‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 216 sur 457 · P. GALTIER · texte numérisé non relu

P. GALTIER

SISINNIUS, pape du 15 janvier au 4 février 708. — Élu peu après la mort de Jean VII (18 octobre 707), Sisinnius, de nationalité syrienne, ne put être consacré que le 15 janvier suivant. Ilmourut vingt jours plus tard d’une attaque de goutte. Il semble avoir été regretté de la population romaine, à qui il avait donné l'impression d’un chef énergique et bien décidé à la défendre.

Le Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. 1, p. 388.

É. AMANN.

1. SIXTE ou XYSTE [: (SAINT), pape au premier tiers du 11° siècle. — La liste établie par Irénée lui

donne le sixième rang après saint Pierre. Contr. hær., 1. III; c. πι. Il suit Alexandre et précède Télesphore. Dans sa lettre au pape Victor, où Irénée remonte la liste des papes depuis Soter, Xyste figure également à la même place. Dans Eusèbe, H. E., V, xx1v, 14. Cet ordre paraît une donnée ferme. Quant aux précisions fournies par le Catalogue libérien qui attribue au pon-

DICT. DE THÉOL. CATH)L

SIRMOND (JACQUES)

SAME 1] 2 tificat de Xyste les dates consulaires correspondant à 117-126, elles sont plus sujettes à caution; les calculs d'Eusèbe aboutissaient à faire mourir ce pape après un pontificat de dix ans la douzième année d'Hadrien (128-129). H. E., IV, v, 5. Sur son activité nous ne savons rien. Les indications fournies par le Liber pontificalis sont évidemment de date postérieure; l’une d'elle trahit son origine, elle provient du Constilulum Silvestri censé élaboré au concile des 275 évêques, cidessus, col. 2071. Elle a servi à son tour de point de départ à une décrétale du pseudo-Isidore, Jafé, n. 32, le faussaire en ayant d’ailleurs fabriqué une autre de toutes pièces. Jaf'é, n. 31. Le Liber pontificalis donne Xyste comme martyr; mais il est bien remarquable qu'Irénée dressant la liste des papes n’attribue la qualité de martyr qu’au pape Télesphore, successeur de Xyste Ier, ὃς καὶ ἐνδόξως ἐμαρτύρησε. La présence de ce pape au canon de la messe n’est pas une preuve qu'il ait été considéré de bonne heure comme martyr.

Liber pontificalis, éd. Duchesne, t.1, p. 2-3, 54-55, 128; Jafté, Regesta pontificum romanorum, t. 1, p. 5-6.

É. AMANN.

2. SIXTE ou XYSTE II (SAINT), pape du 30 août 257 au 6 août 258. — Le pape Étienne Ier était mort en paix le 2 août 257, c’est la date obituaire marquée dans la Depositio episcoporum. Maïs, juste à ce moment, l'attitude de l’empereur Valérien, qui jusquelà n’avait pas été défavorable aux chrétiens, se modifiait du tout au tout. C’est au début d'août 257 que furent publiés les premiers édits persécuteurs interdisant aux chrétiens de tenir des assemblées et d’entrer dans les cimetières, mettant évêques et prêtres en demeure d’apostasier, faute de quoi ils seraient relégués par l’autorité en des lieux déterminés. Sans doute faut-il attribuer au désarroi qui suivit la publication de ces mesures le délai de quatre semaines qui s’écoula entre la mort d’Étienne et l’ordination de Xyste II, qu'il y a de bonnes raisons de fixer au 30 août. Quoi qu’il en soit, l’élection de Xyste ne dut pas être connue immédiatement de la police; en prenant les précautions convenables, le pape put échapper aux recherches. Mais, l’année suivante, des mesures beaucoup plus sévères étaient publiées contre les chefs des communautés chrétiennes, évêques, prêtres et diacres, qui seraient exécutés sur le champ. Renseignements très précis dans 5. Cyprien, Epist., Lxxx (82), n. 1; cette lettre est de fin août 258. A Rome, suivant le même témoignage, les préfets poussèrent très activement les recherches. « Sixte fut exécuté dans un cimetière et quatre diacres avec lui le 6 août. » Ce texte rejoint parfaitement les renseignements fournis par les inscriptions damasiennes postérieures d’un siècle. Texte dans Le Liber pontificalis, édit. Duchesne, p. 156. De ces diverses données il ressort que, le 6 août 258, Xyste qui célébrait dans une des cryptes du cimetière de Calliste un anniversaire de martyr, fut surpris par la police et exécuté sur place. Six diacres l’entouraient, quatre furent massacrés avec lui; deux autres avaient pu se sauver dans le cimetière voisin de Prétextat; ils y furent découverts et massacrés eux aussi. Quatre jours après, le dernier des sept diacres, Laurent, était exécuté à son tour. Aussi le Catalogue libérien préciset-il que, durant l’année qui suivit, et pendant laquelle il fut impossible de donner un successeur à Sixte, l'Église romaine ne fut dirigée que par le collège des prêtres; il ne restait plus de diacres.

