SÉVÈRE D'ANTIOCHE
ECRITS 1994 the syriac version of Athanasius of Nisibis, Londres, 1902-1904. D'autres lettres qui ont été également traduites en syriaque dans les cercles monophysites ont été encore publiées et traduites par Brooks sous ce titre : A collection of letters of Severus of Antioch. dans P. O., t. xx, fasc. 2, 1916 et t. x1v, fasc. 1, 1919, Six lettres de Sévère ont trouvé place dans l’Histoire ecclésiastique de Zacharie le Rhéteur, 1. IX, €. xI-xr1, XIX, XX, XXII, XXII : On les y trouvera dans l'édition de Ahrens et Krueger, Leipzig, 1899.
Les lettres de Sévère présentent un intérêt considérable, tant au point de vue historique qu’au point de vue doctrinal. Sévère ἃ été en relations avec un nombre considérable de personnes, appartenant aux milieux les plus différents ; il a été mêlé, au cours d’une carrière passablement aventureuse, à toutes sortes d’événements. Ses lettres font revivre, avec une étrange précision, une période mouvementée; elles nous révèlent aussi bien des aspects ignorés des controverses dogmatiques. Il est regrettable que la collection n’en ait pas été conservée au complet.
40 Écrits liturgiques. — La tradition a gardé le souvenir d’une certaine activité de Sévère dans le domaine liturgique. C’est ainsi qu’un rituel baptismal, traduit en syriaque par Jacques d’Édesse, dans la seconde moitié du ναι siècle, porte le nom de Sévère. Il a été publié en syriaque et en latin dès 1572 par G. Fabricius Boderianus à Anvers. Toutefois, son authenticité n’est pas incontestable, car certains manuscrits en présentent Sévère non comme l’auteur au sens propre, mais comme le rédacteur ou le reviseur, le texte primitif remontant à Clément ou aux apôtres. Cf. A. Baumstark, Gesch. der syrischen Literatur, Bonn, 1922, p.253, Il faut mentionner aussi un Ordo baptismi et un Ordo brevis baptismi, dans E.-S. Assemani, Codex liturgicus Ecclesiæ universæ, Rome, 1749-1750, t. 11, p. 261 sq., 300 sq. ; et une Liturgia eucharistica, dans E. Renaudot, Lilurgiarum orientalium collectio, t. 11, p. 321 sq.
59 Poésies. — Des poésies religieuses qui portent également le nom de Sévère ont été rassemblées avec d’autres poèmes du même genre, écrits par divers auteurs dans un livre de chants liturgiques, qui prit plus tard le nom d’Octoéchos, à cause des huit tons en usage dans ce chant. Cf. A. Baumstark, Festbrevier und Kirchenjahr der syrischen Jakobiten, p. 45-48. Une traduction syriaque du recueil fut faite au commencement du vue siècle par l’évêque Paul d’Édesse : celui-ci se préoccupa surtout de conserver la mesure des vers originaux. Plus tard, Jacques d’Édesse revisa avec soin le travail de son prédécesseur; il releva toute les additions qui avaient dû être faites en vue de maintenir la métrique originale; il nota toutes les libertés qui avaient pu être prises à l’égard du texte authentique ; bref, il fit en sorte de rendre la traduction aussi littérale que possible et de permettre à tout instant la découverte des mots grecs sous leur vêtement syriaque. Cf. A. Baumstark, Gesch. der syr. Lit., Ὁ. 190 et 253. Nous possédons de cette revision un ms. daté de 675 qui pourrait être l’autographe de Jacques d’Édesse ; c’est d’après lui qu’a été édité le texte : E.-W. Brooks, James of Edessa, The hymns of Severus of Antioch and others, Syrish and English, dans P. O., t. νι, fase. 1; t. var, fasc. 5; 1910 et 1911. Cf. Jeannin et Puyade, L'Octoéchos syrien, dans Oriens christianus, nouv. série, t. ΠΙ, 1913, p. 82-104; 277-298.
On voit, par les brèves indications qui précèdent, que l’héritage de Sévère d’Antioche est considérable. Si le texte original de la plupart de ses livres ἃ disparu, les traductions syriaques nous ont conservé un très grand nombre de ses écrits; et il est loin d’être exclu que d’autres encore inconnus puissent être retrouvés un jour ou l’autre.
