L. CRISTIANI
STANDISH Henri, frère mineur anglais du xvie siècle. — Originaire de Standish, dans le Lancashire, il étudia aux universités de Cambridge et d’Oxford, où il fut promu maître en théologie. Il fut prédicateur à la cour de Henri VIII et, en 1515, exerça la charge de gardien au couvent de Londres, où la même année il attaqua un sermon de Richard Kidderminster, abbé de Winchcombe. Celui-ci y soutenait que l’acte récemment promulgué, d’après lequel les assassins, les voleurs d’églises et les cambrioleurs seraient destitués de leur dignité ecclésiastique, s’ils n’avaient point reçu les ordres sacrés, était contraire à la loi de Dieu et aux libertés de l’Église. Standish au contraire prétendait que cet acte officiel n’atteignait point la liberté de l’Église, parce qu’il avait en vue le bien général de la nation entière; il gagna de la sorte la confiance du roi, de la cour et du peuple. Il semble avoir été aussi provincial et, en 1518, il fut promu, sur la demande du roi, évêque de Saint-Asaph. En 1524, il fut envoyé par le roi au Danemark pour y accomplir une mission importante et, en 1528, il fut nommé conseiller pour la défense des causes des pauvres dans la King's court of requests.
Henri Standish s’est surtout rendu célèbre par la défense acharnée de ce qu’on appelle | « Old Learning » en Angleterre et son opposition radicale à l’introduction de toute nouveauté. Ainsi il s’efforça de susciter, en 1516, une opposition collective et combinée contre les œuvres d’Érasme et c’est à cette occasion qu'il composa, semble-t-il, son traité : Contra versionem Novi Testamenti factam per Erasmum, ainsi que l’ouvrage : De non edendis in vulgari sacris Bibliis. Il prêcha, en effet, en 1520, contre l’édition du Nouveau Testament faite par Érasme et ne cessa d’invectiver à la cour contre les écrits de celui-ci, ce qui lui valut d’amères ripostes de l’humaniste.
Lors du procès introduit par Henri VIII pour obtenir la dissolution de son mariage avec Catherine d’Aragon, la reine choisit Henri Standish comme son principal conseiller et c’est dans ces circonstances qu’il doit avoir écrit son traité : De matrimonio Catharinæ reginæ cum Henrico VIII non dissolvendo, que tous les bibliographes lui attribuent. L’évêque de Saint-Asaph semble n’avoir pas joui longtemps de la confiance de la reine, qui avait plus d’un motif pour douter de sa sincérité. Il assista d’ailleurs au couronnement d’Anne Boleyn en juin 1533 et il était prêt à reconnaître la suprématie du roi. Il proposa d’ajouter aux articles du roi : Provided that the King allow those constilutions which are not contrary to the law οἱ God or of the realm lo be put in execution as before. Il mourut le 9 juillet 1535 et, après sa mort, son siège épiscopal passa aux schismatiques. Il faut remarquer qu’il est assez difficile d'identifier les écrits de Henri Standish, parce qu’il a été confondu avec un certain Jean Standish, que presque tous les bibliographes ont considéré jus-
— STAPF (AMBROISE) 2562 qu'ici comme un frère mineur et comme le neveu du précédent, mais qui, de fait, est mort en 1570 comme archidiacre de Colchester et ne paraît pas avoir jamais appartenu à l’ordre franciscain.
