‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 406 sur 457 · SYLLABUS · texte numérisé non relu

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curer facilement, on l’éditait en France même et les journaux hostiles à la religion la citaient et la critiquaient sans être inquiétés. Pourquoi contre l’épiscopat une mesure arbitraire et tout à fait inefficace? Mesure arbitraire, parce que les articles organiques, sur lesquels s’appuyait le gouvernement français pour interdire aux évêques l’exercice de leur droit, n’avaient aucune valeur aux yeux de l'Église; le Saint-Siège à plusieurs reprises les avait condamnés; cf. les lettres de l’évêque d'Angers et de l’archevêque d’Auch, op. cit., p. 19, 72. Mesure inefficace, parce que les doctrines exposées par Pie IX étaient déjà contenues dans ses allocutions ou ses encycliques antérieures; l’enseignement en était connu et accepté par tous les fidèles. Cf. la lettre de l’évêque de Nîmes, op. cit., p. 17.

Le gouvernement donnait comme prétexte à sa décision que les documents pontificaux contenaient des propositions « contraires aux principes sur lesquels reposait la constitution de l’empire ». Rien n’est plus faux, répondaient les évêques; les actes de Pie IX soutiennent, au contraire, le pouvoir séculier, ils en montrent l’origine divine, ils en légitiment les droits et c’est pourquoi la presse anarchique met tant d’acharnement à attaquer l’encyclique. Cf. la lettre de l'archevêque de Lyon, op. cit., p. 52.

Les évêques insistaient enfin sur certaines propositions mal comprises, et particulièrement sur celles qui concernaient la liberté des cultes. Cette liberté, disaient-ils, conduirait au scepticisme, si elle était prise dans un sens absolu; l’erreur ne peut pas avoir les mêmes droits que la vérité. Mais, ajoutaient-ils, autre chose est de prononcer un jugement théologique, autre chose d’apprécier les circonstances. Il pourrait se faire que la plus pure et la plus religieuse théorie devint, par son application absolue, une source de troubles sociaux ou même une véritable injustice par l’atteinte qu’elle porterait aux droits acquis. Cf. les lettres des évêques de Strasbourg, de Clermont, de Marseille, de La Rochelle, op. cit., p. 88, 160, 171, 224; même idée dans les mandements des évêques de Blois et d'Amiens op. cit., p. 65, 183.

Non contents de protester devant leurs diocésains par leurs mandements et devant le ministre par leurs réponses à sa lettre du 1% janvier 1865, deux évêques français, Mgr Mathieu, cardinal-archevêque de Besançon et Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, donnèrent publiquement lecture, le 8 janvier, dans la chaire de leur cathédrale, du texte complet de l’encyclique. La riposte du gouvernement ne se fit pas attendre. Un recours comme d’abus fut formé contre eux devant le Conseil d’État, et le Moniteur du 8 février publiait leur condamnation, « considérant qu’ils avaient contrevenu à la loi du 18 germinal an X ». Cf. le texte dans J. Chantrel, op. cit., p. 322-323.

c) Intervention spéciale de Mgr Dupanloup. — Pour donner une publicité plus grande à sa réponse et en même temps pour réfuter plus sûrement les objections lancées contre l’encyclique et le Syllabus, l’évéque d’Orléans fit paraître le 26 janvier un petit opuscule intitulé : La Convention du 15 septembre et l’encyclique du 8 décembre. Ce livre connut un immense succès, puisque trente-quatre éditions en furent imprimées en quelques semaines. Cf. pour le commentaire, Nouvelles œuvres choisies de Mgr Dupanloup, t. 1V; pour les détails sur la composition et la publication de l’ouvrage, F. Lagrange, op. cit., t.11, p.456 sq. Comme le titre l’indiquait, l’évêque étudiait successivement deux actes « destinés à exercer sur la situation présente de l’Église catholique une influence considérable ». Le 15 septembre 1864, une convention avait été signée entre Napoléon III et le roi de Piémont, Victor-Emmanuel II. La France s’engageait à retirer graduellement ses troupes des États pontifi-

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