Il faut ajouter que des fragments des écrits de
1995 SÉVÈRE Sévère ont été également découverts dans des traductions coptes et éthiopiennes. Cf. E. Porcher, Sévère d'Antioche dans la littérature copte, dans Revue de l'Orient chrétien, t. Xi, 1907, p. 119-124; La première homélie cathédrale de Sévère d’'Antioche, texte copte et traduction, ibid., t. XX, 1914, p. 69-78; 135-142.
J. Stiglmayr a émis récemment l'hypothèse que Sévère pourrait être l’auteur des écrits du pseudo- Aréopagite, dont il est en effet le plus ancien témoin connu. J. Stiglmayr, Der sogenannte Dionysius Areopagita und Severus von Antiochien, dans Scholastik, t. πὶ, 1928, p. 1-27, 161-189; Um eine Ehrenrettung des Severus von Antiochen, dans Scholastik, t. ναι, 1932, p. 52-67. Cette hypothèse n’a pas trouvé grand crédit dans le monde savant; elle semble avoir été réfutée d’une manière définitive par J.Lebon, Le pseudo-Denys l’Aréopagile et Sévère d’Antioche, dans Rev. d’hist. eccl., t. xxvVI, 1930, p. 880, 915; Encore le pseudo-Denys l’Aréopagite εἰ Sévère d'Antioche, ibid, t. XXVIN, 1932, p. 296-313.
111. DOCTRINE. — Il est difficile d’exagérer l’importance du témoignage de Sévère comme représentant de la doctrine monophysite que l’on pourrait qualifier d’officielle, si une telle expression avait un sens précis. Non seulement Sévère est celui des anciens docteurs monophysites qui a le plus écrit; mais, au cours de son existence agitée, il a été regardé comme le porte-drapeau du monophysisme, Avec une égale ardeur, il a lutté contre les partisans du concile de Chalcédoine et contre les eutychiens tels que Sergius aussi bien que contre les aphthartodocètes qui suivaient Julien d’Halicarnasse. Il a fait profession de suivre toujours avec une exacte fidélité les enseignements de saint Cyrille d'Alexandrie et on ne saurait lui dénier une connaissance approfondie des œuvres du grand docteur : nous aurons à nous demander si, en effet, il est resté fidèle à son esprit.
Nous devons ajouter que Sévère d’Antioche fait figure d’un homme extrêmement versé dans la connaissance de l’Écriture et dans celle de la tradition patristique. Il ne cesse pas de puiser à cette double source le principe de toutes ses affirmations. Le Philalèthe est consacré à l’étude de deux cents passages de saint Cyrille que lui opposaient les chalcédoniens. Le troisième livre Contre Jean le Grammairien contient un florilège extrêmement riche, dans lequel figurent bien des textes nouveaux. Une telle érudition, rare en tout temps, est exceptionnelle au début du vie siècle.
Sans doute, on ἃ accusé Sévère d’être un sophiste inconstant, de revêtir mille et mille formes : ces reproches figurent par exemple dans l’Epistola ad Timothæum scolasticum de duabus naluris adversus Severum, d’'Eustathe le Moine, P. G., t. LXXXVI 4, col. 913, 917, 929. Ce reproche n’est pas fondé. Il est vrai que la pensée du patriarche d’Antioche est parfois subtile, parce qu’elle s'exprime dans un vocabulaire qui a besoin d’être bien compris et qui n’est pas exactement celui de ses adversaires; mais elle reste très cohérente et très suivie.
« Sévère confond d’abord dans un même sens les mots φύσις. ὑπόστασις, πρόσωπον. L'identification des deux premiers termes se rencontre chez lui à chaque instant; mais il leur assimile aussi le troisième : « Quand l’union hypostatique qui est parfaite de deux « (natures) est confessée, dit-il, il n’y a qu’un Christ «sans mélange, une personne, une hypostase, une « nature, celle du Verbe incarné (Epist. ad Sergium, Lebon, op. cil., p. 243). » Que si, au contraire, on divise par l’espril le Christ en deux natures, on n’a pas seulement deux natures, mais aussi deux hypostases et deux personnes (Eustathe, op. cit, P. G.
t. LxxxvI a, col. 908 A). Le sens qu’il donne à ces