Homélie pour le jour de Pâques, P. G., t. Lxtmr
DE GABALA
col. 543-550, prononcée à Constantinople; cf. Zellinger, Sludien, p. 37-42.
114. Homélie prononcée après le tremblement de terre, P. G., t. LXI1, col. 531-544; cf. Zellinger, S{udien, p. 79-54.
15. Homélie Zn illud : Dominus regnavit, Ps., ΧΕΙ, 13, publiée par Savile, Chrysostomi opera, t. v, p. 680. Ce sermon a été prononcé pendant le carême, lorsque les « compétents » se préparaient au baptême. L'auteur y prouve la consubstantialité des trois personnes divines contre les ariens et les macédoniens.
16. Homélie De cruce, édit. Savile, op. cit., t. v, p. 899. Cette homélie est citée par saint Jean Damascène comme étant l’œuvre de Sévérien.
17. Oratio de dedicatione pretiosæ et vivificæ crucis, éditée par Zellinger, Studien zu Severian von Gabala. Ce discours, qui ne connaît pas encore la légende de l'invention de la croix, n’est pas d’une authenticité indiscutable.
18. Une homélie sur la pénitence, celle qui porte le numéro 7 parmi les discours que saint Jean Chrysostome a consacrés à ce sujet, a été restituée à Sévérien par Ch. Martin, Une homélie De pænitentia de Sévérien de Gabala, dans Revue d'histoire ecclésiastique, t. XXVI, 1930, p. 331-343. Cette homélie peut avoir été prononcée la veille d’une homélie relative à l’enfant prodigue, P. G., ἃ. Lix, col. 629 et peu de temps après une homélie sur l’Épiphanie, qui pourrait être l’homélie In incarnationem, P. G., t. LIx, col. 687. Si ces trois homélies forment vraiment un ensemble, elles appartiendraient toutes trois à Sévérien. Cf. F. Cavallera, Une nouvelle homélie restituée à Sévérien de Gabala, dans Bulletin de littérature ecclésiastique, 1932, p. 141.
19. Une homélie De fide et lege naturæ et Sancto Spiritu, P. G., t. xLvin, col. 1081-1088, déjà signalée par E. Du Pin comme une œuvre de Sévérien : deux fragments assez longs de cette homélie sont cités dans la chaîne de Cramer sur les Actes des apôtres, le premier, p. 172-173, sous le nom de Sévérien, le second, sous celui de Sévère.
20. La même chaîne de Cramer sur les Actes contient plusieurs fragments de Sévérien sur Act., 11, 15, p. 31. Ces fragments appartiennent visiblement à une homélie sur la Pentecôte et forment un développement assez continu. Il faut y joindre un autre fragment, p. 20, donné sous le nom de Sévère, mais que le Coislin. græc. attribue expressément à Sévérien. Un de ces fragments fait allusion à une homélie récemment prononcée sur la croix et la passion. Cf. Ἐς Cavallera, art. cit., p. 142.
21. Aux textes grecs que nous venons de mentionner et dont la liste n’a rien de définitif ni même d’exhaustif, il faut ajouter une série de traductions orientales. Les plus importantes sont les traductions arméniennes. Quinze homélies en cette langue ont été publiées en 1827 par Aucher avec une version latine, op. cit. Les dix premières de ces homélies constituent dans les manuscrits un ensemble et la deuxième contient même une allusion à la première. Les cinq dernières sont extraites de différents homiliaires. Nous avons déjà relevé que deux des homélies arméniennes, la septième In illud Abrahæ dictum, Gen., xx1V, 2 et la treizième De ficu arefacta sont conservées dans le texte original grec. L'homélie De incarnatione, édit. Aucher, p. 17- 55, est attestée comme sévérienne par le pape Gélase, De duabus naturis in Chrislo, dans Thiel, Epistolæ roman. pontif.,t. 1, p. 556-557. L'homélie 1x Zn verbum evangelii Matth., XXVI, 39 est plusieurs fois citée, sous le nom de Sévérien, dans les florilèges dogmatiques, en particulier dans la Doctrina Patrum de incarnatione Verbi, édit. Diekamp, p. 119, et dans Maxime le Confesseur, Tom. Spirit., 1, P. G., τ. xt, col. 165. La même citation figure également dans le florilège du concile
de Latran de 649, Mansi, Concil., t. x, col. 1092. Le texte grec de cette homélie a été récemment retrouvé et publié par Ch. Martin, Le Muséon, 1935, p. 311-321. Cf. Torossian, Le texte grec de la neuvième homélie de Sévérien et la tradition arménienne, dans Pazmaveb, 1937, p. 4 sq. L'homélie x du recueil d’Aucher, p. 370- 401, Ad invitatos in baptismum est donnée par la tradition grecque comme une œuvre de saint Basile, P. G., t. xxx1, col. 423-444 et cette attribution ne saurait être sérieusement contestée.
22. Une homélie De pythonibus et maleficiis, publiée en latin sous le nom de Sévérien, P. G., t. LXv, col. 27- 28, n'est pas une traduction faite sur le grec, mais un texte original. Elle est en réalité l’œuvre de saint Pierre Chrysologue. Cr. F. Liverani, Spicilegium Liberianum, t. 1, Florence, 1863, p. 192-193.
