‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 195 sur 457 · SIMONET (EDMOND · texte numérisé non relu

SIMONET (EDMOND

promotion du magicien de Samarie au rang de fondateur d’une secte dont il n’a sans doute pas eu l’idée, et de chef de file de tous les hérésiarques qui, au cours des âges, ont porté atteinte à la pureté de la foi chrétienne.

I. Sources. — En dehors des fragments de 1 Α πόφασις uey2n et de la citation fournie par saint Jérôme, nous n'avons aucun écrit de la secte simonienne. Les seules sources que nous ayons sont les renseignements fournis par les auteurs anciens. Ceux d’entre eux qui sont indépendants ont été classés et analysés au cours de l’article.

IT. TRAVAUX. — 1° Les divers commentaires sur le livre des Actes, voir en particulier E. Jacquier, Les Actes des apôtres, Paris, 1926, qui renverra à la littérature antérieure. — 2° La littérature relative au gnosticisme en général, cf. art. GNOSTICISME, t. vi, col. 1467; art. OPHITES, t. ΧΙ, col. 1075. 3° La littératuie relative aux Actes apocryphes des apôtres et aux Clémentines; voir en particulier L. Vouaux, Les Actes de Pierre, qui donnera d'abondantes références, p. 215-218; et notre art. Apocryphes du Nouveau

- Testament, dans Supplément au Dictionn. de la Bible, t. 1,

col. 490, 500, 518. — 4° Les diverses encyclopédies ont toutes un article consacré à Simon; outre celles que l'on trouvera déjà mentionnées dans E. Jacquier, op. cit., p. 265, p. 1, on peut ajouter : l’art. Simon der Magier, de H. Waitz, dans Prot. Realencyclopädie, t. Xvin1, 1906, p. 351-361 et τι χχιν, 1913, p. 518-520; l’art. Simon Magus de G.-N.-L. Hall dans Hastings, Encyclopædia of religion and ethics, t. x1, 1920, col. 514-525; l'art. Simon Magus dans Pauly- Wissova, Realencyclopädie der klassischen Altertumswissenschaft, t. 111 a, 1, 1927, col. 180-184. — 5° Sur le système simonien voir surtout L. Cerfaux, La gnose simonienne, dans Recherches de science religieuse, 1925, p. 489-511 ; 1926, p. 5- 20, 265-285, 480-503.

É. AMANN.

SIMONET ou SIMONNET Edmond, jésuite français (1662-1732). — Né à Langres le 22 juillet 1662, admis dans la Compagnie le 16 novembre 1681, il enseigna la grammaire et les belles-lettres puis la philosophie à Reims et à Pont-à-Mousson, enfin, dans cette dernière université, de 1702 à 1714, la théologie dogmatique. Il en fut aussi chancelier. Il mourut à Pont-à-Mousson le 18 avril 1732.

A l'issue de son enseignement à l’université, le P. Simonet publia un cours de théologie dogmatique : Instituliones theologicæ ad usum seminariorum, Nancy, 1721-1728, 11 vol. in-12. L'ouvrage est dédié à Mgr de Mailly, archevêque de Reims, et divisé en 18 traités. Une nouvelle édition en fut donnée à Venise, en 1731, 3 vol. in-fol. Sommervogel signale en outre, comme ayant paru après la mort de l’auteur, des /nstituliones theologicæ de peccatis, Gratz, 1765, in-4° et des Znstiluliones theologicæ de legibus, peccatis el peccatorum pœnis, Tirnovo, 1772, in-4. Ce sont sans doute des parties du cours complet qui ont été rééditées à part, à savoir le Ve traité (De peccatis) et le VIII (De legibus). Dans son Thesaurus theologicus, publié en 1772, le P. Zaccaria a reproduit (t. ΙΧ, op. ΙΧ, p. 483- 547) une Disputalio de forma sacramenti pænitentiæ, empruntée au traité XV des Insliluliones theologicæ (disp. VIII, 6 articles contre l’assertion de Morin et autres que la forme du sacrement de pénitence peut être déprécative et l’a été, en fait, pendant les douze premiers siècles de l’Église).

