‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 429 sur 457 · SYMÉON II DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

SYMÉON II DE JÉRUSALEM

— Ce patriarche occupait la ville sainte au moment de la première croisade. En apprenant l’arrivée des croisés devant Antioche, il se retira à Chypre pour se soustraire aux menaces des Turcs. De là, il entretenait de bons rapports avec les chefs de l’expédition et leur envoyait des présents consistant en des produits de l’île. D’accord avec eux, il écrivit deux lettres aux Latins d'Occident pour les informer des succès de la guerre sainte et hâter l’envoi des renforts, l’une, vers la fin de 1097, l’autre, le 15 janvier 1098. Une autre lettre, de 1094, est inauthentique. Syméon mourut durant le siège de Jérusalem, en juin ou juillet 1099. Sous le nom de Syméon de Jérusalem nous est parvenu un petit traité sur les azymes. Le P. Leib, qui l’a édité, lui en ἃ dénié la paternité, parce que cet écrit est une réfutation d’un opuscule sur le même sujet, composé par Bruno de Segni entre 1107 et 1111. Le P. Jugie a relevé que plusieurs répliques de l’auteur grec n’ont pas leur correspondant dans l’opuscule latin, mais laisse sans explication le fait que l’ordre suivi est le même de part et d’autre. Le problème est maintenant résolu par la publication récente par A. Michel d’une lettre d’un certain Layeus, utilisée et pour ainsi dire plagiée par Bruno, et qui est manifestement celle que réfute le traité grec. Ce nouveau texte en effet y est serré de bien plus près et il contient les passages dont le P. Jugie relevait l’absence dans Bruno de Segni. Il n’y a donc plus de raison chronologique qui empêche l’attribution à Syméon du traité sur les azymes parvenu sous son nom et, comme le ton en est relativement irénique, il n’y a pas lieu de récuser le témoignage de la tradition manuscrite.

Le début du patriarcat de Syméon ne peut être établi avec certitude. Les dates données jusqu’à présent l’ont été en fonction d’un concile tenu aux Blachernes où Syméon était présent. Ce concile est celui qui jugea une lettre de Léon de Chalcédoine sur le culte des images. Mgr Chrysostome Papadopoulos et le P. Jugie le placent en 1084, Chalandon en 1086,

L'événement est certainement postérieur de plusieurs années, et le susdit concile, où Léon fit sa soumission, eut précisément pour résultat de le rétablir sur son siège.

Hagenmayer, Die Kreuzzugsbriefe (1088-1100), Inspruck, 1901, p. 141, 146; le comte Riant, Inventaire crilique des lettres historiques des croisades, 1880, n. XXXIIT, Χο, XCI, et append. n. τι, p. 92-100, 152-159, 222; Albert d'Aix, dans Recueil des histor. des croisades, Occid., t. IV, p. 489; Monachus anon. Scaphusiensis, ibid., t. V, p. 336; Anonymi gesta Francorum, éd. Hagenmayer, Heidelberg, 1890, p. 481 ; Bernard Leib, Deux inédits byzantins sur les azymes, dans Orientalia christiana, t. 11, fase. 3 (n. 9), 1924, p. 177-243; le même, Rome, Kiev et Byzance à la fin du ΧΙ" siècle, Paris, 1924, p. 260-263 (donne la traduction des deux lettres de Syméon); Le Quien, Oriens christ., t. 111, p. 498-500; M. Jugie, Tkeologia dogm. Orientalium, t. 1, p. 406-407. Des auteurs orientaux, qui ont traité de notre Syméon en le tenant pour un antilatin, je n’en cite qu'un, parce qu’il entend faire œuvre critique : Al. Popov, Latinskaja Ilerusalimskaja patriarchija epochi crestonostsev, t. 1, Ὁ. 228-231; A. Michel, Amalfi und Jerusalem im griechischen Kirchenstreit (1054-1090) (la lettre de Layceus se trouve p. 34-47); M. Jugie, Le traité sur les azymes attribué à Syméon II de Jérusalem, dans Échos d'Orient, t. XXV1, ee p. 121-125.

GRUMEL.

3. SYMÉON LE JEUNE, LE THÉOLO- GIEN ou LE NOUVEAU THÉOLOGIEN, lun des plus grands mystiques byzantins (949?- 12 mars 1022). Fêté comme saint dans l’Église orthodoxe, le 12 mars.

Les auteurs discutent sur la portée de l’épithète de Syméon. Les uns lisent, dans τοῦ νέου θεολόγου, « le nouveau Théologien » et y voient une comparaison avec saint Grégoire de Nazianze, cf. J. Pontanus, P. G., t. exx, col. 317 D, ou même avec saint Jean l'Évangéliste; cf. I. Hausherr, La méthode d’oraison hésychaste, dans Orientalia christiana, Rome, 1927, p. 102, n. 1, qui se recommande d’un passage, toutefois non décisif, de la Vie de Syméon. Ils réclament pour eux la grammaire; cf. M. Jugie, La méthode d’oraison des hésychastes, dans Échos d'Orient, t. xxx, 1931, p. 179, n. 2. D’autres préfèrent « le Jeune, le théologien ». La tournure grecque citée, quoique la plus fréquente, n’est en effet, pas générale; beaucoup de scribes ne pensent même pas à rapprocher véov de θεολόγου:; ils séparent les deux mots par χαὶ ou bien omettent l’un ou l’autre. Dans cette acception, « jeune » pourrait distinguer le personnage de ses homonymes anciens et « théologien », de Syméon Stylite le jeune; en ce sens, A. Ehrhard, Byz. Zeitschr., t. xt, 1902, p. 178; t. xx vit, 1929-1930, p. 444; t. ΧΧΧΙΙ, 1933, p. 381, et Fr. Halkin, Analect. boll., t. ΧΥΙΝΤΙΙ, 1930, p. 201. C’est celle qui nous semble la meilleure. Nous emploierons parfois aussi la première, parce qu’elle s’est imposée dans l’usage.

I. VIE. — Nous devons tous nos renseignements sur Syméon à la biographie que lui a consacrée son disciple, Nicétas Stéthatos, le polémiste antilatin connu; cf. 1. Hausherr, Vie de Syméon le nouveau Théologien, Rome, 1928. Le livre a été écrit après 1052 et même assez probablement après 1054. 1. Hausherr, ibid., p. ΧΥΤΙ sq. Il est avant tout l’apologie d’un personnage âprement discuté, ce qui amène d’intéressants aspects doctrinaux. Du côté historique, il fournit des éléments capitaux sur les principaux épisodes de la vie de son héros et marque un vif souci de les présenter selon leur succession chronologique.

Quelles en sont les sources? Nicétas, encore tout jeune à cette date, n’a fréquenté Syméon que dans ses dernières années et seulement par intermittence : il était studite à Constantinople, tandis que son maître vivait sur la côte d'Asie. Il a donc recouru aux témoignages de disciples qu’il nomme à l’occasion et aussi, aux lettres et autres écrits du saint qu'il connaissait

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