‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 184 sur 457 · SILVESTRI (FRANÇOIS) — SILVY (LOUIS · texte numérisé non relu

SILVESTRI (FRANÇOIS) — SILVY (LOUIS

jansénisme; c’est sous la direction de Deforis que Silvy collabora à la publication des Œuvres de Bossuet, préparée par Lequeux. Bien que zélé janséniste, Silvy fut opposé à la Constitution civile du clergé et à l'Église constitutionnelle; sur ce point, il se sépara de la plupart de ses amis.

Il étudia avec beaucoup d’ardeur les sciences ecclésiastiques et avec sa femme, Thérèse Boudet, s’appliqua à soulager les misères occasionnées par la Révolution française. Très rigoriste en morale, il pratiquait une pénitence sévère, inspirée par l’exemple et le souvenir de Port-Royal. Il fut appelant de la bulle Unigenitus et, le 8 septembre 1813, jour anniversaire de la publication de cette bulle, il fit un discours passionné dans lequel il racontait, à sa manière, l’origine de cette bulle, qui était l’œuvre des jésuites, et les effets désastreux qu’elle avait produits dans l'Église, en même temps qu’il annonçait la conversion prochaine des juifs. Il fut toujours un adversaire décidé des jésuites, qu’il regardait comme les vrais inspirateurs de la bulle Unigenitus et les auteurs responsables des persécutions exercées contre les jansénistes et contre Port-Royal.

Silvy fut très généreux pour les œuvres de Port- Royal. En 1826, il devint locataire des ruines de Port- Royal-des-Champs et, dès 1828, il acheta la propriété et ses dépendances; en 1829, il fonda une école de garcons sur la paroisse Saint-Lambert et il en confia la direction aux frères de Saint-Antoine et, un peu plus tard, une école de filles qui fut dirigée par les sœurs de Sainte-Marthe. Ces deux congrégations, aujourd’hui disparues, étaient fort attachées à l’ancien Port- Royal. Silvy fit restaurer en partie la maison de Port- Royal-des-Champs et y réunit de nombreux souvenirs que les amis de Port-Royal allaient visiter en pèlerinage. C’est dans son cher Port-Royal que Silvy mourut, âgé de quatre-vingt-six ans, le 12 juin 1847, et il fut enseveli au cimetière de Saint-Lambert, auprès des restes des anciens solitaires, au milieu d’une nombreuse assistance de jansénistes et de pauvres dont il était l’insigne bienfaiteur.

Tous les écrits de Silvy ont un caractère polémique accentué et constituent un plaidoyer en faveur du jansénisme et de Port-Royal. Le premier en date est dirigé contre les Mémoires de Picot, et a pour titre : Vérité de l’histoire ecclésiastique rétablie par des monuments authentiques contre le système d’un écrit intitulé : Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant le xvrIre siècle, Paris, 1814, in-8°. C’est une critique, parfois très vive, du livre publié par Picot, en 1806. — Première lettre à l’auteur des Mémoires pour servir, Paris, 1815, in-8°. Cette lettre peut servir d’avis aux souscripteurs de cet ouvrage et aux abonnés du Journal du même auteur (il s’agit de l’Ami de la religion). On y a ajouté : 1. un avertissement où l’on donne une première idée des Mémoires dont il s’agit, considérés sous le rapport du mérite littéraire. 2. Un extrait de pièces inédites et très importantes, tirées des archives du Vatican. 3. Le texte entier de la lettre de l’auteur des Mémoires à un écrit justifié par la présente lettre et par celle qui doit suivre. Silvy reproche à Picot ia sécheresse de son style qui ôte tout intérêt à ses personnages, qui s’appesantit sur des détails minutieux et insignifiants, mais surtout il lui fait grief d’épouser la cause des jésuites qu’il compromet d’ailleurs par ses maladresses et d'approuver les opinions ultramontaines. — Les jésuiles, tels qu'ils ont élé dans l’ordre politique, religieux et moral, contre le système d’un livre intitulé : Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant le XVrrIe siècle, ouvrage dont on prépare une nouvelle édition, Paris, 1815, in-89. L'auteur raconte l’histoire de la suppression des jésuites en Portugal et en France et s’ap-

