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D'ANTIOCHE

DOCTRINE 1998 comme d'être visible, intelligent, palpable, soit à la divinité, comme d'être éternelle, immense, invisible, il est vrai que ces qualités ou attributs continuent d'exister dans l’union; seulement, on ne doit pas les considérer comme appartenant séparément à deux natures, comme étant tellement propres à l’un des éléments, que l’on ne puisse, en vertu de la communication des idiomes, les rapporter à l’autre et surtout au Verbe, l’unique sujet dernier des divers attributs. Cependant, si l’on ne peut pas diviser entre deux sujets les simples attributs et qualités, il y a une qualité tellement propre à chacun des éléments qu’elle ne se communique pas à l’autre, sous peine d’avoir un mélange des essences : c’est SA ποιότης φυσική; son essence spécifique. Puisqu’on n’admet pas la confusion de l'humanité et de la divinité, il faut bien admettre que chacune d’elles possède en propre et ne partage pas avec l’autre d’être en soi ce qu’elle est : il y a dans le Christ une dualité de propriétés en qualité naturelle, ἰδιότης ὡς ἐν ποιότητι φυσικῇ. » J. Tixeront, Histoire des dogmes, t. 111, Ὁ. 124; cf. J. Lebon, op. cit., p. 422 sq.

Nous voici au rouet. Il semble que Sévère n’avait pas aperçu tout d’abord ces conséquences de sa doctrine et la nécessité où il se trouvait d’admettre dans le Christ la subsistence de deux aspects, de deux catégories de propriétés, et que ce soient les exigences de sa controverse avec Jean le Grammairien qui l’aient amené à préciser ses idées. Il serait utile, dans un exposé plus développé, de distinguer dans la mesure du possible, les diverses étapes de la pensée du patriarche. En tout cas, la question est posée pour lui de savoir comment se maintiennent, dans l’unité de nature, les propriétés caractéristiques de l’humanité, si l’on veut éviter le mélange et la confusion.

Certes, Sévère n’a pas tort de critiquer certaines formules incorrectes, telles que celle-ci : « Deux natures avant l’union ». « Personne, écrit-il, parmi ceux qui ont une pensée orthodoxe, n’a jamais dit « deux natures avant l’union ». En effet, avant l’union et l’incarnation, le Verbe de Dieu était simple et non incarné, comme invisible par essence, dépourvu de forme et de corps, et coéternel au Père et à l'Esprit. Mais, lorsqu'il voulut se faire homm?2 pour nous sans changement, tout en restant Dieu, et qu’il couvrit de son ombre, d’une manière ineffable, la Vierge mère de Dieu, il s’unit une chair (prise) de la Vierge, par (l'opération de) l'Esprit, consubstantielle à nous, animée et intelligente, par le groupement qui (se fait) en union physique. Nous appelons aussi l'union « hypostatique», parce que c’est dans l’union au Verb? qui est avant les siècles, que cette chair ἃ été constituée et amenée à l’existence, et parce qu’elle ἃ acquis du même coup l’existence et l’union. De la sorte, on connaît un seul Emmanuel « de deux », d’une manière inséparable (de) la divinité et (de) l'humanité, conçu et né dans la chair. L’âme de tout homme naît aussi avec son corps; par essence sans doute elle diffère de lui; mais une (seule) nature et hypostase est formée des deux. De la même façon, le Verbe de Dieu, selon qu’il est écrit, communique avec nous au sang et à la chair, il a pris notre forme en tout hormis le péché. Si donc, avant l’union et l’incarnation, le Verbe était simple et incorporel et si, après l’incarnation, il est un de deux, où sont ceux qui disent cette fable de deux natures avant l’union? » Advers. Joan., 111, 14; cité par J. Lebon, op. cil., p. 395-396.

Avant l’incarnation, le Verbe existe seul. Après l’incarnation, il y a un seul être concret, une seule hypostase faite de deux. Il suit de là qu’unique est aussi l’action, l’Évéoyezx du Verbe incarné. Sévère n’ignore pas que, parmi les actions accomplies par le Christ, il en est qui conviennent à l’homme, et d’autres qui conviennent à Dieu : c’est l’homme qui a faim et soif,

qui est fatigué, qui souffre, qui meurt. C’est Dieu qui opère des miracles, qui guérit les malades, qui ressuscite les morts, qui remet les péchés. Cependant unique est l’agisseur et personne, pas même l’insensé, n’osera établir une classification pour répartir entre Dieu et l’homme ce qui provient de chacun d’eux. Ressusciter un mort de quatre jours est assurément une œuvre divine; se transporter au tombeau quand on a le pouvoir d'opérer le miracle à distance est le côté humain de l’acte; ira-t-on s'amuser à distinguer ce Τα ἃ fait Dieu et ce qu'a fait l’homme? Non; mais tout est humano-divin, théandrique, pour employer la formule du pseudo-Aréopagite. Puisqu’il n’y a qu’un agisseur il n’y ἃ qu'une énergie et une opération.

