SUAREZ (FRANÇOIS) — SUAREZ (JACQUES DE SAINTE-MARIE
un recueil des textes suarésiens les plus importants vient d’être composé et doit bientôt paraître : il rendra plus accessibles les vues originales du vieux maître et leur permettra de continuer leur action.
1. BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE. — KR. de Scorraille, François Suarez, de la Compagnie de Jésus, 2 vol., Paris, 1911; À. de Vasconcelloz, Francisco Suarez, Doctor eximius, Coïmbre, 1897; Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vx, col. 1661 sq.; E. Rivière et R. de Scorraille, Suarez et son œuvre, à l’occasion du troisième centenaire de sa mort, Toulouse, 1918; Razon y fe, t. xLVI1 (1917), p. 442 sq.
2. OUVRAGES DOCTRINAUX D’ENSEMBLE ET RECUEILS D'ÉTUDES. — Ε΄ Noël, Theologiæ R. P. Suarez Summa seu Compendium, Cologne, 1732, réédité par Migne, 2 vol. Paris, 1859; J.-B. Guarini, Juris naturæ et gentium principia et officia.. explicata a Doctore eximio F. Suarez, Palerme, 1758, reproduit dans le Cursus completus theologiæ de Migne, t. χν, Paris, 1841; Κα. Werner, F. Suarez und die Scholastik der letzten Jahrhunderte, 2 vol., 2° éd., Ratisbonne, 1889; P. F. Suarez, Gedenkblätter zu seinem 300 jährigen Todestage (25 sept. 1917)..., von K. Six, M. Grabmann, F. Hatheyer, A. Inauen, J. Biederlack, Inspruck, 1917; Scritti varii pubblicati in occasione del terzo centenario della morte di F. Suarez per cura del Prof. A. Gemelli… : fase. 1 du t. x de la Rivista di filosofia neoscolastica, Milan, 1918; L. Teixidor, Suarez y santo Thomas. dans Estudios ecclesiasticos, janv.avril 1933, janv.-avril 1934; M. Grabmann, Die Geschichte der katholischen Theologie…., Fribourg, 1933, p. 169 sq.; F. Cayré, Patrologie et histoire de la théologie, t. 11, 2° éd. 1933,
3. PHILOSOPHIE. — L. Mahieu, François Suarez, sa philosophie et les rapports qu’elle a avec sa théologie, Paris, 1921; P. Descoqs, Thomisme et suarézisme, dans Archives de philosophie, t. IV, fase. 4 (1927), Ὁ. 82 sq.; E. Conze, Der Begriff der Metaphysik bei Suarez, Leipzig, 1928; P. Monnot, art. Suarez, dans le Dictionnaire pratique des connaissances religieuses, t. νι, 1928, col. 475 sq.; G. Siegmund, Die Lehre von Individuationsprinzip bei Suarez, Fulda, 1927; L. Fuetscher, Akt und Potenz, Inspruck, 1933; J. Seiler, Der Zweck in der Philosophie des Fr. Suarez, Inspruck, 1936; M. Grabmann, Mittelalterliches Geistesleben, t. 1, Munich, 1926, p. 525 sq. (sur les Disputationes metaphysicæ).
4. THÉOLOGIE SPÉCULATIVE. — En plus des ouvrages mentionnés dans l’art., signalons : A. Breuer, Der Gottesbeweis bei Thomas und Suarez, Fribourg, 1929; Leiwesmeier, Die Gotteslehre bei Suarez, Paderborn, 1938; J.-H. Busch, Das Wesen der Erbsünde nach Bellarmin und Suarez, Paderborn, 1909; F. Stegmüller, Zur Gnadenlehre des jungen Suarez, Fribourg, 1933; P. Dumont, Liberté humaine et concours divin d'après Suarez, Paris, 1936; J. Gummersbach, Unsündlichkeit und Befestigung in der Gnade…, Francfort,1933.
5. THÉOLOGIE PRATIQUE. — Les études les plus importantes ont été indiquées au cours de l’article; nous y ajouterons : P. Pourrat, La spiritualité chrétienne, t. 1x1, Les temps modernes, première partie, 2° éd., Paris, 1925, p. 336 sq.; L. Recasens Siches, La filosofia del derecho de Suarez, Madrid, 1927; H. Rommen, art. Suarez, dans le Staatslexæicon, 5e éd., Fribourg, 1932, t. v, col. 207 sq.; R. Vuillermin, Concetti politici della « Defensio fidei » di Suarez, Milan, 1931; A. Dempf, Christliche Staatsphilosophie in Spanien, Salzbourg, 1937; G. Neyron, La doctrine de Suarez sur la famille, dans Revue apologétique, juin 1939, p. 389 sq.; J. Larequi, Del « Jus gentium » al derecho internacional, dans Razon y fe, 25 févr. et 10 mai 1928; J. Brown-Scott, The catholic conception of international law, Georgetown, 1934, p. 127 sq.; H. Bernard, La théorie du protectorat civil des missions en pays indigène d’après Suarez dans Nouvelle revue théologique, mars 1937, p. 261 sq.; J.-B. Schuster, Bemerkungen zur Kriegslehre von Suarez, dans Scholastik, 1930, p. 387 sq.; Y. de La Brière, Le droit de juste guerre, Paris, 1938, p. 43 sq; Vitoria et Suarez : Contribution des théologiens au droit international moderne, préf. de J. Brown-Scott, introd. du P. de La Brière, Paris, en préparation.
