De voluntario et involuntario. — Dix disputationes
y. De bonitale et malitia humanorum actuum. — Douze dispulaliones.
ὃ. De actibus qui vocantur passiones, lum eliam de habitibus, præsertim stludiosis ac vitiosis. Quatre dis-
SUAREZ. TRAITÉS SCOLASTIQUES
putationes dont la deuxième est un simple renvoi à la XLIVe dispute métaphysique. Cahier d’élève, voir Rivière, n. 507.
e. De vitiis et peccatis (IS-II®, q. LXXI-LXXXIX). — Neuf dispulationes dans la dernière desquelles l’éditeur Alvarès a fait entrer, à la section 1v, la traduction latine d’une lettre écrite par Suarez peu avant sa mort. La conservation du texte espagnol inédit de cette lettre est attestée par Rivière, n. 458; ibid., n. 507, cahier d'élève.
8) De legibus. Édité par l’auteur à Coïmbre, 1612 (Vivès, t. v-vi) — L'ouvrage s’encadre dans la 15-115, q. xc-cix (Proæmium, p. xt). C’est le fruit de l’enseignement de Coïmbre en 1601-1603; cf. de Scorraille, op. cit., t. 1, Ὁ: xx et t. x1, p. 156. L’ouvrage comporte 10 livres répartis en 246 chapitres; on possède un cahier d’élève de Coïmbre, Rivière n. 509, comprenant 24 disputationes.
y) De gratia. — « Suarez a laissé sur la grâce un grand ouvrage et deux moindres », de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 398 note. On a aussi de lui différents autres documents et comme les dates de publication ne répondent pas à l’ordre de composition, il ne sera pas inutile de détailler un peu les renseignements.
α. À Rome, en 1582-1583, Suarez a enseigné les q. cix-CxIV de la I2-I1® . Un cahier d’élève a conservé le texte de cet enseignement. Rivière, n. 511 et 506; de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 174. On en trouve un extrait, la q. vai de la disp. III, publié par Stegmüller, op. cit., qui donne aussi les titres des huit disputes contenues dans ce cahier.
8. A Salamanque en 1594, dans chacun des deux mémoires dont il sera parlé plus loin et que Suarez rédigea pour défendre certains points de sa doctrine, il y a un développement consacré aux questions De auxiliis. Cf. Archivum historicum Societatis Iesu, 1937, p. 79-81; Gregorianum, 1936, p. 23-33.
y. En 1599 parut à Madrid le volume Opuscula theologica sex (Vivès, t. x1). Voici l’énumération du contenu avec quelques précisions chronologiques :
De concursu et efficaci auxilio Dei ad actus liberi arbitrii necessario, libri tres. — Cet « opuscule » de quarante-sept chapitres représente déjà à lui seul ce que nous appelons un juste volume.
De scientia quam Deus habet de futuris contingentibus, libri duo. Dix-sept chapitres au total.
Dans leur forme actuelle, ces deux premiers opuscules remontent aux années 1594-1597, années de travail personnel à Salamanque. Ils proviennent en effet de la division du traité en quatre livres que Suarez composa quand Clément VIII, évoquant à son tribunal la controverse De auxiliis en août 1594, prescrivit de préparer et de lui envoyer le plus tôt possible les écrits propres à le renseigner; cf. de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 402. Le titre du mémoire est celui que porte le premier opuscule mais sous la forme : Tractatus de concursu Εἰς... in quatuor libros distributus. Il est conservé à Rome à l’Angelica, Cod. 885 (R. 2, 14), n. 4, selon l'indication du même auteur, op. cit., t. 11, p. 491.
Brevis resolulio quæstionis de concursu et efficaci auxilio Dei ad actus liberi arbitrit necessario. C’est la reprise d’un mémoire qui faisait suite au précédent et se trouve conservé dans le même dossier. Il y est présenté comme le résumé, non seulement de l’écrit précédent de Suarez, mais aussi de l’écrit similaire et conjoint du P. Antoine de Padilla. De plus, à la signature de ces deux auteurs, s’ajoute une formule d’adhésion signée par dix-huit théologiens jésuites de la province de Castille. Op. cit., ibid. On voit l'intérêt de ce mémoire dont Suarez est le rédacteur et qu’il a publié, sous son seul nom, dans les Opuscula, id., t. 1, p. 404.
