‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 206 sur 457 · SIMONS (PIERRE · texte numérisé non relu

SIMONS (PIERRE

— SIMPLICE 2162 montre dans l’exercice de son pouvoir métropolitain sur l’Italie suburbicaire. Pour certaines irrégularités de son administration, l’évêque d’Aufinium est vertement tancé, suspendu de son droit de faire des ordinations, réduit à la portion congrue, tandis que ses pouvoirs sont délégués à un évêque voisin. Au delà même de ces limites, Simplice intervient à Ravenne, en 482, et fait de vifs reproches à l’évêque Jean, qui a ordonné un évêque à Modène contre la volonté de celui-ci. Modène ne sera pas soumise à la juridiction de Ravenne; si Jean abusait à nouveau de son pouvoir, il serait privé de ses droits. Jaffé, n. 583. Encore que l'Occident fût de plus en plus submergé par les barbares, la sollicitude pontificale ne laissait pas de s’intéresser aux régions qu’elle pouvait atteindre. Zénon, évêque de Séville, est constitué par Simplice vicaire du Siège apostolique et chargé de veiller au respect des canons. Ces indications clairsemées nous montrent au moins que la papauté essayait de conserver l’exercice de son droit de regard sur les autres Églises.

Nous sommes mieux informés sur la manière dont Simplice exerça ce même droit vis-à-vis de l'Orient. On notera d’abord qu'il maintient à l’endroit du 28° canon de Chalcédoine la protestation de son grand prédécesseur saint Léon. Jaffé, n. 569; et cf. ci-dessus, col. 1318 sq. Mais, en dépit même de ses protestations, il est bien obligé de tenir compte de la situation de fait qu'occupe le titulaire de Constantinople; c’est par lui ou en accord avec lui qu'il essaie d’agir sur les destinées religieuses de l’empire d'Orient. Aussi bien son pontificat coïncide avec les violentes attaques dont l’orthodoxie chalcédonienne est l’objet au lendemain de la mort de l’empereur Léon Ier (474), lequel, après un moment d’hésitation, avait franchement pris contre le monophysisme la défense du concile de 451. Le nouveau basileus Zénon n’a pas régné un an qu'il est évincé par l’usurpateur Basilisque, qui se maintiendra jusqu’en août 476. C’est pendant dix-huit mois le triomphe du monophysisme. ἃ Alexandrie, Timothée Élure remplace le patriarche légitime Timothée Salofaciole; à Antioche, Pierre le Foulon se réinstalle sur le siège dont l’autorité de Léon l'avait éliminé. Prévenu, le pape Simplice encourage le clergé constantinopolitain et son chef, le patriarche Acace, dans la résistance aux agissements de l'Élure, qui est venu dans la ville impériale faire de l’agitation antichalcédonienne. Voir les lettres, Jaffé, n. 572 et 575 à Acace; 574 au clergé. En même temps il s'adresse en termes courtois à l’usurpateur lui-même pour le détourner de favoriser l’Élure et pour le supplier de rester fidèle à la ligne de conduite des empereurs Marcien et Léon. Jafé, n. 573. Ces diverses pièces sont de janvier 476. Simplice ignorait encore à cette date l’Encyclique de Basilisque, canonisant les deux conciles d'Éphèse de 431 et de 449 (le Brigandage) et anathématisant le Tome de Léon et la définition de Chalcédoine; autrement il aurait parlé avec plus de véhémence. Loin de l’aider à se maintenir, l’attitude de Basilisque ne peut que lui être funeste. Acace, d’ailleurs, s'emploie activement à la restauration de Zénon. C’est chose faite en août 476 et, tout aussitôt, les conséquences de ce rétablissement se font sentir à Antioche, où Pierre le Foulon est expulsé, à Alexandrie, où Timothée Salofaciole est rétabli. Il est vrai que l’Élure meurt à temps pour éviter une éviction par la force et que le parti monophysite trouve le moyen de perpétuer un patriarche de son goût en la personne de Pierre Monge subrepticement ordonné. Prévenu de ces divers événements, sans doute par Acace, Simplice, dès avril 477, exprime sa joie à Zénon. Jafté, n. 576 (qui doit être datée non du 9 octobre mais du 6 avril 477, d’après une variante de la Collectio Avellana, epist. Lx, p. 138, 1. 15 et la note). Auprès d’Acace le pape insiste pour que des

