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SOLLICITATION

tent en confession ». Benoît-XIV, const. Sacramentum pænitentiæ.

29 Dénonciation du délit. — 1. Doivent être dénoncés au Saint-Office ou à l’Ordinaire du lieu : les prêtres coupables de ce délit, quelle que soit leur dignité, et même plus probablement les évêques. Le droit positif ne prescrit pas de dénoncer ceux qui ne sont pas prêtres. L'obligation de dénoncer subsiste, même si le prêtre coupable s’est dénoncé lui-même, ou s’est, depuis, entièrement amendé. Toutefois, suivant une opinion probable, l'obligation cesserait si la conversion de ce prète était tellement parfaite qu’il n’y eût absolument et certainement aucune rechute à craindre, et par ailleurs aucun scandale à réparer. Mais ce ne peut être qu’une rarissime exception.

2. Sont tenus à faire la dénonciation : les pénitents sollicités, même s’ils savent que la dénonciation a déjà été faite par d’autres, même s'ils ont promis ou juré de ne pas dénoncer le prêtre coupable. Le prêtre qui les confesse a l’obligation grave de conscience de leur faire connaître cette obligation. Can. 904. Si un pénitent sollicité omettait sciemment de faire, dans le mois, la dénonciation prescrite, il encourrait une excommunication non réservée, mais dont il ne pourrait être absous qu'après avoir satisfait à son obligation ou avoir promis sérieusement d’y satisfaire. Can. 2368, $ 2. Sont également tenus à faire la dénonciation, au moins de droit naturel dans les cas prévus au canon 1935, ὃ 2, mais sans qu'il y ait de peines portées contre les négligents, les tiers qui savent avec certitude que ce délit a été commis. Ils y étaient tenus d’après le droit positif antérieur, et certains auteurs soutiennent encore — à tort, semble-t-il (voir instr. du 9 juin 1922) — que le Code, en se référant à la constitution de Benoît XIV, a implicitement maintenu cette obligation. Il parait bien cependant que le canon 904 s’applique aux seuls pénitents.

Certaines raisons très graves pourraient excuser de la dénonciation ou permettre de la différer. Voir Cappello, n. 702 et 703.

3. Celui qui dénoncerait faussement, par lui-même ou par d’autres, aux juges ou supérieurs ecclésiastiques comme coupable de sollicitatio ad turpia un prêtre innocent, commettrait un péché réservé au Saint- Siège, can. 904, et de plus encourrait ipso facto une excommunication spécialement réservée au Saint- Siège. Can. 2363. De cette excommunication il ne pourrait en aucun cas être absous s’il n’avait pas formellement rétracté sa fausse dénonciation et réparé, dans toute la mesure où il le peut, les dommages qui en seraient résultés. Une grave et longue pénitence doit de plus lui être imposée. Zbid.

4. Les auteurs de théologie morale donnent toutes les précisions utiles sur la manière de faire la dénonciation.

3° Punition du délit. — Aucune peine n’est encourue ipso facto par le prêtre sollicitant. Mais, une fois la dénonciation reçue, l’Ordinaire du lieu engage la procédure, en se conformant strictement à l'instruction secrète du Saint-Office du 9 juin 1922. Les peines qui peuvent être portées contre le prêtre sollicitant, et que le juge déterminera en tenant compte du nombre et de la qualité des victimes, de la laideur et de la fréquence des actes coupables, sont énumérées au canon 2368, $ 1 : suspense de la célébration de la messe, du pouvoir d’entendre les confessions, privation de bénéfices, de dignités, de voix active et passive, et même dégradation dans les cas extrêmes. Ces peines seront complétées, le cas échéant, par des pénitences, des déplacements d'office, et autres mesures administratives opportunes, suivant les circonstances.

Berardi, De sollicitatione et absolutione complicis, 1897; Many, De peccato sollicitationis, dans Canoniste contemporain,

1895; de Smet, De absolutione complicis et sollicitatione, 1921 ;

Cappello, De pænitentia, 1929, p. 493-561. On trouvera dans

de Smet, op. cit., une bibliographie assez complète, p. IX-xX1. F. CIMETIER.

SOMMES THÉOLOG IQUES. — On oppose volontiers, en traitant des productions littéraires du Moyen Age, les Sommes aux Commentaires sur les Sentences; on mentionne avec honneur, parmi les grands noms de la scolastique, les sommistes, et l’on parle des Sommes qu'ils ont composées comme d’un genre littéraire dans lequel certains ont excellé. Tout ceci n’est que partiellement exact. Il y a.eneffet, à travers tout le Moyen Age, une foule d’écrits d’allure fort diverse qui tous arborent ce titre de Somme et qui sont très loin pourtant de constituer un genre littéraire unique. Ce serait une erreur de les traiter de la sorte.

