SOMMIER (JEAN-CLAUDE
Esprit, avec ses dons et les vertus, des sacrements et de la béatitude. Aucun des 21 mss ac! uellement connus ne la donne complète; nulle part :Ile ne dépasse le Ve traité du I. VI. Composée entre 1262 et 1272, elleest contemporaine de la Somme de saint Thomas. Le livre Ier en a été édité par J. Daguillon, Ulrich de Strasbourg. La Summa de bono, 1930. Se reporter à son introduction pour l’ensemble du problème. Un autre chapitre, De pulchro, a été édité par Grabmann.
28° P.-J. Olieu. — On doit pouvoir appeler Summa, comme lui-même d’ailleurs le fait, ses Quæstiones super Sententias. Il semble bien qu’il ait conçu un vaste plan d’ensemble dans lequel il grouperait les Questions disputées qu’il soutint au cours de nombreuses années; mais il ne semble pas qu’il l’ait jamais pleinement réalisé et rédigé. On possède ainsi : 6 questions sur la Ire partie; 118 sur la Ile; 9 sur la IIIe; 35 sur la IVe; à ces dernières doivent s'ajouter les 17 questions de perfectione evangelica et 10 autres de vita religiosa εἰ conjugali. Voir l’étude de V. Doucet, dans Archiv. franc. hist., t. xxXvVIn, 1935, p. 410-415.
29° Henri de Gand. — Sa Somme, telle qu’elle se présente, éditée à trois reprises au moins,comporte 75 articles distribués en trois parties : une première d’introduction, sur la science en général, son objet et la science théologique; une deuxième sur Dieu, son existence et ses attributs; une troisième sur la Trinité. Elle est donc fort loin d’être achevée. Elle aussi a dû utiliser largement des Questions disputées par l’auteur. Sa composition s’échelonne sur d’assez nombreuses années; une bonne partie était composée dès 1280.
30° Gérard de Bologne. — Composée ou rédigée entre 1313 et 1317, sa Summa theologiæ est demeurée inachevée. Elle comporte 45 questions dont les douze premières, d'introduction générale, suivent de près le plan et les idées d'Henri de Gand. La suite, traitant de Dieu et de ses attributs (13-36), puis de la Trinité (37-45), s'inspire beaucoup plus de la Somme théologique de saint Thomas. On en connaît deux mss, plus quelques extraits. Consulter B.-M. Xiberta, De summa theologiæ magistri Gerardi Bononiensis, dans Analecta ord. carmel., 1923, p. 1-54.
31° Nicolas de Strasbourg. — Sa Somme découverte par M. Grabmann dans le Vatic. lat. 3 091 s'inspire surtout d’Albert le Grand et de saint Thomas. Elle est antérieure à 1323. Voir Grabmann, Neu aufgefundene lateinische Werke deutscher Mystiker, Munich, 1922, p. 43-68.
32° La « Summa de bono » anonyme. — Elle se trouve dans le Vatic. lat. 4305, et s'inspire elle aussi de saint Thomas et d’Albert le Grand. Peut-être son origine est-elle à rechercher parmi les dominicains allemands. L’attribuer à Jean de Lichtenberg serait tentant.
La bibliographie a été indiquée au cours de cette étude. On peut y ajouter comme ouvrages généraux : J. Simler, Des Sommes de théologie, Paris, 1871; G. Robert, Lesécoles et l'enseignement de la théologie pendant la première moitié du XIIe siècle, 1909; M. Grabmann, Die Geschichte der scholastichen Methode, t. 11, p. 13-25, 476-563; J. de Ghellinck, Le mouvement théologique du XIIe siècle, 1914; Seeberg, Lehrbuch der Dogmengeschichte, t. 111, 1913, p. 320 sq.; G. Paré, A. Brunet, P. Tremblay, La renaissance du XII° siècle. Les écoles et l'enseignement, 1933; M. Grabmann, La Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, 1925.
