SYMÉON LE NOUVEAU THÉOLOGIEN — SYMÉON MÉTAPHRASTE
L'Empire grec au x° siècle. Constantin Porphyrogénète, Paris, 1870, p. 92-104 : Allatius, De Symeonum scriptis, P. G., t. cxiv, col. 18 sq., après M. Psellos du reste, tbid., col. 204 D, s’était laissé prendre à un détail autobiographique jeté dans la Vie de sainte Théoctiste de Lesbos par l’auteur. Celui-ci affirme avoir participé à l’expédition de l’amiral Himérios en Crète (902). On a constaté depuis — notamment après la publication des Mvmueix ἁγιολογικά de Theophilos Ioannou, Venise, 1884, p. 1-17, 18-39 — qu'il existe plusieurs recensions du texte : l’originale qui est de Nicétas Magistros, et une métaphrase très ressemblante, qui provient de Syméon, que l’on avait crue bien à tort être l’originale. Cf. Acta sanct., novembr., t. 1V, 1925, p. 221 sq.
La publication de textes restés inédits, l'examen attentif des compositions de Métaphraste n’ont pas cessé, depuis 1880 environ, d'appuyer la chronologie désormais en possession d'état. Trois précieux témoignages extrinsèques apportent des données concordantes : 1. Le chroniqueur Yahya-ibn-Sa’id (mort vers 1066) note dans son Histoire : « La quatrième année du règne de Basile (II, le Bulgaroctone), Nicolas Chrysobergios fut élu patriarche de Constantinople. Après avoir siégé pendant douze ans, il mourut. A cette époque, fut connu Syméon secrétaire et logothète qui composa les histoires des saints et de leurs fêtes. » Édit. 1. Kratchkovsky et A. Vasiliev, dans Patr. Orient., t. xxIm1, p. 402. Le passage avait été signalé, dès avant la première édition de la Chronique, en 1880 par V. Vasilievskij, La vie et les œuvres de Syméon Mélaphraste, (en russe), dans le Journal du ministère de l’Instruction publique, Saint-Pétersbourg, &. cexx11, p. 379 sq. —- 2. Peu après, A. Papadopoulos Kérameus éditait le synaxaire d’une acolouthie consacrée par Marc d’Éphèse (1451) à Syméon Métaphraste, Μαυρογορδάτειος βιδλιοθήκη, ᾿Ανέκδοτα ἑλληνικά, Constantinople, 1884, p. 100-101. A côté de traits qui rappellent M. Psellos, P. G., t. cxIv, col. 184 sq., la pièce fournit des précisions capitales qui trahissent une source beaucoup plus ancienne. E. von Dobschütz suggérait qu’il pourrait y avoir eu à l’origine une épitaphe du héros, dont on signale le lieu du tombeau. Protest. Realencyklopädie, 3° édit., t. x1x, p. 211. Nous apprenons ainsi que Syméon a servi comme logothète les empereurs Nicéphore Phocas (ÿ 969), Jean Tzimiscès (+ 976), Basile II (976-1025) : ᾿Επὶ τῶν κοινῶν πραγμάτων χαθίσταται, καὶ λογοθέτης μέγας χειροτονεῖται, χαὶ τοῖς μεταξὺ βασιλεύσασι Φωκᾷ καὶ ᾿ΙΤωάννῃ.... ὑπηρετήσας, ...τῷ μετ᾽ αὐτούς Βασιλείῳ τῷ Πορφυρογεννήτῳ τὴν πατρῷαν τε καὶ παππῷαν ἀρχὴν ἀνασώζει καὶ συγκαθίστησι χαὶ γίνεται τούτῳ τὰ πάντα.., loc. cit., p. 101. — 3. Enfin une notice d'Éphrem le Petit Mtsiré, hagiographe géorgien de la fin du xI° siècle, concorde avec les données précédentes. Elle débute ainsi : « Syméon magistre et logothète vivait au temps de l’empereur Basile qui occupa le trône grec jusqu’à son frère, Constantin. » Suivent des détails sur l’activité hagiographique de Syméon, les difficultés qu'elle lui aurait causées avec Basile et la consécration officielle finalement réservée à son œuvre. Cf. K. Kekelidze, Syméon Métaphraste dans les sources géorgiennes (en russe), dans les Travaux de l'académie ecclésiastique de Kiev, 1910, p. 187-190; Analecla boll., t. xxIX, 1910, p. 357-359. — On devrait signaler aussi une épitaphe inédite de Syméon par Nicéphore Ouranos, haut dignitaire dans le dernier quart du xe siècle et le premier du x1*. Si elle ne semble guère apporter des détails concrets, elle a du moins l'intérêt d’être le témoignage le plus ancien et de réunir expressément sur le même personnage les épithètes de logothète et d’hagiographe. Voir A. Ehrhard, Ueberlieferung.…., loc. cit., p. 307-308.