On se propose donc ici de dégager tout d’abord de cet amoncellement les productions littéraires auxquelles on peut attribuer, au sens riche du mot, le nom de Sommes théologiques; de déterminer leur véritable caractère, leur histoire et leur valeur; d’en indiquer enfin quelques exemples typiques. I. Les Sommes. Étymologie et classification. II. Les Sommes théologiques (col. 2350).

1. LES SOMMES. ÉTYMOLOGIE ET CLASSIFICATION. — Par lui-même le mot Summa est susceptible de plusieurs interprétations. Il peut indiquer la somme en tant qu’elle est la résultante d’une addition, d’une accumulation de traits ou de détails. Il sera alors à peu près synonyme de compilation ou de collection, visant à être complète; poussé à la limite, il aboutirait à l'encyclopédie. Il peut au contraire signifier la somme en tant qu’elle est le fruit de contractions, de condensations, où se trouvent retenus, et presque seuls, les traits essentiels, les summa capita. Il deviendra synonyme d’abrégé, extrait, résumé surtout. Puis, entre ces deux acceptions extrêmes, empruntant d’ailleurs à l’une et à l’autre, se dessine un troisième genre qui n’est ni le résumé sommaire, ni la compilation abondante, mais la présentation exacte etcomplète, organique surtout, d’où rien d’essentiel n’est omis. C’est cette troisième acception qui, se développant et se précisant, donnera naissance à ces productions auxquelles on réservera finalement l’appellation technique de sommes. Dans le premier cas l’idée qui domine est celle de recueil complet; dans le second, de brièveté exacte; dans le troisième de présentation organique.

1. SOMMES-COMPILATIONS — On peut passer assez rapidement sur ce premier groupe; car, encore que cette acception soit réelle et connue, cette division est plutôt d’ordre théorique que pratique. Il est rare qu’une compilation de quelque ampleur ne soit pas déjà un exposé systématique, qu’elle n’ait un plan, et donc un minimum d'organisation. Il est rare encore qu’il y ait, au Moyen Age, de véritables encyclopédies, conçues du moins à la façon d’un ouvrage unique arborant le nom de somme. L'œuvre encyclopédique d’un Albert le Grand ou d’un Guillaume d'Auvergne ne porte pas ce nom, et demeure fractionnée en un grand nombre de traités. Et à la fin du xt siècle, Raymond Lulle dans son Grand art et ses divisions innombrables n’évite pas non plus le morcellement. Quant à Roger Bacon, il appellera son essai Opus majus, Opus minus ou Opus tertium.

Il reste cependant que le terme de somme se voit appliqué à diverses œuvres dans lesquelles l’aspect de collection ou compilation est beaucoup plus accusé que celui de systématisation. Les genres en sont variés d’ailleurs.

1° Genre homilélique. — La collection peut appartenir en effet au genre homilétique ou parénétique, recueillir des sentences ou des exemples dont les prédicateurs feront leur profit. La variété en sera grande :

CLASSIFICATION

depuis la Summa de arte prædicatoria d'Alain de Lille, jusqu’à la Summa de viliis et virlutibus de Jean de Galles (appelée aussi Collectiloquium), voir Th.-M. Charland, Artes prædicandi, Ottawa, 1936, p. 55; en passant peut-être par le Verbum abbreviatum de Pierre le Chantre qui est désigné parfois sous le même titre de Summa de vitiis et virtutibus ou sous celui de Summa philosophiæ; sans omettre surtout ces collections de sermons qui se multiplient, portant ou non le nom de sommes, comme celle d'Évrard Du Val par exemple : Summa sermonum de festis et de sanctis; et bien avant lui, sous un titre semblable, le recueil non moins célèbre de Jean Halgrin d’Abbeville; comme toutes ces collections de Guillaume de Mailly, de Pierre de Saint- Benoît, d’Arlotto da Prato, de Servasanto de Faenza, qu’on désigne par le nom de leur auteur, ou par leur incipit plus simplement : Præcinæisli; Abjiciamus; Suspendium; Legifer; le Communiloquium ou Summa collationum de Jean de Galles, et tant d’autres collections de même genre, dont le patient dépouillement a été opéré par J.-Th. Welter dans son étude sur L’exemplum dans la littérature religieuse et didactique du Moyen Age, Paris, 1927.

