‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 208 sur 457 · CE · texte numérisé non relu

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terprète du roi pour l’arabe et le syriaque. À ce même ouvrage, ils ont ajouté un petit traité De nonnullis orientalium urbibus necnon indigenarum religione ac moribus. Cette étude a été rééditée dans l’Arabia de Elaen, Amsterdam, 1635 et ailleurs. Puis parut, en 1630, Veteris philosophi Syri de Sapientia divina poema ænigmaticum, 36 pages en syriaque et latin. Toujours à Paris en 1634, Gabriel fit paraître T'estamentum et pactiones inter Mohammedem et christianæ fidei cultores, texte arabe et traduction latine, la traduction latine a été imprimée par Jean Fabricius de Dantzig, à Rostock, 1638. Il publia avec Victor Scialac la Doctrina crisliana ad uso de’ fideli orientali, traduction latine et arabe sur le texte italien, réimprimée à Rome en 1668.

La gloire de Sionite est dans sa collaboration à la Polyglotte de Paris. Le cardinal Du Perron et Jacques de Thou, bibliothécaire du roi, avaient conçu l’idée de rééditer la Polyglotte d’ Anvers. La mort du premier en 1617, celle du second, l’année suivante, firent échouer le projet. Mais Gabriel Sionite et Jean Hesronite avaient commencé leur travail et, sur leur requête, ils obtinrent de l’assemblée du clergé réunie à Blois la promesse qu on leur viendrait en aide pour publier leurs travaux. Mais cette promesse ne fut jamais accomplie. C’est seulement en 1628 que Guy Michel Le Jay, avocat au parlement de Paris, demanda aux deux Maronites de l’aider dans la publication de la Polyglotte et il les chargea des textes syriaque et arabe et de leur traduction en latin. Sionite fournit les modèles des caractères samaritains et syriaques et, en mars 1628, commença l’impression. Les quatre premiers tomes furent achevés en 1629; la 1τὸ partie du t. v porte la date de 1630 et la 2° celle de 1633. Le t. vi fut publié en 1632. Le t. vus en 1635; l'impression du t. vir commencée en 1635 fut interrompue à cause de la lenteur de Sionite et de sa maladie. Le Jay obtint du roi, par Richelieu, qui tenait à attacher son nom à la Polyglotte, que Sionite fut enfermé au château de Vincennes « pour hâter son zèle »; cf. Huart, Histoire des Arabes, t. π, p. 391; il y resta trois mois jusqu’au 12 juillet 1640. Libéré, il acheva son travail et le t. vir parut en 1642. La Polyglotte fut achevée en 1645. Elle comprend 9 t. en 15 vol. et porte pour titre: Biblia hebraica, samaritana, chaldaica, græca, syriaca, latina, arabica, quibus textus originales totius Scripturæ sacræ quorum pars in Antuerpiensi lolo fere orbe quæsitis exemplaribus exhibentur.

Par suite de son travail, Sionite eut les veux très affaiblis. Travail immense en vérité, car il revisa plusieurs parties du texte samaritain (d’après Beauvois) et sûrement du texte syriaque et arabe. Il rétablit le texte syriaque des épitres catholiques et de l’Apocalypse et traduisit en latin le texte syriaque de l’Ancien Testament. Ecchellensis se chargea du livre de Ruth et de ses traductions latines sur l’arabe et le syriaque. Hesronite eut à traduire les livres sapientiaux. Pour ce qui est de la traduction latine de l’arabe, Sionite fit celle de tous les livres, à l'exception de Ruth (voir plus haut) et des quatre évangiles dont il revisa simplement la traduction. Il est à noter qu'il n’a fait pour le livre de Job qu’une seule traduction latine. Jacques Le Long, dans sa Bibliolheca sacra, Paris, 1709, t. 1, p. 159, 161, 624 sq.; t. 11, p. 512, 578,592 et 637, semble attribuer la traduction latine du Pentateuque arabe à Hesronite. En tout cas, tous deux ont collaboré à la publication de la Polyglotte, mais c’est à Sionite que l’on doit la plus grande part du travail qui leur a été confié, et il fut le premier à introduire en Europe les accents voyelles dans les publications syriaques. Cf. Le Long, op. cit., t. 1, p. 22 sq., 161.