2089 STENY plique à justifier cette suppression. — Du rétablissement des jésuiles en France, Paris, 1816, in-8°. Silvy rappelle les motifs pour lesquels les jésuites furent supprimés : constitutions et privilèges exorbitants, indépendance à l'égard des souverains pour leurs personnes et leurs biens et ultramontanisme; morale théorique et pratique; apologie scandaleuse de la casuistique; enfin, histoire de leur société : conspirations, meurtres horribles et indignes. — Henri IV et les jésuites. On a joint à cet écrit une Dissertation sur la foi qui est due au témoignage de Pascal dans ses Lettres provinciales. Avec des noles et pièces justificatives sur des faits intéressants dont quelques-unes inédites ou peu connues, Paris, 1818, in-8° (voir Ami de la religion du 10 octobre 1818, p. 276-279). Dans ces divers écrits contre les jésuites, Silvy qui ne manque pas une occasion de les attaquer, a repris toutes les accusations qu'on est accoutumé de retrouver et sans la moindre critique. — Il en est de même de l'écrit intitulé : Éclaircissement au sujet des dépêches du prince régent de Portugal, concernant les jésuites, envoyées à son ministre à Rome et relatées dans les journaux de la fin de mars dernier, avec un tableau abrégé de plusieurs faits très importants, relatifs à l'histoire de ces religieux εἰ deux mots de réponse aux lettres de M. D***, insérées dans le Mémorial religieux, Paris, 1816, in-8°. — De même, Réponse à l’« Ami de la religion des jésuites », où l’on expose les causes véritables de leur suppression, d’après le bref de Clément XIV, qui les a abolis, et d’après une lettre officielle du cardinal de Bernis, que l’on oppose à la bulle de Pie VII qui les a rétablis, Paris, 1819, in-8°. L’Ami de la religion du 23 décembre 1815, p. 177-187, faisait déjà remarquer la phobie et l'injustice de Silvy, toutes les fois qu’il parlait des jésuites.

La même note de partialité reparaît quand il s’agit de l’ultramontanisme et des ultramontains : Les véritables sentiments de Bossuet rélablis par les manuscrits originaux et autres témoignages irrécusables, en ce qui concerne un point historique très important, dont traite M. de Bausset, auteur de la vie de ce grand évêque, Paris, 1815, in-8°. — Avis important sur les nouveaux écrits des modernes ultramontains οἱ des apologistes d'une société renaissante, Paris, 1818, in-8°. — Difjiculté capitale proposée à M. l'abbé de Frayssinous, au sujet de son livre intitulé : Les vrais principes de l’Église gallicane…. en ce qui concerne les quatre articles de 1682, Paris, 1816, in-8°. — Plainte en calomnie et en difjamation contre un journaliste qui se qualifie l’Ami de la religion et du roi, où l’on éclaircit un point historique concernant le pape Grégoire VII et nos libertés gallicanes, avec une observation sur l'importance et le fondement des quatre articles du clergé de 1682, contre le système des gallicans d’opinion, Paris, 1818, in-80. — Réponse à l’apologiste des ultramontains, qui se dit l’Ami de la religion et du roi, où l’on démontre, par des pièces authentiques que l’on n’a pas cessé de maintenir au-delà des monts la doctrine contraire au premier de nos quatre articles, rempart de nos libertés gallicanes, Paris, 1819, in-8°. — Doléances et pétilions des fidèles perséculés dans le diocèse de Lyon aux honorables membres de la Chambre des pairs et à celle des députés, où l’on fait voir une foule d’actes de schisme, qui s’exercent depuis quinze ans dans un grand nombre de paroisses du diocèse de Lyon, lels que des refus continuels de la communion à la sainte table, de la bénédiction nupliale, des cendres, des derniers sacrements et de la sépulture ecclésiastique, en outre, des diffamations publiques, des injures el des voies de faits exercées jusque dans l’église, etc. Paris, 1819, in-8°., On accuse M. Courbon ancien curé de Sainte-Croix de Lyon, vicaire général et homme de confiance du cardinal Fesch, d’être l’instigateur de tous ces actes. — Nou-

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