2168 SIMPLICE mesures énergiques soient prises contre Timothée Élure (dont il ignore encore le trépas), contre Paul d'Éphèse, contre Pierre le Foulon d’Antioche. Jafïé, n. 577. Mêmes idées dans plusieurs lettres de l’année suivante aux deux mêmes destinataires, Jaffé, ἢ. 579 et 581, à Zénon; n. 578, 580, 582 à Acace. C’est que la situation, ni à Alexandrie, ni à Antioche, ne se clarifie aussi vite que le voudrait le pape. Le chalcédonien Salofaciole, à Alexandrie, est obligé de faire des concessions au parti adverse et de rétablir dans les diptyques le nom de Dioscore; il faudrait, dit le pape, éloigner de la ville Pierre Monge dont la présence entretient l’agitation.

Puis, en 479, c'est à Antioche que les troubles prennent un caractère menaçant. Le patriarche Étienne est assassiné. Aussitôt, et pour éviter la permanence de l'agitation, la cour, depuis Constantinople, décide de faire occuper le siège par Calendion, qui est consacré dans la ville impériale même par Acace, en dépit des canons. Zénon et Acace jugent convenable néanmoins de s’excuser auprès du pape de cette violation de la règle de Nicée qui réserve au synode même d’Antioche l’élection et la consécration du patriarche. La réponse de Simplice au basileus et à Acace prend acte de l’assurance formulée par l’un et par l’autre qu'un tel fait ne se renouvellera plus. Jaffé, n. 584 et 585, du 22 juin 479 (date fournie par la Collectio Avellana et qu’il faut préférer à celle de Jafré).

C’est seulement trois ans plus tard que le pape fut informé directement par Calendion et son synode de sa prise de possession du siège patriarcal. Passant par Constantinople, le porteur de cette lettre reçut d’Acace à l’adresse du pape Simplice une simple lettre de salutation. Cf. V. Grumel, Regestes de Constantinople, n. 160. Jusqu’en 479, Acace avait fidèlement tenu le pape au courant des événements orientaux et c'était par lui, somme toute, que le pape avait essayé, sans y réussir toujours, de diriger la politique religieuse. Le silence d’Acace qui se contentait de le saluer ne laissa pas d’étonner Simplice. Par d’autres voiesil avait appris la mort de Salofaciole d'Alexandrie et l'élection de Jean Talaïa; pourquoi le patriarche constantinopolitain ne lui faisait-il point part de ces graves événements? Simplice le lui dit dans une lettre assez sévère. Jafré, n. 586, qu'il faudrait dater du 13 juin 482. Voir Grumel, loc. cit. Mais cette lettre n’était pas encore partie, que des nouvelles plus fraîches amenèrent Simplice à expédier une nouvelle lettre à Acace, Jaffé, ἢ. 587, du 15 juillet. Aussi bien le message reçu du basileus dans l'intervalle contenait-il de graves accusations contre le nouvel élu alexandrin, Jean Talaïa, convaincu, ou presque, du crime de haute trahison. L'intention du basileus était de se débarrasser de celui-ci et de laisser le trône patriarcal à Pierre Monge, antichalcédonien déclaré. On comprend les perplexités du pape, les objurgations qu'il fit à Zénon de ne pas s'engager dans cette voie qui menait droit au rejet de Chalcédoine, Jafté, n.588, les graves admonestations qu’il adressa au patriarche, le suppliant de ne pas rompre avec la politique suivie jusque-là. Jaffé, n. 587. Quatre mois plus Lard il renouvelait ses reproches et disait à Acace son étonnement de ne plus recevoir de lui aucune nouvelle. Jafté, n. 589.

Mais Acace avait ses raisons pour s'enfermer, ἃ l'endroit du pape, dans le silence le plus complet. Cette seconde partie de l’année 482 était l’époque où il adoptait pour son compte el faisait adopter par le basileus la politique qui allait conduire à l'Hénotique et en fin de compte au « schisme acacien ». Voir l’art. HÉNOTIQUE, t. vi, col. 2153-2173, particulièrement col. 2159. On ignore la date exacte où fut rendu cet « édit d'union Le pape Simplice, qui mourut le

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