‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 36 sur 457 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

1643 SCIENCE Ibid., n.14, col. 576. Voir, sur la pleine science accordée au Christ par saint Jérôme, la lettre à Damase citée ci-dessus, col. 1635.

3. Controverse christologique du v® siècle. — Le principal protagoniste est ici saint Cyrille d'Alexandrie.

Dans les milieux antiochiens, la science humaine du Christ était généralement considérée comme limitée. Cf. Schulte, op. cit., p. 72 sq. Ainsi Théodoret déclare que beaucoup de paroles du Christ ne peuvent être rapportées à sa divinité; on doit les rapporter à l'humanité. Il s’agit principalement de celle où il affirme son ignorance. Dire qu'il n’ignorait pas le jour du jugement serait l’accuser de mensonge; dire qu'il l'ignorait comme Dieu serait impie. Contra anathem., IV, P. G.,t. LXXVI, col. 409-412, Cf. Hærelic. fabul. comp, 1. NV, c: xx, t. LXXXIII, COl:.497.

ar contre, à la même époque, Isidore de Péluse, dans sa lettre ὌΧ à l’archimandrite Athanase, expose que le Christ connaissait le jour du jugement, mais qu’il n’a pas voulu le révéler parce que la connaissance de ce jour nous eût été inutile et même nuisible. P. G., t. LXXvIr, col. 260-261.

Saint Cyrille d'Alexandrie est, de tous les Pères, celui qui a le plus souvent discuté la question de l’ignorance apparente ou réelle du Christ. Jusqu'en 428, il combat surtout les ariens; après 428, il vise surtout Nestorius : l’erreur n’est plus la même, mais sa conception de la science du Christ ne semble pas avoir été modifiée. Schulte a cru pouvoir distinguer entre ces deux périodes un changement dans la pensée de saint Cyrille; avant 428, polémiquant contre les ariens, il aurait admis dans le Christ une ignorance apparente. J. Lebreton estime que « les textes ne semblent pas suggérer cette distinction : dans le Thesaurus déjà, le caractère tout extérieur de l'ignorance du Christ est aussi fortement affirmé qu'il le sera plus tard ». Op. cil., p. 568, note 1.

a) Thesaurus, ass. XX11, P. αἱ, t. LXXV, col. 363- 380 : réponses aux ariens (avant 428). -- Le Verbe est le Créateur des temp5; il connaît donc le dernier jour, puisqu'il décrit les signes avant-coureurs de la fin. Il peut dire qu’il l’ignore eu égard à son humanité. Col. 369 A. II faut rapporter à l'humanité ce qui est humain mais le Verbe n’ignore rien de son œuvre. Col, 369 BC. Le Christ connaissait l’heure comm? Dieu, puisqu'il dit ailleurs : « Père, l'heure est venue. » Il dit l’ignorer comme homme. Col. 369 CD. Il n’a pas dit qu: l'Esprit ignore; donc le Verbe sait; mais en disant que «le Fils » et non «le Fils de Dieu » (voir ci-dessus col.1641, cette remarque déjà formulée par Grégoire de Nazianze) ignore, il a parlé de lui-même comme d’un homme, tout en se réservant de savoir comme Dieu. Col. 372 B. C'est par le Fils que Dieu fait tout; c’est donc aussi par lui qu'il a déterminé le dernier jour : ce jour, le Fils le connaît donc comme Dieu. Col. 372 B. Le Fils ἃ tout ce qu'a le Père, donc aussi la connaissance du dernier jour, il est dans le Père et le Père est en lui, il connaît donc ce que connaît le Père; il est l'image parfaite du Père, donc il n’ignore rien de ce que sait le Père; il connaît le Père, ce qui est une connaissance plus grande encore que celle du dernier jour. Col. 372-373. Le Christ ἃ dit : « Veillez, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra »; il a montré par là qu’il connaissait cette heure; s’il paraît l'ignorer, c’est à cause de son humanité. Col. 373 B,. 1] a su le jour du déluge (Gen., ναὶ, 1-4), il sait de même le jour du cataclysme final. Col. 373 GC. L’ignorance n’est pas plus imputable au Verbe divin que la faim, la soif et les autres misères humaines. Col. 373-376. Bien que comme Verbe et Sagesse de Dieu, le Christ ait connu le jour et l'heure, il a répondu qu'il les ignorait pour ne pas contrister ses disciples. Il déclare ne pas savoir, à cause de son incarnation. Après sa résurrec-