Walton, tout en signalant les lacunes de cette Heptaglotte, loue le travail de Sionite et dit que cette Bible fut appelée orbis miraculum. Cf. Biblia sacra

SIONITE — SIRECT (ANTOINE)

polyglotta, Londres, 1657, Prologomena, t. 1, p. 33, 89, 96; il ajoute que Sionite avait préparé au texte arabe une introduction qui n’a pas été publiée, et de La Roque de dire « qu’il conduisit cet ouvrage jusqu’à un certain temps avec un travail immense et une égale capacité ». Cf. de La Roque, op. cit., t. 11, p. 123.

A cause d’un différend avec l'éditeur Le Jay et l’imprimeur Vitré, Gabriel publia plusieurs pamphlets réimprimés dans les Dissertalions sur les bibles en plusieurs langues. Ces trois écrits sont de 1640-1642. Enfin on a imprimé en 1648 sous le nom de Sionite l’ouvrage suivant qui a été communément attribué à Jean Bonneret : Ad Abrahamum Ecchellensem commonilorium apologeticum pro bibliis polyglottis, Paris, 1648.

11. ANTOINE.— Condisciple du précédent au collège maronite et son parent, est né à Ehden où il revint, après avoir terminé ses études, pour se faire moine; il fut ordonné plus tard périodeute; cf. Cheikho, op. cil., p. 102 sq. Copiste, on lui doit plusieurs manuscrits arabes et syriaques laissés à la bibliothèque de Médicis, cf. Debs, op. cit., p. 344 sq., et Steph.-Ev. Assémani, Bibliothecæ Mediceæ Laurentianæ et Palatinæ codicum mss. orientalium catalogus, Florence, 1742, p. 51 et n. 176-179 et 274.

J. Le Long, Bibliotheca sacra, t. 1 et 11, Paris, 1709, et Dissertations sur les Bibles en plusieurs langues; Discours historiques sur les principales éditions des Bibles polyglottes, Paris, 1713; l'abbé Goujet, Mémoires historiques et littéraires sur le Collège de France, t. 111, p. 97 sq.; Lefranc, Histoire du Collège de France, Paris, 1893, p. 383 sq.; J.-Th. Zenker, Bibliotheca orientalis, Leipzig, 1840; Schnurrer, Bibliotheca arabica, n. 50, 324, 390; Joseph Debs, archevêque maronite de Beyrouth (1907), Histoire de la Syrie, t. vit, Beyrouth, 1903, p. 328 sq. et 344; Louis Cheikho, La nation maronite et la Compagnie de Jésus aux XVIe-et XVIIe siècles, Beyrouth, 1923; P.-E. Bechalany, Le Liban et.Joseph Karam, Beyrouth, 1928 (les trois ouvrages précités sont en arabe); R. Ristelhueber, Les traditions françaises au Liban, Paris, 1925; CI. Huart, Histoire des Arabes, t. 11, Paris, 1913, p. 391; K.-T. Khairallah, La Syrie, Paris, 1912; de La Roque, Voyage de Syrie et du mont Liban, t. 11, Paris, 1722, p. 123 sq.

Articles MARONITE (Église), ici même t. x, col. 115: Gabriel Sionita ou Sionite dans The catholic Encyclopedia, το vi, New-York, 1913, p. 331 sq.; Hoefer, Nouv. biogr. générale, t. xiX, Paris, 1857, col. 105 sq.; Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, 25 éd., t. XV, p. 325 sq.; art. Polyglottes, dans Dictionn. de la Bible, t. v, col. 520 sq.