Relectio theologica de libertale voluntatis divinæ in actionibus suis. Deux disputes de chacune deux sec-
tions. On doit donner comme date 1598, puisque l’opuscule qui termine le recueil assigne à celui-ci l’année précédente, t. x1, p. 515, tout en étant lui-même de 1599.
Relectio de meritis mortificatis et per pænitentiam reparalis. Deux disputes de chacune trois sections. Le sujet avait été déjà traité en 1594 à Salamanque et avait fait partie d’un acte que présida Suarez. Rivière, n. 5; de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 319.
Disputatio de justitia qua Deus reddit præmia meritis el pœnas pro peccatis. En six sections. Dirigé contre Vazquez et à dater de la fin de 1599; cf. de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 302.
Les Opuscula furent attaqués par Bañez; de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 427. Il y ἃ un mémoire de Suarez qui, en les défendant, les complète. C’est le n. 2 des documents édités par Mgr Malou dans son recueil R. P. Francisci Suaresii… Opuscula sex inedita, Paris et Bruxelles, 1859 : Patris Francisci Suarez gravis epistola ad Clementem VIII pontifiien maximum et epistolæ subjuncta ejusdem Apologia, seu responsiones ad proposiliones de auxiliis gratiæ notatas a M. Dominico Bannez.
ὃ. Tractatus theologicus de vera intelligentia auxilii efficacis ejusque concordia cum libertate voluntarii consensus (Vivès, t. x). — Quarante-six chapitres. C’estun mémoire écrit pendant le deuxième séjour à Rome, donc entre juin 1604 et août 1605. Cf. de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 465. Il fut publié seulement en 1655 à Lyon, dans les circonstances que retrace le P. de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 398 (ibid., en note, la démonstration de l’authenticité). Rivière, n. 514, 515, 502, signale les parties de manuscrits encore conservées et, n. 502, le transfert qui a fait passer du De Deo, deuxième traité, 1. II, c. v, au De vera intelligentia ce qui en constitue le c. xXXVI.
€. Également à Rome, en la même année 1604-1605, quatre écrits encore inédits, dont le P. de Scorraille, op. cit., t. 1, p. 465, note, indique la présence à Grenade, bibliothèque de l’université, E. 1, t. v, n. 9, et dont il transcrit les titres que voici :
Doctrina quam Societatis Jesu Patres docere et defendere solent circa concordiam liberi arbitrii cum gralia et providentia divina.
An ἰοία efjicacia auxilii prævenientis gratiæ sil a Deo tanquam a sola totali et propria efficiente causa, alque ita tale auxilium dicatur et sit vere et complete efficax de se el ut est præcise a Deo? An potius ἰδία efjicacia sit a Deo et a consensu liberi arbitrii, tanquam a duabus causis proprie efjicientibus? — Et consequenter an in liberi arbitrii potestate situm sit prævenientis divinæ graliæ auxilia reddere proprie efjicacia vel inefjicacia? — Denique utrum posilo auxilio prævenientis graliæ vere et proprie efjicaci stet simul cum illo actualis dissensus liberi arbitrii?
Suarezii commentarius in quindecim Augustini proposiliones.
Sententia Augustini de prædelerminatione. Quæstio theologica : Utrum ex sententia Augustini detur motio graliæ quæ physice voluntatem hominis prædeterminet ad actus supernalurales ?
