‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 358 sur 457 · I. THÉOLOGIE MORALE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

I. THÉOLOGIE MORALE PROPREMENT DITE

1° Morale générale. — Le volume posthume qui en traite directement, Vivès, L. 1v, commentaire de la Is-I1®, 4. 1-LxXxIX, contient cinq traités, portant respectivement sur la fin dernière, le volontaire et l’involontaire, la bonté et la malice des actes humains, les passions, les vices et péchés. Les règles morales sont sommairement présentées en fin du IIIe traité, De bonitate et malilia : vues sur la loi éternelle, disp. XI, p.430 — nous les compléterons avec le De legibus — et sur la conscience, disp. XII, p. 437 sq. Dans ces divers traités, nous distinguerons les doctrines suivantes :

1. — Comme il convient à une morale aristotélicothomiste, le volume s'ouvre par une étude de la cause finale : nature psychologique et mode d'action. Ces vues sont à compléter par la disp. XXIII des Disputationes melaphysicæ, τ. XXV, p. 843 sq.; cf. L. Mahieu, F. Suarez, sa philosophie, etc., p. 475-485.

Dans la disp. II, sect. 1V, p. 24-25, est donnée avec

2697 SUAREZ. THÉOLOGIE grande précision la distinction des quatre manières d'agir propter finem : per relationem actualem, virtualem, habitualem, interpretativam; l'intention virtuelle, plus nettement caractérisée qu'elle ne l'était généralement jusqu'alors, est expliquée sommairement : virtus interior censetur durare in ipso efjectu, n. 4, p. 25; ailleurs, dans le même ouvrage, tract. III, disp. VI, sect. v, n. 11, p. 370, et dans le De sacramentis, disp. XIII, sect. nt, n. 5 et 6, t. xx, p. 251, une explication par la subconscience est plus explicitement proposée.

2. — Le rôle de la fin dernière dans l’activité morale est aussi étudié en détail, tract. I, disp. II, p. 25 sq., de manière à préparer la théorie des péchés mortel et véniel et la discussion de la question sur l'option fondamentale; nous y reviendrons plus loin.

3. — Au sujet de la béatitude, matière qui se rapporterait peut-être plus exactement à la théologie spéculative, nous signalerons la position prise par Suarez dans la célèbre question de l’essence de la béatitude, disp. VII, p. 69 sq.; sans abandonner proprement la position intellectualiste de saint Thomas (cf. n. 29, p. 79 : Dico essentiam beatitudinis formalis primo et formaliler consistere in visione Dei clara, in qua quasi in fonte et radice tota perfectio beatiludinis continetur), il admet cependant (n. 31, p. 79) que amor carilaltis et amiciliæ divinæ est simpliciter necessarius ut homo sit supernaluraliter perfecte beatus et absolute dicendus est de essenlia ipsius beatitudinis. C'était entendre autrement que la Somme l’essentia beatitudinis.

4. — Dans le tract. II, De voluntario et involuntario et ses 10 disputaliones, nous noterons l’étude de l’acte libre et la défense de la liberté reconnue comme de foi par l’Église, contre le déterminisme de la philosophie antique. Disp. I, sect. 11, p. 162.

Le voluntarium in alio est défini comme virtuellement contenu dans un acte volontaire in se; sa psychologie est étudiée, mais sans les précisions de ses conditions que les casuistes postérieurs y apporteront. Disp. I, sect. 1v, n. 8 sq., p. 175 sq. Quant au volontaire indirect présenté comme étant une omissio, il est longuement discuté et déclaré pouvoir exister sans un acte explicite et formel. Zbid., sect. v, p. 176 sq.

Comme tous les moralistes de son temps, Suarez s’en tient sur les empêchements de la liberté à la division aristotélicienne et thomiste des quatre empêchements élémentaires. Sur celui de la concupiscence, la formule qu'il adopte est la suivante : minuit liberum seu libertatem in actu voluntatis, disp. III, sect. ΠΙ, n. 7, p. 207, mais auget voluntarium intrinsece seu intensive. Ibid., τι. 10, p. 207.

Le IIIe traité, De bonitlale et malitia actuum humanorum, s'ouvre par d’abondantes discussions sur ce qu'est l’esse morale soit dans l’acte de volonté, soit dans les autres choses appelées morales; cf. surtout disp. I, sect. 1, n. 15, p. 284, par rapport à l'acte : Modus [denominatio extrinseca] cujusdam emanationis seu cujusdam moralis dependentiæ a ratione advertente ad regulam morum et a voluntale libere operante; la formule sera souvent reprise par les auteurs de philosophie morale.

Très fortement, Suarez insiste sur la bonté et la malice morales objectives; cf. disp. 11, p. 288 sq.; c’est dans ces pages qu’il l’a définie comme une convenientia objecli honesti per seipsum ad naturalem ralionalem qua lalem, expression où il ne voit certainement qu’une précision apportée à l’enseignement de saint Thomas.

C’est d’après cet enseignement qu'il étudie la dérivation de cette bonté dans les éléments de l’acte (objet, circonstances et fin), sect. 1117, p. 297 sq., ce qu'est la bonté formelle de l’acte intérieur ou extérieur, disp. X, p. 424 sq., ainsi que l'indifférence des actes. Disp. IX, p. 415 sq.

Page 1