SIRECT antoine, frère mineur conventuel français de la fin du xv° et du début du xvie siècle. — Originaire de Tours, il appartint à la province de Paris des conventuels. Docteur en théologie de l’université de Paris, il fut lecteur ordinaire de théologie dans le studium franciscain de cette ville. On lui doit Hebdomades formalilatum recentiores secundum Doctorem sublilem ad usum Parisiensem, ou Formalitates moderniores de mente clarissimi Docloris subtilis Scoti, in florentissimo Parisiensi gymnasio compilatæ, s. 1., 1484; Venise, 1498, avec la Logica de Nicolas de Orbellis et d’autres opuscules; Venise, 1493 et 1518, avec les Exposiliones ad formalilales Scoti ab Ant. Syrrecto editæ du conventuel Antoine Trombetta; Venise, 1505 et 1517, avec le Tractatus formalitatum d'Étienne Brülefer et les Expositiones d'Antoine Trombetta; Venise, 1501, 1502, avec les ouvrages précédents et des Novæ addiliones et concordantiæ du mineur Maurice d'Irlande; Venise, 1516, 1525, et 1588 avectous les traités précédents et les Annotationes du mineur Antoine de Fantis; Paris, 1605, dans le Gymnasium speculativum du franciscain Augustin Gothutius. Des commentaires sur les Formalilales moderniores d’Antoine Sirect ont été édités par les mineurs Laurent de Brescia, 1n Formalitates Antlonii Syrecti Turonensis isagoges ad Scoti theologiam, Brescia, 1537, et Paris, 1587; François Pitigiani, Exposilio in Jormalitates

Anlonii Syrrecli, Venise, 1606, et par le capucin Jérôme de Pistoie, De quantitatibus rerumque distinctionibus dialogus, Rome, 1570. Les Formalilates éditées à Ferrare, en 1490, avec les Quæstiones de tribus principis rerum naturalium du mineur Antoine André, ne seraient pas le traité mentionné d'Antoine Sirect, mais d’un anonyme qui aurait composé cet ouvrage se basant sur les traités de Duns Scot et de François de Meyronnes. Voir J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° Éd AD 97

Antoine Sirect aurait édité aussi Sermones casuum conscientiæ revisi, visitali el correcti du dominicain Barthélemy de Pise, Paris, 1519, ainsi que Sermones de sanctis, de tempore et de communi sanclorum, recueillis par le mineur Étienne d'Arras, et attribués à tort à saint Bonaventure, puisqu'ils sont du franciscain Conrad de Saxe, Paris, 1501 et 1521.

L. Wadding, Scriptores O. M., 3° éd., Rome, 1906, p. 30, J.-H, Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. τ, Rome, 1908, p. 97, 98, 151, 295; t. 11, Rome, 1921, p. 166 et 243; t. 111, Rome, 1936, p. 110; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 11, col. 995; L. Hain, Reperlorium bibliographicum, t. n a, Berlin, 1925, n. 14 793, p. 328; D. Scaramuzzi. 1] pensiero di Giovanni Duns Scoto nel mezzogiorno d’Ilalia, Rome, 1927, p. 120; H. Felder, Die Studien im ersten Jahrhundert des Kapuzinerordens, dans Liber memorialis ord. fr. min. capuccinorum quarto jam pleno sæculo de ordine condito (1528- 1928), Rome, 1928, p. 99.

A. TEETAERT.

SIRENIUS yJules, hiéronymite italien du xvit siècle. — On ἃ de lui : De fato libri IX... Accesserunt Hieronymi Magii in eosdem libros Periochæ, Venise, 1563, in-fol.; De unitale nalturæ angelicæ, Bologne, 1578; De prædestinatione, Venise, 1580; Promptuarium theologicum, Bologne, 1595.

Aubert Le Mire, Auclarium de scriptoribus ecclesiasticis, Hambourg, 1718, p. 175; Ellies Du Pin, Table des auteurs ecclésiastiques du X VI®5s.,col. 1241-1242; Richard et Giraud, Dictionn. universel... des sciences ecclésiastiques, éd. in-fol., t. v,1762, p. 107; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 117, col. 153.