ζ. Le grand ouvrage De gralia (Vivès, t. vur-x), qui se réfère (t. VII, p. VII), comme 16 cours de 1582, à la Is-II®, 4. ΟΙΧ, ἃ été, on le voit, longtemps préparé et mûri. Il faut mentionner encore, comme préparation, l’enseignement donné à Coïmbre en 1606-1609. Suarez a achevé lui-même avant de mourir la mise au point de son grand ouvrage. Voir l’ad lectorem de Balthazar Alvarès, t. vx, p. v; de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 374, cf. p. 162 et 228. On possède encore de la secunda pars le manuscrit original, surchargé de corrections autographes, et Rivière, n. 513, qui le signale, en fait voir déjà l'intérêt; on jugera mieux encore de
SUAREZ. TRAITÉS SCOLASTIQUES
son importance en se rappelant les remarques peu rassurantes du dernier éditeur, qui se plaint de l’état des éditions précédentes et conclut par l’aveu suivant : « nous avons corrigé plus de seize cents fautes grossières. Il nous ἃ même fallu souvent conjecturer, et suppléer des lignes entières, qui ne se trouvent dans aucune édition. » L’ad lectorem ci-dessus cité décrit au contraire le deuxième volume De gratia comme a suo auctore omnibus adornatum numeris, præloque seposilum. Alvarès parlait ainsi du manuscrit préparé par Suarez, tandis que l’édition a été faite, avant tout, comme une bonne affaire de librairie, sur une copie communiquée.
Les trois parties, maintenant rassemblées, du grand ouvrage De gratia n’ont donc pas été publiées selon leur ordre normal. La première et la troisième parurent ensemble à Coïmbre en 1619, la deuxième à Lyon en 1651. Voir de Scorraille, op. cit., τ. 11, p. 394. Une bonne analyse de tout le traité se trouve ibid., p. 377. Ce traité débute par six prolégomènes qui font déjà un total de 45 chapitres. Le dernier prolégomène, De scriplis de gratia doctrinam continentibus, ayant été reproduit dans l’édition de la deuxième partie, s’est trouvé imprimé deux fois dans les Opera omnia de Venise, 1741. Le corps du traité comprend douze livres. Les deux premiers forment la première partie : nécessité de la grâce; joints aux prolégomènes, ils constituent le t. 1, De gratia. Les 1. III, IV, V forment la deuxième partie grâce actuelle, c’est-à-dire ce deuxième tome qui parut le dernier. Etles sept derniers livres, VI-XITI, donnent la troisième partie : grâce habituelle, troisième tome qui fut édité avec le premier.
c. In secundam secundæ. —«x) De triplici virtute theologica, fide, spe et charitate (Vivès, t.xn).— Publication posthume faite à Coïmbre en 1621. Alvarès a simplement édité des cours donnés jadis à Rome en 1583- 1584 et repris, quant au traité de la foi, à Coïmbre en 1613-1614, dernière année de l’enseignement public de Suarez. Voir de Scorraille, op. cil., t. 11, p. 384. C’est ce qui explique la différence dans l’ampleur des développements : 24 disputationes de fide, 2 de spe, 13 de charitate. Rivière, n. 518, mentionne un cahier d’élève conservé à Karlsruhe.
β) De virtute et statu religionis (Vivès, t. XIHI-XVI). — On l’appelle aussi De religione, et Suarez, dans l’épître dédicatoire du premier volume, le mentionnait en ces termes : Opus de religione. Parmi les traités qui s’encadrent dans le plan de la Somme théologique, c’est le seul dont la matière n’a pas été pour Suarez un sujet de cours. Il répond à une demande du général des jésuites, Claude Aquaviva, désireux de voir publier un docte exposé de l'institut de son ordre. Quatorze ans s’écoulèrent entre cette demande et l’apparition en 1608 du t. rer, que le t. 11 vint continuer l’année suivante, 1609, également à Coïmbre. Les t. ππ et 1v, terminés par l’auteur et prêts à être publiés dès 1615, ne parurent pourtant qu’en 1624 et 1625, l’un et l’autre à Lyon. On ἃ conservé le manuscrit original du t. 1v, avec les remarques des reviseurs. Rivière, ἢ. 519. Comme certaines parties du De religione, et notamment du dernier tome, ont été ensuite éditées à part, Rivière, n. 143, 144, 146, 156, et comme les citations qu’on en fait ne sont pas toujours faciles à retrouver dans l’ouvrage complet, voici la division de celui-ci. Les deux premiers tomes, consacrés à la vertu de religion, embrassent, en six traités formant 24 livres de 440 chapitres au total, l’un, ce qu’on peut appeler le culte en général (3 traités), l’autre, la prière, le serment, le vœu. Donc quand on voit citer le De oratione de Suarez, il s’agit, non pas d’un livre spécial, mais du quatrième traité de son grand ouvrage, le premier du t. 11, au quatorzième volume de l’édition Vivès. Les
deux derniers tomes, consacrés au De s{atu perfectionis |
et religionis, embrassent, en quatre traités — ce qui fait un total de dix pour tout l’ouvrage — l’un, ce qu’on peut appeler l’état religieux en général (soit l’unique septième traité constituant le t. x11), l’autre, avec les trois derniers traités, les différentes formes de vie religieuse et tout spécialement la Compagnie de
Jésus. Ces deux derniers tomes totalisent 327 chapi- |
tres en 26 livres. Quand on est renvoyé au traité de Suarez sur les Exercices de saint Ignace, cela veut dire, en réalité, les chapitres cinquième et suivants du neuvième livre du dixième traité, au τνὸ et dernier tome de ce monumental De religione.
