‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 32 sur 457 · ANGES. SC · texte numérisé non relu

ANGES. SC

JENCE SURNATURELLE 1624 qu'il y a d'objets à connaître; l’ange, pour connaître les natures spécifiques et leurs individualités, a besoin d'espèces d’autant moins nombreuses qu'il est luimême plus élevé dans la hiérarchie angélique. S. Thomas, Quodl., vir, a. 3.

11. SCIENCE SURNATURELLE DES ANGES. — 10 Exislence. — Cette science surnaturelle est celle que les théologiens appellent la connaissance des mystères de la grâce, concernant la béatitude surnaturelle soit des anges eux-mêmes, soit des hommes. Ces mystères de la grâce dépendent uniquement de la volonté divine et, par conséquent, il faut poser ce principe que d’une connaissance naturelle, il n’est pas possible aux anges d’y parvenir. Il faut, au principe de cette connaissance, une manifestation divine. Voir ici MYSTÈRE, t. x, col. 2587-2588. La science surnaturelle des anges peut être envisagée dans leur état de voie et dans leur état de gloire.

1. Science surnaturelle dans l’état de voie. — L'état de voie, pour les anges, n’a duré qu’ « un instant », l’instant de l’épreuve et du choix qui devait déterminer leur bonheur ou leur malheur éternel.

Créés ou du moins constitués en l’état de grâce, les anges n'étaient pas encore admis à la vision béatifique. En conséquence, leur connaissance, dans l’ordre surnaturel, ne pouvait procéder que de la vertu de foi qui accompagne nécessairement la grâce sanctifiante. Bien que l’enseignement de l’Église n’apporte sur ce point aucune précision, on doit tenir que les anges ont connu par la foi tout au moins les vérités surnaturelles, dont la connaissance est requise pour toute justification, à savoir que Dieu est auteur de la grâce et rémunérateur dans l’ordre surnaturel. Nombre de théologiens, à la suite de saint Augustin, De Genesi ad lilleram, 1. V, c. x1x, P. L., t. χχχιν, col. 334, de saint Thomas, Sum. theol., 15, q. LXIV, a. 1, ad 4m; cf. IIs- 115, 4. 11, a. 7, et In epist. ad Ephesios, c. 11, lect. 111, pensent que le mystère de l’incarnation et le mystère de la Trinité, que suppose l’incarnation, ont été révélés aux anges. Il était convenable, en effet, que le mystère du Christ, futur chef des anges et des hommes persévérant dans la grâce, futur juge des anges et des hommes déchus et réprouvés, fût révélé aux anges avant l'instant de leur épreuve. Plus convenable encore peutêtre était la révélation du mystère de la Trinité, la Trinité constituant la vie intime de Dieu, dont la vision doit faire la béatitude des anges et des hommes admis à la gloire.

2. Science surnaturelle dans l’état de gloire. — L'état de gloire ajoute aux anges restés fidèles la science surnaturelle de la vision bienheureuse. Toutefois la vision bienheureuse ne saurait supprimer le jeu de la science infuse, même quant à certains mystères. On devra donc appliquer à la science angélique des mystères de la grâce ce qui a été dit de la gloire des élus et de la vision intuitive. Voir ici t. vi, col. 1408; €. ναι, col. 2386. La foi n'existe plus chez les anges bienheureux, voir GLOIRE, t. vi, col. 1422, mais la science infuse demeure.

On peut donc admettre d’une part que, si dans la science de vision intuitive, immuable et sans progrès possible, les anges n’ont pas la connaissance de tous les mystères, bien que leur science dépasse celle des prophètes, d'autre part, dans la science infuse, il peut y avoir progrès non par des révélations, mais par des illuminations nouvelles. Cf. Hugon, Traclatus dogmalici, t. 1, p. 624; Lépicier, De angelis (1), p. 179-185. Les théologiens exceptent communément de la connaissance angélique, soit bienheureuse soit infuse, le dernier jour, conformément à Marc., xu1, 32. Cf. S. Thomas, Sum. theol., 18, q. LVIX, ἃ. 5.