Tout cela est très cohérent. Il est incontestable que le langage de Sévère est tout à fait différent de celui qu'avait employé saint Léon et l’on comprend que le patriarche d’Antioche rejette les formules du Tome qui lui paraissent inspirées par le nestorianisme. Saint Léon avait enseigné : Agil enim utraque forma cum alterius communione quod proprium est. Non, répond Sévère : agir suppose que l’on subsiste et attribuer à la nature humaine une action propre, c’est lui attribuer une subsistence propre et indépendante, c’est être nestorien : οὐ γὰρ ἐνεργεῖ φύσις οὐχ ὑφεστῶσα προσωπικῶς. Doctr. Patrum, éd. Diekamp, p. 310.

Mais il faut dépasser les formules et se demander si, en définitive, la christologie de Sévère est réellement monophysite au sens péjoratif que l’on attribue d’ordinaire à ce mot. À ce problème, on doit répondre d’une manière négative. Sans doute, Sévère est monophysite, puisqu'il ne cesse pas d’enseigner l'existence d’une seule nature dans le Christ, mais le mot nature a pour lui un sens concret, celui de personne ou d’hypostase et non pas un sens abstrait. Il ne faut jamais oublier ce point capital lorsqu'on lit l’un ou l’autre de ses traités. Ce vocabulaire ne lui appartient d’ailleurs pas en propre, car c’est celui de saint Cyrille d’Alexandrie lui-même. Le tort de Sévère, et il faut bien dire que ce fut un tort, a été de rester inlassablement fidèle à saint Cyrille et aux anathématismes. Ce faisant, il a suivi l'exemple de Timothée Aelure, de Philoxène de Mabboug et de beaucoup d’autres.

S’il a rejeté la terminologie de saint Léon le Grand et de Chalcédoine, c’est qu’à ses veux cette terminologie conduisait nécessairement au nestorianisme, sous sa forme la plus rigide. Affirmer la permanence de deux natures après l'union, c'était proclamer qu'il y avait dans le Christ deux êtres, deux personnes réellement distinctes, bien qu'unies l’une à l’autre. Certes, il n’en est pas ainsi, et saint Léon a bien soin d'affirmer l'unité de personne dans le Christ. Mais Sévère ne retient pas cet aspect de la doctrine enseignée par le pape : il ne voit que la dualité, là où saint Léon, d’accord avec l’Écriture et avec la tradition patristique, proclame l'unité.

En combattant à la fois les eutychiens et les chalcédoniens, Sévère s’exposait à n’être compris par personne. De fait, sa doctrine a été maintes fois attaquée, et c'est de nos jours seulement qu’on a reconnu sa parfaite conformité avec celle de saint Cyrille. Seulement, il ne faut pas oublier que Cyrille avait eu peutêtre le droit d'employer des formules qui n'étaient plus légitimes chez ses disciples. Le concile de Chalcédoine, en effet, marque une date dans l’histoire des controverses christologiques, il pose des affirmations; il définit des termes. Il n’est pas permis de tenir ses formules pour vaines et non avenues. L'erreur de Sévère a été de condamner le pape saint Léon et le concile de Chalcédoine en les englobant dans la réprobation qui atteignait les nestoriens. Cela, il n'avait pas le droit de le faire, et il reste coupable de l'avoir fait.

SÉVÈRE D’ANTIOCHE. DOCTRINE. — SÉVÉRIEN DE GABALA

Nous avons indiqué les principales éditions des œuvres de Sévère. Il faut ajouter que des fragments plus ou moins importants des textes originaux figurent dans les Quæstiones adv. monophysilas, P. G., t. LXXXVI ὃ, col. 1769-1901; dans Eustathe le Moine, Epistola ad Timothæum scolasticum de duabus naturis, P. G.,t. LXXXv1 a, col. 901-942; dans la Doctrina Patrum de incarnalione Verbi, édit. Diekamp, Munster, 1907; dans .J.-B. Chabot, Documenta ad origines monophysilarum illustrandas, Paris, 1908.