Les œuvres de Syméon Métaphraste permettent une contre-épreuve concluante des arguments historiques précédents, par les synchronismes qu'elles appellent ou les dates qu'elles excluent. Même en laissant de côté la limite (948) de la chronique transmise sous son nom (voir plus bas le détail) ou le fait qu’il a composé une épitaphe au fils de Romain Lécapène, Étienne (+ 963), on trouve dans des pièces hagiographiques lui appartenant avec certitude et dans ses lettres, des indices décisifs. Ainsi la Vie de saint Luc le Jeune (8 février) n’a pu être écrite qu'après la reprise de la Crète aux Sarrasins (961); celle de saint Samson l’hospitalier (27 juin) après la mort de Jean Tzimiscès ( 976). Au 16 août, Syméon emprunte à Constantin Porphyrogénète (912-959), la légende de l’image achéropite d’Édesse et de sa translation à Constantinople (944). S'il était absolument prouvé que la pièce consacrée, le 15 août, à la sainte Vierge dans le Ménologe de Métaphraste (B. LatiSev, Menologii byzantini sæculi x! quæ supersunt, Saint-Pétersbourg, 1912, t. 11, p. 347) est une refonte d’un morceau analogue de Jean le Géomètre, comme semble le prouver M. Jugie (Sur la vie et les procédés liltéraires de Syméon Métaphraste, dans Échos d'Orient, t. xxtr, 1923, p. 5-10) et non l'inverse, on pourrait admettre que notre hagiographe ἃ αὖ mourir tout à fait à la fin du siècle. C’est durant cette période, en effet, que se situe l’activité littéraire de Jean. On ne saurait plus invoquer la Vie de saint Paul de Latros écrite après 969, comme on l’a fait autrefois (cf. V. Vasilievskij, op. cit.). H. Delehaye a montré que l’auteur était un moine de Latros, Analecta boll., t. x1, 1892, p. 10 sq. Des lettres de Syméon récemment publiées par 5. Eustratiadès, deux font allusion à des événements contemporains repérables, l’une aux incursions de l’émir Chamdam (944- 966), l’autre à l’expédition byzantine de Calabre, en 964 ; cf. op. cit., t. x, p. 31, et F. Dôülger, Byz. Zeitschr., t. χχχιν, p. 402, pour une interprétation correcte des passages.
Il n’est pas défendu d'identifier avec notre personnage le Syméon magistros et logothète, que le juriste Eusthatios Romanos a connu au Palais dans sa jeunesse, c’est-à-dire à la fin du xe siècle. ΠΕειρᾶ, c. Lx1v, 1, Zachar. von Lingenthal, Jus græco-romanum, t. 1, Ρ. 272. C’est même le plus vraisemblable. Métaphraste a-t-il été prolasecrelis et patrice avant d’être logothète et peut-on, en ce cas, lui attribuer les deux novelles qu’on prête à un fonctionnaire homonyme de ce rang sous Nicéphore Phocas (964-967) ? Cf. Coll. III, nov. 19, 20, Jus græco-romanum, même édit., t. ΠῚ, p. 292, 296. La fréquence des homonymies n’autorise pas de solution.
Résolu le problème chronologique, il reste fort peu à dire sur la vie de Syméon. Les documents sont quasi muets. Psellos le fait naître à Constantinople de noble et riche famille, briller dans toutes les sciences, mener en grand style les affaires de l’État. Il s’attarde surtout sur l’œuvre hagiographique, le fait finir en saint, etc. P. G.,t. cxiv, col. 183-200. Marc d’Éphèse ajoute peu : Syméon serait né sous Léon VI. Il nous le montre en controverse religieuse avec un ambassadeur « perse » : il aurait pris in extremis l’habit monastique et aurait été enterré dans l’église de Sainte-Marie τῶν ὁδηγῶν, op. cit.
