‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 211 sur 457 · SIRMIUM (FORMULES DE · texte numérisé non relu

SIRMIUM (FORMULES DE

promettre, le formulaire parle de génération, mais il entend bien se dérober à toute explication. En tout état de cause la deuxième personne est selon lui nettement inférieure à la première et sur cette inégalité il insiste avec lourdeur. I n'est pas jusqu'aux expressions relatives à l’incarnation et au Saint-Esprit qui ne trahissent une parenté avec celles d’Arius. « Le Fils de

Dieu, au sein de Marie ἃ pris une chair, ou un corps »;

est-ce seulement une chair sans âme? Sans doute on se

décide finalement à traduire l'expression « chair ou

Corps » par « homme »; mais la pensée reste obscure;

et, quant à la formule per quem compassus est, elle

prête à des confusions que rien ne cherche à écarter.

Tout autant les mots relatifs au Saint-Esprit : per

Filium est.

En définitive l'Arius de 323 aurait pu signer sans

hésitation le deuxième formulaire de Sirmium. Com-

| parer avec celui-ci les deux professions de foi d’Arius,

celle de 323 et celle de 335, dans Hahn, op. cit.. ὃ 186

et 187. On comprend la critique très vive que fit bien-

| tôt après de ce formulaire l’évêque d'Agen, Phébade. Voir son article.

111 FORMULE (358). — Pour tous ceux qui, en Orient, avaient conservé le sens du christianisme traditionnel, le deuxième formulaire de Sirmium fut une douloureuse déconvenue. C'était donc à ce résultat qu'avaient abouti les luttes autour de l’homoousios nicéen! Bientôt plusieurs des évêques orientaux qui avaient donné leur signature soit à Sirmium même, soit dans leurs évêchés, la retirèrent. Cf. Hilaire, De synodis, n. 3, P. L., t. x, col. 482. Devant le danger, le parti dont Basile d’Ancyre est le chef et qui préconise la formule de l’homoiousios prend conscience de sa force. On a dit à l’art. SEMI-ARIENS, col. 1791 sq., comment le synode d’Ancyre, au carême de 358, opposa au formulaire de Sirmium une profession de foi qu'Hilaire n'hésite pas à qualifier d’orthodoxe, et comment le manifeste de Grégoire de Laodicée donne le commentaire quasi officiel de ces décisions.

C’est cette formule d’Ancyre qu’emportèrent à Sirmium les délégués du concile, menés par Basile d’Ancyre, Eustathe de Sébaste et Éleusius de Cyzique. Chose extraordinaire! ils arrivèrent à retourner l’empereur. Bien que l’on ne soit renseigné sur tout ceci que par Sozomène, H. E.. IV, xv, qui embrouille quelque peu les événements, il est certain qu’une réaction se prononça à la cour en faveur de la doctrine homéousienne qui avait été sacrifiée l’année précédente. Celle-ci s’exprima en une formule composée en joignant à la 2° formule d’Antioche de 341, dite de la Dédicace, les articles définis contre Paul de Samosate et Photin, c’est-à-dire la 1re formule de Sirmium et un certain nombre des anathématismes rédigés à Ancyre. Hilaire, De synodis, n. 12-26, donne la liste les canons d’Ancyre qui furent ainsi conservés, 6, 8, 7, 9-17; il regrette, 1bid., n. 90, que les trois représentants de l’épiscopat oriental aient laissé tomber dans le formulaire qu'ils apportaient les n. 1-6, 18 et 19. Ces textes, dit-il, n'avaient pas de quoi étonner, mais dès le début ils ont amené chez certains une réaction devant laquelle Basile, Eustathe et Éleusius ont cru devoir céder, en consentant à la suppression des articles

litigieux.