D'après dom Calmet et les Nouvelles ecclésiastiques, la publication des Znstituliones n’alla pas sans difficultés : l’évêque de Toul, dans le diocèse duquel parut le livre, trouva mauvais qu'il eût été publié sans son approbation. Le supérieur du grand séminaire de cette même ville s’opposa à ce que le cours fût adopté dans sa maison, à la place de la théologie d'Habert. De plus, Mgr de Coislin, évêque de Metz, à qui l’auteur présenta son ouvrage, y découvrit, en le parcourant, « plusieurs propositions très condamnables et entre autres celle qui dit que le pape peut approuver des confesseurs dans les diocèses malgré les évêques diocésains ». Nouvelles

ecclés., 8 mars 1729. Sous la menace d’une censure, les jésuites durent supprimer ce passage des exemplaires déjà imprimés et les Pères de Pont-àMousson souscrire un écrit, par lequel ils reconnaissaient ne pas entendre les confessions sans la permission de l'Ordinaire. La feuille janséniste ajoute que les exemplaires envoyés à Paris et mis en vente par le libraire Mercier, rue Saint-Jacques, auraient été saisis par ordre du roi.

Le manuel du P. Simonet, malgré ses qualités d'ordre et de clarté et sa bonne documentation, n’eut pas le succès que rencontra un autre ouvrage scolaire de même genre publié au même temps par son successeur dans sa chaire de Pont-à-Mousson, le P. Antoine (professeur dans cette université de 1715 à 1717 et son recteur de 1725 à 1728; sa théologie dogmatique est de 1723 et sa théologie morale, de 1726.)

Comme le P. Antoine, le P. Simonet enseignait le probabiliorisme dans l’esprit de Th. Gonzalez; cf. Instit. theol., tract. IV, De actibus humanis, disp. VII, De conscientia probabili : une proposition minus tula ne peut être suivie pratiquement que si elle est verisimüilior. -

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vit, col. 1222; Hurter, Nomenclator, 3° édit., t. 111, col. 1114; Nouvelles ecclésiastiques, t. 1, Utrecht, 1735, 3° édit., 1729, p. 29 sq.; dom Calmet, Bibliothèque lorraine, Nancy, 1735, col. 899; Michaud, Biographie universelle, t. XXXIX, p. 386; abbé Eugène Martin, L'université de Pont-à-Mousson, Paris- Nancy, 1891, p. 349 et 425.

R. BROUILLARD

SIMONETTA Boniface, abbé cistercien de San Stefano al Corno, près de Plaisance, vers la fin du xv® siècle. On a de lui : De perseculionibus christianæ fidei et romanorum pontificum historia a S. Petro usque ad Innocentium VIII, Milan, 1492; Bâle, 1509.

D. de Visch, Biblioth. cisterciensis, Douai, 1649, p. 53; Tiraboschi, Storia della letteratura italiana, t. 11, Milan, 1833, p. 618-619; Aubeit Le Mire, Auctarium de script. eccles., Hambourg, 1718, p. 120; Cave, Appendix ad hist. litterariam, Cologne, 1705, p. 139; Ellies Du Pin, Biblioth. des auteurs ecclés. du X Vesiècle, 1τὲ part., p. 374; Moréri, Le grand dictionn. hist., édit. de 1759, t. 1x, p. 447; Richard, Dictionn. universel des sciences ecclésiastiques, t. V, p. 94; Feller, Biogr. universelle, t. X11, 1824, p. 211.

J. MERCIER

SIMONIE. — I. Notion et espèces. — II. Aperçu historique, col. 2143. III. Simonie de droit divin, col. 2147. — IV. Simonie de droit ecclésiastique, col. 2152. — V. Quelques cas douteux, col. 2154. — VI. Titres qui excluent la simonie, col. 2156. — VII. Sanctions canoniques, col. 2158.

Ι. ΝΌΤΙΟΝ ET ESPÈCES. — 1° Notion. — La simonie, en tant qu’elle suppose un manque de respect à l’égard des choses sacrées, peut être rangée dans la catégorie des sacrilèges réels. La plupart des auteurs qui en ont traité avant la publication du code canonique (et même quelques-uns après le code) l’ont définie, d’après saint Thomas, [1{5-115, q. c, a. 1 : Studiosa seu deliberala voluntas emendi vel vendendi aliquid spiriluale vel spirituali adnezum; quelques-uns ajoutent : pro prelio temporali. Cf. Suarez, De religione, tract. III, 1. IV, c. 1; Wernz, Jus decrelal., t. vi, n. 340; d’Annibale, Theol. mor., 111, n. 87; Tanquerey, Theol. mor., t. 11, 9e éd., n. 923. Cette notion, encore que très générale, ne l’est cependant pas assez pour embrasser sous son extension les deux espèces de simonie dont parle le canon 727. Si la définition proposée s'applique parfaitement à la simonie de droit divin — laquelle est à proprement parler la véritable simonie — elle ne saurait convenir à la simonie de droit ecclésiastique, qui, aux termes du canon 727, $ 2, peut être réalisée même par l'échange d’un bien temporel contre un autre bien temporel, res lemporales pro temporalibus.

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