Nous avons signalé la légende d’Éphrem le Petit, selon qui Syméon aurait été plus ou moins disgrâcié
par Baïile II, vers 980, pour un passage de la Vie de |
sainte Théoctiste jugé humiliant pour l’empereur. Ce pourrait être un écho de difficultés rencontrées au début par la « révolution hagiographique » du Métaphraste, à moins qu’il n’y ait là qu’un artifice pour introduire la canonisation céleste de l’œuvre, qui fait suite dans le récit.
DICT. DE THÉOL. CATHOL
SYMÉON MÉTAPHRASTE
Célébré comme saint par M. Psellos et Marc d’Éphèse, Syméon n’a trouvé place dans les synaxaires imprimés que tardivement. EvvaËæpiorhc τῶν δώδεκα μήνων.., de Nicodème l’Hagiorite, 2e édit., Zacynthe, 1868, 1re part., p. 244-245. Inscrit d’abord au 28 novembre, il a été placé ensuite au 8 du même mois.
II. Œuvres. — On doit exclure d'emblée le Commentaire de saint Luc qu’on a quelquefois prêté à notre Syméon, pour l’avoir souvent trouvé cité à son compte dans la chaîne de Nicétas. A. Maï, Script. veler. nov. collectio, t. 1x, Rome, 1837, p. 626-734. Ces passages sont tout simplement empruntés au Ménologe. A rejeter de même la Διήγησις περὶ τῆς οἰκοδομῆς τοῦ ναοῦ τῆς ἐχκλησίας τῆς ἁγίας Σοφίας, cf. Th. Preger, Scriplores originum Constantinopolitanarum, t. τ, Leipzig, 1901, p. 74-108, qui porte son nom dans quatre manuscrits. Cf. du même, Die Erzählung vom Bau der Hagia Sophia, dans Byz. Zeïtschr., t. x, 1901, p. 456-457. Le traité De moribus Ecclesiæ signalé par N. Comnène Papadopoulos, Prænotaliones mystagogicæ, Padoue, 1697, p. 398, pourrait bien être une fiction de cette infatigable faussaire, à moins qu’il n’ait voulu indiquer par là les ᾿Ηθικοὶ λόγοι xd’, extraits de saint Basile sur lesquels nous reviendrons. Quant au reste de l’œuvre, on n’a pas fait encore la reconnaissance critique qui permettrait un départ complet de l’inauthentique et de ce qui ne l’est pas.
1° Écrits d’ordre historique. — 1. La Chronique de Syméon Logothète. La Chronique du cod. Paris. gr. 1712, partiellement éditée par Combefis, Scriptores post Theophanem, Paris, 1685, p. 401-498, et Bekker, Corpus de Bonn, 1838, sous le nom de Syméon Magister n’a rien à voir avec Syméon Métaphraste. On la désigne d'ordinaire sous le nom de Pseudo-Syméon. Cf. K. Krumbacher, Geschichte der byz. Liler., p. 359.
Mais il existe aussi une Chronique universelle que beaucoup de manuscrits grecs attribuent à « Syméon magistros et logothète » et une traduction slavonne, « Syméon métaphraste et logothète » (éditée par Sreznevskij, Spisanie mira ot bytia i liétovnik, Saint- Pétersbourg, 1905). Sous sa forme initiale, elle finissait en 944 ou 948, bien que certaines recensions aillent plus loin. La critique a posé à son sujet une série de doutes dont la solution éclairerait une bonne portion de la littérature historique byzantine : authenticité, transmission du texte, sources. Aucun n'étant de tout point élucidé, il serait hasardeux de dépasser ici un simple état de la question; voir un bon résumé dans J.-B. Bury, History of the eastern Roman Empire, Londres, 1912, p. 455-459.
On admet que, par Syméon Logothète et Syméon Métaphraste, c’est le même écrivain qu’on entend désigner. En revanche on se sépare sur l’authenticité. C. de Boor, Weiteres zur Chronik des Logotheten, dans Buyz. Zeitschr., t. x, 1901, p. 70-90, ne retient au compte de Syméon que la xoouomotx qui ouvre la Chronique. Ce serait un élément autonome, ajouté après coup, en guise de façade, à des compilations où le nom de Métaphraste se serait substitué assez vite au nom de l’auteur, si même il n’a pas tout bonnement suppléé au silence d’un recueil originairement anonyme. Beaucoup d’autres soutiennent l’authenticité, v. δ. Ehrhard, J.-B. Bury, etc.
