‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 405 sur 457 · SYLLABUS. APRÈS LA PUBLICATION · texte numérisé non relu

SYLLABUS. APRÈS LA PUBLICATION

sans aucune modération. Dès le 26 décembre — quinze jours après la promulgation des documents pontificaux — dans une note adressée à l’ambassade de France à Rome, il avait formulé « les regrets que la publication de l’encyclique lui avait inspirés ». Cf. J. Chantrel, Annales ecclésiastiques de 1860 à 1866, Paris, 1867, p. 311. Le 1° janvier 1865, une circulaire du ministre de la Justice et des Cultes fut adressée à tous les évêques de France. Distinguant deux parties dans les textes venus de Rome, le ministre déclarait : « Le Conseil d’État est saisi de l’examen d’un projet de décret tendant à autoriser la publication dans l’empire de la partie de l’encyclique qui accorde un jubilé pour 1865. Quant à la première partie de l’encyclique et au document qui y est annexé sous le titre : Syllabus complectens præcipuos nostræ ætatis errores etc, Votre Grandeur comprendra que la réception et la publication de ces actes, qui contiennent des propositions contraires aux principes sur lesquels repose la constitution de l’empire, ne sauraient être autorisées. Ils ne peuvent donc être imprimés dans les instructions que vous croiriez devoir adresser aux fidèles. » Cf. J. Chantrel, op. cit., p. 315. De fait, le 5 janvier, Napoléon III signait un décret permettant la publication dans l’empire « de la dernière partie de l’encyclique, commençant par ces mots : Hisce litteris auctoritate Nostra ». Ibid., p. 319.

b) Les évêques. — Les évêques ne tardèrent pas à faire entendre de vives protestations contre la décision du gouvernement français. Un mois à peine après le décret impérial, ils avaient presque tous exprimé leurs sentiments. Cf. Raulx, Encyclique et documents, Paris, 1865, 2e partie; J. Chantrel, op. cit., p. 316 sq.; Alex. de Saint-Albin, L’encyclique et les évêques de France, recueil complet des lettres. de N. N. 5. 5. les archevêques et évêques de France, Paris, 1865 (les citations qui suivent se réfèrent à ce dernier ouvrage).

Quelques évêques s’adressèrent à leur clergé dans des mandements. Ils adhéraient évidemment sans réserve aux documents pontificaux « réprouvant et condamnant toutes les erreurs réprouvées et condamnées, dans le sens et de la manière que le pape les réprouve et les condamne ». Ils relevaient aussi les calomnies des ennemis de l’Église, rejetant surtout avec indignation l’opposition qu’on disait exister entre leurs devoirs de catholiques et leurs devoirs de Français. Ils recommandaient enfin à leurs prêtres la prudence et la circonspection dans les paroles, les priant de ne point s'engager en des discussions hâtives sur certains points délicats traités dans l’encyclique et le Syllabus et montrant qu’il fallait avoir, pour bien parler de ces sujets, des notions variées et précises, des connaissances historiques et théologiques étendues. Cf. les mandements des évêques de Limoges, Pamiers, Beauvais, Agen. Op. cit., p. 23, 59, 38, 189.

Mais la plupart des prélats écrivirent directement au ministre, afin de protester contre la défense qui leur était faite de publier l’encyclique. Sans se départir un seul instant du respect qu’ils devaient au pouvoir établi et tout en affirmant leur fidélité au gouvernement de l’empire, les évêques rappelaient d’abord qu’en matière de doctrine le pape était le seul juge; ils devaient pouvoir communiquer librement avec lui et transmettre à leurs fidèles les enseignements du pontife romain. Ce point capital était surtout mis en lumière par l’évêque de Metz, l’archevêque de Toulouse et l’évêque de Nîmes. Cf. pour le premier, F. Klein, Vie de Mgr Dupont des Loges, Paris, 1899, p. 195; pour les deux autres, op. cit., p. 10, 16. Non sans quelque ironie, les évêques français faisaient aussi remarquer au ministre des Cultes qu’ils étaient les seuls à être privés du droit de publier l’encyclique; les catholiques, pour la connaître, pouvaient se la pro-

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