Parmi les ouvrages récents consacrés à Sévère d’Antioche, le plus important est assurément celui de J. Lebon, Le monophysisme sévérien, étude historique, littéraire et théologique sur la résistance monophysite au concile de Chalcédoïine, jusqu’à la constitution de l'Église jacobite, Louvain, 1909. Cet ouvrage pourrait être complété en tenant compte des textes récemment découverts ou édités; certaines corrections de détail pourraient même y être apportées, en particulier sur le véritable caractère de l’Apologie du Philalèthe, que R. Draguet semble avoir mis en relief. Mais, dans l’ensemble, la thèse de J. Lebon demeure solide; il serait diflicile de la contredire.

On peut encore signaler : J. Eustratios, Σευῆρος ὁ μονοφυσίτης πατριάρχης Ἀντιοχείας, Leipzig, 1894; G. Krueger, Monophysitische Streitigkeiten im Zusammenhange mit der Reichspolitik, Iéna, 1884; J. Mahé, Les anathématismes de saint Cyrille et les évêques orientaux du patriarcat d’Antioche, dans Revue d'histoire ecclésiastique, t. vit, 1906; M. Jugie, Theologia dogmatica christianorum orientalium ab Ecclesia catholica dissidentium, t.v, Paris, 1935, p. 416 sq.: J. Maspero, Histoire des patriarches d'Alexandrie (518-616), Paris, 1923; M. Peisker, Severus von Antiochien. Ein kritischer Quellenbeitrag zur Geschichte des Monophysitismus, Halle, 1903; A. Rehrmann, Die Christologie des hl. Cyrillus von Alexandrien systematisch dargestellt, Hildesheim, 1902.

G. BARDY.

2. SÉVÈRE DE MINORQUE (v: siècle). — Le nom de Sévère, évêque, se lit en tête d’une lettre adressée « aux évêques, prêtres, diacres et aux fidèles de toute la terre », qui a été publiée pour la première fois par Baronius. Annales eccles., ad an. 418,n. 44-72. L’auteur de la lettre se donne lui-même comme étant évêque de l’île de Minorque et raconte avec détails la conversion forcée des juifs de cette île, à la suite de l’arrivée des reliques de saint Étienne, premier martyr, apportées par le prêtre Orose. Voir ici, t. ΧΙ, col. 1604, Ces reliques avaient été déposées dans un petit sanctuaire, aux portes de Mahon, où les juifs étaient en grand nombre. Le renouveau de ferveur chrétienne qui s’ensuivit amena un réveil du fanatisme antijuif, ce que Sévère regarde comme une bénédiction divine, Se croyant menacés, les juifs font des préparatifs de défense; l’évêque, qui résidait ordinairement à l’autre bout de l’île, arrive alors avec un fort contingent de ses ouailles, qu’il lance à l’assaut de la synagogue de Mahon. Celle-ci est brûlée et détruite; les juifs terrorisés cèdent à la force; le chef de leur communauté, suivi de la plupart de ses coreligionnaires, se convertit. Bien entendu, l’évêque arrive à faire un récit édifiant, où les signes divins abondent, de ce haut fait. La lettre est, à tous égards, d’un très vif intérêt. Les événements sont datés du début de février 417.

Le texte est publié deux fois dans P. L., t. ΧΧ, col. 731- 746 (reproduit le texte de Baronius) et t. xL1, col. 821-832 (en un appendice au t. ναὶ des Œuvres de saint Augustin, qui rassemble diverses pièces relatives à l'invention du corps de saint Étienne). Autre édition mentionnée par P.-B. Gams, Die Kirchengeschichte von Spanien, t. 11 a, p. 407.

É. AMANN.

SÉVÉRIEN DE GABALA, évêque de cette ville, au début du ve siècle.

