‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 207 sur 457 · SINGLIN (ANTOINE · texte numérisé non relu

SINGLIN (ANTOINE

10 mars 483, n’a pas dû en avoir connaissance. Mal interprétés par le rédacteur de la notice du Liber ponlificalis, ces antécédents du « schisme acacien » n’ont pas laissé d’y être mentionnés. Tunc archiepiscopus Simplicius, écrit-il, dissimulans nunquam rescripsil Acacio, sed damnavit Petrum (Pierre Monge) expectans lempus pænitentiæ. TL. Duchesne fait remarquer qu'il faudrait lire : Simplicio dissimulans nunquam rescripsil Acacius; mais il est impossible d'aller contre le témoignage des manuscrits. Comme on vient de le dire, le pape Simplice mourut le 10 mars 483, date à laquelle il figure au martyrologe romain; il fut enterré dans le portique de Saint-Pierre, comme l'avait été vingt ans plus tôt le pape saint Léon.

Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. 1, p. 92-93; p. 249- 251; Jaflé, Regesta pontificum romanorum, t. 1, p. 77-80, nous avons corrigé plusieurs dates d’après des travaux plus récents; les lettres du pape Simplice dans P. L., t. LVIn, col. 35-62 (reproduit les collections concilisires), quatorze sont fournies par la Collectio Avellana, epist. LVI-LxIX, dans Corpus de Vienne, t. XXXV a, p. 124-155, on préférera leur texte à celui de P. L.; voir aussi les lettres correspondantes d'Acace, dans V. Grumel, Regestes des actes du patriarcat de Constantinople, fase. 1, 1932, p. 64-70; E. Caspar, Geschichte des Papsttums, t. 11, Tubingue, 1933, p. 10-25; G. Bardy, dans Fliche-Martin, Histoire de l’Église, t. αν, 1937, p. 284-

É. AMANN.

SINGLIN Antoine (1607-1664), né à Paris, en 1607, d’une très modeste famille, suivit d’abord les directions de Vincent de Paul, puis s’attacha à l’abbé de Saint-Cyran. M. de Gondy, archevêque de Paris, le désigna comme directeur des religieuses de Port- Royal; le cardinal de Retz le nomma supérieur des maisons de Port-Royal-des-Champs et de Port-Royal de Paris. Il fut le confesseur des religieuses pendant plus de vingt ans et fut mêlé à toutes les affaires de Port-Royal. Son austérité dans la direction et dans la prédication lui valut une très grande réputation parmi les amis de cette maison. En 1661, il se retira dans une terre de la duchesse de Longueville; il mourut le 17 avril 1664. Son corps fut rapporté et enseveli à Port- Royal-des-Champs.

Le P. Rapin, en divers passages de ses Mémoires, en particulier, t. 1, p. 466-470; t. 11, p. 268-270, accuse Singlin d’avoir capté les biens de ses pénitents, mais Godefroi t ermant, Mémoires, t. 1, p. 670-697, édit. Gazier, a défendu Singlin contre une pareille calomnie. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 11, p. 552-570, a reproduit en entier le plaidoyer d'Hermant.

C'est surtout par sa direction que Singlin a exercé une grande influence sur Port-Royal et le jansénisme de la première époque. On trouve de nombreuses lettres écrites par lui dans les Mémoires de Godefroi Hermant, t. 1V, p. 566-570; t. v, p. 152-154; t. mx, p. 116, 122, 162-166, et surtout p. 455-470 : longue lettre à Arnauld, 10 septembre 1663. Il y a aussi des lettres à la Mère Marie des Anges Suireau, dans la Vie de cette religieuse, édit. de 1754, p. 369-584. Enfin, après la mort de Singlin, ses amis et disciples ont recueilli les Znstructions chrétiennes sur les mystères de N.-S. J.-C. el sur les dimanches el principales fêtes de l'année, Paris, 1671, 1672, 1673, 1682, 5 vol. in-8°. Une nouvelle édition, en 12 vol. in-12, fut publiée en 1736 et l'abbé Goujet ἃ mis en tête du t. r une Vie de Singlin.