J. MERCIER

SIRICE (SAINT), pape de fin décembre 383 au 26 novembre 399. — Romain d’origine, Sirice avait été ordonné lecteur puis diacre au temps du pape Libère; il avait conservé ces dernières fonctions sous Damase. On sait l’âpreté des luttes qui, sous ce pape, avaient eut lieu entre Ursinus et ses partisans et ceux qui étaient fidèles au pontife légitime. S’il y eut tentative de la part des schismatiques de profiter de la mort de Damase pour remettre la main sur la chaire de Pierre, elle échoua, l'unanimité se fit autour de Sirice. Cunelus ut populus pacem tunc soli clamaret, dit son épitaphe. Ursinus fut accueilli par des huées. Collectio Avellana, epist. 1v, dans Corpus de Vienne, t. XXXV α, p. 47: lettre de l’empereur Valentinien II exprimant sa satisfaction de l’avènement de Sirice. La candidature de saint Jérôme qui, aux dernières années de Damase, avait joué à Rome un rôle assez considérable, n’avait elle non plus aucune chance de réussite. Celui-ci d’ailleurs ne tarda pas à quitter Rome pour s’ensevelir à Bethléem. Sirice le vit partir sans regret, si même il ne provoqua pas son départ.

Le pontificat de Sirice, bien que dépassant la durée moyenne — il se prolongea quinze ans — nous est peu connu. La grande personnalité d’Ambroise mêlée à toutes les grandes affaires politiques et religieuses de l'empire éclipsait un peu l’action du pape Sirice. Ce n’est guère à celui-ci que reviennent les initiatives; le rôle du pape est très souvent de renvoyer à son collègue de Milan les questions qui lui sont soumises à luimême, ou de se rallier aux décisions suggérées par Ambroise. La présence de la cour impériale à Milan, à partir de 383, l’action personnelle du grand évêque sur le jeune empereur Valentinien 11, l’ascendant qu'il

SIRECT (ANTOINE)

SIRIGCE 2172 prit sur Théodose, tout cela explique jusqu’à un certain point que les affaires de l’Église aient été surtout dirigées, aux vingt dernières années du rv® siècle, par l’évêque de Milan.

Il n'empêche que le pape Sirice est le premier à figurer dans les collections canoniques comme auteur de décrétales. On appelle ainsi « des ordonnances ou constitutions des papes, ayant une portée générale, . soit pour l’Église entière, soit au moins pour une de ses parties notables, une ou plusieurs provinces ecclésiastiques ». Voir art. DÉCRÉTALES, t. 1V, col. 206. La première collection qui insère à la suite des canons conciliaires les Constituta Sedis apostolicæ præsulum, celle de Denys le Petit, ne mentionne qu’une seule décrétale de Sirice, celle qui est adressée à Himère, évêque de Tarragone. Jaffé, n. 255. En réponse à une consultation qui avait été expédiée à la chancellerie du pape Damase, Sirice envoie à ce prélat des directives sur une quinzaine de points disciplinaires : baptême, réconciliation des pénitents, règles concernant la continence des clercs et les empêchements aux ordres. Le préambule, dont s’inspirera fréquemment par la suite la chancellerie romaine, fait allusion au droit spécial du Siége apostolique, qui porte la responsabilité de tous les fidèles : porlamus onera omnium qui gravantur; quinimo hæc portat in nobis beatus apostolus Petrus.

En dehors de cette décrétale transmise par Denys, on peut en retrouver plusieurs autres au registre de Sirice. L'une, de janvier 386, envoie aux évêques africains les décisions d’un concile romain, tenu le 6 de ce mois, qui rappellent ou précisent les règles relatives à l’ordination soit des évêques, soit des autres clercs. Jaffé, ἢ. 258. C’est encore aux mêmes règles que se rapporte une décrétale de date inconnue et qui paraît bien s'adresser aux évêques d'Italie dépendant immédiatement du siège romain. Jafté, n. 262; cf. P. Batiffol, Le siège apostolique, Paris, 1924, p. 159. De contenu plus varié est une autre décrétale répondant à des demandes d’évêques gaulois; aux consultants sont transmises les décisions d’un autre concile romain de date inconnue (que l’on a faussement attribué au temps du pape Innocent Ier). Mansi, Concil., t. 111, col. 1019; cf. Hefele-Leclercq, Hist. des conc., t. τι, p. 136. On remarquera d’ailleurs que ces divers documents ne s'adressent qu'aux Églises d'Occident auxquelles il faut joindre celles de l’Illyricum oriental (péninsule balkanique) qui ressortissent à Rome bien que faisant partie au civil de l’empire d'Orient. Le pape y est représenté par l’évêque de Thessalonique. Cf. Jafré, n. 257. De toutes manières, il faut tenir le plus grand compte de ces actes, si l’on veut comprendre ce que devient alors l’exercice par le Siège apostolique de ce droit de regard, de cette sollicitudo omnium Ecclesiarum, qu'il a revendiqué dès la plus haute antiquité.