23. Il existe en syriaque une homélie pour la fête de Noël, dans le Vatic. syr. 369, fol. 15 νο- 17 νο, et, dans les manuscrits des chaînes, un Xephalaion qui oftre tous les caractères d’un sermon sur l’œuvre rédemptrice du Christ. Cf. A. Baumstark, Geschichte der syrischen Literatur, Bonn, 1922, p. 262; Wright, Catalogue of syriac mss in the British Museum, t. 111, Londres, 1872, p. 1322; Opitz, dans Zeitschr. für neutestamentl. Wissensch., 1934, p. 23; Mass, dans Journal of theological studies, 1929, p. 249 sq. L’authenticité des morceaux syriaques n’est pas à l’abri de tout conteste.
24. En copte, on possède également des fragments qui portent le nom de Sévérien. Un de ces fragments, sur la fête de l’archange saint Michel, a été édité par J. Leipoldt, Aegyptische Urkunden aus dem Καὶ. Museum zu Berlin, kopt. und arab. Urkunden, t. 1, Berlin, 1904, p. 189-190. En outre, le texte d’une homélie en copte a été publié par Burmester dans Le Muséon, 1932, p. 51.
Les indications qui précèdent suffisent à montrer qu'il reste beaucoup à faire pour débrouiller complètement les problèmes relatifs à l’œuvre de Sévérien. Toutefois, ce qui a été déjà accompli nous permet de nous rendre compte de la valeur de l’évêque de Gabala comme orateur et comme théologien.
Orateur, Sévérien s’exprimait avec un fort accent syriaque, Socrate, Hist. eccl., 1. VI, c. x1; et ce témoignage est plus sûr que celui de Gennade qui le qualifie de in divinis scripturis eruditus et in homiliis declamalor admirabilis. Sa voix etait rauque et se fatiguait rapidement. Son style était sec, peu imagé et il parlait plutôt à la manière d’un théologien qu’à celle d’un prédicateur ou d’un conducteur d’âmes. Même lorsqu’il abordaït des sujets de morale et qu'il s’efforçait de corriger les défauts de ses auditeurs, il ne parvenait pas à les émouvoir et, dans une de ces homélies, on l'entend demander cinq ou six fois aux fidèles de faire attention et de tenir compte de la faiblesse de sa voix. Hom., v, 5, P. G.,t. Lvi, col. 477. On trouve parfois chez lui de belles pensées et de fines remarques qui devaient être le fruit de son érudition, mais on s’aperçoit aussi que Sévérien ne possédait pas un vrai talent oratoire et qu'il ne devait être qu’un prédicateur moyen. Cependant le peuple l’entendait volontiers :
. lui-même, dans l’homélie sur le serpent d’airain, parle
d’applaudissements qui ont empêché d’entendre sa pensée et l’obligent à reprendre ce qu’il vient de dire. A Constantinople, il parvint même à obtenir la faveur de la cour, et il ne le dut pas seulement à ses intrigues, mais à l'intérêt que les souverains, l’impératrice Eudoxie surtout, prenaient à ses sermons.
Son style est plus simple que celui de beaucoup de ses contemporains et il n’utilise les procédés de la rhétorique qu’avec une grande sobriété. Ses phrases sont courtes, souvent brisées. Sa langue est celle de son temps et n’appelle pas de remarques spéciales.
Il a le tempérament d’un polémiste et c’est seule-
SÉVÉRIEN DE GABALA — SÉVERIN
ment lorsqu'il lutte contre les hérétiques ou contre ceux qui se permettent de critiquer ses sermons qu’il se montre vraiment vivant. C’est ainsi que la deuxième homélie sur la création est consacrée presque entièrement à réfuter un sectaire qui n’acceptait pas la formule Dominus Deus Sabaoth : Sévérien explique longuement que Sabaoth n’est pas le nom d’une divinité, mais que c’est un mot hébreu qui signifie armées et qu'il n’y a pas lieu de s’en émouvoir. Dans l’homélie v, il rabroue quelques auditeurs qui ont l’audace de se plaindre de sa physique. De fait, les explications qu'il fournit sur l’œuvre des six jours sont souvent des plus puériles : ce qu’il dit de la marche du soleil ou de la création de la lune dans l’homélie 111 est de nature à rendre manifeste son manque d’esprit philosophique et sa parfaite ignorance en matière scientifique.
Comme théologien, Sévérien est peu original. Il déclare que c’est dans l’Écriture même qu’il faut chercher la solution de toutes les difficultés que soulève l'Écriture et il répugne à l’allégorie, à moins qu’elle ne soit très simple : « Autre chose, dit-il, est de faire violence au récit pour le tourner en allégorie; autre chose de conserver le récit et d’y superposer une considération.» Hom.,1v,2, In creat. Aussi combat-il assez souvent Origène. Par contre, il s'oppose également aux anthropomorphites. Par rapport au dogme trinitaire, Sévérien, quoiqu'il ne s’exprime pas avec la précision et la sûreté d’un théologien de premier rang, est fermement attaché à la foi de Nicée. Il combat avec vigueur les ariens et les pneumatomaques et on a pu relever chez lui un certain nombre d’expressions parallèles à celles du symbole Quicumque. Cf. M. Jugie, Sévérien de Gabala et le symbole athanasien, dans Échos d'Orient, t. xiv, 1911, p. 193-204. Il donne sans hésiter à la très sainte Vierge le nom de Mère de Dieu : Tillemont, Mémoires, t.x1, p.588, trouve même que, sur ce point, sa manière de parler est un peu surprenante et qu’on pourrait se demander si les homélies sur la création ne sont pas postérieures au concile d'Éphèse; ces soupçons sont d’ailleurs mal fondés.