De l’action ecclésiastique de Xyste II, nous ne savons qu’une chose, c’est que se pacifièrent, sous son pontificat, les relations entre Rome et Carthage qui s'étaient fort tendues lors de la controverse baptismale, au temps du pape Étienne. Cet heureux résultat doit être attribué tant au caractère pacifique de Xyste

2195 STATE QI qu'aux efforts de l’évêque d'Alexandrie, Denys, qui s'était déjà interposé auprès du prédécesseur de celuici. Eusèbe a conservé des fragments de deux lettres adressées à Xyste par Denys. Encore qu’il fût partisan de l’usage romain qui ne rebaptisait pas les hérétiques, l'évêque d'Alexandrie faisait valoir les raisons qui pouvaient militer en faveur de l’usage africain prescrivant ce baptême. D'une part, antérieurement à l’action d’Étienne, disait-il, des décisions avaient été arrétées par des synodes importants dans le sens de l’usage africain. Texte dans ἢ. E., VII, v, 4. D’autre part, d'une enquête à laquelle s’était livré Denys, il ressorlait qu’en divers cas la manière dont le baptême était administré chez les dissidents laissait planer des soupçons sur la valeur du sacrement. Zbid., 1X, 2-5. En même temps Denys s’adressait aux deux conseillers du pape, les prêtres Denys (qui deviendra pape à son tour) et Philémon, qui avaient jadis partagé l’avis d'Étienne et que l’évêque d'Alexandrie, d’ailleurs interrogé par eux, essaya d’âämener à une attitude plus irénique à l'égard de ceux qui ne se ralliaient pas à l’usage romain. Jbid., v, 6; vir, 1-5, 6. Sans que l’on puisse dire de quelle manière les choses se passèrent, il paraît assuré que de bonnes relations reprirent alors entre Rome et Carthage. Le drame du 6 août 258 était bien de nature à parfaire la réconciliation; six semaines plus tard ce fut le tour de Cyprien de donner généreusement son sang pour le Christ (14 septembre). L’auteur de la Vita Cypriani, quand il appelle Xyste bonus et pacificus sacerdos ac propterea beatissimus martyr, montre bien que le souvenir de ce pape était en vénération à Carthage.

Au 1ve siècle, on attribuait assez couramment au pape Xyste un recueil de courtes sentences morales en grec, remontant en fait à un philosophe pythagoricien nommé Sextus et que possédait déjà Origène. Cf. Contr. Celsum, VIII, 30; In Matth. comm., xv, 3 (Matth., xix, 12). Au deuxième tiers du 111 siècle, ce recueil avait été remanié par une plume chrétienne, peut-être à Alexandrie. Acceptant trop aisément l’attribution courante, Rufin en fit une traduction latine qu'il adressa à un de ses amis de Rome : Sextum in latinum verti, écrit-il dans sa préface, quem Sextum ipsum esse tradunt qui apud vos, id est in urbe Roma, Xyslus vocalur, episcopi οἱ martlyris gloria decoratus. Quand Jérôme se fut brouillé avec Rufin, il fit des gorges chaudes de cette bévue. Voir Epist., CXXxXIn, n°49, P. 17, Ὁ ἜΧΟΙ 00]. ΠῚ Ὸ 9} 7π|. ΠΟ... XXI 24; txxIV, col. 817. ΠῚ Ezech, ΕΝ, δ, E Ἐκ, Col 178: Chose curieuse, saint Augustin qui eut en mains la traduction latine (dont il ignorait l’auteur) cite un passage du recueil comme étant du pape Xyste. De παΐ, δὲ grat., Ὦ. 71, P.L:,t. X11V, col. 289. Gommeile texte paraissait favoriser le pélagianisme, il s’efforça d’en faire une exégèse orthodoxe. Plus tard il apprit le véritable état civil du philosophe Sextus et retira l'explication bienveillante qu’il en avait donnée. Retract., 1. 11, xz11, τς ΧΧΧΗΙ, col. 647. Cette attribution au pape Xyste d’un livre de sagesse païenne a laissé une trace dans le Liber pontificalis : Xyste avant d’être pape aurait été « philosophe » : Xyslus natione Græcus, ex philosopho.