I. VrE. — Sévérien était évêque de Gabala, ville de la côte syrienne située à peu près à mi-chemin entre Arados et Laodicée, lorsque la nouvelle des succès obtenus à Constantinople par l’éloquence de son voisin Antiochus de Ptolémaïs excita son envie et son ambition. Socrate, Hist. eccl., 1. VI, c. χι. Il avait fait, semble-t-il, de fortes études classiques ; il connaissait et

SF Ἂ

utilisait volontiers les procédés de la rhétorique et son éloquence avait tout ce qu'il fallait pour plaire aux fidèles de ce temps, encore que, selon Socrate, loc. cit., il parlât le grec avec un assez fort accent syriaque. Gennade, De wir. ill., XXI, Va jusqu’à écrire qu'il était in divinis scripluris eruditus et in homiliis decla-

mator admirabilis. 11 vint en tout cas à Constantinople

vers 401 et il commença par entretenir avec saint Jean Chrysostome des rapports d'amitié, grâce auxquels il fut souvent appelé à prêcher dans la capitale. Bientôt ses prédications lui valurent assez de célébrité pour qu'il devint un des orateurs préférés de l’empereur Arcadius et de l’impératrice.

Lorsque Jean dut partir pour l’Asie, il confia à Sévérien le soin de son église. Socrate, H. E., 1. VI, €. x1; Sozomène, H. E., 1. VIII, c. x. Celui-ci profita de l'occasion pour essayer de se faire valoir aux dépens de l’évêque légitime ; il n’y réussit sans doute pas, mais il s’attira les reproches de Sérapion, en qui Jean avait toute confiance; de là entre Sérapion et lui une rancune qui ne tarda pas à s’exaspérer. À son retour, Jean trouva la situation fort tendue; il donna raison à Sérapion, à la grande satisfaction des fidèles, qui, dit-on, auraient même provoqué un soulèvement et obligé Sévérien à quitter Constantinople. Socrate, loc. cit. L'impératrice Eudoxie crut devoir intervenir pour demander aux deux évêques de se réconcilier publiquement : Jean Chrysostome accéda sans peine à cette demande et s’efforça de calmer le peuple en lui représentant les bienfaits de la paix. Sévérien répondit le lendemaïn au discours de Jean et parla de la paix; son homélie, fort brève, est assez embarrassée et semble peu sincère.

De fait, les hostilités ne tardèrent pas à reprendre entre Jean et Sévérien qui, au lieu de regagner son diocèse, demeurait à Constantinople et ne cessait pas d'y intriguer contre l’évêque. D'accord avec Antiochus et Acace de Bérée, qui étaient aussi venus s’installer dans la capitale, Sévérien n’eut pas de repos ni de trêve avant d’avoir obtenu la mise en accusation de Jean, à qui il reprochait toutes sortes de méfaits. On sait la suite de cette lamentable histoire et comment, au concile du Chêne, Jean fut déposé de l’épiscopat et envoyé en exil. Bien que son impartialité eût été justement contestée par le saint évêque qui refusait de le voir figurer au nombre de ses juges, Sévérien n’hésita pas à être un des principaux artisans de sa condamnation ; et, après le départ de Jean. il eut le triste courage de prêcher contre lui, à Constantinople même, en soutenant que son orgueil avait été la cause principale des mesures prises à son égard. Socrate, H. E., 1. VI, c. XVI; Sozomène, ἢ. E., 1. VIII, c. xix. Son autorité paraissait d’autant plus grande qu’il avait la confiance de la cour et qu’il avait administré le baptême au petit Théodose. Cf. Chr. Baur, Johannes Chrysostomus und seine Zeit, t. 11, Munich, 1930, p. 156 sq. Le peuple cependant ne l’aimait pas et quand l’exilé fut remonté sur son siège, Sévérien disparut momentanément de la capitale. Il n’en continua pas moins à lutter de toutes ses forces contre Jean. Il contribua ainsi à son second

.… et définitif exil : pour se justifier, il écrivit, de concert

avec Acace, Paul d’'Héraclée, Antiochus de Ptolémaïs et Cyrinus de Chalcédoine, au pape Innocent I#, une lettre où Jean était accusé d’avoir commis toutes sortes de crimes, en particulier d’avoir brûlé son église. Cette lettre demeura sans réponse. Sa haine ne désarma pas devant les infortunes du malheureux évêque : suivant Palladius, Dial., x1, il alla jusqu’à réclamer qu’on l’éloignât de Cucuse, qui lui paraissait encore une résidence trop douce et trop rapprochée de Constantinople, et qu’on l’envoyât à Pityonte. Cet acte est, semble-t-il, le dernier que nous connaissions de lui. Selon Gennade, De vir. ill, xx1, il mourut sous le

DICT. DE THÉOL. CATHOL

SÉVÉRIEN DE GABALA

| règne de Théodose II, c’est-à-dire après 408. Sa mort | doit être même antérieure à 430.