On trouvera de nombreuses biographies de Singlin dans les diverses histoires de Port-Royal : Du Fossé, Mémoires, 1739, p. 220-223; Fontaine, Mémoires, L. IV, 1754, p. 1-24; Clémencet, Histoire générale de Port-Royal, τ. 111, p. 79-81, 101-104, 482-484; τ. τν, p. 142-150, 297-309; Racine, Histoire ecclésiastique, τ. X1, p. 303-307; Mlle Poulain, Vies choisies de MM. de Port-Royal, t. 111, p. 109-120; Vie de Singlin, par Goujet, en tête des Znstructions chrétiennes, 1.1 de l’éd, de 1736; Nécrologe de Port-Royal, p. 160-162 et

2165 SINGLIN (ANTOINE) Supplément, p. 563-565; Besoigne, Histoire de l'abbaye de Port-Royal, t. 1V, p. 160-206; Rapin, Mémoires, t. 1, 1865, p. 105-10$, 447-450 et, en sens opposé, God. Hermant, Mémoires, 1905-1910, 6 vol. in-$°; Sainte-Beuve, Port-Royal, édit. de 1858, t. 1, p. 442-477 el passim; Augustin Gazier, Histoire générale du mouvement janséniste, Paris, 1922, 2 vol. in-$°, passim; Cécile Gazier, Histoire du monastère de Port- Royal, Paris, 1929, in-12, passim, et surtout p. 78-S1. J. CARREVRE.

SINIS Fabrius, frère mineur conventuel italien (XVIE s.), surnommé Syrius ou Sirius. — Originaire de Montereale, dans les Abruzzes, il appartint à la province d'Ombrie dans laquelle, en sa qualité de docteur en théologie, il exerça la charge de lecteur. Il fut aussi régent de plusieurs studia de son ordre, ainsi que commissaire général de sa province. D'après J.-H. Sbaralea, il aurait été provincial de la province de Saxe en 1630, où il aurait travaillé à ramener les protestants et à conserver la foi chez les catholiques. A son retour d'Allemagne, le cardinal Jérôme Colonna laurait pris comme théologien. Il serait mort, le 26 mai 1670, à Rome, au couvent des XII-Apôtres. Il laissa plusieurs écrits : Tractatus morales, quibus fidelis homo ad pie sancteque vivendum facile in hac vita dirigilur, à savoir : De insensata cura mortalium illusionibus decem contenta; De vulgo et ejus inepltiis; De quorumdam astronomorum parvipendendis judiciis; De longitudine ac brevitate vitæ humanæ; De literarum studio non abdicando; De ratione studendi sacræ Scripluræ, Pérouse, 1660; Spirilualis industria pro confessione, Rome, 1641; Sei ragionamenti degl' affetti mistici tratti dal Cantico di Salomone, Rome, 1640; Opusculum de casibus conscientiæ; Manuale sacrum pro intelligenda sacra Scriplura. Quant au Christianarum instilulionum opus in XL capita distributum sacræ Scripturæ sludiosis atque concionaloribus non inutile, dans lequel, entre autres, il y a les traités : De humana conditione et excellentia; De aliis operibus divinis; De lapsu primi hominis; Quomodo secunda fortuna non sit lætandum; De vario falsoque judicio vulgi non curando el de populorum frequentia vitanda; De infidelitate, qui du temps de J.-H. Sbaralea, était conservé dans la bibliothèque du couvent 5. Croce à Florence, dans le ms. scam. 24, n. 680 et 681, il paraît qu'il faut l’attribuer plutôt au conventuel François de Florence, qui vécut vers 1470.

L. Wadding, Scriptores O. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 75; -J.-H. Sbarelea, Supplementum ad scriptores Ὁ. M., 2° éd., τ. 1, Rome, 1908, p. 248-249 et 269.

A. TEETAERT.

SINNICH Jean (1603-1666), né en Irlande, quitta de bonne heure son pays et vint faire ses études à Louvain, où il suivit les cours de philosophie et de théologie. Il était recteur de l’université de Louvain, lorsque le pape Urbain VIII condamna l’Augustinus de l’évêque d’Ypres. Il fut envoyé à Rome avec Corneille Pape (1609-1644) pour y défendre les thèses de Jansénius. Les deux députés partirent de Louvain, le 22 septembre 1643, et arrivèrent à Rome le 24 octobre. Leurs démarches ont été racontées par Gerberon, Histoire du jansénisme, t. 1, p. 80-105; 116-140; 164-167; 202-283. Voir ici, t. vint, col. 453. Sinnich publia de nombreux écrits pour défendre les thèses enseignées à Louvain, contre les doctrines molinistes. Cet auteur mourut à Louvain, à l’âge de 63 ans, le 8 mai 1666.