Nous avons signalé plus haut, art. NOVATIEN, t. ΧΙ, col. 830, l'hypothèse de A. von Harnack, attribuant au pape Xyste II le traité Ad Novalianum, mis au nombre des œuvres de Cyprien. Cette hypothèse ne semble pas s'imposer.

Le Liber pontificalis, éd. Duchesne, p. 6-7, 11, 68-69, 75; Jafté, Regesta pontificum romanorum, t. 1, p. 21-22; sur le martyre et le témoignage fourni par les inscriptions, voir E. Schäfer, Die Bedeulung der Epigramme des Papstes Damasus 1., Rome, 1932, p. 38-52. — Sur les Proverbia Sixli, voir J. Kroll, dans E. Hennecke, Neutestamentliche

SAGE ὙΠ 2196 Apokryphen, 2° édit., 1924, p. 625-643, où l'on trouvera, avec une introduction, la traduction allemande de la version de Rufin.

É. AMANN.

3. SIXTE ou XYSTE [ΠῚ] (SAINT), pape du 31 juillet 432 au 19 août 440. — Romain de naissance, Xyste était déjà prêtre au temps du pape Zosime (417-418), peut-être auparavant, et exerçait à la Curie pontificale une influence considérable. Nous le savons par deux lettres de saint Augustin de 418. Epist., cxcI et cxCIV, P. L., t. χα ΧΙ, col. 867 et 874-891. D’après ces textes, Augustin s'était préoccupé de l’attitude prise à Rome par le prêtre Xyste au moment où le pape Zosime avait semblé favoriser sinon les doctrines, au moins les personnes de Pélage et de Célestius. A tort ou à raison, le prêtre Xyste passait pour être dans les mêmes idées; en Afrique, on le disait même plus ou moins rallié à la doctrine pélagienne. Après les événements du printemps de 418 : réunion du grand concile de Carthage, intervention impériale, finalement Tractoria du pape Zosime, cf. art. PÉLA- GIANISME, t. XII, Col. 696-702, Xyste crut nécessaire d'établir clairement sa position. D'une part, à Rome, en une assemblé eecclésiastique, il déclara réprouver la doctrine de Pélage, d'autre part il manda aux deux chefs de la lutte antipélagienne, le primat de Carthage, Aurèle, et l'évêque d'Hippone, Augustin, qu'il se ralliait à leurs vues. La première lettre d'Augustin n’est guère qu’un accusé de réception: dans la seconde, l’évêque d'Hippone s'étend assez longuement sur l’exposé et les preuves de la doctrine qu’il faut opposer au pélagianisme, il prie en même temps son correspondant d’user de tout son pouvoir à Rome pour démasquer les pélagiens plus ou moins larvés et les ramener, si possible, à une foi plus correcte.

Nous ignorons ce que fut l’attitude de Xyste sous les pontificats suivants de Boniface et de Célestin. La manière pourtant dont il parle des lettres adressées en Orient par ce dernier pape laisserait penser qu'il a pris une part plus ou moins considérable à leur rédaction. A la mort du pape Célestin, Xyste qui était le candidat tout désigné, fut élu avec une parfaite unanimité; il fut consacré le 31 juillet 432.

A cette consécration se trouvèrent assister deux évêques orientaux venus de la part de saint Cyrille d'Alexandrie pour mettre le Siège apostolique au courant des difficultés créées à celui-ci par l'attitude de Jean d’Antioche depuis la dissolution du concile d'Éphèse. Voir l’art. Nesrorius, t. IX, col. 119 sq. La cour impériale, dès ce moment, avait pris l’affaire en main et voulait amener une réconciliation entre les deux patriarches d'Antioche et d'Alexandrie. Cyrille se faisait lentement à l’idée de ne demander plus que la condamnation du seul Nestorius et de se réconcilier avec Jean. Les deux lettres remises par le pape Xyste aux évêques présents à Rome et adressées respectivement aux prélats orientaux et à Cyrille insistent sur cette solution pacificatrice. Jafté, ἢ. 389 et 390; les textes dans P. L., t. 1, col. 583-590, en latin et en grec; elles figurent dans les actes du concile d'Éphèse. C'est dans ces lettres que Xyste s'exprime comme s’il avait rédigé lui-même la correspondance de Célestin dans l'affaire nestorienne.

