AMES
SÉPARÉES 1626 4vm, l’occasion de préciser sa pensée. Sans doute, le mystère du « royaume de Dieu » accompli par le Christ a été connu de tous les anges, d'une certaine manière dès le début, mais plus spécialement à partir du moment où ils ont été béatifiés par la vision du Verbe. Or,
| les démons n’ont jamais eu ce privilège. Par ailleurs | tous les anges n’ont pas connu complètement ce mys-
tère, ni même à un degré égal. A plus forte raison donc les démons n'’ont-ils pas connu pleinement le mystère de l’incarnation, tandis que le Christ vivait en ce monde : « Ils ne l’ont connu, écrit saint Augustin, qu'à titre d'objet de crainte, par certains effets d’oïdre temporel et certains signes plus ou moins clairs de sa présence. » Loc. cit. C’est en raison de cette connaissance
| imparfaite dubitative, que les démons ont pu travailler
à faire crucifier le Seigneur de gloire.
4° Conclusion. —- On doit donc admettre que les démons peuvent avoir de la vérité une triple connaissance. Tout d’abord, en raison de la subtilité de leur nature. Privés de la lumière de la grâce, il leur reste toutes les ressources de leur intelligence très supérieure à la nôtre. Leur nature intellectuelle l'exige. Cf. S. Thomas, Zn IIum Sent., dist. VII, 4.11, a. 1. Ensuite, par une sorte de révélation reçue par le ministère des saints anges : révélation qui n’est qu’une simple application de la théorie générale du langage angélique. Enfin, par l'expérience, si toutefois l’on veut bien entendre par ce mot l’exercice normal de la connaissance angélique se développant au fur et à mesure du déroulement des événements. Voir ci-dessus, col. 1623.
La science des démons n’est pas la connaissance « matutinale » des anges dans le Verbe, ni la connaissance « vespérale » qu'ils ont par les lumières naturelles de leur intelligence. Saint Thomas l’appelle la connaissance «nocturne », les démons étant vraiment les ténèbres par rapport à la lumière divine. Zbid., ad 3um,