Le texte est représenté par de nombreuses recensions assez différentes; les unes, sous le nom de Syméon, d’autres, anonymes, une dernière série enfin, portant des étiquettes diverses. Sont dans ce cas : a) la Chronique de Léon le Grammairien (XI 5.) qui finit en 948. Bekker en a édité la deuxième partie (813-948) d’après le Par. gr. 1711 en même temps que la section complémentaire du Par. gr. 854, qui, en fait, n'appartient pas, comme il le croyait, à la même ligne que la première. — δ) la Chronique de Théodose
de Mélitène (x1° s.?) finissant pareillement en 948 et se rapprochant beaucoup de la précédente. Elle a été éditée par Tafel, Chronographia, Munich, 1859. — c) la Chronique de Georges le Moine, où l’apport de Syméon est constitué par des interpolations (de 813 à 843) et une continuation (843-948). L'attribution de ces éléments au Logothète est expressément notée dans plusieurs manuscrits. Se reporter à l’édition Bekker, Theophanes continuatus, Bonn, 1838.
Beaucoup tendent à regarder la version slavonne mentionnée ci-dessus comme fournissant la meilleure tradition de l’original; cf. V. Vasilievskij, La Chronique du Logothèle en slave et en grec (en russe), dans Viz. Vremennik, t. 11, 1895, p. 78 sq. On est, par contre, revenu du sentiment de 5. Chestakov, Les manuscrits parisiens de la Chronique du Logothète (en russe), ibid., t. τν, 1897, p. 167 sq., pour qui le Paris. gr. 854 serait, parmi les témoins grecs, le plus proche de l'original.
Pour le contenu, la Chronique a la valeur de ses sources. J.-B. Bury qui l’a examiné de préférence en ce qui concerne la dynastie d’Amorium, en estime beaucoup la valeur sur ce point. Op. cit., p. 457. La Chronique enfin, aurait été rédigée sous Nicéphore Phocas (963-969). Cf. F. Hirsch, Byzantinische Studien, Leipzig, 1876, p. 302 sq.
2. Les leltres. — Neuf sont depuis longtemps connues, grâce à l’édition d’Allatius reproduite dans P. G., t. cx1v, col. 227-236. Peut-être ont-elles été empruntées à l’actuel Angelic. gr. 13, fol. 158 sq. S. Eustratiadès en a ajouté dix-sept autres empruntées à l’Athon. Lavra 1938, Ὁ 126, fol. 113 sq. qui paraît former un recueil complet. Le groupe de l’Angelicus suit le même ordre que celui de l’Afhoniensis ce qui fait supposer que les deux mss dépendent d’une collection commune. Le Barocc. 131, fol. 178, présente une lettre n’appartenant pas aux mss cités et dont l’incipit est ᾿Ηλίθιος τῷ ὄντι. Est-ce la même que celle signalée par Allatius, op. cit., p. 120? Ces lettres, à part les éléments chronologiques plus haut relevés, offrent surtout un intérêt littéraire. Les quelques destinataires nommés, Nicétas de Smyrne, Dermocaitès, Constantin Romaios ne sont pour nous que des noms.
20 Œuvre canonique. — Voell et Justel ont publié une Æpilome canonum supposée de Syméon, dans Biblioth. jur. can., Paris, 1661, t. 11, p. 710 sq.; P. G., t. cx1v, col. 235. Elle renferme les canons apostoliques, ceux des quatre premiers conciles œcuméniques, de différents synodes locaux : Ancyre, Sardique, etc., des lettres de saint Basile, etc. C’est ce texte qui a servi de base au commentaire d’A. Aristène, P. G., t. cxxxvn1, col. 138. L'attribution à Syméon Métaphraste est commune à plusieurs manuscrits. Les recensions néanmoins diffèrent sensiblement et des collations seraient nécessaires. Notons qu’une compilation analogue du Vindob. th. gr. cCvr (Nessel) porte le nom de l’archimandrite Syméon hiéromoine τοῦ Σ᾽ χολαρίου. Z. von Lingenthal ἃ nié l’authenticité de l’Epilome. Die Synopsis canonum, dans Monatsbericht der Berl. Akad., 1887, p. 1153 sq., et Gesch. der gr.-rüm. Rechts, t. 111, p. 20. Son argumentation repose sur des postulats d'ordre chronologique ou historique discutables.
