‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 278 sur 457 · SOTER (SAINT · texte numérisé non relu

SOTER (SAINT

2. SOSA (Matthieu de), frère mineur portugais. — Originaire de Lisbonne, il appartint à la province franciscaine de Santiago, dans laquelle il enseigna la théologie au couvent de Salamanque et exerça les charges de définiteur, élu au chapitre de Benavente en 1624, et de provincial en 1628. Il publia un commentaire sur les 34 premières distinctions du premier livre de l’Opus Oxoniense de Duns Scot, à l’exception toutefois de la dist. XVII, dans Opfata diu articulatio et illustratio Oxoniensis libri primi Sententiarum Doctoris sublilissimi, P. F. Joannis Duns Scoti.. cum fidelissima integritate et puritate lilteræ textualis ejusdem ad articulorum præclarum d. Thomæ modum redactæ : cum cujuslibet articuli commentariis ac disputatis difficultalibus, nec non et controversiis, quæ circa textum scoticum excitantur, t. 1, Salamanque, 1628, in-fol., 871 p., comprenant le commentaire sur le prologue, les prolégomènes et les quatre premières distinctions; t. 11, Salamanque, 1629, in-fol., 1200 p., s'étendant de la dist. IV à la dist. XX XIV, exceptée la dist. XVII, qui, avec les autres distinctions du 1. 1, devait être traitée dans le t. ΠῚ, qui semble n’avoir pas vu le jour. De la préface du t. 1 il résulte que Matthieu de Sosa ἃ commenté les quatre livres de l’Opus Oxoniense, puisqu'il y écrit : Omnes ilaque quatuor libros Sententiarum Scoti textualiter articulatos, tanquam mei imbecillis ingenii prolem et articulorum commentarios ac difjicultates ex ipso textu exortas, veluli mearum vigiliarum munusculum studiosis humililer offero. Toutefois il n’y a que deux volumes qui aient été publiés.

L. Wadding, Scriptores ord. min., 3° éd., Rome, 1906, p. 170; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 2° éd., t. τι, Rome, 1921, p. 233; H. Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 111, col. 656; A. Lopez, Notas de bibliografia franciscana, dans Archivo ibero-americano, t. XXVI1, 1927, p. 55-58, où il y a la description détaillée des deux volumes contenant le commentaire de Matthieu de Sosa sur le 1. I de l’Opus Oxoniense de Duns Scot.

A. TEFETAERT.

SOTEAUX Jean, en latin Sotollus ou Sotleallus, lovaniste, né à Montigny-sur-Sambre à la fin du xv® ou au début du xvie siècle, mort en 1567. — Outre une édition des œuvres de Prosper d'Aquitaine, Lyon, 1566, in-4°, on lui doit les ouvrages suivants : Summa pontificalium et synodalium constitutionum in locos seu titulos communes redacta, opera et industria Joannis Sottealli, Louvain, 1570, in-8°; Venise, 1574, in-8°; Annotaliones ad concilium Tridentinum, Anvers, 1570 et 1571, in-8°; cet ouvrage eut de nombreuses rééditions : Lyon, 1611 et 1616; Anvers, 1615; Douai, 1618; Tournai, 1621; Rouen, 1649 et 1653; toutes ne portent pas le même titre, voici celui de plusieurs d’entre elles : Canones et decreta concilii Tridentini.. cum annotationibus Joannis Sothealli et Horatii Lutii.

Biogr. nat. de Belgique, t. xxt11, 1921-1924, col. 231; Foppens, Biblioth. belgica, t. 11, Bruxelles, 1739, p. 733- 734; Ἐς Matthieu, Biogr. du Hainaut, t. 11, p. 337; Aubert Le Mire, Auctarium de scriptoribus ecclesiasticis, Hambourg, 1718, p. 182; Richard, Dictionn. universel. des sciences ecclésiastiques, t. ν, 1762, p. 136; Moréri, Le grand dictionnaire historique, éd. de 1759, t. 1x, p. 506; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 111, p. 130.

J. MERCIER

SOTER (SAINT), pape au début du dernier tiers du me siècle. — Dans sa liste des évêques de Rome, Irénée le cite comme le prédécesseur immédiat d’Éleuthère dont il est lui-même le contemporain. Cont. hær., III, xx, 3, P. G.,t. vu, col. 851. Cette donnée chronologique correspond en gros à celle d'Eusèbe, selon qui Soter mourut la 172 année de Marc-Aurèle (177-178), dans la huitième année de son épiscopat, ἢ. E., 1. V, proœm. Le Catalogue libérien fournit des dates consulaires qui antidateraient d’une huitaine d'années le pontificat de Soter (162-170). Mieux vaut ne rien préciser.

