DIEU
LE DOGME 1598 humaine) n’ont pas su se renfermer dans leurs limites et se garder, selon l'avertissement de saint Augustin, « de rien affirmer témérairement et de donner l'inconnu pour le connu ». Voir ici INSPIRATION DE L'ÉCRITURE, t. vir, col. 2235.
Enfin, les sciences humaines devront s'interdire de naturaliser en quelque sorte le surnaturel révélé pour ne l’admettre que dans la mesure où l'exige la raison. C'est l'erreur du semi-rationalisme allemand du ΧΙΝ" siècle. Voir ci-dessous SEMI-RATIONALISME,
A. MICHEL
11. SCIENCE DE DIEU. — La question de la science divine n'étant abordée dans le Dictionnaire qu'à propos d’autres études, notamment MOLINISME, PRÉDES- TINATION, PROVIDENCE, THOMISME, il est néceSsaire d'en donner ici une brève synthèse. On examinera : I. Le dogme. II. Les doctrines théologiques (col. 1600). III. Les opinions libres (col. 1606).
I. LE DOGME. — « Infini en toutes ses perfections », Dieu est donc «infini en intelligence ». Conc. du Vatican, 5655. 111, 0.1, Denz.-Bannw., ἢ. 1782. Cette science infinie est le fondement de la doctrine de la providence. Ibid., n. 1784. La science divine étant infinie s'étend à tout : aussi l’appelle-t-on l’'omniscience.
1° Fondement scripturaire. — 1. Afjirmalions générales. — Pour affirmer au nom de l’Écriture le dogme de l’omniscience, le magistère a fait appel, lors du concile du Vatican, à Hebr., 1, 13. Denz.-Bannw., ἢ. 1784. Dans la question de la prescience divine, le concile de Valence cite la prière de Suzanne, Dan., xvI, 42. Mais d’autres textes pourraient être invoqués, I Reg., 11, 3; Ps., ΟΧΧΧΙΧ (hébr.), tout entier; Eccli., xXxx111, 28-29; XLII, 18-20 et tout particulièrement Ps., ΟΧΧΧΙΧ, ὃ: Esther, x1v, 4; I Cor., τι, 10. D’autre part, cette omniscience divine pourrait être déduite des affirmations touchant la vie divine, qui est Ja vie d’un esprit, Joa., ν, 26; cf. xIV, 6; voir le commentaire de saint Augus- Don Joanrtern, tract XII, ἃς 9 10,.}- «.., t. xxxv, col. 1579 sq., et la sagesse divine, qui est celle d’une cause intelligente, toute-puissante, agissante et, par là même, infinie. Sap., vir, 21-27; cf, Eccli., ARS πονς NI 222-0115 UPS IGXEVIT, ὅς IRom:, XI 100:
2. Afjirmalions plus spéciales quant à l’objet de l’omniscience. Les affirmations scripturaires nous permettent même de préciser les différents objets de la science divine. En principe, Dieu connaît tout ce qui, d’une façon ou de l’autre, est connaissable. Mais l'Écriture affirme spécialement que :
a) Dieu se connaît lui-même, et avec cette note que lui seul peut se connaître parfaitement. Matth., χα, 27; I Cor., 11, 10, 11. — b) Dieu connaît toutes choses réellement existantes ou devant exister ou ayant existé. Hebr τὸ 19... Eccli; 1, 2. δ,,.9; τα, 29: χα, 19: οὗ. Gen” L'25:1Ps., L, 10: CxXEvVIr, 4,55 ΟΡ. ΣΕ ΚΝ,ΙΙ, 4; 15;, XLIV, 7; XLV, 21; XLVI, 22-23; Dan., ΧΙ, 42. — c) Dieu connaît les secrets des cœurs. Matth., vi, 4; cf. PAU OS ΧΕΙ, LOS EXIX, ὃν IS, XIE, 295 Jer., XT, ον αι, 10: 1 ῬΑΥ, xx vux, ὁ: ΤΠ ReS UNIT, 39; Eccli., ΧΧΠΙ, 28. — d) Dieu connaît les fautes ellesmêmes et le mal. Ps., Lx1x, 6; Prov., xv, 11; Eccli., XXIV, 24. — 6) Dieu connaît tous ces événements et tous ces faits, même lorsqu'ils dépendent de la liberté des créatures; il connaît donc avec certitude les futurs libres. Voir, au sujet du départ des Hébreux de l'Égypte ce que Dieu dit des desseins du Pharaon, Ex., 1, 19; au sujet de leur entrée dans la Terre promise, Deut., xxx1, 21; au sujet des noirs desseins des deux vieillards, Dan., xu11, 42. C’est ainsi que, par communication de la science divine, Jésus savait d'avance qui ne croirait pas en lui et le trahirait. Joa., vi, 65. Le magistère a d’ailleurs sanctionné la doctrine énoncée en ces textes : citant Hebr., τν, 13, le concile du Vati-