3° Écrits poétiques. — On rangera sous cette rubrique un certain nombre de compositions assez diverses dont l’authenticité n’est ni toujours vérifiée, ni toujours vérifiable. Ce sont des pièces profanes, des morceaux édifiants ayant parfois acquis un emploi liturgique. La plupart sont en vers politiques, souvent disposés en acrostiche alphabétique, suivant une mode en faveur à Byzance (cf. K. Krumbacher, Geschichte der byz. Liler., 1897, p. 717 sq., et D. N. Anastasijcevic, Alphabete, dans Byz. Zeïlschr., t. χνι, 1907, p. 479 sq.) en trimètres iambiques : adroits et pieux exercices, de souflle parfois un peu court,
SYMÉON MÉTAPHRASTE
1. Parmi les pièces profanes, deux épitaphes ont été éditées par V. Vasilievskij, Deux épitaphes de Syméon logothète, en russe, dans Viz. Vremennik, t. 111, 1896, p. 574-578. La première concerne le fils de Romain Lécapène, Étienne (+ 963), la seconde est une grosse satire contre un magistros de Mélitène, Disinios; cf. Byz. Zeitschrift, t. vi, 1897, p. 442-443. On a voulu attribuer au même auteur trois autres poésies analogues du Par. suppl. gr. 690, ce n’est qu’une possibilité; cf. ibid., t. virr, 1899, p. 553. Ajoutons à cette série la pièce à Stylien, P. G., t. cxIv, col. 133-136.
2. On trouvera dans 5. Eustratiadès, loc, cit., t. vint, p. 60 sq., une liste des compositions hymnographiques présumées de Syméon. Nous en reproduisons les éléments avec quelques additions, corrections et éliminations.
Viennent d’abord huit séries de canons, distribués du 20 au 24 décembre, dans les Ménées. Le premier seul manque dans les recueils imprimés. L'attribution à Métaphraste est affirmée par quelques manuscrits et conservée dans l’édition de Constantinople de 1848. Elle est contestée, au contraire, dans celle de Barthélemy de Coutloumous, Venise, 1880, novembre-décembre, p. 138, note. Le canon du 22 décembre aux Ménées : Ἢ πανταιτία paraît à l’office du matin, le jeudi saint, au Triodion, sous le nom de Cosmas. Ceux des Ménées, du 20 et 24 décembre : Ἢ ἀπόρρητος et Κύριε θεέ μου, ressemblent beaucoup à d’autres, attribués au même Cosmas (Triodion, lundi et samedi de la grande semaine). Comme les canevas passe-partout sont fréquents dans la littérature de cette espèce, il faudrait plus qu’une confrontation littéraire pour établir la ligne des dépendances.
Pitra a édité un canon à sainte Marie l’Égyptienne et un kontakion acrostiche (Συμ) à saint Sabas, Analecta sacra, Paris, 1876, t. 1, p. 433-435. — Eustratiadès fait grand cas, pour instaurer sa nouvelle chronologie de Métaphraste, d’un canon pour la Décollation de saint Jean-Baptiste, ainsi présenté dans le Par. gr. 13, fol. 381 : ΠΠοίημα τοῦ λογοθέτου Συμεὰν ὡς ἐκ προσώποὺ τοῦ βασιλέως κυροῦ Μιχαὴλ τοῦ Δούκα (1071-1078). La thèse est réfutée. L'attribution est à étudier et la suscription, à expliquer. — Allatius signale un canon inédit à la Théotokos : Θέλων oov τὸ πλάσμα, op. cit., p. 131. — Les stichères acrostiches (Συμεών) composés pour la fête de saint Syméon du Mont-Admirable (21 mai) sont tour à tour imputés à Théophane et à Syméon. L’acrostiche ne tranche rien : il est parfois constitué par le nom du saint ou de la fête, par exemple dans de nombreuses poésies de Théophane, ci. W. Weyh, Die Acrostichis in der byz. Kanonesdichtung, dans Byz. Zeitschr., t. ναι, 1908, p. 56 sq. S. Eustratiadès n’y prête pas attention.
