‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 156 sur 457 · SÉVÈRE · texte numérisé non relu

SÉVÈRE

Peu de temps après la mort de Sévère, Jean, abbé du monastère de Beith-Aphthonia, sur la rive gauche de l'Euphrate, écrivit à son tour une vie de Sévère, qui comporte le récit de toute son existence agitée. Il est vraisemblable que l'original était rédigé en grec; en tout cas, nous ne possédons qu'un texte syriaque. M.-A. Kugener, Vie de Sévère par Jean. supérieur du monastère de Beith-Aphthonia, texte syriaque publié, traduit et annot$, suivi d’un recueil de fragments historiques syriaques, grecs, latins et arabes relalifs à Sévère. P. O., t. 11, fasc. 3, Paris, 1905.

Enfin, uné biographie éthiopienne, moins importante, ἃ été éditée et traduite en anglais par E.-J. Goodspeed et W.-E. Crum, dans LP. O., t. τν, fase. 6, Paris, 1908.

Sévère était né à Sozopolis en Pisidie. Il passa par les écoles littéraires d'Alexandrie et apprit le droit à Béryte (Beyrouth). Il n’était pas encore baptisé et, s’il faut en croire Zacharie le Rhéteur qui avait été son compagnon d’études, il n’aurait pas manifesté pour le christianisme une sympathie bien ardente pendant les années qu'il passa à Alexandrie. Ce fut à Béryte qu’il se convertit : Zacharie parvint à l’intéresser aux choses religieuses, lui fit lire de bons livres, le mena à l’église ; bref, Sivère fut baptisé en 488 à Saint-I éonce de Tripoli. Les hommes de sa trempe ne font rien à moitié. Devenu chrétien, Sévère voulut l'être tout entier; il se fit moine et prit l’habit dans un couvent situé près de Maïouma de Gaza. D'ailleurs, il ne resta pas dans son monastère ; il commença par vivre dans la solitude et y fit de telles prouesses d’ascétisme que sa santé en fut bientôt compromise. 11] dut reprendre la vie commune et fonda près de Maïouma un nouveau couvent qui ne tarda pas à prospérer. Ce fut alors qu’il reçut la prêtrise des mains d’Épiphane, évêque de Magydos en Pamphylie, qui venait d’être privé de son siège.

Le couvent où Sévère avait reçu l’habit monastique, conservait précieusement les traditions de Pierre l'Ibérien. Épiphane de Magydos avait été déposé à cause de ses convictions monophysites et de sa résistance à 1 Hénotique. C’est dire que, tout de suite, Sévère fut conquis par le monophysisme dont il devait se montrer jusqu’à la fin le champion le plus ardent.

Dès 509, il eut l’occasion de faire la preuve de son zèle. Les moines de Maiïouma ayant été molestés par un certain Néphalios, qui était l’agent d'exécution du patriarche Élie de Jérusalem, Sévère et deux de ses disciples entreprirent d’aller jusqu’à Constantinople pour demander justice à l'empereur. Leur affaire fut bientôt réglée : ils trouvèrent à la capitale des amis influents, grâce à qui ils obtinrent gain de cause. Cela ne les empêcha pas de prolonger leur séjour à Constantinople, pour le plus grand profit de la cause monophysite. Ils y restèrent trois ans et se montrèrent des plus entreprenants. Tandis que Sévère multipliait les ouvrages de controverse, écrivait contre les eutychiens et contre les messaliens, revendiquait pour son parti l’autorité de saint Cyrille dans un livre intitulé Cyrille ou Le Philalèthe, ses moines employaient des arguments d’un autre genre et suscitaient des émeutes, à la grande contrariété du patriarche Macédonius.

Is firent tant et si bien que Macédonius fut en effet déposé (511) : les monophysites auraient bien voulu lui donner Sévère pour successeur. Ils n’osèrent pas cependant et leur choix s’arrêta sur un certain Timothée, qui appartenait au clergé de la capitale. A défaut du siège de Constantinople, ils s’arrangèrent d’ailleurs pour faire attribuer à Sévère celui d’Antioche. Le patriarche de cette ville, Flavien, eut à lutter contre toutes sortes d’intrigues nouées habilement contre lui; les concessions qu’il fit aux monophysites ne servirent qu'à montrer sa faiblesse et à accroître les exigences

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