20 Moyen dans lequel les anges ont la connaissance des mystères. S'il s’agit de la science de vision béatifique,

1625 SCIENCE ‘DES ce moyen ne saurait être que l'essence divine. C’est la connaissance « matutinale » dont parle saint Augustin. S'il s'agit de la science infuse, ce moyen ne peut être que la révélation divine. S. Thomas, bid.,et q.xtr, a. 9.

IIT. LA SCIENCE DES DÉMONS. — On en ἃ dit un mot à DÉMoN, t. 1v, col. 396, 403. Voici quelques précisions complémentaires déduites des principes posés à propos de la science des anges en général.

1° La science naturelle propre aux anges n'a élé ni enlevée ni diminuée aux démons par leur péché. — Une soustraction, même partielle, de la science due à la nature angélique déchue est inconcevable en raison de la simplicité même de cette nature. Il faut donc en conclure que les démons gardent de Dieu et des autres esprits angéliques la connaissance naturelle qu'ils avaient avant leur péché; connaissance bien supérieure à celle que nous pourrions avoir. Cf. S. Thomas, 1", q- LXIV, a. 1, et les commentateurs.

Cette connaissance d’ailleurs n’apporte aux démons aucun élément de bonheur : elle répond simplement à l'exercice normal de leurs facultés. Cf. S. Thomas, ibid., ad ion.

20 La science surnaturelle due à la grâce. — D'après saint Thomas, loc. cil., cette science peut être ou simplement spéculative comme si Dieu révèle à quelqu'un certains de ses secrets, ou bien affective et produisant l'amour.

La connaissance gratuite purement spéculative n’a pas été totalement enlevée aux démons, mais elle ἃ été diminuée en eux. Toutefois une distinction est encore ici nécessaire. Il est indubitable que les anges encore dans leur état de voie ont eu la foi à certaines vérités d'ordre surnaturel, voir ci-dessus, col. 1624. Cette foi était une foi perfectionnée parla charité (fides formata ). Chez l'homme, après le péché, la foi peut demeurer informe, privée du couronnement de la charité, à moins que le péché ne s’oppose directement à la foi. Cf. S. Thomas 115-115, q. v, a. 1; 4.1ν, ἃ. 4, ad 4um; q. x, a.3. Or, il n’y a aucun doute que, parmi les péchés dont le démon s’est rendu coupable, ne soit incluse la faute d'infidélité. La connaissance des mystères divins par l'exercice de la foi n’existe donc pas, même dans l’ordre purement spéculatif, chez les anges déchus. Toutefois une certaine connaissance spéculative surnaturelle existe chez eux, quoique d’une manière réduite : les secrets divins ne leur sont plus révélés qu’autant que cela est nécessaire, et leur révélation se fait soit par le ministère des anges; soit par certains effets temporels de la puissance divine, comme parle saint Augustin, De civilate Dei, 1. 1X, c. xxt, P. L., t. x11, col. 273. Cette connaissance spéculative n’a rien de comparable à celle des bons anges dont l'intelligence tire de la contemplation même du Verbe une science beaucoup plus parfaite de mystères bien plus nombreux. On ne saurait l’appeler une foi véritable : c’est un assentiment de l'intelligence contrainte d’accepter une vérité qui s’impose à elle : « La foi qui est dans les démons n’est pas un don de la grâce; ils sont bien plutôt contraints de croire en raison de la perspicacité naturelle de leur intelligence. » 5. Thomas, 115-115, 4. v, ἃ. 2, ad 2um, Quant à la connaissance gratuite affective et produisant l’amour, elle est absolument impossible chez l’ange déchu. :

3° La connaissance du mystère de l’incarnation. — S'il est vrai que les anges ont été instruits du mystère de l’incarnation dès leur création, voir ci-dessus, col. 1624, comment les démons peuvent-ils hésiter dans l’évangile sur l'identité divine de Jésus-Christ? Cf. Matth., αν, 3; Luc., 1v, 3. Comment surtout saint Paul pourrait-il écrire que « s’ils eussent connu (le Christ), ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire »? I Cor., 11, 8.

Ces objections sont pour saint Thomas, loc. cil., ad

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