Notons plusieurs stichères alphabétiques : ΓΆνοιξον χύριε... Ava τὸ ὄμμα, de type double. C'est la seconde partie qui semble avoir été éditée par C. Litzica, Poesia religiosa bizantina, Bucarest, 1899. — Απας ὁ βίος, imprimé au Triodion, mercredi de la cinquième semaine. — ᾿Απὸ χειλέων λόγους, tantôt sous le nom de Syméon, tantôt sous celui de N. Ouranos; cf. pour cette dernière attribution, A. Papadopoulos-Kérameus, ᾿Ανάλεκτα βυζαντ., dans Byz. Zeitschr., t. Vin, 1899, p. 66-70. — Dans le Vindob. theol. gr. CCXXIV (Nessel), un stichère du même type mais tronqué : “Ὅταν τὸ πλῆθος, non mentionné par Eustratiadès. — D'un autre type, une prière inédite à la Théotokos : Ilauvrévacoxu πανύμνητε, parfois attribuée à Syméon le Nouveau Théologien; l'hymne *Q Πάτερ, Vie, Ilvedux... est dans le même cas; nommons encore les « vers à son âme », P. G., t. αχιν, col. 133-134.
On ajoutera à la liste d'Eustratiadès, sauf expertise négative, les pièces suivantes qui viennent dans divers manuscrits sous le nom de Syméon : Un synaxaire en
vers de quinze syllabes sur la crucifixion : Δεῦτε βροτοί, dans Vind. th. gr. CCxLvII (Nessel). — Le tropaire indiqué par Allatius, op. cit., p. 131 : ’EËtoËure χόραι. — Une pièce dodécasyllabique sur l’incarnation, par questions et réponses : Τί σῶτερ εἰς γῆν οὐρανοὺς χλίνας ἔδης, dans Ambros. gr. 86; Par. gr. 426, οἷο. --- Un morceau également dodécasyllabique sur les apôtres: Poun ξίφει θνήσκοντα τὸν Παῦλον βλέπει, dans Ambros. gr. 86.
409 Œuvres édifiantes diverses. — Ce sont d’abord trois compilations : ᾿Ηθικοὶ λόγοι xd’, extraits de saint Basile, P. G., t. ΧΧΧΙΙ, col. 1115-1382; de saint Jean Chrysostome (inédits, Par. gr. 509); de saint Macaire : Παράφρασις... εἰς pv' χεφάλαια εἰς τοὺς v’ λόγους τοῦ ἁγίου Μακαρίου, dans Φιλοκαλία, Venise, 1782, p. 699-754, P. G., t. χχχιν, col. 861-965. On rencontre aussi cent trente et un χεφάλαια γνωμικὰ, censés de même provenance (Par. gr. 509). On y joindra encore quelques discours sur la Compassion dela Sainte-Vierge, P. G., t. cxiv, col. 209 sq., un autre pour le samedi saint, Combefis, Biblioth. concionat., t. 1. Un certain nombre de prières sont parfois aussi mises sous le nom de notre auteur, par exemple pour la communion, les unes, en prose, les autres, en vers, P. G., t. CxIv, col. 224, 225, 219-224, introduites dans 1᾿᾿Ωρολόγιον μέγα. Venise, 1778, p. 472, 473, 475, 463-464; une invocation à la sainte Vierge pour s’assurer son secours au moment de l’agonie; elle se rencontre dans d’assez nombreux manuscrits parfois avec des incipits un peu différents. Il va sans dire que ces attributions ne sauraient être que provisoires, tant qu’on n’aura pas procédé au dépouillement scientifique des témoins manuscrits.
5° L'œuvre hagiographique : Le ménologe de Métaphraste. — Syméon lui doit, avec son surnom de Métaphraste, toute sa renommée littéraire et son auréole de saint. Elle est pratiquement pour la postérité son unique production et c’est d’elle exclusivement que s’est toujours recommandée l’admiration sans limites dont il fut l’objet à Byzance durant des siècles; cf. L. Allatius, op. cit., p. 33-37.
1. Authenticité. — Rien de mieux avéré que l’œuvre. N. Ouranos, un contemporain de Syméon, célèbre déjà en celui-ci le συγγραφεὺς... τῶν βίων χαὶ τῶν ἄθλων, Otlobon. gr. 324, fol. 193. Yahya d’Antioche relate l’entreprise dans sa Chronique, comme on l’a vu. De même, Éphrem le Petit (col. 2960) et Psellos surtout, P. G., t. cxIv, col. 184-200, qui nous en détaillent intention et méthode. Les légendes de martyrs et les vies de confesseurs, nous dit ce dernier, avaient perdu toute clientèle; la simplicité naïve et le négligé de leur présentation littéraire n’allaient plus à une époque raffinée comme l'était la fin du x® siècle. Le logothète en fit donc une refonte d’ordre stylistique en « métaphrasant » les anciennes pièces. Le nom lui en vint et lui resta de Métaphraste. Il y avait là, ni plus ni moins « qu'une révolution hagiographique : abandon des anciens textes, remplacement par des remaniements rhétoriques formant un grand recueil, destiné aux lectures liturgiques et qui devait prendre la place des anciens ménologes ». ἃ. Ehrhard, Die Ueberlieferung.…., Jre part., t. 11, p. 307.