Tous les écrits publiés par Sinnich sont des plaidoyers en faveur des thèses de Jansénius. Les principaux sont Augustini Hipponensis el Augustini Yprensis de Deo omnes salvare volente et Christo omnes redimente homologia, per theses antiapologeticas expressa, Louvain, 1641, in-8°. Cet écrit fut condamné à Rome, dès 1641, et de nouveau en 1054. --- Memoralia per deputalos Academiæ Lovaniensis exhibita Romæ,

SINSART (BENOIT)

| pontificibus Urbano VIII et Innocentio X, pro doctrina

B. Augustlini tuenda, imprimé en 1644 et condamné par l'Index, le 23 avril 1654 avec d’autres écrits de Sinnich. Sanclorum Patrum Trias, scilicet δ. Augustini adversus Pelagium, S. Prosperi adversus Cassium, et S. Fulgentii adversus Faustum, de gratia Christi et hominis arbitrio, adversus ingralos dimicantium, studio Avili Erynachi, s. 1., 1648, in-4°. Cet ouvrage publié sous le pseudonyme de Erynachus, theologus Gratiapolitanus, fut condamné par un décret du 8 juin 1661. Godefroy Hermant, dans ses Mémoires, t. 1, p. 427- 428, fait l’éloge de cet écrit, qui est « capital pour l’éclaircissement de la doctrine de la grâce. » — Consonantium dissonantia seu Aviti Aurelii, Veronensis theologi, Molinomachia. hoc est, molinistarum in Auguslinum Jansenii antistitis Yprensis insullus novissimus, XX VIII consonantiarum doctrinæ excerplæ cum arliculis a Pio V proscriplis, compilalione subnixus, Paris, 1651, in-4°, condamné par l’Index, le 20 novembre 1663. — Comme les molinistes avaient répondu à cette attaque par l'écrit intitulé : Appendix ad verilatem bullæ Urbanianæ demonstrandam, Paris, 1651, in-4°, Sinnich, sous le pseudonyme d’Avitus, répliqua par Notarum Molinomachiæ Aurelii Aviti per anonymum aspersarum Spongia,seu Responsio dispunctoria ad libellum cui tilulus : Appendix, Paris, 1651, in-4°; — Peregrinus Hierosolymitanus, seu Tractatus de Nolilia peregrinantium, Louvain, 1652, in-4°, sous le pseudonyme de Celidonius Nicasius, Subiriensis theologus ; — Confessionistarum Goliathismus profligalus, sive lutheranorum confessionis Augustanæ symbolum profitentium provocalio ad monomachiam doctrinalem, super canonibus synodi Tridentinæ et articulis confessionis suæ Auguslanæ, solemniler ex edicto Cæsareo secum a catholicis ineundam, repulsa, Louvain, 1657, in-fol. Cet écrit, dirigé contre les luthériens de la Confession d’Augsbourg, eut une seconde édition en 1667 : c'est une histoire abrégée de l’origine et du progrès rapide des hérésies en général, et du luthéranisme en particulier; — Saul ex-rex, ubi de reciproco principum οἱ subdilorum erga invicem ofjicio, de utrorumque erga Deum el homines obsequio, Louvain, 1662-1667, 2 vol. in-fol. C’est un traité de morale, dirigé contre les casuistes relâchés ; la seconde partie ne parut qu'en 1667, après la mort de l’auteur; — un autre écrit a été publié, intitulé Vindiciæ decalogicæ desumptæ ex Saule-Rege, eximii domini Joannis Sinnichi, quibus asserilur rigor præceptorum Lecalogt adversus laxiores quorundam opiniones, Louvain, 1672, in-4°.

Godefroy Iermant, Mémoires, édit. Gazier, t. 1, p. 303- 304, 331-332; t. 11, p. 81-90; Bibliothèque sacrée, t. XXIV, p. 118-119; Glaire, Dictionnaire universel des sciences ecclésiasliques, t. 11, p. 2146; Foppens, Bibliotheca belgica, t. τι, Bruxelles, 1739, p. 729-731 ; Hurter, Nomenclator lilterarius, τ. αν, col. 100-101.

J. CARREYRE.

SINSART Benoît, bénédictin de la congrégation de Saint-Vanne (1695-1776). — Ilnaquit à Phalsbourg le 29 juin 1695 (et non à Sedan, en 1696, comme on l’a souvent répété). Après avoir servi quelque temps dans l’armée en qualité d'ingénieur, il embrassa la vie monastique à l’abbaye de Senones, où il fit profession le 7 septembre 1716. Professeur de théologie à Senones, il approuva le traité de l’Infaillibilité du pape de dom Petitdidier (1724) et mérita ainsi d’être violemment attaqué par les gallicans. Envoyé à l’abbaye de Munster au val Saint-Grégoire (aujourd’hui diocèse de Strasbourg), dom Benoît Sinsart devint successivement prieur claustral, coadjuteur de l’abbé dom de Rutant (1743), puis, le 17 mars 1745, soixante et onzième abbé de ce célèbre monastère. Dom Sinsart fut mêlé à diverses controverses qui nous ont valu plusieurs ouvrages dans lesquels il se montre aussi bon

théologien que serviteur fidèle de l’Église romaine. Homme vraiment universel, dom Sinsart était un mathématicien remarquable et un artiste de talent qui manifestait un intérêt égal à la musique, à l’architecture et à la peinture. Dom Sinsart mourut à Munster le 22 juin 1776.

