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STROSSMAYER (J.-G.) — STUMPF (KILIAN

couvent de Dettelbach (1666), de custode et de vicaire provincial. ἢ mourut en 1681. Nous avons de lui les ouvrages suivants : Controversiarum inter principes cathedras divi Thomæ et Scoti de simplicitate Dei etc. primum et perenne mobile, Cologne, 1680, en deux tomes, dans lesquels il démontre que la doctrine de Duns Scot sur la simplicité de Dieu et la distinction formelle est sûre et conforme à la doctrine des conciles ainsi que des écrivains sacrés tant grecs que latins; Unilabium orbis subtiliter lilerati de distinclionibus, Fulda, 1668, dans lequel il traite surtout de la distinctio formalis ex natura rei. Il y affirme que l’école scotiste n’est inférieure à aucune autre soit pour la doctrine, soit pour le nombre des professeurs qui y adhèrent : Schola Scoti, sive professorum numerum, sive doctrinam specles, nulli secunda. Voir tractatus II, De distinctione formali, controv. I, quæst. 1.

P. Minges, Geschichte der Franziskaner in Bayern, Munich, 1896, p. 256-257; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. 1v, col. 52; Jean de Saint-Antoine, Bibliotheca universa franciscana, t. 1, Madrid, 1732, p. 452; F. Hueber, Dreyfache Cronickh, Munich, 1686, p. 772; Dominique de Caylus, Merveilleux épanouissement de l’école scotiste au XVIIe siècle, dans Études francise., t. xxIV, 1910, p. 6-7; D.-E. Sharp, Franciscan philosophy at Oxford, Oxford, 1930, p. 282.

A. TEEATERT.

STUMPF Kilian, jésuite allemand, missionnaire en Chine; un de ceux qui furent mêlés à l'affaire des Rites (1655-1720). Les Portugais le nommaient Es- TUM; les Chinois Ki Li-NGAN YUN-FONG.

Né à Wurzbourg, en Bavière, le 14 septembre (ou le 13 mars) 1655, il entra au noviciat des jésuites de la Germanie supérieure le 17 juillet 1673 et, dès cette époque, demanda les missions étrangères. On les lui fit attendre durant de longues années. Il eut ainsi le loisir de prendre ses grades universitaires, et, une fois maître ès arts, d'enseigner six ans la rhétorique et les humanités. Il fut en outre professeur de mathématiques pendant deux ans. Entre temps il avait émis ses vœux de profès le 2 février 1689. Ce ne fut que le 15 juillet 1694, à près de quarante ans, qu’il débarqua sur la terre chinoise. Affecté dès ce moment à la mission de Pékin, il devait y demeurer jusqu’à sa mort, 24 juillet 1720 (non pas 1729, comme le répète Streit après Huonder). Ces vingt-cinq années de résidence ininterrompue furent marquées par la faveur de l’empereur mandchou K’ang-hi, qui fit du Père son compagnon durant plusieurs voyages, et le nomma président du célèbre « Tribunal des mathématiques ». Recteur du Collège dit « Portugais » de la Compagnie de Jésus à Pékin, et même, de 1714 à 1718, visiteur général de la province du Japon et de la vice-province de Chine (F. Rodrigues, À Companhia de Jesus em Portugal en as Missoes, Porto, 1935, p. 45), le P. Stumpf dut à ce titre prendre une part active et parfois prépondérante aux discussions que soulevait alors la question des rites chinois. En 1701, avec les autres « Pères de Pékin », il avait signé la Brevis relalio sur le décret de l’empereur K’ang-hi du 30 novembre 1700. Cf. Streit, τ. vus, p. 55-56. Il ἃ laissé aussi de volumineux comptes rendus de la légation du cardinal de Tournon. /bid., p. 102. Bref, son nom et ses écrits sont inséparables de la mémorable controverse.

D'une manière générale, on peut dire qu’il y représente le parti modéré, et, semble-t-il, la tradition du P. Ricci. Un siècle plus tôt, en effet, celui-ci avait soigneusement distingué entre les cérémonies bouddhistes et taoïstes et les pratiques confucianistes, et, sans se prononcer de façon absolue sur le caractère non superstitieux de ces dernières, avait cru cependant pouvoir les tolérer chez les chrétiens, dans la pensée que, en dépit de leur nature religieuse originelle, elles avaient largement évolué, comme Lant d’autres insti-

2087 STUMPF (KILIAN) tutions humaines, dans le sens d’une laïcisation qui devait aller s’accentuant. H. Bernard, Le Père Matthieu Ricci et la société chinoise de son temps, t. 11, Tientsin, 1937, p. 128-145; pages reproduites dans Recherches de science religieuse, 1938, p. 31-47. Telle fut aussi en gros l’opinion du P. Stumpf. Moins réservé que Ricci sur le point de l’origine non superstitieuse des « rites », il tablait néanmoins avec insistance sur la signification toute civique que leur attribuaient, estimait-il, les contemporains; signification que ses confrères et lui avaient espéré fixer définitivement par l'effet d’une déclaration officielle de l’empereur : d’où l’édit de K’ang-hi de 1700.

Pfster, Notices biographiques et bibliographiques sur les jésuites de l’ancienne mission de Chine, 1552-1773, dans Variétés sinologiques, t. 1, n. 59, p. 472-474, Chang-haï, 1932; Huonder, Deutsche Jesuiten-Missionäre des X VII.und XVIII, Jahrhunderts, dans la collection Ergänzungshefte zu den « Stimmen aus Maria-Laach », n. 74, Fribourg, 1899, p. 195, 208-209; Streit, Bibliotheca missionum, t. vit, p. 521 et passim.

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