Il n'est pas sans intérêt de grouper les articles

conservés et les articles supprimés; on se fera ainsi une idée plus exacte de la position Théologique adoptée | à ce moment par Basile. Les n. 6 et 8 aflirment l’existence personnelle du Fils; image du Père, le Fils ne peut en aucune façon se confondre avec celui-ci; recevant du Père la vie, il s’en distingue nécessairement. N. 9. Mais cette différence n'exclut pas la parfaite ressemblance de nature; l'anathème est donc jeté à | qui disait le Fils ἀνόμοιος χατ’ οὐσίαν. N. 7 et 9. Il

élsstessti. dÜe αι. à

faut dès lors expliquer comme d'une génération, et non d'une création, les mots de l’Écriture ὁ χύριος ἔχτισε με. N. 10. Par contre, quand le Christ dit : « De même que le Père a la vie, de même il a donné au Fils d'avoir la vie, et d'opérer des œuvres qui sont des enseignements », il nous révèle bien la similitude d’essence qu’il a avec le Père; ce serait trop peu de dire que le Fils agit comme il voit agir le Père, il faut aller jusqu'à l’aflirmation de sa ressemblance essentielle avec le Père. N. 11, 12. Mais ressemblance essentielle ne veut pas dire confusion; il faut écarter toute idée d'identité du Fils avec le Père. N. 13, 14. Les rapports de paternité et de filiation entre les deux personnes existent de toute éternité: le Père n’est pas plus ancien que le Fils, n. 15, 16, ce qui pourtant ne doit pas laisser croire à l’indistinction des deux personnes, et accréditer l'erreur de l’uiérarwe. N. 17.

Quant aux articles supprimés il ne nous parait pas qu'ils auraient ajouté rien d’essentiel à la doctrine des articles conservés. Dans leur balancement antithétique ils mettent en évidence la ressemblance essentielle du Fils avec le Père, ressemblance qui n’est cependant pas une confusion. Tout au plus peut-on dire que le n. 18 écarte avec plus de force tout ce qui pourrait donner à penser que le Fils est produit par la puissance du Père, alors qu'il dérive de l'essence divine. Pour ce qui est du 19° et dernier article, il faudrait même se féliciter de ce qu'on l’ait laissé tomber, car il rejette expressément le mot de ὁμοούσιος, assimilé à celui de ταυτοούσιος.

On ignore quelle publicité fut donnée à ce document. Nous avons discuté à l’art. LIBÈRE, t. 1x, col. 652 sq., la question de savoir à quel formulaire dogmatique le pape en question avait donné son assentiment pour quitter son lieu d’exil. Ce ne peut être qu’à la première formule de Sirmium. Mais il est également certain que, présent à la cour de Sirmium au moment où Basile vint y plaider contre l’anoméisme, il entra dans les vues de Basile d’Ancyre et se rallia à la 3° formule. Sozomène, H. E.. IV, xv. De leur côté, Athanase et Hilaire reconnaissent l’orthodoxie essentielle de la pensée des homœæouïiiens, regrettant seulement que Basile et ses amis n'aillent pas jusqu’au bout de l’évolution qui les rapproche de la foi de Nicée. Athanase, De synodis, n. 41: Hilaire, De synodis, n. 3, 5-8, 12-26, 90, ce dernier écrit a été rédigé vers la fin de 359. alors que semblait triompher la réaction homéousienne dont Basile était le protagoniste. Plus tard, Hilaire jugera sévèrement cette 3° formule de Sirmium, Cf. art. LIBÈRE, col. 652.

IVe FORMULE, DITE CREDO DATÉ (359). — La manière brutale dont Basile usa pour faire triompher ses idées n’était pas de nature à les rendre sympathiques. Ceux que l’on appellera plus tard les homéens ou acaciens — ils étaient fort nombreux en Orient — s’alarmèrent des agissements de l’évêque d'’Ancyre. Ils se groupèrent autour de deux vétérans des luttes ariennes, Patrophile de Scythopolis en Palestine et Narcisse de Néroniade en Cilicie. Venus à la cour de Sirmium aux derniers mois de 358, ils s’efforcèrent de contre-battre l’action de Basile, demeuré dans l’entourage impérial. Celui-ci demandait la tenue d’un grand concile qui, sur la base de la troisième formule de Sirmium, aboutirait à une doctrine commune et liquiderait aussi les questions de personnes. A la place de cette assemblée unique, Patrophile et Narcisse préconisèrent l’idée de convoquer séparément les deux épiscopats occidental et oriental, le premier à Rimini, en Italie, le second dans une ville d’Asie-Mineure; Nicomédie fut d’abord choisie, finalement Séleucie. Voir l’art. SéÉLeucie. La tactique de ces deux arianisants était des plus simples : faire établir à Sirmium même, sous les yeux de l’empereur, une profession de

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