OUVRAGES. — 1. Les vérilables principes de saint Augustin sur la grâce, et son accord avec la liberté, ouvrage dans lequel on réfute le système de Jansénius, Rouen (Bâle), 1739, in-8°. — 2. La vérilé de la religion catholique démontrée contre les protestans, et mise à la portée de tout le monde, avec une réfutation de la réponse de M. Pfaff à la seconde lettre du R. P. Scheffmacher à un gentilhomme protestant et des remarques sur un sermon de M. Ibbas, docteur anglois, Strasbourg, 1746, in-12. — 3. Défense du dogme catholique sur l'éternité des peines, par dom Sinsart, abbé régulier de Munster, …, ouvrage dans lequel on réfute les erreurs de quelques modernes et spécialement celles d’un Anglois, dédié à M. le cardinal de Rohan, Strasbourg, 1748, in-8°. Ce traité, qui suffirait à établir sa réputation, est précédé d’une dissertation dans laquelle l’auteur étudie si la raison est fondée à porter un jugement sur le révélé et si les objections qu’elle élève contre les mystères sont dignes d'attention. — 4. Essai sur l'accord de la foy et de la raison touchant l'eucharistie, Cologne, 1748, in-8°. -- 5, Les chréliens anciens et modernes, ou abrégé des points les plus intéressants de l’histoire ecclésiastique, Londres, in-12. — 6. Recueil de pensées diverses sur l'immatérialité de l’âme, son immortalité, sa liberté et sa distinction d'avec le corps, ou réfutation du matérialisme, avec réponse aux objections de M. Cuentz et de Lucrèce le philosophe, Colmar, 1756, in-8°. — Dom Sinsart ἃ également travaillé à un nouveau rituel pour le diocèse de Bâle. Dom François lui attribue un petit traité sur l'utilité des moines. La bibliothèque du grand séminaire de Nancy conserve trente-trois lettres de Sinsart; on en peut lire deux autres dans le ms. fr. 19 670, fol. 168 et 181, de la Bibliothèque nationale.

Dom Calmet, Bibliothèque lorraine, Nancy, 1751, p. 900; {Dom François), Bibliothèque générale des écrivains de l’ordre de Saint-Benoît, t. 111. Bouillon, 1728, p. 65-66; Ziegelbauer, Historia rei literariæ ordinis Sancti Benedicti, Augsbourg et Wurzbourg, 1754, t. 11, p. 158-159; t. 111, ἢ. 657; t. IV, Ὁ. 134; Godefroy, Bibliothèque des bénédictins de la congrégalion de Saint-Vanne, Ligugé et Paris, 1927, p. 186-187; Sitzmann, Diclionn. de biograph. des hommes célèbres de l'Alsace, t. 11, Rixheim, 1899, p. 790; Boulliot, Biographie ardennaise, t. 11, Paris, 1830, p. 378-380; Picot, Mémoires pour servir à l'hist. ecclés. pendant le XVITfesiècle,t. ν, Paæis, 1855, p. 447; Quérard, La France littéraire, t. 1X, Paris, 1838, p. 183-184; Hurter, Nomenclator, 3° éd., !. v, col. 53; Michaud, t. xxx1IX, p. 407-408; Hoefer, t. XLIV, col. 34-35; ΟἿ], Gescl ichte der Stadt Münster und ilkrer Abtei, Colmar, 1897, p. 410-423.

J. MERGIER.

SIONITE ou SIONITA ou SYONITA (en arabe ÆEs-Sahiouni). — Famille maronite qui donna deux savants à l'Église : Gabriel et Antoine. L'on trouve quelquefois l'appellation de « Ehdeni » ou « Ehdenensis » après leurs noms pour désigner leur lieu de naissance : Ehden, village du Liban nord.

