Ecclesia a Statu Statusque ab Ecclesia sejungendus est
Le principe de la séparation de l’Église et de l’État est ici condamné. Pie IX avait dénoncé « cette funeste erreur » dans l’allocution Acerbissimum; cf. supra, proposition 31; c’est de ce document qu'est extrait le texte du Syllabus. Avant lui, Grégoire XVI avait nettement exposé l’enseignement de l’Église à ce sujet dans l’encyclique Mirari vos. Après lui, Léon XIII dans l’encyclique Immortale Dei, et Pie X, en condamnant, dans l’encyclique Vehementer, la loi de séparation votée par le parlement français, résumeront toute la doctrine catholique sur ce point. Cf. textes et références dans L. Choupin, op. cit., p. 352 sq.
Nunquam fore; cf. supra, proposition 26.
53. Abrogandæ sunt leges quæ ad religiosarum familiarum statum tutandum earumque jura et officia pertinent; immo potest civile gubernium 115. omnibus auxilium præstare, qui a suscepto religiosæ vitæ instituto deficere ac solemnia vota frangere velint; pariterque potest religiosas easdem familias perinde ac collegiatas ecclesias et beneficia simplicia etiam juris patronatus penitus extinguere, illorumque bona et reditus civilis potestatis administrationi et arbitrio subjicere et vindicare.
53. Il faut abroger les lois qui concernent l’existence des familles religieuses, leurs droits et leurs fonctions; bien plus, le gouvernement peut donner son appui à tous ceux qui voudraient quitter l’état religieux qu’ils avaient embrassé et enfreindre leurs vœux solennels; le gouvernement peut aussi supprimer complètement ces mêmes congrégations religieuses aussi bien que les églises collégiales et les bénéfices simples, même de droit de patronage; il peut soumettre leurs biens et leurs revenus à l’administration et au con-
trêle du pouvoir civil.
A plusieurs reprises, le pape avait dû condamner la législation établie en plusieurs pays contre les ordres religieux. Le 27 septembre 1852, dans l’allocution Acerbissimum, οἷ. supra, proposition 31, il avait blâmé le gouvernement de la Nouvelle-Grenade, qui promettait son appui à tous ceux qui voudraient quitter le cloître et s’efforçait d’abroger les lois qui assuraient l’existence des congrégations religieuses. Le 22 janvier 1855, Pie IX avait de nouveau élevé la voix, dans l’allocution Probe memineritis, pour flétrir une loi du royaume de Sardaigne, soumettant à l’administration du pouvoir civil les biens et les revenus des communautés religieuses. Cf. Recueil..…., p. 347- 349. L’allocution Cum sæpe, enfin, le 26 juillet 1855, avait répété presque dans les mêmes termes la protestation pontificale. Zbid., p. 357. La proposition 53 est extraite de ces trois documents; la doctrine qu’elle condamne est en opposition avec le droit naturel, contraire au droit qu’a l’Église de fonder des instituts exclusivement soumis à son autorité, contraire enfin