R. BROUILLARD
2.SUAREZ Jacques de Sainte-Marie, frère-mineur portugais des xvie-xvire siècles, — Né à Lisbonne, au début de décembre 1551, il entra au couvent royal des mineurs de Lisbonne le 23 avril 1567 et aurait étudié, aux universités de Paris et de Louvain, la théologie, en laquelle il aurait pris le grade de docteur. Il s’acquit surtout un grand renom comme prédicateur,
En 1580, il quitta sa patrie pour se soustraire aux attaques des envieux et passa en France, où il enseigna d’abord la théologie au couvent d’Ancenis puis au grand couvent Saint-Bonaventure de Lyon. Prédicateur recherché, il tint les principales chaires de France et surtout de Paris pour la prédication des carêmes et reçut les titres de prédicateur et de conseiller du roi. Il est célèbre aussi à cause de ses campagnes contre les protestants. Convié en 1603 à une conférence par le célèbre ministre protestant Pierre Du Moulin, qui promettait d’éteindre le feu du purgatoire, le P. Suarez s’y rendit et tint tête au ministre. Au rapport de cette conférence publiée par Du Moulin sous le titre : Les eaux de Siloë pour esteindre le purgatoire, le P. Suarez répliqua par un ouvrage intitulé : Torrent de feu sortant de la face de Dieu pour desseicher les eaux de Mara encloses dans la chossée du Molin d'A blon, où est amplement prouvé le purgatoire et suffrages pour les trepassez et sont descouvertes les faussetez et calomnies du ministre Molin, Paris, s. d., réimprimé à Rouen, 1604 et, d’après Pérennès, Dictionnaire de bibliographie catholique, t. τι, Paris, 1909, p. 698, à Paris, 1605. A cet écrit ainsi qu'aux deux réponses publiées avant celle du P. Suarez par les docteurs de Sorbonne, Cayet et A. Duval, Du Moulin répondit par une réplique de son écrit : Eaux de Siloë pour esteindre le feu de purgatoire et noyer les traditions, les limbes, les satisfactions humaines et les indulgences papales contre les raisons et allégations d’un cordelier portugais défendues par trois escrits, dont l’un est du mesme cordelier.… les autres de deux docteurs de la Sorbonne, La Rochelle, 1608. En 1610, le P. Suarez continua sa campagne contre les protestants. Le ministre N. Vignier venait de publier son Théâtre del’ Antéchrist, s. L., 1610, composé par ordre du synode tenu à La Rochelle en 1607, et qui était d’une violence désavouée par les protestants eux-mêmes. Le P. Suarez prit comme sujet de son carême de 1610 cet ouvrage, qui avait causé un grand scandale. Comme l’on croyait que le roi d'Angleterre n’avait pas été étranger à sa publication, il invectiva en particulier contre ce dernier et défendit le pape, désigné sous le nom d’Antéchrist par les réformés, en qui il faisait voir les véritables antéchrists. Le cardinal de Joyeuse pressa le P. Suarez de publier ces sermons, mais sa mauvaise santé ne lui permit pas de le faire. Pendant le carême de 1611, il attaqua Duplessis Mornay, auteur d’un autre livre contre le pape et la cour romaine, intitulé : Le mystère de l’iniquité, c’est-à-dire l'histoire de la papauté, Saumur, 1611. D’après le P. Édouard d'Alençon, le P. Suarez, prenait vivement Duplessis Mornay à partie. Voir Jacques Suarez de Sainte-Marie, cordelier el évêque de Séez, extrait du Bulletin de la Soc. hist. el archéol. de l'Orne, t. xx1v, 1905, Alençon, 1905, p. 6. Nommé évêque de Séez au mois d’août 1611 par Louis XIII, le P. Suarez ne put toutefois obtenir la bulle de nomination in forma gratiosa du pape, qui, prévenu contre lui par ses ennemis, qui l’avaient desservi en cour de Rome, refusa d’expédier cette bulle. C’est seulement au consistoire du 9 janvier 1612, que Paul V éleva le P. Suarez au siège épiscopal de Séez. Il fut sacré le 4 mars 1612. Trouvant son évêché dans un état lamentable au point
de vue religieux, le nouvel évêque, dès son arrivée dans |
son diocèse, en entreprit la visite, se montra en toutes les circonstances un rigide observateur de la discipline ecclésiastique, travailla sans relâche au relèvement intellectuel et spirituel du clergé et à la restauration religieuse de son évêché, de sorte qu'il contribua beaucoup à la renaissance catholique en France.
Ne jouissant que d’une santé médiocre, il se fit don-
ner un coadjuteur dans la personne de Jacques Camus
de Pontcarré, qui, dès le 16 juin 1613, fut préconisé |