L. Wadding, Scriplores ord. min., 3° éd., Rome, 1906, p. 114 et 153; J.-H. Sbaralea, Supplementum, 29 6d., t. 1, Rome, 1908, p. 360; t. 11, Rome, 1921, p. 133; Pierre-Rodolphe de Tossignano, Historia seraphicæ religionis, Venise, 1586, 1. III, fol. 328 τος; A. Wood, Afthenæ Oxonienses, t. 1, Londres, 1691, p. 92-94, 245-250; t. 11, p. 304, 306, 339, 346; Registrum fr. minorum Londiniæ, édité par J.-S. Brewer, dans Monum. francisce., t.1, Londres, 1858, p. 539; A. Wood, Historia et antiquitates universitatis Oxoniensis, t. 11, Oxford, 1674, p. 216; Wharton, Historia de episcopis el decanis Londinensibus necnon Assavensibus, Londres, 1696; Thomas, History of St. Asaph, diocesan, cathedral and parochial, Londres, 1874; Ange de Saint-François, Certamen seraphicum prov. Angliæ, Quaracchi, 1885, p. 291-292 et 294-295; Marcellin de Civezza, Storia universale delle missioni francescane, t. VII a, Appendice, Prato, 1883, p. 78 et 79; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 11, col. 1270-1271; A.-G. Little, The grey friars in Oxford, dans Oxford histor. Sociely, t. xx, Oxford, 1892, p. 271-274.
A. TEETAERT.
STANISLAS KARG:, frère mineur allemand (xXvIrre 5.). — Originaire de Bavière, il enseigna pendant de nombreuses années la philosophie, la théologie et le droit canon et fut le conseiller du haut et du bas clergé. Il mourut à Freising le 7 mars 1745 (1747 selon H. Hurter). Aux attaques répétées des thomistes contre les thèses philosophiques scotistes de l’ens raltionis, de la distinclio formalis et surtout de la maleria prima, que les disciples de Scot considéraient comme un actus entitativus, St. Karg riposta par sa Defensio scholæ scolisticæ, Freising, 1709. Comme les ouvrages de A. Reïffenstuel étaient trop volumineux pour pouvoir servir de manuels, St. Karg en fit un livre plus maniable, qu’il publia sous le titre : Manuale theologicum canonico-legale practicum, Augsbourg, 1738, en cinq petits volumes in-8°. Les matières y sont traitées sous la forme casuistique. Chaque chapitre commence généralement par la proposition d’un casus (ponitur casus); suit alors la réponse, fondée sur le témoignage d’un certain nombre d’auteurs; viennent ensuite les preuves de la réponse et, enfin, dans |’ «infertur » les différentes objections sont réfutées. St. Karg, dans la solution des casus, s’appuie sur les principes théologiques, sur le droit canon et sur le droit civil, municipal et coutumier. Ce bref aperçu donne une idée de la méthode suivie pendant le xvrrie siècle dans les écoles.
P. Minges, Geschichte der Franziskaner in Bayern, Munich, 1896, p. 151-152; Th. Kogler, Das philos.-theolog. Studium der bayerischen Franziskaner, dans Franzisk. Studien, Beïheft x, Munster-en-W., 1925, p. 21 et 66; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 1V, col. 706 et 1603.
A. TEETAERT.
STANISLAS DE PLAISANCE, frère mineur italien du xvirre siècle, inconnu à L. Wadding et à J.-H. Sbaralea, auquel Hurter attribue l’ouvrage : De gratia Christi, Venise, 1718, 2 vol. in-4°, dans lequel l’auteur s’efforce de prouver que la doctrine de Duns Scot au sujet de la grâce du Christ s’accorde parfaitement avec celle de saint Augustin. Il édita aussi les Opuscula de saint Prosper d'Aquitaine, Venise, 1768, 2 vol. in-4°.
Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 1v, col. 678; t. v, col. 114.
A. TEETAERT.
STAPF Ambroise, né le 15 août 1785, à Fliess (Tyrol), professeur de théologie morale à Inspruck, puis au séminaire de Brixen, à partir de 1823, mort le 10 janvier 1844 comme chanoine de la cathédrale, est l’auteur d’une Theologia moralis en 4 vol., Inspruck, 1827-1831 (7e édit en 1855), qui fut adaptée en allemand, Die christliche Moral, 4 vol., 1841-1842; 2e éd.,
3 vol., 1848-1850, et dont un Epitome en latin a paru, 2 vol., 1832; 4e éd., 1863-1865. Cet abrégé avait été introduit officiellement dans les séminaires d'Autriche.
Wurzbach, Biographisches Lexikon des Kaïiserthums Œsterreich, t. XXX VII, p. 144; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. v a, col. 1379; Lexikon für Theologie und Kirche, t. 1x, col. 773.