2° Genre exégétique. — La collection peut tenir davantage du genre exégétique. Elle groupera alors sur les textes de l’Écriture, sur ses passages difficiles surtout, sur un livre donné ou même sur toute la suite des Livres saints, les explications des Pères ou des commentateurs. Et c’est alors le domaine fort large des sommes dans le genre de la Summa super Psalterium de Prévostin, ou de la Summa A bel de Pierre le Chantre, le premier genre se rapprochant davantage de la glose, le second du dictionnaire biblique. Cette Summa A bel (vers 1196) est diversement présentée dans les manuscrits ou sous le titre de Distinctiones ou sous celui d’Expositiones vocabulorum Biblie secundum alphabetum, ce dernier indiquant et son objet et sa méthode. Elle est en effet un des plus beaux exemples de ces Distinctiones qui allaient se multipliant à cette époque. Les sens divers : littéral, allégorique, tropologique, anagogique, que les commentateurs « distinguaient » dans chaque texte se trouvent, dans ces œuvres, présentés de façon frappante, sous formes de schèmes, où des accolades et des traits, en rouge ou en noir, relient à chaque mot expliqué les sens dont il est capable. Véritable aidemémoire figuré, la Summa A bel compte ainsi quelque 1250 distinctions rangées suivant l’ordre alphabétique, de Abel à Xrus (Christus). Auprès d’elle on peut signaler l’ouvrage de Guillaume de Montibus, Distinctiones secundum ordinem alphabeti; celui de Garnier de Rochefort (f 1202), de Angelus à Zona; les Distinctiones de Fr. Mauritius qui commencent par Α bjectio : ms. Vatic. lat. 980; Otlob. lat. 400; Oxford, Merton College, 102; la Summa Britonis, aussi; et quantité d’autres qui portent d’ailleurs plutôt le nom de Distinctions que celui de Sommes. Voir Lacombe, La vie et les œuvres de Prévostin, 1927, p. 117-130. L'autre tendance que traduit la Summa super Psalterium de Prévostin (1196- 1198) est toute proche de la glose, encore que cette œuvre de Prévostin ait dû être prêchée; ainsi d’ailleurs que les Distinctiones in Psalterium de Pierre de Poitiers (avant septembre 1196) ou l’Expositio in Psalterium de Pierre le Chantre, et plus tard le Commentaire sur les psaumes de Philippe le Chancelier, et peut-être ceux d’Eudes (Odon) de Châteauroux.

3° Genre théologique. — D’autres collections enfin toucheront plus directement aux matières théologiques. Moins évoluées pourtant que les sommes systématiques dont il sera question plus loin, elles se rattachent encore nettement au genre et aux procédés des florilèges ou des deflorationes dans lesquels la préoccupation dominante est de recueillir les extraits et les sentences des Pères, des écrivains plus récents, voire

ment suivant les principaux chefs doctrinaux. Le nom qu'on leur donne demeure hésitant. C’est, pendant la première moitié du xx siècle celui de Sentences; bientôt ensuite de Summa; et souvent aussi de Summa senlentiarum, comme c’est le cas pour le fameux recueil

étudié par Chossat, la Somme des Sentences, œuvre de |

Hugues de Mortagne, vers 1155, Louvain, 1923, mais dont l'attribution demeure toujours douteuse.

C’est cette dernière branche, on le devine, qui, se développant, donnera naissance aux sommes proprement dites. Voir à leur propos toutes les études menées autour de l’école d’Anselme de Laon par Fr. Bliemetzrieder et H. Weisweiler.

L'œuvre littéraire de Pierre le Chantre offre un exemple intéressant de toute cette première catégorie de sommes-compilations. La notice que lui consacre Albéric des Trois-Fontaines, ad ann. 1197, lui attribue en effet les ouvrages suivants : .…hujus habentur libri mulli: Magna summa de conciliis et rebus ecclesiasticis; Unum ex qualuor innovatum; Verbum abbreviatum; Summa de contrarietatibus theologicis; Quedam glossatura super psalterium et mulla alia. Summa que dicitur A bel ipsius nomine intilulatur. La Magna summa.. est intitulée parfois aussi : Summa de sacramentis; avec ses 165 chapitres elle se classe dans le troisième des groupes qu’on vient de suggérer; le Verbum abbreviatum dans le premier; la Glossatura super psalterium dans le deuxième; de même que la Summa Α bel. Par contre la Summa de contrarielatibus theologicis relèvera plutôt de la seconde catégorie dont il va être question maintenant.

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