EXPLICATIONS DES PÈRES 1644 tion, il parlera autrement; cf. Act., 1, 7. Si le Christ avait vraiment ignoré, il aurait dit alors « Je vous l'ai déjà dit, je ne sais pas ». Col. 376-377. Le Fils de Dieu sait tout, Dan., ΧΠῚ, 42, donc aussi le dernier jour. Il y a donc, dans la réponse apportée par Marc, « économie » et non réelle ignorance : οἰκονομεῖ γάρ τοι Χριστός μὴ εἰδέναι τὴν ὥραν Éxelvnv, χαὶ οὐκ ἀληθῶς ἀγνοεῖ. Col. 377 D.

On reconnaît ici des échos de l’enseignement de saint Athanase dans le 1πὸ discours contre les ariens. Voir ci-dessus, col. 1640. Le Ῥ. Lebreton fait suivre l’analyse de la pensée de saint Cyrille dans le Thesaurus d’une remarque, qui montre le bien fondé de son interprétation par rapport à celle du P. Schulte :

Les deux affirmations [du Christ : Le Christ sait tout, le Fils ne sait pas] en apparence contradictoires, se concilient surtout par l'incarnation : les Pères avaient donné d'autres explications, et on en retrouve la trace chez saint Cyrille; mais, s’il les rapporte, il les complète toujours par la considération, qui lui est chère, de l’incarnation du Christ et des misères humaines qu'il a voulu porter : ainsi, bien d’autres Pères avaient dit déjà que le Christ avait parlé de la sorte pour ne pas contrister les apôtres; saint Cyrille le pense aussi, mais, toujours soucieux de montrer la sincérité du. Christ, il ajoute que le Fils de Dieu « pouvait ainsi parler parce qu'il était devenu chair, et qu'il s'était approprié les infirmités de la chair »; on ferait la même remarque au sujet de l'argument tiré des questions posées par Dieu à Adam et à Caïn.

Le plus souvent d’ailleurs la considération de l’incarnation est la seule que propose saint Cyrille : il fait observer que l'ignorance est le lot qui convient à l'humanité; le Christ a voulu la porter comme nos autres misères, comme la faim et la soif.

Cependant, dès cette époque, saint Cyrille est soucieux de sauvegarder l’unité du Christ : jamais donc ilneconcédera, purement et simplement, que le Christ ait ignoré : c'est pour lui un abaissem?nt consécutif à l’incarnation (ταπείνωσις) : c’est une disposition voulue (oizxovou{a); c'est une ressemblance(éuo{waotc) avec les hommes ignorants; c'est une apparence (σχῆμα); οο n’est pas une véritable ignorance. Op. cit., p. 570-571.

b) Dialogue sur la Trinité, dial. vr, P. G.,t. LXXV, col. 1069-1073 (avant 428). —- Le Christ comme Dieu n’ignore rien; mais il a parlé ici comme homme: il a voulu prendre nos infirmités: cf. col. 1064 A. Cyrille ajoute une nuance à son explication : pour écarter la question indiscrète des apôtres, le Christ leur répond en se mettant à leur point de vue, comme s’il était simplement un homme. Col. 1073 A. Voir également le commentaire sur Zacharie, n. 105, P. G., t. LXXN,

c) Après 428, Cyrille repousse plus explicitement toute interprétation qui tendrait à diviser le Christ. Il ne veut pas qu’on dise qu’en Jésus le Dieu connaît, tandis que l’homme ignore. Cf. Hom., Xvi1, n. 3, P. G., t. LXXvIT, Col. 780-781 (en 429),

Dans la Défense des anathématismes (en 430), Cyrille reproche à Théodoret d’avoir dit que «l'ignorance n'appartient pas au Verbe de Dieu, mais à la forme d’esclave »; ce serait là diviser le Christ. Anathem., ιν, ἢ. G.,t. LXXV1, Col. 416. Il serait mieux d'attribuer l'ignorance et les autres faiblesses aux conditions de son humanité, τοῖς τῆς ἀνθρωπότητος αὐτοῦ μέτροις. Voir aussi la réponse aux Orientaux, P. α., t. LXXVI, col. 340-341.