| II. Écrirs. — L'héritage littéraire de Sévérien est mal connu. Gennade, ibid., mentionne de lui un commentaire sur l’épitre aux Galates et des homélies. Les renseignements qu'il fournit sont trop vagues pour être très utiles. Les auteurs anciens ont parfois cité l’un ou l’autre fragment de Sévérien dans les florilèges dogmatiques : ces fragments permettent d'identifier telle ou telle homélie pseudépigraphe. Les chaînes exégétiques, de leur côté, conservent des passages plus ou moins importants de Sévérien. Cependant, la plus grande partie des textes de Sévérien que nous possédons nous est parvenue sous le nom de saint Jean Chrysostome et c’est parmi les apocryphes du grand docteur qu’il faut chercher, par une étrange fortune, les œuvres de son adversaire. Ce travail de recherche et d'identification a été entrepris jadis par E. Du Pin, Tillemont, Montfaucon. Il a été repris et poursuivi de nos jours par de nombreux érudits, comme Zellinger, Martin, Dürks, et il est loin d’être achevé. Tandis que certains, Zellinger et Cavallera par exemple, attribuent à Sévérien la possession incontestable de trente homélies, d’autres avec Altaner n’en reconnaissent pas plus de quatorze et Puech parle seulement d’une dizaine. En plus des homélies conservées en grec, il y aurait à tenir compte d’homélies orientales, en copte, en syriaque et surtout en arménien. Cf. J. Simon, dans Analecta bollandiana, t. χινν, 1927, p. 382-384. Plusieurs de ces homélies, signalées par les catalogues, n’ont pas encore été examinées. Il doit s’y trouver beaucoup d’apocryphes, mais il ne serait pas étonnant qu'on y rencontrât aussi de l’authentique. Les indications qui suivent ne sauraient être définitives; elles s’efforceront | surtout de fournir l’état actuel des questions.

1. Gennade, loc. cit., ne parle que d’une Exposilio in epistolam ad Galatas. Ce commentaire est perdu. Mais on possède de Sévérien, ou tout au moins sous son nom, de nombreux fragments dans les chaînes sur les épîtres de saint Paul. Ces fragments ne se rapportent pas seulement à l’épître aux Galates; ils sont relatifs à toutes les lettres de l’Apôtre. Plusieurs d’entre eux nous sont arrivés dans une double recension, ce qui permettrait de supposer que Sévérien lui-même ἃ donné deux éditions successives de son ouvrage. Cf. K. Staab, Pauluskommentare aus der griechischen Kirche, aus Katenenhandschriflen, Munster, 1933; R. Devreesse, Chaînes exégétiques grecques, dans Supplément du Dictionnaire de la Bible, t. 1, col. 1218-1222.

Il ne semble pas que Sévérien ait commenté d’autres textes bibliques que saint Paul. Les chaînes sur l'Oc-

| tateuque lui attribuent une vingtaine de citations. La

plupart d’entre elles se laissent facilement identifier avec les passages correspondants des homélies sur la création. Cf. infra. Quelques autres fragments au nom de Sévérien se répartissent sur l’Octateuque. Ils ont été réunis par Combefis, Bibliothecæ græcorum Patrum auctuarium novissimum, Paris, 1672, p. 291-294.

Une chaîne sur les psaumes cite quatre fragments sous le nom de Sévérien. Ces fragments appartiennent en réalité à Théodoret. Une chaîne sur Isaïe donne une citation sur Is., vi, 3. On signale également un fragment sur Job. Quelques citations sur Actes, 11, 15 doivent provenir d’une homélie sur la Pentecôte. Cf. R. Devreesse, op. cit., col. 1133, 1145, 1150; Zellinger, Studien zu Severian von Gabala, Munster, 1926, p. 123.

2. Les Parallela Rupefucaldina, P. G.,t.xcvi, col. 480 et 533, citent sous le nom de Sévérien un Λόγος περὶ αἱρετικῶν ou Δόγος κατὰ αἱρετικῶν qui n’est autre que l’homélie In dictum illud Malth., xx1, 23, sur laquelle nous reviendrons.

3. La Doctrina Patrum de incarnalione Verbi, édit. Diekamp, p. 76, cite un fragment ἐξ ὁμιλίας δογματιχῆς

2003 SEVERIEN ἧς ἢ ἀρχῇ; οὐδεῖς ἀγγελικὸς n ἀνθρώπινος τῇ τοῦ Θεοῦ δυνάμε:.

4. Sévère d’Antioche, Contra Grammaticum, ILE, L, édit. Lebon, t. 111, p. 193, donne un fragment de Sévérien où il est question du sommeil de Jésus dans la barque, mais qui n’a pu être rattaché à aucun texte connu.