On a indiqué, au cours de l’article, plusieurs ouvrages ou études sur Sévérien. Ajoutons ici quelques renseignements complémentaires : Tillemont, Mémoires, t. X1, p. 587-589 (sur la production littéraire de Sévérien); P. Charles, Fragments exégétiques inédits de Sévérien de Gabala, dans Recherches de science religieuse, 1914, t. v. p. 252-259; W. Duerks, De Severiano Gabalitano (Inaug. Diss.), Kiel, 1918; W. Duerks, Eine fälschlich dem Irenäus zugeschriebene Predigt des Bischofs Severian von Gabala, dans Zeitschr. für neutest. Wissensch., t.xx1,1922,p. 64 -69; H. de Vies, Homélies coptes de ἴα Vaticane (Coptica…, t.1), Copenhague, 1922, p. 198-204; J. Zellinger, Die Genesishomilien des Bischofs Severian von Gabala, Munster, 1916; J. Zellinger, Studien zu Severian von Gabala, Munster, 1926; F. Cavallera, Une nouvelle homélie restiluée à Sévérien de Gabala, dans Bulletin de littér. ecclés., 1932, Ὁ. 141-142; Chr. Baur, Der heilige Joannes Chrysostomus und seine Zeit, t. 11, Munich, 1930, p. 134-142.
G. BaArDY.
SÉVERIN, pape, élu à l'automne de 638, consacré seulement le 28 mai 640, mort le 2 août suivant. — Le pape Honorius Ier était mort le 12 octobre 638; on élut pour le remplacer un Romain, Séverin, sur le curriculum vitæ duquel nous n’avons pas de renseignements. Sans doute le nouvel élu prit-il possession du Latran avec les servantes locum Sedis apostolicæ, cf. art. JEAN IV, t. vu, col. 598. Il devait attendre, pour être consacré, l’autorisation impériale, que ses apocrisiaires partirent demander à Constantinople. C’est, selon toute vraisemblance, peu après cette élection et cette prise de possession, que Séverin fut en butte, de la part d’un haut fonctionnaire, le cartulaire Maurice, appuyé par l’exarque de Ravenne, Isacius, à de pénibles avanies. A tort ou à raison, le trésor pontifical passait pour bien garni; Maurice fit croire à l’armée
byzantine, assez irrégulièrement payée, que rien n'’était plus simple que de mettre la main sur ces richesses. Après avoir échoué en un coup de force tenté contre le Latran, le cartulaire réussit plus tard à donner à son opération un semblant de légalité. Survenu pour prendre sa part du butin, l’exarque, qui se montra fort dur pour les membres influents du clergé, se couvrit du côté de Constantinople en partageant les profits avec l’administration impériale. Mais il faut penser qu’on avait mis quelque discrétion dans cette entreprise, car Séverin put donner au clergé le traitement habituel et même un peu plus.
Il est difficile de dire, étant donné le silence absolu du Liber pontificalis, si ces incidents avaient quelque rapport avec la question de l’Ecthèse. Cet édit de l’empereur Héraclius avait été lancé à l’automne de 638. On sait que, prenant prétexte des paroles du pape Honorius dans sa réponse à Sergius de Constantinople, il imposait le silence sur le point de la double ou de l’unique « énergie » dans le Christ et rendait obligatoire la doctrine et la formule de « l’unique volonté ». Cf. art. Hononius Ier, τι νι, col. 107; art. MONOTHÉLISME, t. x, col. 2308 et 2320. Le document impérial dut être de très bonne heure apporté à Rome, car l’exarque Isacius, déjà nommé, le reçut des mains du magister mililum Eustathius, envoyé spécialement de Constantinople. Séverin se refusa à le signer et ce furent ses apocrisiaires qui durent négocier à ce sujet dans la capitale où leur séjour se prolongea. Les envoyés pontificaux, en effet, se retranchèrent tout d’abord derrière leurs instructions; ils n’étaient pas venus dans la « Cité gardée de Dieu » pour signer des professions de foi; tout ce qu’ils pouvaient faire, c'était de porter à Rome le document en question, dont leur maître verrait ce qu’il devait penser. Ils ajoutaient qu’en des problèmes touchant à la foi, il était vain de vouloir faire étalage de force. Leur fermeté eut finalement raison des exigences d’Héraclius et de ses conseillers ecclésiastiques. Ces derniers en vinrent à recommander au prince une solution pacifique et les légats partirent avec l’autorisation nécessaire au sacre épiscopal de Séverin. Sur ces tractations, voir une lettre de Maxime le Confesseur conservée par Anastase le Bibliothécaire dans les Collectanea, P. L., t. ΟΧΧΙΧ, col. 583-586. La consécration de l’élu eut donc lieu le dimanche 28 mai 640.
