‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 168 sur 457 · SIDOINE · texte numérisé non relu

SIDOINE

SIDOINE APOLLINAIRE (SAINT), évèque de Clermont-Ferrand, de 471 à 487 environ. — Sidoine Apollinaire (Caïus Sollius Modestus Apollinaris Sidonius), naquit à Lyon le 5 novembre 431 ou 432. Il appartenait à l’une des premières familles du pays. Son grand-père avait été préfet du prétoire des Gaules sous le règne de Théodose et c'était par la conversion de cet aïeul que le christianisme était entré dans la famille. Sous Valentinien III, son père avait été revêtu de la même dignité. Le plus brillant avenir semblait donc réservé à Sidoine. Après avoir achevé des études aussi complètes que possible, celui-ci épousa en effet, vers 452, une jeune fille originaire d'Auvergne, Papianilla, dont le père, Flavius Eparchius Avitus, devait être, quelques années après, élu empereur par les députés de la noblesse gauloise réunis à Beaucaire. Le 1er janvier 456, il fut chargé de prononcer devant le Sénat romain le panégyrique de son beau-père; et ce beau morceau de rhétorique connut un tel succès qu’il valut à l’orateur les honneurs d’une statue de bronze, sur le forum de Trajan. Peu après, Avitus était d’ailleurs renversé, et n’avait d’autre ressource pour obtenir la vie sauve que d’accepter le siège épiscopal de Plaisance. Sidoine, qui s’était compromis pour lui, se hâta de faire sa cour au nouvel élu et de prononcer un second panégyrique en sa faveur : moyennant quoi, il entra fort avant dans les bonnes grâces de Majorien.

Il se retira cependant sur ses terres. Pendant quelques années, de 461 à 465, il y mena la vie tranquille et confortable d’un grand propriétaire foncier, avec sa femme et ses trois enfants. La politique ne tarda pas à le rappeler. Après l’assassinat de Majorien et de son successeur Sévère, Sidoine dut, une fois de plus, prononcer le panégyrique de leur successeur, Anthémius, 1er janvier 468, et son éloquence lui mérita la dignité de préfet de Rome, puis, à sa sortie de charge, le titre de patrice.

Sans doute espérait-il jouir en paix des années qui lui restaient à vivre lorsque, dans des conditions mal

connues, il fut appelé en 471 ou 472 au siège épiscopal |

de Clermont. Rien ne l’avait préparé à l'exercice de ses fonctions. Mais, une fois élu, il eut à cœur de se rendre digne de la confiance de son peuple et de ses collègues, et il se montra à la hauteur des circonstances difficiles où il dut exercer son ministère. Dès 474, les Wisigoths, conduits par l’arien Euric, envahirent l'Auvergne; Sidoine commença par organiser la résistance. Lorsque, malgré la vaillance des Auvergnats et les protestations de l’évêque, la province fut tombée entre les mains des barbares et que leur victoire eut été reconnue par un traité régulier, il dut même payer son courage de l’exil; pendant quelque temps, il fut interné dans la forteresse de Livia, près de Carcassonne. 1] fut cependant rendu à la liberté et put même reprendre ses fonctions épiscopales. Il finit par mourir en paix vers 487 ou 489, laissant après lui le souvenir d’un grand évêque.

L'œuvre littéraire de Sidoine Apollinaire comprend vingt-quatre poèmes et cent quarante-sept lettres réparties en neuf livres. Ses poèmes sont tous antérieurs à son épiscopat : ce sont, outre les trois panégyriques d’Avitus, de Majorien et d’Anthémius, rédigés en pompeux et solennels hexamètres, des écrits de circonstance : épithalames, billets de demandes ou de remerciements, lettres versifiées, etc. Sidoine fait preuve, dans ces poèmes, de beaucoup d’habileté, d’une connaissance très exacte de la prosodie et de ses règles et même d’un véritable sentiment poétique. Il ne craint pas d'employer les mètres les plus rares et les plus difficiles à manier, se conduisant peut-être, en agissant ainsi, comme un bon écolier plutôt que comme un maître; il emprunte aussi idées et expres-

DICT. DE THÉOL. CATHOL

Page 1