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SCOLAIRE (LÉGISLATION). INSTRUCTION RELIGIEUSE A L'ÉCOLE

tendre, puisqu'il ouvre, dans les âmes, la porte à l’athéisme et la ferme à la religion », dit ce dernier document. Voir également la lettre Quum non sine (14 juillet 1864) de Pie IX à l’archevêque de Fribourgen-Brisgau.

A l'encontre de cette doctrine, jugée trop absolue, on a souvent élevé une objection : « Il n’est pas nécessaire que l'instruction religieuse soit donnée à l’école. L’instruction religieuse relève de l'Église; à l’école appartient l'instruction profane qui n’est ni religieuse, ni antireligieuse. Le lieu affecté à l’enseignement religieux est tout naturellement l’église ou la chapelle des catéchismes, où le prêtre exerce librement et sans entraves ses fonctions sacerdotales. L’instruction profane et l'instruction religieuse peuvent être données parallèlement, sans que l’une ait à souffrir de l’autre : mais si le prêtre (comme les parents d’ailleurs), a le droit d’exiger de la part du maître d’école le respect des convictions religieuses des enfants catholiques, il n’est plus dans son rôle en exigeant que ce maître s’occupe à l’école d'enseignement religieux proprement dit. C’est au prêtre ou au maître chargé de l’enseignement religieux d’en faire apprécier aux élèves toute l'importance et la nécessité. » Cette objection ne peut se soutenir quand on considère le double motif de l’union préconisée.

Premier motif : la psychologie de l'enfant. — En des écoles où, systématiquement, on prétend passer sous silence tout enseignement religieux, où seul l’enseignement profane trouve place au programme, où le catéchisme est considéré comme matière étrangère, sans aucun caractère obligatoire, qu’arrivera-t-il fatalement? L'enfant considérera le catéchisme comme une matière étrangère et libre; il n’y verra, comme on semble l’y inviter, qu’une branche très accessoire à laquelle il ne faut pas attacher une importance exagérée. Tout ce que le prêtre pourra dire pour redresser cette opinion, tout ce que les parents pourront faire pour neutraliser l’effet d’un enseignement sans religion, risque d’être sans efficacité. Léon XIII, dans une lettre au cardinal vicaire (26 juin 1878), signale « l’impression fâcheuse que doit produire dans l’âme des enfants le fait que l’enseignement religieux se trouve dans des conditions si différentes de tous les autres enseignements. La jeunesse a besoin d'apprécier l’importance et la nécessité de ce qu’on lui enseigne, pour se consacrer avec ardeur à l'étude. Quelle stimulation, quelle impulsion pourra-t-elle donc ressentir pour un enseignement envers lequel l’autorité universitaire se montre ou froide ou hostile et qu’elle ne semble tolérer qu'à contre-cœur? » Traduction des Analecta, 1878,

Second molif : la répression nécessaire d’un abus. — Les parents ont le droit, mais aussi le devoir d'élever chrétiennement des enfants baptisés. Ce devrait être le rôle de l’autorité légitime dans la société d'empêcher les abus possibles à cet égard. Léon XIII, dans la lettre citée, insiste sur ce second point de vue.

S'il y avait, dit-il (et il n’est pas impossible qu’il y ait) des parents qui, par perversité d'âme ou bien plus peut-être par ignorance ou par négligence, ne s'aviseraient pas de demander, pour leurs enfants, le bienfait de l'instruction religieuse, une grande partie de la jeunesse demeurerait privée des doctrines les plus salutaires, et cela au grand détriment de la société civile elle-même. Les choses étant en cet état, ne serait-il pas du devoir des personnes qui président aux écoles de rendre vaines la malice ou la négligence des parents?

Et le pape fait la comparaison entre l’école rendue obligatoire pour l’enseignement profane, de moindre utilité sociale que l’enseignement religieux, et l’abandon dans lequel les pouvoirs publics affectent de laisser l'instruction religieuse, « qui est, sans nul doute, la

plus solide garantie d'une sage et vertueuse direction de notre vie ici bas ».

Mais en ce cas, que penser des dissidents? On dit : « L'école officielle est ouverte à tous les enfants sans distinction de religion. Comment donc imposer un enseignement religieux officiel? La réponse est simple et nous l’avons déjà prévue : à enfants catholiques, maîtres catholiques et enseignement catholique. L'exemple de l’Alsace-Lorraine avec ses écoles confessionnelles, catholiques et protestantes, indique que la solution est relativement facile et ne demande qu'un peu de bonne volonté de Ja part des pouvoirs publics. Il suffira pratiquement d’exonérer de l’assistance aux leçons religieuses les dissidents religieux et les enfants élevés en dehors de toute religion.

2. Unilé de maître à l’école primaire pour les deux enseignements. — Pour garder vraiment à l’enseignement religieux son caractère officiel et une efficacité pleine, il serait bon, au moins pour l’enseignement très élémentaire, de le confier au maître même qui donne l'enseignement profane, et non pas uniquement au prêtre chargé du service religieux.

Sans doute, il ne saurait être question d’appliquer cette règle à l’enseignement secondaire, où chaque professeur enseigne une matière déterminée, et où l’enseignement religieux, en raison de son importance, requiert un professeur spécial. Il s’agit donc uniquement des écoles primaires et populaires, dans lesquelles, en règle générale, un seul et même maître est chargé de tout l’enseignement d’une même classe et d'une même section, ou bien encore des petites écoles de village, où un seul instituteur dirige l’école entière.

En demandant dans ces écoles un maître unique pour l’enseignement religieux et pour l’enseignement profane, on exprime un vœu qui répond à l'idéal de l’école catholique. Cet idéal n’est pas toujours réalisable. Maïs il faut le connaître afin de s’en écarter le moins possible dans la pratique.

Qu'on ne dise pas que l’instituteur, quel que soit son sentiment à l’égard de la religion, pourra se tenir, en classe, dans une neutralité stricte. Car son exemple, sa manière de s'exprimer, son silence même — pour ne pas parler de son abstention en tout ce qui concerne les pratiques religieuses — ne seront pas sans laisser de traces dans des âmes impressionnables comme le sont celles des enfants. D’un mot, le Saint-Office, dans son instruction du 26 mars 1866, a résumé la pensée de l’Église sur les maîtres qui s’abstiennent, dans les écoles populaires, de l’enseignement et de la pratique de la religion : « L'autorité des maîtres, qui est très puissante sur l’esprit de la jeunesse, entraîne les enfants par une force naturelle à approuver tout ce qu’ils leur voient faire ou leur entendent dire; d’où il suit que l'indifférence des maîtres pour la religion, leurs erreurs contre la foi, leur mépris du catholicisme, empoisonnent comme d’un souffle empesté leurs cœurs tendres et les corrompent entièrement, en éteignant la flamme de la piété. »

29 Dans les écoles secondaires el supérieures. — Voici, à ce sujet, le texte du canon 1373, $ 2 : Que la jeunesse qui fréquente les écoles secondaires οἱ supérieures reçoive un enseignement doctrinal plus complet, et que les Ordinaires des lieux veillent à ce que cela se fasse par des prêtres pleins de zèle et de science.

Le commentaire de ce canon comporte plusieurs idées maîtresses : la formation chrétienne qui s'impose, dans les collèges secondaires et les lycées, à tous les jeunes gens catholiques, se complète ici d’un enseignement religieux plus parfait ; — cet enseignement

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