Si attesté que fût le fait, il ἃ fallu refaire, de notre temps, « l'invention » de l’œuvre du Métaphraste. L'examen paléographique a prouvé, contrairement à ce qu’on avait pu penser (H. Delehaye, Analecla bolland., t. xvi1, 1897, p. 316, et t. xvir, 1898, p. 449) que jamais, considérée comme tout, elle n’est tombée dans l’oubli. Les {ypica la désignant, une fois pour toutes, d’un renvoi général et dont la constitution ἃ été reconnue dans la suite comme calquée sur le ménologe métaphrastique (celui de Saint-Sabas, par exemple), la supposaient bien connue et immédiatement
SYMÉON MÉTAPHRASTE
repérable. En outre, un certain nombre de scribes ont montré par les suscriptions qu’ils introduisaient dans leurs copies que son identité ne leur échappait pas, bien qu'elle se fût présentée à l’origine comme impersonnelle et anonyme. Cf. A. Ehrhard, loc. cit., p.315 sq., 700 sq.
2. Essais de reconstitution de l’œuvre. — Les éditions ou les inventaires des métaphrases, du xvi® au ΧΊΧϑ siècle, ont cependant manqué à restituer la physionomie de l’œuvre. Le premier éditeur des Vies en latin, A. Lipomani, évêque de Vérone (Vilarum sanctorum Patrum t. v, Venise, 1556; t. vr et vir, Rome, 1558), se contentait d’un choix empirique de manuscrits réunis de manière à constituer une année, sans s’inquiéter aucunement d'interroger la tradition manuscrite; il érigeait en principe l’admission comme au-
thentique de toute Vie anonyme rencontrée dans ses
recueils. Il arrivait ainsi au chiffre de 174. Allatius a pertinemment critiqué la faiblesse de ce dernier axiome. Op. cit., p. 76. Ses instruments de recherches qui lui firent ramener le nombre à 122 Vies n'étaient cependant pas suffisants. Pour lui ne doivent être retenus que les morceaux décelant la manière métaphrastique telle que nous la connaissons par Psellos; seront exclus ceux qui présenteraient des indices, chronologiques ou autres, incompatibles avec notre auteur. C'était là s’exposer à laisser passer beaucoup de Vies que rien ne désignait pour un autre temps ou un autre lieu ou à en rejeter qui étaient authentiques. On a, en effet, constaté sur ce dernier point, que Syméon a plus d’une fois conservé dans ses métaphrases des détails chronologiques incompatibles avec son temps, cf. col. 2960, l'exemple de la Vie de sainte Théoctiste. Les catalogues entrepris ensuite par M. Hancke, P. G., t. cxiv, col. 293, et D. Nessel, ibid., col. 299 sq., qui comptaient respectivement 97 et 139 Vies n’échappent pas davantage à ces critiques. Voir, sur l’histoire de ces différents essais, H. Delehaye, Analecta bolland., t. xvi, 1897, p. 312 sq.
Au xix° siècle, J.-B. Malou a rendu un grand service en publiant en grec et en latin, ou en latin seulement, 138 Vies. Laissé de côté l’aspect de critique textuelle assez faible, puisqu'on ne recourait guère qu’à un seul texte, l’édition s’inspirait des principes consacrés par Allatius et ses successeurs. « Elle partait de cette supposition qu’il règne dans les manuscrits hagiographiques un irrémédiable désordre; se contentait de réunir les textes reconnus de Métaphraste par Surius, les Acta sanctorum, etc., en négligeant ceux qui étaient dits se trouver in Metaphraste vel apud Metaphrasten, de doubler le texte, jusqu'alors uniquement édité en latin, du texte grec chaque fois qu’on le trouvait dans les manuscrits parisiens et d’ordonner le tout selon le calendrier latin. L'édition commence donc au mois de janvier et donne pour premier texte, au 1® janvier, la vie de sainte Euphrosyne d'Alexandrie qui se trouve dans Métaphraste au 25 septembre. » A. Ehrhard, loc#cit.,p'806;m- 1
3. Reconstitution définitive. — A la faveur du renouveau des études hagiographiques accentué à la fin du xIx® siècle, notamment par les travaux des Bollandistes, on a enfin substitué à la méthode littéraire du passé celle de la critique paléographique. C’est à celleci qu’est due la reconstitution du Ménologe. Partis de la commune conviction qu'il est avant tout une unité collective et doit être étudié comme tel, à même les fonds hagiographiques manuscrits, A. Ehrhard et H. Delehaye, malgré des divergences sensibles sur le détail de la méthode, sont parvenus à un accord sur les résultats.