Même réponse dans l'Exposé de la foi orthodoxe aux reines (en 430) : « Ignorer les mystères divins n’est pas chose insolite ni messéante pour une créature. Si l’on dit que le Fils a été abaissé un peu au-dessous des anges; en tant qu'il est devenu homm», bien qu'il soit par sa divinité transcendant à toute créature, qu'y at-il d'étonnant à ce qu'on dise qu'il ignore comme les anges le mystère caché en Dieu, bien qu'il soit sa Sagesse et sa Puissance ?.…. Ainsi, si l’on peut dire qu'il a ignoré humainement, il a su divinement, οὐκοῦν κἂν

ἀγνοεῖν ἀνθρωπίνως λέγεται, ἀλλ’ οἷδε θεϊκῶς. De recta fide ad Augustas et Dominas, 1. 11, €. XVu, ἢ. G., t. LXXVI, Col. 1356.

d) On pourra également consulter d’autres textes d'authenticité douteuse Adv. anthropomorphitas, c. XIV, P. G., t. LXXXVI, col. 1101; Zn Matth., deux fragments, t. LXxXII, col. 444 B et 444 G-445. Voir les textes dans J. Lebreton, p. 572-573.

En se reportant aux textes relatifs au p'ogrès en sagesse et en grâce (voir ci-dessus, col. 1636 sq.), on souscrira à la conclusion du P. Lebreton :

Dans cet énoncé, pour serrer de plus près la pensée de saint Cyrille, nous avons tenu à représenter cette ignorance comme apparente, comme extérieure, ainsi que le saint Docteur le fait lui-même le plus souvent; mais nous ne pensons pas que par là il veuille signifier une feinte ou un faux semblant : dans cette hypothèse on ne pourrait comprendre le dessein miséricordieux du Christ, sur lequel il insiste tant { «il a voulu prendre toutes nos infirmités pour les guérir toutes ») et l’on ne pourrait non plus s'expliquer ce rapprochement de la croissance physique du corps avec le développement progressif de l'intelligence. On interprétera plus exactement cette doctrine en concevant, d'après saint Cyrille, cette ignorance humaine comme réelle, mais comme étant, pour ainsi dire, à la surface de la vie du Christ; quiconque pénétrera plus avant, rencontrera la divinité et sa science infinie; cette ignorance n’est qu'une forme extérieure (σχῆμα); mais l'humanité du Christ est appelée du mime saint Cyrille, et dans ces mêmes passages, σχῆμα αϑϑρώπινον (Thes., 28, P. G., t. LXXV, col. 429 B). En reprenant cette expression, que saint Paul avait consacrée, saint Cyrille n'entend certes pas mettre en question la réalité de l'humanité du Seigneur, mais montrer qu’il y ἃ en lui, sous les dehors de cette humanité, une autre nature plus intime, plus profonde; c’est dans le même sens qu'il écrit : « Le Christ attribue l'ignorance à son humanité, et non pas ἃ su propre nature τῇ ἀνθρωπότητ: χαὶ οὐ τῇ οἰχεία φύσει τὸ ἀγνοξῖν περιτίθησι" (Thes., P. G., t. LXxV, col. 373 A). L'humanité du Christ est, avant tout, pour lui, l'instrument dont se sert le Verbe (Thes., t. LXXV, col. 429 C) et par lequel il révèle sa divinité (ibid., col. 428 B); à son gré, il y manifeste l'ignorance propre aux hommes, ou il y fait transparaître la science d’un Dieu. » Op. cit., p. 575-576.