É. AMANN.
STAPHYLUS Frédéric, théologien protestant passé au catholicisme et qui joua un certain rôle dans la contre-réforme (1512-1564). — Né à Osnabruck le 27 août 1512, Frédéric Stapellage, qui, selon la mode du temps, donnera à son nom un accoutrement grécolatin, en se nommant Staphylus, subit dès l’enfance les influences les plus variées. Orphelin de bonne heure, il avait été élevé à Dantzig, d’où il passa à Kovno, à Wilna, à Cracovie. C’est dans cette dernière ville qu’il se lia avec son compatriote Jean Hodtfilter, lequel devait entrer plus tard au service du cardinal Campeggio et faire son chemin à la Curie. Hodtfilter attira en Italie Staphylus, lequel étudia deux ans, à Padoue, la philosophie et la théologie. Mais, dès 1533, il était de retour à Dantzig, d’où, en 1536, il partait pour Wittenberg, où il devait demeurer dix ans. Dans cette citadelle de la Réforme, il est en relation assez étroites avec Mélanchthon, qui l’apprécie comme humaniste et l’encourage à des travaux littéraires, en particulier à une traduction de Diodore de Sicile. Au fait, c’est la faculté des arts plus que celle de théologie que fréquente Staphylus. Cela ne veut pas dire qu’il se désintéresse des questions religieuses. Une Disputatio de justificationis articulo, de cette date, montre qu’il est inféodé aux idées luthériennes. Mais, dès ce moment aussi, il se 1end compte des impasses où le libre examen engage les réformateurs, des luttes doctrinales qui commencent à éclater entre eux, de l’absence chez eux d’une autorité enseignante, capable de mettre fin aux divergences de vue. Pour lui, il envisage déjà dans le consensus primilivæ apostolicæ el catholicæ Ecclesiæ la norme qui permettrait de rallier tous les esprits.
C’est ce qui éclate dans la manière dont il répond aux offres que lui fait le duc Albert de Prusse de venir à Kænigsberg professer la théologie à l’université qui vient de s’y fonder en 1541. Staphylus ne s’engage d’abord que pour un an : que si, dans le pays, des erreurs se glissaient en choses religieuses, qui fussent contre l’Écriture ou l’accord de l’Église primitive, apostolique et catholique et auxquelles le duc ne voudrait pas s'opposer, il se trouverait lui-même délié de ses engagements.
La précaution n’était pas inutile. On commençait à parler — et certainement Staphylus en avait eu vent
d’un Hollandais, Guillaume Gnaphæus, que le duc Albert avait mis à la tête d’une des écoles de Kœnigsberg et qui donnait plus ou moins ouvertement dans les erreurs des anabaptistes. Dès l’arrivée de Staphylus à Kœnigsberg, la lutte commença entre les deux hommes; malgré l’appui qu'il aurait dû recevoir d’Albert Ier, Gnaphæus, frappé de sentence ecclésiastique, dut quitter l’université et la ville et rentrer dans la Frise orientale sa patrie (juin 1547). Trois mois plus tard, Staphylus devenait le premier recteur élu de l’université; mais, dès l’automne de 1548, il cessait ses leçons de théologie; peut-être se rendait-il déjà compte de l’impossibilité de fonder sur les principes protestants une théologie de quelque solidité. Il ne laissa pas néanmoins de demeurer aux ordres du souverain. L'arrivée d’'Osiander au printemps de 1549 n’était pas faite pour le retenir à Kænigsberg; Staphylus fit à ce protestant radical une opposition acharnée et chercha à se dégager du service d'Albert de Prusse. Ballotté pendant quelque temps entre Kœnigsberg et Breslau, où il s'était marié en 1549, il finit par obtenir sa liberté. En août 1551 il est à Dantzig où il écrit le livre inti-
STAPF (AMBROISE) — STAPHYLUS (FRÉDÉRIC)
tulé : Synodus sanctorum patrum antiquorum contra nova dogmata Andreæ Osiandri, Nuremberg, 1553. Là s'exprime au mieux l’idée essentielle de Staphylus : la nécessité de l’accord avec la tradition constante de l'Église, l'impossibilité de s’en remettre purement et simplement à l'Écriture. Staphylus est déjà très loin de l’évangélisme et de la perspicuilas Scripluræ sacræ ; seule l’Église est qualifiée pour donner des Livres saints une interprétation authentique.
