‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 291 sur 457 · SPÉ (FRÉDÉRIC) — SPINA (ALPHONSE DE · texte numérisé non relu

SPÉ (FRÉDÉRIC) — SPINA (ALPHONSE DE

en Grèce, en 1491, et serait mort peu après. C. Eubel affirme qu'il fut désigné pour cet évêché le 2 décembre 1491 et cite à l'appui de cette assertion le Schede de Garampi des Archives vaticanes, cf. Hierarchia catholica Medii Ævi, τ. 11, 2° éd., Munster, 1914, p. 250. D’après les autres, Alphonse de Spina aurait été élevé au siège épiscopal d’Orense, en Espagne, en 1466, et serait mort en 1469. Voir Prot. Realencyklopädie, τ. Xvirr, p. 651, 1906 et Lexikon für Theol. und Kirche, 2e éd., t. 1, 1930, col. 266. De fait, P.-B. Gams, Series episcoporum, 2e éd., Leipzig, 1931, p. 54, et C. Eubel, op. cit., t. 11, p. 99, citent un Alphonse Lopez de Spina, qui aurait été promu au siège épiscopal d’'Orense le 19 ou le 29 février 1466 et y serait mort vers 1469, puisque son successeur fut nommé le 27 février 1469. Ils ne disent toutefois pas qu'il fut frère mineur. Dans l’état actuel des recherches il est impossible de se prononcer avec certitude sur cette controverse.

Le P. Alphonse de Spina s’est acquis une grande célébrité par son ouvrage Fortalitium fidei contra fidei christianæ hostes, dont plusieurs éditions portent aussi le titre : Fortalilium fidei contra judæos, saracenos aliosque christianæ fidei inimicos, surtout à partir de l'édition de Nuremberg, 1494. Cet ouvrage paraît avoir été composé entre 1459 et 1461. L'édition de Nuremberg, 1485, porte : Incipit prohemium Fortalitii fidei, conscripti per quendam doctorem eximium ordinis minorum anno Domini MCCCCLIX. Voir L. Hain, Repertorium bibliographicum, t. τ, Berlin, 1925, n. 873, p. 95. Cet ouvrage eut plusieurs éditions, dont les premières sont anonymes, sans année et sans lieu d’édition. Il paraît toutefois que la 1re éd. aurait paru à Strasbourg vers 1471, cf. L. Haïn, op. cit.,t. 1, n. 872, Ρ. 94, ou vers 1472, cf. J.-Ch. Brunet, Manuel du libraire, 5e éd., t. 11, Paris, 1861, col. 1348, mais certainement pas après 1472, cf. W.-A. Copinger, Supplement {to Hain’s Repertorium, 1re partie, Berlin, 1926, n. 872, p. 21-22. La seconde édition aurait été imprimée à Bâle, vers 1475. Voir J.-Ch. Brunet, op. cil., t. 11, col. 1348. Parmi les éditions suivantes citons celles de Nuremberg, 1485 et 1494; de Toulouse, 1487; de Lyon, 1500, 1511, 1525, etc. Une traduction italienne fut imprimée à Carmagnola en 1522. Le texte de ces différentes éditions successives a été cependant remanié, des passages ont été ajoutés et des dates ont été changées. Il est toutefois difficile de dire si ces corrections ont été apportées par l’auteur lui-même ou par d’autres. Comme cet ouvrage ἃ paru sous l’anonymat, on l’a attribué à différents auteurs, comme aux dominicains Barthélemy Spina, Guillaume Totani, un certain Thomas patriarcha Barbartensis, etc., mais à tort. De nos jours on considère unanimement le P. Alphonse de Spina comme l’auteur du Fortalitium fidei, qui, d’ailleurs, a pu subir divers remaniements.

Le Forlalitium fidei constitue une sorte d’exposé apologétique de la religion chrétienne, divisé en cinq livres. Dans le premier, intitulé De armalura omnium fidelium, le P. Alphonse de Spina prouve la divinité du Christ et de la religion chrétienne. Dans les trois livres suivants il combat successivement les erreurs des hérétiques, 1. IT, des juits, 1. III, et des mahométans, 1. IV. Dans le 1. V, De bello dominorum, il traite des démons, dont les adversaires du christianisme sont les instruments et les porte-voix. La valeur théologique de cet ouvrage, qui connut un grand succès aux xv° et x vie siècles, est considérée de nos jours comme minime.

Le P. Alphonse de Spina paraît avoir composé aussi quelques recueils de sermons inédits, comme par exemple Sermones 22 de nomine Jesu et Sermones de excellentia fidei et peut-être un Tractatus de fortuna.

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