Il est plus difficile de relever les traces de l’activité du pape Sirice dans les affaires doctrinales extraordinaires qui se présentent assez nombreuses à cette époque. La question priscillianiste continuait à agiter les Gaules et l'Espagne, depuis surtout que la mort de l’usurpateur Maxime, en 388, avait permis aux sentiments, jusque-là comprimés, de se donner libre cours. Voir art. PRISCILLIEN, t. x1n1, col. 393. Antérieurement à cette date, Sirice avait dû entrer en relations avec Maxime, pour des questions administratives. Jafté, n. 256. En lui répondant, Maxime avait fait l'apologie de sa propre conduite à l’égard des « manichéens ». Collectio Avellana, epist. xL, loc. cil., p. 90. Mais, sitôt après sa mort, une partie de l’épiscopat gaulois refusait d'entrer en communion avec Félix de Trèves, ordonné par les « évêques sanglants », Ithacius et Ydacius. En 390 ces mécontents s’adressèrent, pour expliquer leur attitude, à l’évêque de Milan, et reçurent de lui, ainsi que du pape, une lettre les consi-

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dérant comme orthodoxes. Ce renseignement esi fourni par le canon 6 du concile de Turin de 401; voir Hefele- Leclercq, loc. ci, p. 134. En Espagne, le convile de Saragosse de 395 s'était prononcé contre l’évêque d’Astorga, Symposius, partisan déclaré de Priscilien: mais le condamné se tourna vers :.ome et vers Milan. Ce fut Ambroise qui précisa les conditions auxquelles Symposius pourrait être réadmis à la communion: une lettre parallèle da pape Sirice appuya les décisions milanaises. Cf. sentence du concile de Tolède de 400, Mansi, Concil., t. 111, col. 1005; 746, n. 262.

De même en ce qui concerne l'extinction du schisme mélétien d’Antioche, c’est encore l’action conjuguée d’Ambroise et de Sirice qui parvint à le réduire. Voir art. MÉLÈCE D'ANTIOCHE, t. x, col. 529, où ont été signalées, avec celles d’'Ambroise, les interventions du pape. On notera aussi, vers la même date, en 394, une action non moins intéressante de Sirice en Orient, à propos d’une contestation relative au siège de Bostra. Les deux compétiteurs en appelèrent au pape de Rome qui, faisant application des canons de Sardique sur les procès d’évêques, renvoya les plaignants à Théophile d'Alexandrie. C'est à la suite de ce renvoi que le patriarche égyptien fit traiter la question litigieuse dans un concile tenu à Constantinople, sous la présidence de Nectaire et en présence de Flavien d’Antioche et d’une quarantaine d’évêques. Voir sur cette affaire, L. Duchesne, Le pape Sirice et le siège de Bostra, dans Annales de philosophie chrétienne, t. ΟΧῚ, 1885, p. 280-284; Hefele-Leclercq, loc. cit., p. 97, n. 7; V. Grumel, Regestes du patriarcat de Constantinople, n. 10, qui fournira une littérature intéressante.

