici, Venise, 1579.
Vers le milieu du même siècle, commença à circuler la légende selon laquelle Henri de Gand aurait été religieux de l’ordre. Cette légende s’explique par une confusion de nom avec un certain frère Henri Allemand, lecteur et prédicateur, qui mourut en 1324, et que l’on appelle aussi Henri de Flandre, qualifié du nom de magno dans les registres du temps (probable -