Quelle fut, au sujet de l’Ecthèse, l'attitude ultérieure de Séverin, il est assez difficile de le dire. Il est certain qu'au cours des mois qui suivirent la promulgation de l’édit, les orthodoxes, adversaires du monothélisme, avaient fait le possible pour retirer à la nouvelle hérésie l’appui que semblait lui donner la fameuse lettre du pape Honorius. Le patriarche de Jérusalem, Sophrone, avait envoyé à Rome Étienne de Dor. Cf. Mansi, Concil., t. x, col. 891-892. Maxime le Confesseur, de son côté, avait sollicité et obtenu des explications au sujet de cette pièce compromettante. Cf. lettre au prêtre Marin dans les mêmes Collectanea, P. L.,t. cxxIX, col. 571 BC. Sur la foi d’une formule insérée au Liber diurnus, on a soutenu que Séverin avait finalement pris parti, sinon contre l’Ecthèse, du moins contre le monothélisme. Cf. Jaffé, n. 2309. La chose ne nous paraît pas très assurée. On lit bien en effet, à la formule 73 du livre en question, la profession de foi suivante imposée aux évêques suburbicaires lors de leur sacre : « Nous promettons de garder tous les décrets des pontifes du Siège apostolique de sainte mémoire, SÉVERIN, Jean, Théodore et Martin, relatifs aux nouvelles discussions soulevées dans la capitale, confessant que, de même qu’il y a deux natures, il y a aussi deux volontés naturelles et deux opérations naturelles : profilentes juxta duarum naturarum modum ila el duas nalurales volunlales altque duas natlurales
SÉVERIN — SEVERT (JACQUES)
operationes. » [C’est ainsi qu’il faut lire avec Sickel, p. 73, et Rozière, p. 143, et non comme l’a fait Garnier : juxla duarum naturarum molum ila et duas naturales operaliones, P. L., ἃς cv, col. 66.] Dans l’état actuel des recherches sur la formation du Liber diurnus, il serait imprudent de tabler sur cette donnée. Il est remarquable, d’autre part, que le Liber pontificalis ni aucune autre source contemporaine ne souffle mot d’un anathème porté par Séverin contre le monothélisme (ou le monénergisme). E. Caspar fait très justement remarquer qu’un passage du concile du Latran de 649 exclut une telle condamnation. Mansi, Concil., t. x, col. 1005. Après la lecture à cette assemblée de la lettre de Cyrus d'Alexandrie à Sergius de Constantinople, où il était dit de l’Ecthèse qu’elle allait être reçue incessamment par le pape Séverin, récemment élu, le pape Martin fit la remarque suivante : « Les monothélites ont été déçus ; non seulement l’Ecthèse n’a pas été admise, mais elle a été condamnée et anathématisée par l’autorité apostolique.» Après l'espoir, exprimé par Cyrus, de voir Séverin reconnaître le document impérial, ç’eût été le cas ou jamais de mentionner la condamnation infligée par ce pape s’il en avait prononcé une.
Le pontificat proprement dit de Séverin prit fin au bout de deux mois. Comme actes provenant de lui, il faut signaler la translation de la terre ferme, occupée maintenant par les Lombards, dans les îles des lagunes de deux évêchés de Vénétie. Kehr, J{alia pontificia, t. vit b, p. 79, n. 1; p. 89, n. 4. Des prélats irlandais, abbés et évêques, adressèrent au pape Séverin une consultation sur le comput pascal. Elle arriva en Curie après la mort du pape. Ce furent les servantes locum Sedis apostolicæ qui y répondirent durant l’interrègne. Jafté, n. 2040.
Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. 1, p. 328-329; Jalé, Regesta pontificum romanorum, Ὁ. 227; E. Caspar, Geschichte des Papstiums, t. τι, Tubingue, 1933, Ὁ. 727 sq.; p. 537 sq.; du même, Die Lateransynode von 649, dans Zeitschrift für Kirchengeschichte, τς τὰ, 1932, Ὁ. 114, note 87; V. Grumel, Recherches sur l’histoire du monothélisme, dans Échos d'Orient, t. xxx, 1930, p. 23-26; L. Bréhier, dans Fliche-Martin, Histoire de l’Église, t. v, 1938, p: 133,
É. AMANN.
SEVERT Jacques naquit d’une famille noble à Beaujeu, dans le Lyonnais; il vint à Paris et fut docteur de Navarre en 1588, docteur en théologie en 1592. Il se livra d’abord à la prédication, tout en étudiant diverses sciences. Puis il vint à Mâcon, où il s’appliqua à combattre les nouveautés hérétiques ; il y exerça les fonctions de théologal ; venu à Lyon, comme théologal, il y poursuivit la publication de divers écrits. Il mourut à Lyon, vers 1628.