Néanmoins, malgré son aflirmation qu'il ne faisait que continuer la politique de son prédécesseur, Xyste ne semble pas avoir montré la même intransigeance que Célestin à l'endroit de ceux qui avaient soutenu et qui soutenaient encore Nestorius. Nous ne sommes que très imparfaitement renseignés sur la part qu’il prit aux délicates négociations qui devaient amener l'accord de 433. D'une lettre d'Acace de Bérée, il ressort que Xyste lui écrivit une fois à lui-même à ce sujet et plusieurs fois au patriarche d'Alexandrie.

à mie nt

Synodicon Casin., n. 144 (55), dans A. C. O., 1, 4, p. 90, ou dans P. G., t. LXXxIvV, col. 640. L'accord une fois conclu, Jean d’Antioche donna connaissance de son acceptation dans une lettre officielle adressée à Xyste III, à Cyrille et à Maximien de Constantinople. 2° G;:0:11,4, p.33, ΕΟ, οὔτ, col.591. Enimême temps, il envoyait au pape une lettre personnelle qui contenait le texte de la formule d'union et suppliait le successeur de Pierre d'être pour l'Orient le phare qu'il était déjà pour l'Occident. Texte dans la Coll. Atheniensis, n. 121, A. C. O., 1, 1, 7. L'annonce de la paix conclue en 433 arriva à Rome au moment où se réunissait le synode annuel que le pape convoquait au jour anniversaire de son ordination: communiquée à l'assemblée, cette bonne nouvelle fut accueillie avec joie et, à quelque temps de là, Xyste exprima aux deux patriarches sa joie et de cette heureuse conclusion et des bons sentiments que témoignaient à l’endroit du Siège romain les deux grands sièges de l'Orient. Jafté, n. 391, à Cyrille; 392, à Jean d’Antioche. On verra d’ailleurs en ce dernier document, P. L., t. L, col. 601, que la Curie romaine en restait toujours sur le compte de Nestorius et sur l’ensemble du différend aux informations si unilatérales et si incomplètes de 430; voir en particulier le n. 4 où la doctrine de Nestorius est représentée comme un pur et simple « psilanthropisme ».

Une pièce reçue à la Curie peu après ces événements aurait peut-être été de nature à renseigner le pape sur la complexité extraordinaire du « fait » de Nestorius, et sur les facteurs divers qui avaient été à l’œuvre entre 429 et 434; c'est la lettre des deux métropolitains de Tyane et de Tarse, Euthérius et Helladius, conservée par le Synodicon Casinense; texte dans A. C. O., 1, 4, p. 145-148; cf. P. G., t. LXxXxXIV, col. 727- 731, et aussi P. L., t. L, col. 593-602. Les deux Orientaux y exprimaient leur confiance à l’endroit du Siège romain, redresseur des torts et gardien de la saine doctrine. Ils en furent pour leur peine; la Curie avait « son siège fait ». Cf. art. NEsTORIUS, col. 128.

Au fait ce n’était peul être pas le moment de susciter en Orient de nouvelles crises. Une tranquillité apparente y régnait; les trois grands sièges d’Alexandrie, d’Antioche, de Constantinople étaient rentrés dans la communion du Siège apostolique. Cette pensée faisait oublier à la Curie que Constantinople essayait de plus en plus d'étendre sa zone d'influence. Depuis l'ordination de Proclus (12 avril 434), il était facile de constater que le titulaire de la ville impériale était animé du même esprit qui se révélait dans le 3° canon du concile de Constantinople ou dans les démarches faites à Éphèse et dans le diocèse d’Asie par Jean Chrysostome. Dans une lettre adressée par la Curie à Proclus, le 18 décembre 437, il est fait allusion à l'affaire de l’évêque de Smyrne, Iddua, qui a dû être jugée à Constantinople. Saisie de la question à son tour, sans doute à la suite d’un appel, la Curie confirme pour cette fois le jugement de Proclus. Du moins les termes assez embarrassés de la lettre pontificale laissent-ils deviner que Rome n’a pas été autrement satisfaite du procédé. Jaffé, n. 395; texte dans P. L.. t. 1, col. 613.

Mais il était une région sur laquelle la Curie entendait bien conserver une juridiction qui ne souffrirait pas d’empiétements de la part de Constantinople. Rattaché de manière définitive à l’empire d'Orient, l'Ilyricum ne laissait pas de relever directement de Rome au point de vue éecclsiastique. Les prédécesseurs de Xyste, depuis les papes Damase et Sirice, s'étaient efforcés de faire de l’évêque de Thessalonique leur représentant dans ces pays de langue grecque; le pape Célestin avait encore augmenté les droits de ce prélat, devenu un véritable vicaire apostolique. Xyste III précisa la situation ainsi créée, qu’il fallait défendre

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