Est-il besoin de faire observer combien cette conception correspond parfaitement à l’idée maîtresse de la christologie cyrillienne ? Conception séduisante, à coup sûr, mais à laquelle le progrès de la théologie apportera des modifications. Ce sera d’une part le fait de saint Augustin qui montrera que l'ignorance n’est pas assimilable aux infirmités physiques et le résultat, d'autre part, des controverses monophysites et monothélites (vie et vrre siècles).

4. Saint Augustin et ses disciples. — a) Saint Auguslin ἃ commenté à maintes reprises le texte de Marc., ΧΗΙ, 32. Citons les principaux passages : De diversis quæst. LXXXIII, q. LX, P. L., t. xL, col. 48; Serm., ΧΟΥ͂Σ, t. XXXVII, 60]. 589; De Trinitate, 1. I, €. ΧΙΙ, n. 23, t. xLI1, col. 837; De Genesi ad litt., 1. I, ©. ΧΧΙΙ, n. 34, t. XXXIV, col. 190; In ps. XXXVI,n.1,t. XXXVI, col. 355. On pourra comparer l'interprétation de Act., 1, 7 dans Epist., cxc1v, De fine sæculi, €. τι, n. 4, t. xxx, col. 906.

L'interprétation de saint Augustin n’a jamais varié : le Christ connaissait comme le Père le jour du jugement ; s’il a dit qu'il l’ignorait, c’est qu’il ne pouvait ni ne voulait le révéler. La saint Docteur illustre son aflirmation de nombreux exemples. L'influence d'Augustin s’exerce principalement par sa doctrine théologique de l'ignorance et du péché. Athanase et surtout Cyrille d'Alexandrie voyaient dans l’ignorance du Seigneur une intention miséricordieuse : application du plan de l’incarnation (l’économie), par lequel le Fils de Dieu a pris sur lui toutes nos misères pour les guérir. Augustin distingue l'ignorance des autres infirmités. Si Jésus a pu prendre la faim, la soif, la mort même, il n'a pu prendre l'ignorance, parce que l'ignorance est

ECRPIGABIONSDES /PERES {1646 non seulement la conséquence, mais encore le principe du péché. Voir cette explication dans De peccat. merilis et remiss., J. II, c. xx1x, ἢ. 48, t. σιν, col. 180. Les mêmes traits se retrouvent dans le De civitate Dei, 1. XXII, ec. Xxu1, n. 1, t. ΣΧ, col. 784 : l'ignorance est un abîme dans lequel ont été précipités les fils d'Adam. Si le Christ nous sauve de cet abîme, ce n’est pas en s’v précipitant lui-même, car «ilest notre science et notre sagesse », De Trinitate, 1. XIII, €. ΧΙΧ, n. 24, t. ΧΙ, col. 1034. Aïlleurs, dans une interprétation allégorique de l’histoire de Lazare, saint Augustin oppose à l'ignorance la science du Christ, « qui n’a pas commis de péché et qui n’a rien ignoré ». De div. quæsl. LXXXTII1, συν, t. XL, col. 60.

On le voit, saint Augustin fait entrer dans la solution du problème la conception de la faute originelle et de l'ignorance, suite de cette faute.

δ) L'influence de saint Augustin se fait sentir : Tout d’abord dans la rétractation de Léporius. Commentant Luc., 11, 52, Léporius affirme dans le Christ une science progressive et attribue la réalité de ce progrès au dessein rédempteur du Christ qui a voulu porter toutes nos infirmités; voir ci-dessus, col. 1637. En second lieu, Léporius anathématise la doctrine qu’il avait professée et qui attribuait l'ignorance au Christ : dici non licel etiam secundum hominem ignorasse Dominum prophetarum. Libellus emend., n. 10, P. L., t. ΧΧΧΙ, col. 1229.