Jacques Severt ἃ publié, soit en latin, soit en français, de nombreux écrits d’exégèse et d'histoire religieuse. Le premier en date a pour objet la cosmologie : De orbis catoptrici seu mapparum principiis, descriptione ac usu libri tres, Paris, 1598, in-fol. — Puis ce sont des traités sur les censures de l’Église : Summa omnis excommunicalionis el casuum reservalorum, tam papalis et apostolicæ quam episcopalis absolutionis, Paris, 1601, in-12, et De mulliplici anathemale juris æquivalente ad nominatim liber, in quo exactissime sacrorum canonum οἱ summulariorum doctorum senlentiæ circa tractatus de excommunicalione aperiuntur, Paris, 1602, in-12. — Installé à Lyon, il publia une histoire des archevèques de Lyon et des évêques de Mâcon, à laquelle il ajouta plus tard l’histoire des conciles généraux ou provinciaux qui s’élaient occupés de définir des articles de foi contestés par les calvinistes ou autres hérétiques : Chronologia hislorica successionis hierarchicæ Antistilum Lugdunensis archiepiscopalus, Galliarum primatus et suffraganeorum diæceseon, cum brevi exposilione articulorum fidei catho-
licæ, qui in plerisque conciliis, præsentibus iisdem primatibus, et aliis orbis universi episcopis definiti fuere, Lyon, 1607, in-4° et 1608. — Un autre écrit étudiait les controverses récentes touchant l’athéisme et les diverses hérésies qui conduisent à l’athéisme : De atheismo... in quo præserlim disseritur de intima infidelium natura, Lyon, 1621, in-8°; L'antimarlyrologe ou Vérité manifestée contre les histoires des supposés martyrs de la prétendue religion réformée, imprimée à Genève onze fois, divisée en douze livres, montrant la différence des vrais martyrs d'avec les faux, Lyon, 1622, in-4°, C’est une critique, parfois assez vive, du Livre des martyrs de Jean Crespin; Severt étudie le Pseudomartyrologe des calvinistes, et il met en relief les articles controversés de notre foi, selon les autorités de l'Écriture sainte et des Pères, et la doctrine impie des hérétiques qu’il réfute pour défendre l’Église catholique. — Enfin, en 1623, Severt publia L’anacrise des Bibles, c'est-à-dire la Confrontation des Bibles pour discerner les Bibles françaises fausses et dépravées par les hérétiques de notre siècle d’entre les autres Bibles orthodoxes et catholiques, desquelles se sert l’Église catholique, apostolique et romaine, en diverses langues, jusques à notre Vulgate, Lyon, 1623, in-fol. — Pour faire pendant au faux martyrologe des calvinistes, Severt publia l’Agiologie, fleurs ou recueils de la vie des saints, divisés en trois tomes par lieux communs, sous des ordres alphabétiques, Lyon, 1628, in-40. Il s’est inspiré de la Fleur des Vies des saints, composée en espagnol par le Père Ribadenevyra, et traduite par Jacques Gauthier, en 1614 et de la Vie des saints, de Surius, à laquelle est emprunté, en partie, le troisième tome.
Launoy, Regii Navarræ Parisiensis collegii historia, t. αν des Œuvres, p. 668-669 de l’édition de 1732; Colonia, Histoire littéraire de la ville de Lyon, t. 11, 1730, p. 729; Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée, t. XXIV, Ὁ. 30; F. Collombet, Études sur les historiens du Lyonnais, t.1, Lyon, 1839, p. 69- 77; Du Lut, Biographie lyonnaise, Lyon, 1839, in-8°, p. 279; Féret, La faculté de théologie de Paris, Époque moderne, t. V, Paris, 1907, p. 137-141 (Jacques Séverce).
J. CARREYRE.
SEYSSEL ou SEISSEL (Claude de), 1450- 1520. — Claude de Seyssel naquit à Aix-les-Bains en 1450 d'une noble famille savoyarde qui existe encore aujourd’hui. Il fit d'excellentes études à l’université de Pavie où il eut Jean Maino pour professeur et où il se lia d'amitié avec Lascaris. Pourvu d’une chaire d’éloquence à Turin, il se livra d’abord à des travaux d’érudition, notamment à des traductions d’auteurs grecs tels que Justin et Eusèbe. Le cardinal d’Amboise qui avait apprécié les qualités de Seyssel le signala à l'attention du roi de France (1498). Louis XII le nomma alors membre du sénat de Milan, puis, après le traité de Blois qui consacrait l’échec de l’expédition française en Italie, conseiller du roi et maître des requêtes. Dans ses fonctions, Seyssel montra un zèle et un dévouement remarquables, aussi fut-il chargé en 1506 d’une délicate ambassade auprès du roi d'Angleterre Henri VII. L'opinion française se montra peu satisfaite des résultats obtenus et dauba l’ambassadeur ; Seyssel se justifia en publiant un panégyrique de Louis XII : Les louenges du bon roy Louys douziesme de ce nom, Paris, 1508 (?), in-4°, réédité plus tard sous le titre suivant : Histoire singulière du roys Louys X11I de ce nom, père du peuple, faicte au parangon des règnes el des gestes des autres roys de France ses prédécesseurs, Paris, 1558, in-8°; 1587, in-8°. Seyssel eut plus de succès dans sa mission auprès du pape Léon X; il réussit à conclure la paix entre la France et le Saint-Siège (1513). Sur cette mission de Seyssel, cf. Pastor, Geschichle der Päpste, pontificat de Léon X, t. ἵν a, p. 45-49, Seyssel représenta également le roi
SEVERT (JACQUES) — SFONDRATI (CÉLESTIN)
de France à la diète de Trèves de 1512 et au concile du Latran de 1514. Divers bénéfices étaient venus récompenser les services de Seyssel : l’administration du diocèse de Lodi (et non de Laon, comme certains ont traduit), l’abbaye de Saint-Pons de Cimiez, en 1507, et, en 1509, l'évêché de Marseille. Entre temps, Seyssel avait embrassé l’état ecclésiastique. A la mort de Louis XII (1515), Seyssel se retira dans son évêché, non sans publier son testament politique, La Grant monarchie de France, Paris, 1516, in-4°, dédié à François Ier, et dans lequel il trace les grandes lignes d’un programme politique marqué de beaucoup de sagesse. On trouvera une excellente étude sur les idées politiques de Seyssel dans Carlyle, À history of mediaeval political theory in the West, t. vi, 3 part., Londres, 1936, c. 1, p. 219-226. Désormais, Seyssel se consacra au soin des âmes. En 1517, ii échangea son évêché contre l’archevêché de Turin. Il s'y montra administrateur prévoyant et pasteur zélé, en particulier dans son apostolat auprès des vaudois. Claude de Seyssel mourut saintement le 30 mai 1520.