De telles dispositions d’esprit ne pouvaient que pousser Staphylus à rentrer dans l’Église romaine. Au cours d’une grave maladie qu’il fit à Breslau à la fin de 1552, il reçut la sainte communion suivant le rite romain, après avoir renoncé aux erreurs protestantes. A Neisse, résidence de l’archevêque de Breslau, où il se retire d’abord, il est mis par celui-ci à la tête d’une école. Il ne tarde pas à entrer en rapports avec saint Pierre Canisius, à qui il dédie, en 1555, une traduction latine des Sentences de Marc l’Ermite. Dans la préface il souligne que, selon le vieil auteur, la justification ne s’obtient pas seulement par la foi, qu’il y faut la charité, tout comme l’espérance, que, dans les actes méritoires de l’homme, il y a collaboration de la grâce divine et de l’effort personnel.
Cependant Staphylus avait été remarqué par la chancellerie impériale; en 1554 il était nommé par Ferdinand Ie conseiller aulique et, au colloque de Worms, 1557, il représenta les catholiques, y discutant avec les chefs du protestantisme, tout spécialement avec Mélanchthon, son ancien protecteur. On sait que ce colloque aboutit surtout à mettre en évidence les dissensions des protestants. Staphylus en triompha et rédigea, l’année suivante, sa Theologiæ Martini Lutheri trimembris epilome qu’il faut compléter par le compte rendu du colloque : Scriptum colloquentium Augustanæ confessionis cum opposilis annotationibus et Historia et apologia.. de dissolutione colloquii nuper Wormaliæ instituti. Le premier de ces écrits était dur à l’endroit de Luther; faisant état des déchirements qui se marquaient de plus en plus entre protestants, il mettait le doigt sur leur cause essentielle, l’absence de toute norme objective de la croyance. Anabaptistes et sacramentaires, contre qui Luther s'était élevé avec tant de véhémence, étaient aussi autorisés que les « confessionistes » (partisans de la Confession d’Augsbourg), avec toutes leurs différences plus ou moins radicales, à se dire les authentiques interprètes de l’Écriture. Aux multiples réponses qui partirent du côté protestant, Staphylus répliqua par une Defensio pro trimembri theologia, datée d'Augsbourg, 15 mai 1559, et parue à Neisse en 1560.
En rapports désormais avec les principaux artisans de la contre-réforme, avec Canisius qui travaillait pour lors à la restauration catholique en Autriche et en Bavière, avec Hosius, avec l’archevêque de Salzbourg, avec le cardinal d’Augsbourg, Staphylus secondait de tout son pouvoir la politique du duc Albert V de Bavière. Sur un désir qu'avait exprimé Canisius, il fut appelé par ce dernier comme professeur à l’université d’Ingolstadt, où il ne devait pas seulement enseigner les humanités et l’histoire, mais encore les sciences sacrées. Au fait, il avait obtenu de Rome,en mai 1559, en dépit de sa situation de laïque marié, le grade de docteur en théologie. Arrivé à Ingolstadt en mai 1560, il était, dès le début de l’année suivante, nommé curateur de l’université, qu’il orientait dans le sens de la réaction catholique. En même temps il se préoccupait du succès des réformes ecclésiastiques que l’empereur Ferdinand Ier s’efforçait de réaliser dans ses États héréditaires. Telle est la pensée qui inspire un mémoire De instauranda religione in archiducatu Austriæ que l’on ἃ toutes raisons de lui attribuer.