Eusèbe a connu une lettre de Denys de Corinthe adressée à Soter, le remerciant des secours envoyés par son Église à celle de Corinthe et attestant la bienveillance générale de la communauté romaine et de son chef à l'égard de toutes les infortunes des chrétiens. ΠΗ. E., IV, xx, 9-11. Les données fournies par le Liber pontificalis sur diverses ordonnances disciplinaires ou liturgiques de ce pape sont légendaires; elles ont été exploitées par le pseudo-Ilsidore. Quelques autres mesures citées par les collections canoniques du haut Moyen Age et qui sont passées au Décret de Gratien ne sont pas mieux attestées. L'auteur du Prædestinatus croit savoir que Soter aurait écrit un livre contre les montanistes, et qu'il aurait condamné les « tertullianistes ». L. 1, οὐ xxvr et LxxxVI, P.L.,t, zx, Col.596; 616. La seconde donnée est certainement fausse; si bas que l’on place le pontificat de Soter, la rupture de Tertullien avec la grande Église, puis avec le gros des montanistes lui est postérieure d’au moins trente ans. Quant à une action de ce pape contre les premières manifestations du montanisme, elle n’aurait rien d’invraisemblable. Mais quel fond peut-on faire sur les données du Prædestinatus? Voir l’article, t. ΧΙ, col. 2775 sq. Ni le Catalogue libérien ni les éditions diverses du Liber pontificalis n’attribuent à Soter la qualité de martyr. Sa mémoire est célébrée le 22 avril.

Le Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. 1, p. 4-5, 58-59,

185; Jafté, Regesta pontificum romanorum, t. 1, p. 9-10. É. AMANN.

1. SOTO (Dominique de), frère prêcheur (1495- 1560). I. Vie. II. Écrits et doctrines (col. 2428).

I. VIE. — Né à Ségovie d’une famille modeste, il suivit, de 1513 à 1516, les cours de la faculté des arts d’Alcala, où il eut pour maître Thomas Garcia (saint Thomas de Villeneuve). Il passa ensuite à Paris, où il fréquenta pendant trois ans les cours de théologie. Rentré à Alcala vers la fin de 1519, il fut admis comme membre du collège Saint-Hildephonse où il poursuivit ses études théologiques jusqu’en 1524, tout en occupant une chaire à la faculté des arts. À ce moment il demanda à être admis chez les dominicains de Saint- Paul de Burgos, où il prit l’habit en juillet 1524, changeant son nom de baptême, François, en celui de Dominique. Quelques mois après sa profession, vers la fin de 1525, il fut envoyé à Salamanque, où il donna des leçons de théologie aux religieux de Saint-Étienne, en même temps que, à l’Université, il suppléait dans la « chaire de prime », pendant ses absences ou ses maladies, le célèbre François de Vittoria.

La « chaire de vêpres » étant devenue vacante à l’académie de Salamanque par la mort de maître Bernardin Vasquez de Oropesa, Soto l’obtint au concours, en novembre 1532, et la conserva jusqu’en mars 1549, date à laquelle il y renonça pour accepter la charge de confesseur de l’empereur Charles-Quint. Entre 1533 et 1545, en dehors de ses occupations académiques, il avait pris une part très active au gouvernement de l’Université. Il s'était fait remarquer tout spécialement par son zèle à secourir la pauvreté des étudiants dans les années de famine de 1540 et 1544. Il était aussi intervenu dans la question du paupérisme, devenue fort aiguë en ces mêmes années; c’est à elle qu’il consacra son opuscule Deliberaciôn en la causa de los pobres, adaptation d’une leçon universitaire, qu'il dédia en latin et en castillan à l’infant don Philippe. Il y prenait Ja défense des nécessiteux contre la dureté des mesures auxquelles on voulait les soumettre. Le livre fit du bruit en dehors même de l'Espagne; comme l’auteur, en 1547, se trouvait à Venise, où des problèmes analogues se posaient, l’ouvrage y fut réédité en latin par ordre du Sénat,

En 1545, lors de la convocation du concile de Trente, comme Viltoria, malade, ne pouvait s’y rendre, Soto,

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