‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 154 sur 457 · SERVITES · texte numérisé non relu

SERVITES

ment mis pour alemanno), et par le fait du manuscrit que l’on disait se trouver à Padoue, et qui portait le nom d'Henri de Gand ordinis servorum. Pour ces raisons, dit Poccianti, l’idée quorumdam Patrum majorum prit corps qu’en fait le Doctor solemnis avait appartenu en quelque manière à l’ordre des servites. Avec une légèreté peu louable, Poccianti introduisit cette légende, à l’année 1301, dans son Chronicon, publié en 1567; à sa suite, le P. Giani l’accueillit dans les Annales, 1618, bien qu’il eût remarqué l’inconsistance de cette légende. La diffusion de celle-ci cut le curieux résultat de dévicr les études de l’ordre en les détournant du scotisme prédominant pour les diriger vers la doctrine du Docteur solennel. C’est pourquoi, en 1613, on publia : M. Henrici Goethals a Gandavo ordinis servorum B. M. V. aurea quodlibela, avec les commentaires de Vital Zuccoli et la vie écrite par le P. Archange Piccioni. En 1644, le P. Jérôme Scarpari (1 1650) réimprima la Medulla Summæ Henrici Gandavensis, en y ajoutant des notes et appendices. Le P. Henri Antoine Borghi, professeur à l’université de Pise, publia en 1627 Henrici Gandavensis, Doctoris solemnis ordinis servorum paradoxa, ad excitandos ejusdem instituti juvenes, explicata et defensa. I n’y eut pas jusqu’au P. Calliste Lodigeri (1 1710) qui ne publiâten 1698 trois gros volumes Disputalionum theologicarum.… juxta genuinam Henrici de Gandavo mentem. L’enseignement théologique de l’ordre fut généralement pénétré de la doctrine de Henri de Gand, au nom duquel fut institué à Rome, au couvent de Saint-Marcel, un athénée théologique pour les jeunes prêtres de l’ordre, destinés à prendre les grades de docteur en théologie.

Il faut ajouter cependant que, durant la même période, l’ordre eut des écrivains qui suivaient plus librement d’autres écoles : par exemple le P. Gérard Baldi, auteur de plusieurs œuvres, parmi lesquelles la Catholica monarchia Christi, theologica disquisitio en 5 vol. in-fol., 1651-1656, où il suit de plus près que les autres la doctrine de saint Thomas; tandis que le P. Marc Struggl, dans sa Theologia universa, Vienne, 1745-1758, 4 vol. in-fol., professait le molinisme.

Un des premiers qui entrep. it, au commencement du xix® siècle, la restauration des études théologiques en Italie fut le P. Constantin Battini, mort en 1830; il publia en cinq volumes, un Cursus theologiæ dogmalicæ qui eut plusieurs éditions.

Il ne faut pas non plus passer sous silence un des bons représentants du pur thomisme de nos jours, le cardinal À. Lépicier, mort en 1936, qui consacra la plus grande partie de sa vie à l’étude de saint Thomas, dont il commenta amplement la Summa theologica dans les vingt-cinq volumes de ses Jnsliluliones ad textum S. Thomæ.

M. Poccianti, Chronicon rerum totius ordinis servorum B. M. V., Florence, 1567; A. Giani, Annalium S. ordinis fratrum servorum B. M. V. Centuriæ quatuor, Florence, 1618; Giani-Garbi, Annales ordinis servorum B. M. V., Lucques, 1719-1725, 3 vol. in-fol.; Monumenta ordinis servorum δ. Mariæ, t. 1-Xx, Bruxelles-Rome, 1897 sq.; Acta ordinis servorum B. M. V., Rome, 1916 sq.; Studi storici 5111 ordine dei servi di Maria, dans Revue trimestrielle, Rome, 1934 sq.; P. Soulier, Histoire des sept saints fondateurs de l'ordre des servites de Marie, Rome, 1888; A. Morini, Studi Storico-crilici supra i santi fondatori dell’ ordine dei servi di Maria, Sienne, 1888; B. Spôrr, Lebens-Bilder aus dem Servilen-Orden, Inspruck, 1892-1895, 4 vol.

R: TAUGCI.

SESSA Jean-Antoine, frère mineur observant italien (xvre-xvrne s.). — Né à Palerme, en 1640, il revêtit l’habit franciscain dans la province romaine, où il exerça la charge de lecteur, d’abord de philosophie, puis de théologie pendant quinze ans, à l'Aracœæli à Rome, Parmi les treize lecteurs appelés à Rome par le pape pour enseigner le droit canonique,

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