Si l’on trouve encore parfois contre Eutychès (Vigile de Thapse dans Contra Eutychetem, 1. V, ©. Χαπὶ, P. L., t. LxIx, col. 143; cf. ΟἹ vis, col. 139; c. x11, col. 143), ou contre les ariens (S. Fulgence, Ad Trasimundum, 1. I, οὐ vint, P. L.,t.LXV, Col. 231) l'argumentation de l’ignorance pour prouver la réalité de l'âme du Christ, l’influence du docteur d’'Hippone se fait néanmoins sentir dans la réponse de Fulgence à Ferrand, Epist., XIV, 4. 1x, n. 25-34, P. I.., t. LXV, col. 415 sq. Il s’agit de savoir «si l’âme du Christ a eu pleine connaissance de la divinité qui l’a prise ». La réponse de Fulgence, sur ce point précis, est ferme : nous autres, fils adoptifs, nous ne connaissons que partiellement la divinité; au contraire, l'âme du Christ en a eu pleine connaissance ; il observe toutefois qu’elle ne connaît pas la divinité comme la divinité se connaît elle-même (n. 31, col.430). Cette remarque permet de corriger en un sens acceptable la conception de Fulgence. Voir Thomassin, De incarnatione Verbi Dei, 1. VIII, c.1-vir; Chr. Pesch, Prælectiones dogmaticæ, t. 1V, n. 250-251. L'influence de Fulgence fut considérable dans le haut Moyen Age, sur Alcuin, De Trinitate, 1. II, c. xx, P. Το t. cr. col. 30 B-31 A, et plus tard, sur Hugues de Saint- Victor.

5. Controverses christologiques des vre et vrre siècles. — C’est seulement ici, à proprement parler, la controverse agnoëète; car les agnoètes sont des monophysites qui, sous la conduite de Thémistius, se séparent vers 540 du patriarche monophysite d'Alexandrie, Timothée II. Voir AGNOËÈTES, t. 1, col. 592. Les principaux documents relatifs aux agnoètes sont : Liberatus, diacre de Carthage, Breviarium causæ nestorianorum el eutychianorum. €. Χιχ, P. L., t. ΠΧ ΤΙ, col. 1034; Euloge, patriarche d'Alexandrie, dans Photius, Cod., 230, Ρ. G., τ. our, col. 1080-1084 ; 5. Grégoire le Grand, Epist., ΧΧΧΙΧ, P. L., t. LXxXvIr, col. 1096-1099; pseu do-Léonce de Byzance, De seclis, V, P. G., τ LXXXVI, col. 1232 D; Timothée, prêtre de Constantinople, De receplione hærelicorum, P. G., t. LXXXVI, Col. 41 B, 53 D, 57 C; 5. Jean Damascène, Hær., LXXXV, P. G., t. xciv, col. 756 B. Voir également quelques textes dans la Doctrina Patrum, éd. Diekamp, Munster-en-W., 1907, p. 104-109. La plupart de ces textes réunis pat J. Marië, à la fin de sa dissertation De agnoetarum doctrina, argumentum patristicum pro omniscientia

1647: SETENCESDE Christi heminis relativa, Zagreb, 1914, p. 113-120.

a) Eulcge nie toute ignorance dans le Christ et pense que son humanité connaissait tout le présent et tout l'avenir. Avec Cyrille et Grégoire de Nazianze, il faut entendre Marc., 111, 32, en ce sens que l'ignorance est conçue comme une propriété naturelle de l’humanité du Christ, si par une abstraction de l'esprit, on la considère formellement comme humanité. Si quelquesuns des saints Pères ont attribué l'ignorance à l’humanité du Christ, ils n’ont pas donné cela comme un dogme (οὐχ ὡς δόγμα τοῦτο προήνεγχαν), ils s’en sont servi seulement pour écarter une objection arienne; au reste on peut aussi avec piété entendre leur langage au figuré. S'il invoque l'autorité de Cyrille d'Alexandrie, il corrige le principe de sa doctrine : le Christ a pris sur lui nos infirmités corporelles, mais l'ignorance ne peut être assimilée à ces infirmités. Col. 1081 B. Cf. Tixeront, Hist. des dogmes, ἃ. 111. p. 128-

b) Saint Grégoire le Grand, à qui la cause avait été déférée en même temp; qu’au patriarche d’Alexandrie et à qui Eulcge avait communiqué £a réponse, adhéra sans réserve à la doctrine exposée par Euloge, qu’il résume en quelques mots : /ncarnatus Unigeni-

JÉSUS-CHRIST

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