Écrits. — Outre les traductions, travaux d’érudition et écrits politiques, Seyssel est l’auteur des ouvrages suivants : Explanatio in 1 caput Evangelii divi Lucæ, Paris, 1515, petit in-40. — Adversus errores οἱ seclam valdensium disputationes, Paris, 1520, petit in-4°, — De triplici statu viatoris, Turin, 1518. — De divina providentia tractatus, Paris, 1518. Seyssel y étudie longuement le problème du salut des infidèles ; sa conclusion est des plus simples : les infidèles sont dans la même condition que les enfants morts sans baptême. Cf. ici, art. INFIDÈLES, t. VIT, col. 1894-1896 et L. Capéran, Le problème du salut des infidèles, Paris, 1912, p. 220-225.
Alberto Caviglia, Claudio di Seyssel. La vita nella sloria de’ suoi tempi, dans Miscellanea di storia italiana, t. ΧΧΙΙΙ, Turin, 1928, cette étude très complète peut être considérée comme définitive; Dufayard, De Claudii Seysselli vita et operibus, Paris, 1892, in-8°; Jacquet, Le sentiment national au XVIe siècle, Claude de Seyssel, dans Revue des questions historiques, t. LVI1, 1895, p. 400-440; Gallia christiana, t. 1, col. 666-667; Roskovâny, B. Maria virgo in suo conceptu immaculata…, t. τ, Budapest, 1873, p. 355. Les notices de Michaud, Moréri, Richard et Giraud, etc., sont peu exactes,
J. MERCIER
SFONDRATI (Le cardinal Célestin), petitneveu du pape Grégoire XIV et neveu du cardinal Paul-Émile. —— 11 naquit à Milan le 11 janvier 1644, entra à douze ans à l’école que les moines de Saint- Gall avaient ouverte à Rorsbach et prit l’habit religieux à l’abbaye de Saint-Gall; à l’âge de 22 ans, il commença à enseigner en plusieurs maisons de sa congrégation. En 1679, alors qu'il était maître des novices à Saint-Gall, il fut appelé à occuper pendant trois ans la chaire de droit canonique de l’université de Salzbourg. Nommé par Innocent XI évêque de Novare (1686), il fut élu prince-abbé de Saint-Gall le 16 avril 1687, et se fit remarquer par son observance, sa piété et sa libéralité. Ses vertus et sa naissance le désignaient pour la dignité cardinalice, qu’il reçut des mains d’Innocent XII en 1695. L’année suivante, le 4 septembre 1696, il mourait à Rome dans de grands sentiments d’humilité et de confiance en Dieu. Ses funérailles et son modeste tombeau, en sa basilique de Sainte-Cécile, durent être payés par la Chambre apostolique. ‘
1° Le premier en date de ses ouvrages, le Cursus philosophicus Sangallensis, 3 vol.in-4°, dont la composition remontait aux années de sa jeunesse monastique (1670-1675), ne fut publié que vingt ans plus tard, lors de son élévation au cardinalat, 1695-1699 ; il est bien difficile de savoir dans quelle mesure l’œuvre imprimée reflète l’enseignement du professeur de trente ans.
20 Dispulalio juridica de lege in præsumptione fundata contra immoderalos opinionum moralium amatores, Salzbourg, 1681. — Dispute juridique, elle s'étend longuement sur la définition de la présomption, de droit ou de fait, appuyée sur des indices légers, probables ou très forts, €. 1. « Je dis que la loi basée sur des présomptions oblige en conscience, tant qu'on n’a pas l’évidence du contraire», ©. xxx, et « qu’elle n’oblige pas dans le cas d’une évidence du contraire... » « L’erreur commune engendre le droit », sauf certaines exceptions. C. 1v. Le €. v veut montrer que la loi fondée sur la présomption de danger oblige, même si ce danger n'existe plus dans un cas particulier. C’est à ce propos que Sfondrati, devenant moraliste, fait le procès du probabilisme, n. 5: « Je dis qu’en raison même du danger, en matière de péché, il n’est pas permis de suivre une opinion moins probable, parce que cette doctrine engendre elle-même un grand risque de maux très nombreux, et je le prouve, non pas spéculativement, mais par l’expérience... », p. 62. Il passe en revue les commandements de Dieu... Il cite le décret d'Alexandre VII, en 1665, contre le laxisme, les avertissements des évêques de Belgique et de l’université de Louvain (1653-1657), la condamnation par Alexandre VII (1665) et Innocent XI de « propositions moins probables, qui avaient pourtant pour elles des docteurs notables et des raisons nombreuses! », p. 68. « Il est certain qu'il n’est jamais permis d’agir avec un doute pratique; or, l’opinion moins probable est, «le sa nature, douteuse », p. 72. La question était mal posée. Mais l’auteur fait fi de l’accord et du nombre des théologiens et des chrétiens qui défendaient alors le probabilisme, p. 80-82. Son indignation, au reste, n’était que feu de paille à côté de celle des moralistes rigides du milieu du xvrr siècle.
