‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 158 sur 457 · D’ANTIOCHE. ÉCRITS · texte numérisé non relu

D’ANTIOCHE. ÉCRITS

traductions syriaques qui sont très précieuses et dont plusieurs ont été récemment éditées.

1° Écrits dogmatiques. — Contre Julien d’'Halicarnasse, cinq traités ont été écrits par Sévère : Critique du tome de Julien, conservée dans une traduction syriaque par le Vatic. 140 en entier, et presque complètement par le Vatic. 255. Cf. R. Draguet, Julien d'Halicarnasse, p.25 sq.—-Réfutalion des propositions : en syriaque dans le Vatic. 140 et dans le British Museum, Add. 14 259; partiellement dans le Vatic. 225; cf. R. Draguet, op. cit, p. 31 sq. — Contre les additions au tome. À la suite d’une seconde édition, revue et augmentée du tome, Sévère répondit par cet ouvrage, qui figure dans le Vatic, 140 et dans le British Museum, Add. 12 158; R. Draguet, op. cit., Ῥ. 45. — Contre l'apologie de Julien, en 33 chapitres; ouvrage conservé dans Add. 12158 et partiellement dans Vatic. 140; R. Draguet, op. cit., p.47. — L'apologie du Philalèthe, contenue dans le Vatic. 140 est le dernier des grands traités antijulianistes. R. Draguet, op. cit., p. 50 sq., a le premier mis en évidence le véritable caractère de cet ouvrage, qui appartient à la série des écrits contre l’aphthartodocétisme. Une première série des écrits antijulianistes de Sévère a paru à Beyrouth, 1931, par les soins de A. Sanda; elle comprend les lettres de Julien et de Sévère, la Réfutalion du tome et la Réfutation des propositions.

Le Philalèthe lui-même. qui est transcrit dans le Vatic. 139, est tout autre chose : c’est essentiellement un examen détaillé des 244 chapitres de saint Cyrille que l’on opposait à Sévère et à ses partisans, Le recueil, qui renfermait ces citations et que Sévère a pris soin de recopier, avait été composé par un dvophysite anonyme. Cf. R. Draguet, op. cit. p. 56 sq. Le Philalèthe a été édité, avec une traduction latine par A. Sanda, Beyrouth, 1928.

Trois traités Contre Jean le Grammairien : celui-ci était un chalcédonien. Sévère lui oppose surtout des témoignages patristiques et répond aux objections que les chalcédoniens tiraient de l’autorité des Pères. Le troisième traité a été publié par J. Lebon, dans le Corpus scriplorum orientalium christianorum, Paris, 1929 et 1933; les deux premiers traités, qui ont été récemment découverts dans un état incomplet, ont paru à leur tour en 1938.

Contre le grammairien Serqgius, quatre lettres, conservées dans le ms. du British Museum, Add. 17154; cf. J. Lebon, Le monophysisme sévérien, p. 163 sq. Sergius était un eutychianiste; Sévère lui fait reconnaître ses erreurs, sans parvenir d’ailleurs à le convaincre entièrement. 11 semble que ces lettres sont de peu postérieures à 515.

Deux traités à Néphalius, écrits aux environs de 508. Cf. Lebon, 0p. cit., p. 219 sq. La véritable attitude doctrinale de Néphalius est assez difficile à préciser, car ce personnage semble avoir été assez versatile. Cependant, lorsque Sévère le réfuta, il était chalcédonien, en ce sens du moins qu’il expliquait les formules employées par le concile en remarquant qu’il avait

| fallu avant tout écarter l’eutychianisme.

11 est à remarquer que tous ces traités doctrinaux de Sévère sont dirigés contre des adversaires et présentent un caractère polémique. Le patriarche d’Antioche n’écrit pas simplement pour exposer une doctrine : il lutte, il combat, il réfute. On dirait qu’il se sent pleinement à l’aise dans la bataille. On peut également . souligner que ses adversaires sont de droite autant que de gauche. Sévère lutte de toutes ses forces contre Julien et contre Sergius qui sont des monophysites; il ne s'oppose pas moins à Jean le Grammairien et à Néphalius qui défendent le concile de Chalcédoine. Ne se trompe-t-il jamais dans l’appréciation qu’il fait de ses ennemis? Cela est une autre question : récemment,

M. Draguet s’est efforcé de prouver que l’aphthartodocétisme de Julien d'Halicarnasse était susceptible de recevoir un sens orthodoxe et que, sous des formules équivoques, Julien exprimait en réalité la doctrine même de saint Cyrille. S'il en est ainsi, Sévère a été imprudent de s’arrêter aux mots sans chercher à comprendre leur véritable sens. En toute hypothèse, il est curieux de noter l’ardeur avec laquelle Sévère s'oppose à tout excès : on a rarement vu un homme du centre lutter avec autant de persévérance et de courage pour défendre les positions moyennes qui sont les siennes.