L'accord n'est pas fait entre les critiques sur la question de savoir s’il faut rapporter à Sirice, à Ambroise ou à un anonyme une lettre relative au cas de Bonose, évêque de Naïssus, adressée à Anysius, évêque de Thessalonique, et par son intermédiaire aux prélats de l’Illyricum. Jaffé, ἢ. 262. Cf. art. BONOSE, t. τι, col. 1027 ; et en sens contraire F. Cavallera, dans un article du Bulletin de Toulouse, 1920. Si, avec nombre d'auteurs, on attribue cette pièce à Sirice, on verra quel scrupule se fait le pape de toucher à une question qui n’est plus entière, ayant été jugée par un synode de Capoue, au début de 391, synode auquel nous savons qu'Ambroise avait assisté. C’est l’occasion néanmoins pour l’auteur de la lettre d'affirmer la foi de l’Église à la virginité perpétuelle de Marie que Bonose aurait, paraît-il. contestée. La même question avait d’ailleurs été résolue, deux ans auparavant, à propos des paradoxes lancés par Jovinien. Voir son article, t. vint, col. 1577. Ici c’est très certainement à Sirice qu'il faut faire remonter la condamnation du moine en rupture de cloître. On remarquera néanmoins que le pape s’empresse de communiquer à Ambroise la condamnation de “ovinien et de huit de ses partisans. Jaffé, n. 260.

Une des dernières interventions de Sirice se rapporte aux premières querelles antiorigénistes que le zèle brouillon de saint Épiphane et de saint Jérôme avait suscitées en Palestine à partir de 395. Voir ici t. ΧΙ, col. 1569 sq. Le pape, à coup sûr, n’était pas favorablement disposé pour les deux adversaires d'Origène et les procédés qu'ils employaient. Il avait été saisi de la question par une lettre d'Épiphane dont Jérôme fait mention dans le Contra Johannem, n. 14 et 44, P. L.,t. ΧΧΙΗῚ, col. 367 et 396. La lettre de Jean de Jérusalem à Théophile d'Alexandrie, portée à Rome, fit au contraire bonne impression sur Sirice; Pammachius, l’ami de Jérôme, en fut alarmé et informa le solitaire de Bethléem, qui répliqua par sa virulente attaque contre Jean de Jérusalem. Puis une réconciliation intervint entre Jérôme et Jean, Jérôme et Rufin, lequel quittait bientôt la Palestine. C’est l’an-

SIRICE — SIRLETO (GUILLAUME)

née suivante, en 398, après la publication par Rufin de la traduction du Ilept ἀργῶν, que les hostilités reprirent entre les deux hommes de lettres. Vainement les amis romains de Jérôme essayèrent-ils de perdre Rufin dans l'esprit de Sirice. Ils ne purent empêcher le pape de le bien recevoir et de lui donner les lettres de communion dont il avait besoin pour se rendre à Aquilée. Jérôme s’en plaint amèrement dans lEpitaphium Marcellæ, Epist., cxxvIm, ἢ. 9 et 10, P. L., t. ΧΧΙΠ, col. 1093. Le successeur de Sirice, Anastase, ne devait pas, malheureusement, imiter cette réserve.

Le pape Sirice mourut le 26 novembre 399 (et non 398, comme on le dit ordinairement; cf. L. Duchesne, Le liber pontificalis, t. 1, introd., p. cxL). C’est à cette date que son souvenir est rappelé au martyrologe romain, où le pape Benoît XIV l’a fait inscrire, lors de la revision de 1748, malgré diverses oppositions qui s'étaient manifestées depuis le xvi® siècle. On ne lira pas sans intérêt les longs développements que lui consacre le savant pontife dans la bulle Postquam intelleximus, que l’on a réimprimée en tête de l’édition récente du martyrologe. Les adversaires de l’introduction de Sirice faisaient état de son opposition à saint Jérôme, et surtout de ses hésitations dans l’affaire de l’origénisme. Benoît XIV s’est efforcé de répondre à ces griefs, qui ne laissent pas de nous étonner aujourd’hui, où nous savons mieux apprécier les diverses responsabilités.

Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. 1, p. 86-87; 216-217, et pour la chronologie, p. CXL-CXL1; Jafté, Regesta pontificum romanorum, t. 1, p. 40-42; les lettres de Sirice sont réunies dans P. L., t. ΧΠῚ, col. 1131-1196, qui reproduit l’édition de Coustant; E. Caspar, Geschichte des Papsttums, t. 1, 1930, c. vi, Das werdende rômische Papsttum und Ambrosius von Mailand, p. 256-285; voir aussi les monographies sur saint Ambroise, en particulier J.-R. Palanque, Saint Ambroise et l’empire romain, Paris, 1933; F.-H. Dudden, The life and times of St Ambrose, Oxford, 1935, 2 vol.; les monographies sur saint Jérôme, entre autres F. Cavallera : Saint Jérôme, sa vie et son œuvre, Paris-Louvain, 1922, 2 vol.

É. AMANN.

SIRLETO Guillaume, cardinal italien (1514- 1585). — Originaire de Calabre, Gulielmo Sirleto fit

d'excellentes études à Naples, où il se distingua par sa mémoire prodigieuse et sa puissance de travail; il fut par la suite familier du cardinal Marcel Cervini qui, devenu pape sous le nom de Marcel II, le nomma secrétaire des brefs. Protonotaire apostolique sous Paul IV, Sirleto fut créé cardinal par Pie IV. Pie V, qu'il avait failli évincer au conclave qui suivit la mort de Pie IV, le nomma à diverses charges, en particulier à la direction de la bibliothèque Vaticane; Sirleto fut également appelé à travailler à la réforme du bréviaire et du missel romain, à la correction de la Vulgate, à la composition du Catéchisme du concile de Trente et à l’établissement de l’Index. Le savant cardinal mourut le 8 octobre 1585, laissant le souvenir d’un des meilleurs érudits de son siècle.

Écrits. — La modestie de Sirleto ne permit point qu’on publiât ses ouvrages; ceux-ci se trouvent actuellement au département des manuscrits de la bibliothèque Vaticane et de la bibliothèque nationale de Naples. L'œuvre publiée de Sirleto est sa collaboration aux ouvrages suivants : Vitæ sanclorum in latinum versæ el a Metaphraste editæ, dans les deux derniers volumes des Vilæ sanclorum publiées par Lippomani, Venise, 1551-1558, 6 vol. in-4°; Adnolationes variarum lectionum in psalmos, dans l’apparat de la Bible polyglotte de Plantin, Anvers, 1569, in-fol.; Menologium græcorum, nune primum e mss in lucem edilum, dans le t. πὶ des Antiquæ lectiones de Canisius, Ingolstadt, 1601, in-49,

en

Motta, Funebris oralio in cardinalem Sirletum, Rome, 1585; Tafuri, Scrittori Napoletani, t. 111, p. 200; Ciaconio, Vitæ et res gestæ pontificum romanorum et S. R. E. cardinalium, t. τι, Rome, 1630, col. 1682-1684; Doni d'Attichy, Flores historiæ Sacri Collegii cardinalium, t. 111, p. 486; Aubert Le Mire, Auctarium de scriptoribus ecclesiasticis, Hambourg, 1718, p. 222; Moroni, Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica, t. LXVI1, p. 35-37; Michaud, Biographie universelle, nouv. éd., t. XXXIX, p. 414-415; The catholic encyclopedia, New-York, t. XIV, 1912, p. 27; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 111, col. 258-261; Pastor, Geschichte der Päpste, pontificats de Marcel II, Paul IV, Pie IV et Pie V, passim; The first and second diaries of the English College Douay, Londres, 1878, p. 307; Reusch, Der Index der verbotenen Bücher, t. 1 et 11, Bonn, 1883-1885, passim; Roskoväny, Romanus pontifex primas, t. τι, Nitra, 1867, p. 403; Bäumer, Breviärgeschichte, p. 423; Eubel, Hierarchia catholica, t. 1v, Münster, 1910, p. 46 et 322. Cf. Bibliothèque nationale, fonds fr., nouv. acq., ms. 20 809 (corres-

pondance).

J. MERCIER

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