3. Ouvrages de polémique. — a) Defensio fidei catholicæ et apostolicæ adversus Anglicanæ sectæ errores, cum responsione ad Apologiam pro juramento fidelitatis et præfationem monitoriam Serenissimi Jacobi Angliæ Regis (Vivès, t. ΧΧιν). — L'ouvrage parut à Coïmbre en 1613; il y avait trois ans que Suarez s'était mis à l’œuvre. L'origine de ce travail, les détails concernant sa composition, son apparition, ses condamnations en Angleterre et en France, sont rapportés par le P. de Scorraille, op. cil., t. 11, p. 165-221. Suarez garda, malgré la nouveauté du genre qu’il abordaïit, ses vieilles habitudes scolastiques. Proæmium, τι. 4, t. XXIV, p. 2. C’est l’absence de la Defensio fidei qui empêche de considérer comme un recueil d’Opera omnia la collection des vieilles éditions de Lyon.
b) De immunitate ecclesiastica a Venetis violata et a pontifice juste ac prudentissime defensa. — Écrit en 1606, l’ouvrage resta inédit, mais n’en valut pas moins à Suarez un bref très élogieux du pape Paul V. Le premier des trois livres dont se composait l’ouvrage est maintenant perdu, les deux autres ont été publiés par Mgr Malou en 1859. C’est le quatrième document des Suarezii opuscula sex inedita.
4. Mémoires divers. — En marge de son activité principale de professeur et de publiciste, Suarez rédigea de nombreux mémoires en réponse aux diverses questions qui lui étaient proposées sur des sujets de théologie, de liturgie, de morale ou de droit. « Les éditeurs de ses œuvres posthumes avaient composé de ces écrits un gros recueil qu'ils promirent de publier sous ce titre : Consilia et variæ quæstiones. Ils ne purent tenir parole, ce recueil s’étant, semble-t-il, égaré. » Οἵ. de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 239; De gratia, ad lectorem, t. vu, p. v. Tel écrit qui a été mentionné à propos d’un des grands traités scolastiques, par exemple sur la grâce, serait à citer de nouveau si une énumération complète avait ici de l'intérêt. En attendant l’édition exhaustive, on peut se reporter à de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 237 sq. et p. 418; Rivière, n. 57, 103, 147, 148, 171 et la liste des inédits à partir du n. 273.
5. Correspondance. — On a conservé environ quatrevingts lettres, pour la plupart inédites. Voir de Scorraille, op. cit., t. 11, p. 421; Rivière, n. 273-497.
Le recueil moderne des Opera omnia de Suarez, édition Vivès, Paris, 1856-1878, 28 volumes, dont les deux derniers de tables et de notes, seule collection vraiment accessible et maniable des ouvrages de notre auteur, n’offre, ainsi qu’il ressort du précédent exposé, ni la totalité des œuvres ni leur texte toujours absolument correct. L’édition critique et complète que mérite l’Eximius doctor est actuellement en préparation en Espagne.
P. Mono.
". THÉOLOGIE DOGMATIQUE. — Un inventaire de la théologie dogmatique de Suarez qui la rende aisément assimilable n’a pas encore été dressé. S’il existe bien des tables alphabétiques et même des résumés de ses œuvres, ces abrégés se bornent à résu-
mer matériellement les textes sans chercher à y sépa- | rer le principal de l’accessoire. Les limites fixées à cet | | ment qu’au ΧΙΠ5.
article ne nous permettent pas, comme nous l’aurions