3. La partie la plus importante, la mieux assurée aussi, de l'héritage de Sévérien est constituée par six homélies sur la création du monde, qui figurent dans P. G., t. Lvi, c. 425-500 et qui forment un commentaire sur l'Hexaméron. Leur origine sévérienne est attestée par Cosmas Indicopleustes, Topogr. christliana, 1, 10, P. G., t. LXxxxvIn1, col. 419 sq. « L’exégèse prétend parfois à la nouveauté, quoique Sévérien n’ignore pas qu'il ἃ de nombreux prédécesseurs et qu’il s'excuse de recommencer leur œuvre, puisqu’aussi bien, nous dit-il au début de la première homélie, le Saint-Esprit est impartial et inspire tous les prédicateurs qui l'honorent. Sévérien répugne à l’allégorie, à moins qu'elle ne soit très simple: il reste fidèle au sens littéral, mais l'application qu'il fait de cette méthode sage est loin d’être toujours heureuse, parce qu'il a, en matière de physique, une grande ignorance qui lui permet des lubies singulières. » A. Puech, Histoire de la littérature grecque chrétienne, Paris, 1930, t. 111, p. 563, 564.

6. Homélie Zn illud Abraham dictum, Gen., XXIV, 2, conservée en grec parmi les spuria de saint Jean Chrysostome, P. G., t. Lvi, col. 553; et en arménien, J.-B. Aucher, Severiani sive Seberiani Gabalorum episcopi Emesensis homiliæ, Venise, 1827, p. 250-293. Une autre édition de cette homélie, en grec et en arménien, figure dans Sammlung alter Uebersetzungen aus dem griechischen Urtexte, Vienne, 1849, p. 290-341.

7. Homélie De serpente quem Moyses in cruce suspendit, P. G., το Lvi, col. 499-516. Elle est attribuée à Sévérien par saint Jean Damascène.

8. Homélie Zn dictum illud Matth. xx1, 23, P. G., t. Lvi, col. 411-428. L’homélie n’est pas certainement authentique et Puech a beaucoup de doutes sur son attribution à Sévérien, op. cit., p. 562, n. 4. Cf. E. Haïdacher, dans Zeitschr. für kathol. Theologie, t. xxx11, 1908, p. 410-413. Cependant, lorsque Cosmas Indicopleustes, Topogr. christ., 1,10, P. G.,t. LXXXVIN, col. 373, cite de Sévérien un λόγος κατὰ ᾿Ιουδαίων, il a sans doute devant les yeux cette homélie qui ne se contente pas de commenter le passage indiqué, mais polémise également contre les juifs et contre les païens et qui, par suite, a reçu différents titres. Dans les Parallela Rupefucaldina, nous l’avons dit, elle est appellée λόγος περὶ ou κατὰ αἱρετικῶν.

9, Homélie De ficu arefacta, P. G., t. ταχ, col. 585- 590. Cette homélie est conservée dans la traduction arménienne, cf. Aucher, op. cil., p. 414-427.

10. Homélie De sigillis librorum, P. G., t. Lx, col. 531-544; citée sous le nom de Sévérien par Théodoret, Dial.,1, P.G.,t.Lxxxux, col. 80, et Dial., ται, col.308.

11. Homélie De pace, P. G., t. zx, col. 425-428. Dans Migne, on ne trouve que le texte latin de cette homélie; encore n'est-il pas complet. Un texte grec plus long figure dans A. Papadopoulos-Kérameus : ᾿Ανάλεχτα ἱεροσολυμιτικῆς σταχυολογίας, t. 1, Saint- Pétersbourg, 1891, p. 15-26. Cette homélie aurait été prononcée à Constantinople, à l’occasion de la réconciliation de Sévérien et de Jean Chrysostome. Son authenticité semble très douteuse à Baur, Der hl. Johannes Chrysostomus, €. 11, p. 141, n. 25.

12. Homélie In Dei apparilionem, P. G., ἃ. Lxv, col. 15-26, sur l’Épiphanie. On l’a identifiée parfois à l’ouvrage signalé par Gennade sous le titre de Libellus gratissimus de baptismo et Epiphaniæ sollemnitate, bien qu'il n’y soit parlé du baptème qu’en passant.

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