De très bonne heure, les écrits dogmatiques de Sévère jouirent dans le monde oriental d’une grande popularité. Dès 528, les écrits du patriarche contre Julien et les julianistes furent traduits en syriaque par Paul de Callinique, et nous en possédons des manuscrits qui datent environ du vie siècle : on s’est même demandé si le Valic. 140 ne serait pas le manuscrit autographe de Paul. Avant la fin du vie siècle, un certain Sergius avait également traduit en arménien les écrits de Julien d’'Halicarnasse; mais cette version a complètement disparu.

2v Homélies. — Un recueil d'Homélies cathédrales, c’est-à-dire de sermons prononcés par Sévère pendant les quelques années où il a réellement occupé le siège d’Antioche (512-518), comprend cent vingt-cinq pièces rangées dans l’ordre chronologique. Ce recueil a été traduit en syriaque aux environs de 530 par Paul de Callinique, et encore une fois aux environs de 700 par l’évêque Jacques d’Édesse. Ces deux traductions sont parvenues jusqu’à nous, au moins en grande partie.

A. Baumstark, Das Kirchenjahr in Antiochien zwischen 512 und 518, dans Rômische Quartalschr. für christl. Altertumskunde, t. x1, 1897, p. 31-66; t. Χμ, 1899, p. 305-323, a étudié ces homélies; il les répartit d’après leur contenu en quatre groupes : 1. Sermons pour les principales fêtes de l’année liturgique; 2. Sermons sur les saints; 3. Homélies exégétiques sur les leçons scripturaires du dimanche; 4. Discours d’occasion. Un grand nombre de ces homélies ont déjà été publiées avec une traduction française dans la Patrologia orientalis, par les soins de MM. Guidi, Brière, ΒΗ. Duval, Triffaux et Kugener. Ce sont celles qui portent les numéros LII-LVIr (t. 1V, fasc. 1, 1906); LNIII-LXIX (t. ΥἿΣ, fasc. 2, 1912); Lxx-LXXVI (t. XIT, fasc."1; 1914); Lxxvir (t. xvI, fasc. 5); LXXVIII- LXXXIN (t. XX, fase. 2); LXXXIV-XC (t. XXII, fase. 2): XCIX-CII (t. ΧΧΙΙ, fasc. 2, 1929); xcr-xcvIIr (t. XXV, fasc. 1). D'autre part, les homélies cx1x sur les noces de Cana et cxxrr contre le manichéisme ont été publiées en syriaque et en latin par J.-E. Rahmani, Studia syriaca, t. 1v, Mont-Liban, 1909; cf. Kugener et Cumont, Extrait de la cxx111° homélie de Sévère d'Antioche (Recherches sur le manichéisme, t. ni), Bruxelles, 1912. L’homélie 111 a été publiée par Bevsley et Barnes, The fourth book of Maccabees, Cambridge, 1895; l’homélie 1 par M. A. Kugener, dans Oriens christianus, t. 11, 1902, p. 265 sq.

3° Lettres. — La correspondance de Sévère a été extrêmement riche. De très bonne heure, les lettres du patriarche ont été recueillies et groupées dans l’ordre chronologique en 23 livres qui comprenaient environ 4 000 numéros. Naturellement, on a dû bien vite donner des extraits de cette vaste correspondance, et mettre à part les lettres écrites par Sévère pendant les années de son patriarcat. On ἃ constitué de la sorte

un recueil abrégé qui contenait encore à peu près |

700 lettres et qui était aussi divisé en livres. De ce nouveau recueil, le 1. VI, comprenant 123 lettres, a été traduit du grec en syriaque aux environs de 669 par le prêtre Athanase de Nisibe. Il ἃ été publié avec une version anglaise par E.-W. Brooks. The sixth book of the selected letters of Severus, patriarch of Antioch, in

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