C'était le moment où Pie IV se préoccupait de re-
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prendre et de mener à terme les travaux du concile de Trente. Staphylus fut ofliciellement prié de rédiger un avis sur les réformes à réaliser dans l’Église. Il s'acquitta de cette mission dans un mémoire à Pie IV, qu'il compléta en y annexant l’avis de la commission pour la réforme des monastères, Consilium de emendandis monasteriis, qui ne s’est pas conservé, et aussi le mémoire ci-dessus. Il y mettait en garde contre l'emploi prématuré de la force, recommandait quelques mesures propres à amener l’apaisement des esprits, entre autres la concession du calice aux laïques et du mariage aux prêtres ; il insistait sur une meilleure formation du clergé, une rédaction plus soignée des livres d'enseignement. Saluant avec joie la réunion du concile, il insistait, dans son avis à Pie IV, sur la nécessité d'agir vite. Mais, en même temps que le concile poursuivrait ses travaux, il convenait de négocier avec les protestants pour les amener à prendre part à un concile vraiment général et libre. Il faudrait s'entendre d’abord entre les deux partis sur la reconnaissance du texte biblique, et Staphylus signalait l’avantage qu'il y aurait à publier au plus vite le texte grec de la Bible que donnait le Vaticanus. Pour ce qui concernait les discussions, il conviendrait, du côté romain, de faire moins appel à la viva vox Sedis apostolicæ qu’à des preuves plus positives et appuyées sur la tradition. Enfin il y aurait à faire état des divisions entre protestants; il ne serait pas très malaisé d'amener un accord entre tel théologien luthérien et tel catholique contre les zwingliens. A bien des reprises Luther, dans sa lutte contre Zwingle, Œcolampade, les anabaptistes, n'était-il pas parti de « l'interprétation catholique de l'Écriture »? Était-il impossible d'amener les plus modérés d’entre les protestants à reconnaître le catholicus Scripluræ sacræ intellectus comme la norme à laquelle devrait se rapporter le concile?
Ces vues intéressantes exprimées par Staphylus le désignaient pour avoir au concile une mission officielle. Ferdinand voulait l’y envoyer comme conseiller de ses “orateurs ». Staphylus s’y refusa avec énergie : iln’irait à Trente que si les protestants devaient eux-mêmes s’y rendre; il se tenait du reste à la disposition de l’empereur pour négocier avec ceux-ci. Il ne se refusa pas, d’ailleurs, à rédiger le mémoire que le souverain voulait envoyer au concile : Consultatio imperatoris Ferdinandi 1 jussu instiluta de articulis reformationis in concilio Tridentino proponendis.
Mais au cours de 1563, où le concile s’achevait, Staphylus tombait gravement malade à Inspruck, où il avait passé la plus grande partie de l’année avec l’empereur. Il se remit néanmoins; mais une rechute l’emporta le 5 mars 1564. Son testament spirituel, si l’on peut dire, fut publié l’année suivante par son secrétaire : Vom letzten und grossen Abfall, so vor der Zukunjt des Antichrist geschehen soll (De la grande apostasie qui doit se produire avant la venue de l’Antéchrist), Ingolstadt, 1565. Cette grande apostasie, c’est évidemment le luthéranisme; et Staphylus, dans toute cette œuvre, reste fidèle au principe qui l’avait ramené au catholicisme : la nécessité d’un magistère vivant, fort des traditions du passé, si l’on veut prévenir l’émiettement dogmatique dont le protestantisme donne le spectacle. C’est à ce point de vue que l’œuvre et la personne de Staphylus ont conservé un réel intérêt.
Les œuvres de Staphylus ont été rassemblées par son fils Frédéric : Friderici Staphyli, Cæsarei quondam consiliarii in causa religionis, sparsim editi libelli in unum volumen digesti, in-fol., Ingolstadt, 1613. Quelques textes dans J.-G. Schelhorn, Amænitales historiæ ecclesiasticæ, Leipzig, 1737, 1738, entre autres la Deliberalio de instauranda religione in archiducatu Austriæ, τ. τ, p. 616-678 et la Consultatio imp. Ferdinandi, ibid., p. 501-575, que l’on touvera aussi dans