3° Traclalus regaliæ, Saint-Gall, 1682 (Rakowsky donne la date de 1680). — C’est un exposé doctrinal d’une question surtout historique, dont Bossuet écrivait : « Tous ces droits ont donc leurs raisons et leurs origines particulières : les uns se sont soutenus, les autres ont été négligés, de sorte qu’il n’y a rien de certain que la possession, ni, à vrai dire, d’autres règles pour fonder les jugements. » Lettre xcrv du 6 février 1682. Un appendice polémique s’y trouvait inséré, qui fut réédité à part, en 1702, sous le titre : Animadversiones in tractalum singularem de regaliis allice editum a fr. Pinsonio. Tout cela était assez théorique : aussi, dans l’ouvrage suivant, sur la même matière, Sfondrati prit-il le parti de distribuer son enquête un peu comme on faisait alors pour les cartulaires : « Témoignages de l’Église divisée en quatre ordres : le clergé et surtout les évêques, les docteurs sacrés, les rois, les historiens. »
4° Regale sacerdotium romano pontifici asserlum et quatuor proposilionibus Gallicani cleri explicatum, 1684, fut publié à Saint-Gall en 1684, sous le pseudonyme d'Eugenius Lombardus, puis à Rome en 1693, enfin prit place dans Rocaberti Bibliotheca pontificia maxima, t. 111.
Sfondrati définit la régale, au sens large, « le droit d’élire, de donner l'investiture aux évêques, de conférer les bénéfices vacants, et d’en percevoir les fruits et revenus {emporels », Reg. sacerd., τ, ἢ. 13; mais il ne s’attache qu'aux deux derniers points, qui constituent le droit de régale proprement dit. Les origines de ce droit sont à chercher dans la garde des biens des évêchés confiée par les conciles du vre et du vie siècle aux économes élus par le clergé; la cession de cette garde aux princes « fut consentie pour le bien de la paix par Calixte IT » au concile du Latran de 1122, op. cil., Ὁ. 70-71; mais l'élargissement de la tolérance n’est qu'une usurpation des rois.
Contre la déclaration de 1682, dont il examine les
SFONDRATI (CÉLESTIN)
quatre articles, Sfondrati est beaucoup moins précis sur le pouvoir des papes en matière temporelle. Partant d’un texte de saint Paul, 1 Cor., vi, 2, et dumot de saint Luc sur les deux glaives, xx11, 38, il écrit : « De ce texte et des explications des Pères qui y sont jointes, résulte que la double juridiction spirituelle et temporelle représentée par les deux glaives ἃ été concédée aux apôtres et à leurs successeurs. » Op. cit., 1, ὃ 2. n. 8, dans Rocaberti, p. 320. En réalité, pourtant, l’apologiste s’en tient au pouvoir indirect sur les couronnes, avec les arguments de Bellarmin.
59 Gallia vindicata, 1688, dont une nouvelle édition parut en 1702, augmentée des documents français que l’auteur s'était donné la peine de traduire en latin est une réfutation des quatre propositions de l'assemblée du clergé de 1682. C’est donc une reprise du livre Regale sacerdotium de 1684; mais la Gallia vindicala s’attache de préférence aux témoignages de l'Église gallicane. Elle y adjoint une longue réfutation de l’enquête de Noël Alexandre sur les origines du droit de régale, à laquelle elle reproche de sortir souvent du sujet. Diss. I, ὃ 7, p. 152-168. Ensuite, cette nouvelle apologie du pouvoir pontifical suit pas à pas le Traité historique de l'établissement et prérogatives de l’Église de Rome, 1685, du P. Maimbourg. Le 1. I, sur la régale, n'offre pas de grandes nouveautés; mais, au début du 1. II, réfutant la dédicace de Maimbourg au roi Louis XIV, Sfondrati énonce ses principes de gouvernement de l’Église : intransigeance doctrinale et mise en garde contre les concessions : « Dans les choses de la foi, les concessions n’ont jamais servi aux Catholiques : elles les troublent et n'arrivent pas à bout des hérétiques », dont les buts véritables sont d'ordinaire très différents des prétextes religieux qu’ils mettent en avant. Les exemples cités à l’appui sont bien choisis : querelles ariennes et monophysites, schismes anglican et nordique; mais la conclusion contre les évêques gallicans est certainement outrée : « Qui croira, écrit-il, que des archevêques, brûlant de colère et de vengeance contre le pontife romain...? » Diss. II, $ 1, fin, édit. 1702, p. 395.