P. GLORIEUX
‘SOMMIER Jean-Claude, théologien français, archevêque in parlibus de Césarée en Cappadoce.— Il naquit à Vauvillers (Haute-Saône), au diocèse de Besançon, le 22 juillet 1661, fit de solides études à Paris et à Besançon et conquit à Dole le diplôme de docteur en théologie, le 11 mars 1690; il était aussi licencié en droit canonique. Attiré en Lorraine par Mgr de Bissy, évêque de Toul, il fut successivement curé de La Bresse, de Girancourt et de Champs (Champ-le-Duc), dans les
Vosges; en faveur auprès de l’évêque de Toul, Sommier fut bientôt prédicateur et conseiller ordinaire du duc Léopold et, de même qu'il avait rempli des missions de confiance pour son évêque, il s’acquitta aussi, à son avantage, des missions diplomatiques qui lui furent confiées par son souverain. Elles le conduisirent à Rome, où la cour de Lorraine présentait un projet d’érection d’un évêché à Saint-Dié, tandis que la cour de France faisait opposition par l’évêque de Toul. Le projet n’aboutit pas alors, bien que Sommier ait conquis Clément XI; mais Innocent XIII le nomma successivement camérier d'honneur et prélat domestique, et Benoît XIII le sacra archevêque de Césarée de Cappadoce, assistant au trône pontifical, avec des pouvoirs étendus sur les territoires exempts de la juridiction des évêques dans les États du duc de Lorraine. De son côté Léopold le fit élire grand prévôt du chapitre collégial de Saint-Dié et abbé commendataire de Bouzonville, au diocèse de Metz. L’archevêque exerça, dans les territoires qui se réclamaient de l’exemption, les fonctions de son ordre et, dans les limites de sa grand-prévôté, une juridiction quasi-épiscopale. Il mourut le 5 octobre 1737.
Jean-Claude Sommier écrivit et publia divers ouvrages pour établir le bien-fondé de ses prétentions juridictionnelles : Lettre de messire Jean-Claude Sommier, archevêque de Césarée et grand-prévôt de Saint- Diez, à Monseigneur de Bégon, évêque et comte de Toul, 1726, in-4°, 18 p. — Histoire de l’Église de Saint-Diez, avec les pièces justificatives de ses immunités et privilèges, dédiée à N. S.-P. le pape Benoît XIII, par messire Jean-Claude Sommier, archevêque de Césarée, grand-prévôt de la même église, Saint-Dié, 1726, xxxvI- 479 p., petit in-8°. — A pologie de l’histoire de l’Église de Saint-Diez et d’un mémoire touchant les droits de son prélat, contre un livre intitulé : « Défense de l’Église de Toul, etc., contre les entreprises du chapitre de Saint- Diez et des abbés de la Vôge », Saint-Dié, 1737, in-80, 212 p. — Siatuts publiés au synode de Saint-Diez, tenu le 9 mai 1731, par l’Illustrissime et Révérendissime Monseigneur Jean-Claude Sommier.., grand-prévôt de Saint-Diez, Saint-Dié, in-8°, virt-109 p.
Mais Sommier est aussi l’auteur de deux ouvrages plus considérables : une Histoire dogmatique de la religion, ou la religion prouvée par l’autorité divine et humaine et par les lumières de la raison, dédiée à Notre Saint-Père le pape, par messire Jean-Claude Sommier, curé de Champs, Paris, 1708-1714, 6 vol. in-4°; et une Histoire dogmatique du Saint-Siège, dédiée à N. S.- Père le pape Clément XI, Nancy, J.-B. Cusson, 1716- 1733, 7 vol. in-12. En ces pages compactes, l’érudition et la vigueur ne manquent certes pas et le théologien subtil se reconnaît, plus encore l’apologiste et le polémiste. Mais son histoire dogmatique de la religion ne se signale par aucune originalité et son histoire dogmatique du Saint-Siège, que l’on sent trop souvent intéressée, n'utilise pas toutes les acquisitions critiques et historiques de son temps. On a attribué à Sommier un poème : Orgia alicapellana. Festes d’Alicapelle, MDCLLII (1702), 28 p. in-8. On a enfin de lui quelques oraisons funèbres : Panégyriques des prince et princesse d’immortelle mémoire Charles V, duc de Lorraine et de Bar, généralissime des armées de l'Empire, et Marie-Éléonor d'Autriche, son épouse, Toul, 1698, in-4°, 31-25 pages; Oraison funèbre de très-haut, trèspuissant, et très-excellent prince Charles V, duc de Lorraine et de Bar, roy de Jérusalem, prononcée dans l’église paroissiale de Saint-Ëvre de Nancy, en présence de Messieurs de l'hôtel de ville, le 11 may 1700, Nancy, petit in-8°, 118 p.; Oraison funèbre de Haute et Sérénissime princesse royale Madame Charlotte-Élisabeth- Gabrielle de Lorraine, fille aînée de leurs Allesses Royales, abbesse de Remiremont, prononcée à Remire-