1. GABRIEL. — I. Vie. — Né vers 1577, Gabriel fut envoyé à Rome dès l’âge de sept ans pour y faire ses études au Collège maronite, fondé depuis peu, par Grégoire XIII. Après ses études, il fut chargé d’enseigner l’arabe et le syriaque à la Sapience, puis à Venise. En 1614, il accompagna à Paris Savary de Brèves, ambassadeur de France auprès de la cour pontificale, lequel était appelé par Louis XIII pour s'occuper de l'éducation de Gaston d'Orléans, frère du roi. Le président de Thou et Savary de Brèves obtinrent du roi une pension pour Gabriel et pour son collègue Jean Hesronite (El-Hasrouni). Louis XIII les autorisa à

SINSART (BENOIT)

SIONITE 2168 demeurer soit au Collège royal, soit « pour leur faciliter les choses, dans tout autre endroit à leur convenance, où ils s’occuperont de la traduction en latin et de la publication des livres de leur langue. Leur loyer et leur nourriture sont aux frais du roi. » Cf. archives du patriarcat maronite, document daté du 17 janvier 1618, traduit et inséré dans l’ouvrage de Ristelhueber, Les traditions françaises au Liban, Paris, 1925, p. 120 sq. et 326.

Dès 1614, Gabriel fut chargé, au Collège royal (Collège de France), de la chaire d’arabe, en remplacement d'Étienne Hubert alors en mission auprès du sultan du Maroc; en même temps il devint le premier titulaire de la chaire de syriaque qu’on venait de fonder. Cf. art. MARONITE, t. x, col. 115. Il obtenait également à cette époque, le titre d’interprète du roi. Ce n’est qu’en 1620 ou 1622 qu'il reçut la prêtrise, cf. L. Cheikho, La nation maronite et la Compagnie de Jésus aux Xvi® οἱ XVIIe siècles, Beyrouth, 1923, p. 103 et 108.

En raison de sa science et de ses travaux, son nom a été gravé à l’entrée du Collège de France parmi la liste des grands professeurs; on y lit aussi celui d’Ecchellensis (AI-Haklani) son compatriote et son collaborateur qui lui a succédé au Collège de France après sa mort, survenue à Paris en 1648, cf. Ristelhueber, op. cil.,

II. Œuvres. — Trois élèves du collège maronite de Rome, Georgius Carmeniensis, Mikael Ednith et Gabriel Syonita, ont traduit en syriaque la Vie de saint Maron et l’ont insérée à la fin du Missale Chaldaicum juxta ritum Ecclesiæ nalionis Maronilarum, Rome, 1592-1594, p. 269-273. Cette première édition du Missel maronite a éte préparée par les élèves de Rome et Gabriel était des plus brillants en syriaque : c’est pourquoi il semble qu'il ait pris part à ce travail, quoi qu’en dise Le Brun dans son Explication de la messe, t. τι, Paris, 1860, p. 550. Si Gabriel, en 1644, dans sa lettre à Nihisius, n’a parlé que du Liber oblalionis, c’est que le missel maronite, même imprimé à Rome, porte ce titre en syriaque. L’argument du silence ne peut donc être invoqué dans toute sa rigueur. Par ailleurs, la présence du nom de Sionite au bas de la traduction dont il a été question peut-elie s'expliquer autrement que par sa collaboration eftective? De plus, Sionite, étant encore élève en 1596, a très probablement travaillé aussi à l'édition du Liber ministri missæ juxla ritum Ecclesiæ nationis M aronilarum, Rome, 1596 : second travail préparé par les élèves de Rome.

En 1614, Gabriel, avec la collaboration de Victor Scialac Accurensis (en arabe Mansour Chalac Al- Acouri), traduisit en latin les psaumes sur une version arabe et les publia en deux colonnes sous ce titre : Liber psalmorum Davidis regis el prophetæ, Rome, 1614. Cinq ans plus tard parut une nouvelle édition avec un titre différent : Davidis regis el prophelæ psalmi. Quélques exemplaires, probablement destinés à l'Orient, ne contiennent que le texte arabe, A Paris, il fera paraître une nouvelle traduction latine, faite sur le syriaque : Liber psalmorum Davidis regis el pro= phelæ, Paris, 1625, en deux colonnes, texte syriaque et traduction latine. On voit déjà la préoccupation du professeur de fournir aux étudiants un texte à étudier. Ce même souci le poussa à publier avec Jean Hesronite une grammaire arabe: Grammalica arabica M aronilarum in libros V divisa, Paris, 1616. Le titre ne répond pas à la réalité, le 1. I seul a paru qui donne quelques préceptes de lecture.

Ces deux Maronites traduisirent en latin la géographie d'Édrissi, sur l'édition arabe qui en a été donnée à Rome en 1592. et publièrent leur travail, en 1619, à Paris sous ce titre Geographia Nubiensis. On y trouve le nom de Gabriel, avec le titre de professeur et d’in-

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