Le pouvoir indirect des papes sur les couronnes est revendiqué, indirecla potestas, ac pro raro casu, statuendi videlicel etiam de temporalibus, quando id necessilas conservandæ religionis requiril, p. 486; c'était franchement, cette fois, l’enseignement de Bellarmin. Sfondrati le justifie dans la finale de sa deuxième dissertation, surtout par les exemples des papes Grégoire II, Zacharie, Adrien (?), Léon III, et Grégoire le Grand, par les décrets des conciles généraux de Constance, sess. xv et xvir, de Bâle (?) et de Trente, et par les enseignements des docteurs, dont Gerson, Serm. de pace, consider. 5. Voir Gallia vindicata, diss. II, $ 2, p. 396-462. Il appuie aussi son sentiment sur l’Écriture, præserlim juncta Patrum interpretatione, sur 1 Cor., vi, 1-4; Matth., xvi, 18: Joa., ΧΧΙ, 17. Comme Maimbourg notait avec raison que ces textes ne s’entendaient pas de l’autorité de l’Église sur les choses publiques, et que les Pères des cinq premiers siècles n'avaient aucune idée de ce pouvoir indirect, Sfondrati apporte une réponse intéressante : « Il arrive en cette controverse, comme en beaucoup d'autres, que les Pères n’ont commencé à parler clair que lorsque les problèmes ont été agités. Qui ne voit que, sous Néron comme sous Constantin et Théodose, il eût été inopportun, parce que tout à fait inutile, de poser cette question? Mais, quand la religion fut mise en péril par les rois, et que d’autres princes s'offrirent à la servir, à savoir sous Pépin et Charlemagne, alors l’Église ne manqua pas d’user de son pouvoir et de l’appuyer sur l'Écriture, Le cas s’est présenté bien souvent pour l'Église d'expliquer des textes scripturaires, jusque-là inobservés, » C'est le progrès du dogme, entrevu par
2013 SFONDRATI Tertullien, De vel. virgin., ©. 1; S. Augustin, De civ. Dei, 1. XVI, c. 11; Grégoire de Nazianze, Serm. theolog., ιν: Grégoire le Grand, Hom. in Ezech., XV1: enfin par le concile de Florence contre les Grecs, sess. VI. Diss. II, $ 3, p. 488.
La réfutation de la 2° proposition de 1682, diss. III, amenait Sfondrati à discuter l'autorité des 1ve et ve sessions du concile de Constance : il fait état des textes découverts par Schelstrate, mais surtout dela confirmation si ambiguë de Martin V : Omnia decrela conciliariter tenere velle.
Sur la question de l’infaillibilité du pape, il procède progressivement, passant des éloges donnés au Siège de Pierre et des grands procès relatifs à la foi dans la vie de l’Église, aux textes précis des Pères.
Bossuet, dans sa Défense de la déclaration de l’assemtlée du clergé de France, n’a donné que peu de place à la réfutation du livre du cardinal Sfondrati, qu'il ne cite que dans la dissertation préliminaire, Œuvres complètes, t. x, Bar-le-Duc, 1870, p. 10, 11, 12, 17, 35. C’est qu'en 1688, lorsque parut la Gallia vindicata, Bossuet avait terminé sa Defensio; mais «l’auteur l’a revue plusieurs fois, remarque l’abbé Bossuet, éditeur du livre, et encore peu de temps avant sa mort »; il y adjoignit, en 1695, une Dissertatio prævia, motivée en partie par le travail de Sfondrati, désormais cardinal. Or, la querelle était alors apaisée entre le clergé de France et la Curie romaine; aussi l’évêque de Meaux décida de faire mention des opinions de Sfondrati, mais sans les combattre à fond, d’autant qu’elles ne faisaient que répéter celles de Bellarmin et de Schelstrate. Il fit mieux : il lui emprunta son titre : Gallia vindicata, puisque ce n’est qu’à la dernière revision que Bossuet donna à sa Défense le titre: De Gallia orthodoxa, qui n’a d’ailleurs pas été retenu par les éditeurs. Cf. Journal de l'abbé Ledieu, au 28 septembre 1700. L’évêque de Meaux reproche à Sfondrati d’avoir été trop sévère pour saint Cyprien et sa rancune contre le pape, sans tenir compte de l’opinion plus indulgente de saint Augustin, Dissert. prævia, c. 69, Œuvres complètes, 1870, t. x11, p. 35. Il trouve aussi qu’il passe bien légèrement sur l’appui qu'Adrien VI aurait donné aux théories conciliaires, loc. cit., c. 32, p. 17. I] lui reproche surtout de ne rien trouver en faveur de ces théories avant le concile de Constance, et de vouloir opposer, sur ce point, à l’ancienne Sorbonne de Gerson et de Pierre d’Ailly, des docteurs de la nouvelle Sorbonne comme P. de Marca et Duval, Loc. cit., p. 11.
6° Legalio marchionis Lavardini Romam, 1688. — C’est l'exposé des demandes de l’ambassadeur français, le marquis de Lavardin, réclamant le droit d’asile pour le quartier des ambassades, l’explication du refus du pape, qui excommunia l’envoyé de Louis XIV : d’où pendant deux ans, une pluie de libelles dans les deux sens. Sfondrate, alors prince-abbé de Saint-Gall, prit énergiquement le parti de Rome et examina en tous sens les prétentions du roi de France. Aussi fut-il réfuté, la même année, par un anonyme : De jure asyli franchiliarum et de nullitate excommunicationis a Pontifice in M. Lavardinum vibralæ, Amsterdam, 1688.
7° Nepotismus theologice expensus, quando nepotismus sub Innocentio XII abolitus fuit, 1692, in-12 de 215 p., était une publication assez méritoire du futur cardinal, qui était lui-même petit-neveu du pape Grégoire XIV et neveu du cardinal Paul-Émile Sfondrati.
8° Innocentia vindicata, Saint-Gall, 1695, est une |
défense du privilège de l’immaculée conception de la sainte Vierge et, à cette occasion, un plaidoyer en faveur de saint Thomas d'Aquin : si le Docteur angélique affirme, Summ. theol., 1115, 4. xxvI1, a. 2, que Marie ἃ contracté le péché originel — ce qu'il ne pouvait éviter avec l’ancienne théorie augustinienne qui explique sa transmission par le désordre de l’acte géné-