Neganda est omnis Dei actio in homines et mundum
8 1. Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu.
1. Il n’existe aucune divinité suprême, pleine de sagesse et de providence, qui soit distincte de l’universalité des choses; et Dieu est la même chose que la nature, assujetti par conséquent aux changements. Dieu par là même se fait dans l’homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu.
Dieu est une seule et même chose avec le monde et, par suite, il n’y ἃ pas de différence entre l’esprit et la matière, la nécessité et la liberté, le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l’injuste.
2. Il faut nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde.
Ces deux premières propositions sont extraites tex-
tuellement de l’allocution Maxima quidem, prononcée par Pie IX au consistoire du 9 juin 1862, devant les cardinaux, archevêques et évêques réunis à Rome pour la canonisation des martyrs du Japon. Cf. Recueil. p. 456-458. Les erreurs signalées ont été ensuite solennellement condamnées au concile du Vatican. Const. De fide catholica, ce. τ, Denz.-Bannw., n° 1782-1784, et canons, tbid., n° 1801-1805. Il y a un Dieu distinct du monde, éternel et immuable, qui a créé le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment et qui gouverne les hommes par sa providence.
3. La raison humaine, sans avoir aucun compte à tenir de Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal; elle est à ellemême sa loi et elle suffit, par ses forces naturelles,
3. Humana ratio, nullo prorsus Dei respectu habito, unicus est veri et falsi, boni et mali arbiter; sibi ipsi est lex, et naturalibus suis viribus ad hominum et populorum bonum ceurandum suffcit.
gressui, qui humanæ rationis progrès continuel et indéfini progressioni respondeat. correspondant au développement de la raison humaine.
La proposition 5 répète une condamnation déjà portée plusieurs fois contre les affirmations de Günther. Cf. décret de l’Index, du 8 janvier 1857; bref aux archevêques de Breslau et de Cologne, Denz.-Bannw., n° 1655-1658; allocution Maxima quidem citée supra, (proposition 1). Puisque, disait Günther, la raison humaine est capable de comprendre toutes les vérités révélées, l’intelligence de ces vérités ira sans cesse en se perfectionnant. Grâce aux progrès des sciences et de la philosophie, on parviendra à donner aux dogmes un sens nouveau, autre que celui qui leur est attribué jusqu’à présent. Le concile du Vatican a réprouvé formellement cette doctrine, en affirmant que les définitions de l’Église sont infaillibles et expriment une vérité immuable. 5655. 111, c. τν, De fide et ratione, Denz.-Bannw., n° 1800, 1818. Cf. sur Günther, A. Vacant, Études théologiques sur les constilutions du concile du Vatican, Paris, 1895, t. 1, p. 131 sq.; et ici l’art. DOGME, t. IV, col. 1637.
6. Christi fides humanæ 6. La foi du Christ est en refragatur rationi, divinaque opposition avec la raison revelatio non solum nihil humaine; non seulement la prodest, verum etiam nocet révélation divine ne sert de hominis perfectioni. rien, mais elle nuit à la per-
fection de l’homme.
La proposition 6 est composée de deux membres de phrase; le premier est tiré de l’encyclique Qui pluribus; le second, de l’allocution Maxima quidem. Cf. supra, propositions 4 et 1, et pour le texte, Recueil.…, Ὁ. 172 et 457. A force d’exalter la souveraineté de la raison humaine, on en arrive à rejeter toute révélation. Le pape, dans les documents d’où cette proposition est extraite, répond qu'il ne peut y avoir ni opposition ni contradiction entre la raison et la foi, « parce que l’une et l’autre émanent et arrivent jusqu’à nous de ce Dieu très excellent et très grand, qui est la source de la vérité immuable et éternelle. C’est à une droite raison que la vérité de la foi emprunte sa démonstration, son soutien et sa défense les plus sûrs; la foi de son côté délivre la raison des erreurs qui l’assiègent; elle l’illumine... par la découverte des choses divines, la confirme et la perfectionne ». Sur l’histoire de cette erreur du rationalisme au x1x® siècle, cf. art. Foi dans le Dictionn. apolog. de la foi cathol., t. 11, col. 63 sq; et ici l’art. RATIONALISME, t. xt, col. 1765 sq.