A. Ehrhard dont le nom restera attaché à cette découverte (voir la bibliographie) constata, grâce à une indication du Mosq. syn. 382 (daté de 1063), que le
ménologe en question formait une collection de dix livres dont le dernier s’étendait sur les mois de mai, juin, juillet, août, qu’il courait donc, suivant le calendrier byzantin, du début de l’indiction, de septembre à août. Aidé des suscriptions de groupes mensuels ou de pièces isolées, il en restitua le contenu et la répartition exacte des volumes, un pour septembre, deux pour octobre, et de même pour novembre et décembre, un pour janvier, un pour février, mars, avril et un dernier pour les quatre mois restants. Toute une série d’arguments auxiliaires, tels que les données des {ypica (sortes d’ordines réglant l’emploi des leçons et textes liturgiques au cours de l’année), le caractère de métaphrases vérifié sur les textes, le groupement de livres différents dans les mêmes manuscrits, etc..., concourut à préciser ces données. On en verra l’application mois par mois dans le monumental ouvrage qui couronne ces recherches, Die Ueberlieferung..…., 1e part., t. 11.
H. Delehaye, tout en enregistrant les résultats, a critiqué le manque de rigueur de la méthode et mis en doute tant le caractère primitif de la division en dix livres que la valeur des attributions métaphrastiques des manuscrits; cf. Analecta boll., t. xvi, 1897, p. 315, et t. χνιι, 1898, p. 450. A. Ehrhard a montré depuis, que la suite de l’enquête se soldaïit en sa faveur sur les deux points. Op. cit., p. 701 sq. Le Bollandiste a formulé une autre méthode qui a l’avantage de ne pas soulever d’objection préalable : « Il se rencontre dans tous les dépôts de manuscrits grecs des volumes d’un ménologe bien déterminé, qui doit avoir joui d’une très grande vogue. Il a été multiplié à un grand nombre d'exemplaires, dont une bonne pertie présente des caractères paléographiques qui les feraient attribuer à une même officine, fonctionnant à Constantinople vers le milieu ou la fin du xie siècle; la composition des mêmes subdivisions est sensiblement identique. Ce sont les mêmes saints aux mêmes dates et la même vie de chaque saint. De plus, chacune de ces pièces présente un texte invariablement fixé. Une lecture rapide permet de constater. que la très grande majorité sont des remaniements de pièces plus anciennes. C’est une collection de mélaphrases, et la collection est si bien caractérisée que l’on ne se trompera pas en la désignant comme l’œuvre la plus considérable en ce genre : celle qui est attribuée à Syméon Métaphraste ». Op. cil., τ. χνι, p. 319. Excellente pour les cinq premiers mois, où le recueil de Métaphraste se rapproche des anciens ménologes, cette méthode ne suffit plus pour les autres, dont la composition est très différente (cf. plus bas) et sur ce point, la découverte par Ehrhard du Χο livre de Métaphraste a vraiment été la clef de la solution. Cf. A. Ehrhard, Die Ueberlieferung, p. 704 sq.
4. Descriplion du Ménologe. — Nous emprunterons à A. Ehrhard les éléments de cette description, cf. op. cit., passim et p. 660-700. Le recueil court, comme on l’a dit, de septembre à août et se distribue en dix livres : cette division est attestée par 545 manuscrits sur 693 et, au surplus, par les meilleurs et les plus anciens. Il comprend au total 148 pièces : le catalogue d’A. Ehrhard coïncide avec celui de la Bibliotheca hagiographica græca, 1909, p. 275 sq., à une exception près : il élimine, le 27 décembre, le panégyrique de saint Étienne par saint Grégoire de Nysse.
Le recueil ne s'intéresse qu’au cycle des fêtes fixes du calendrier et parmi elles aux seules fêtes des saints. On ne relève qu’une irrégularité : l’office de l’Acathiste, le samedi de la cinquième semaine de carême, dans le IX: livre. Sont négligées les fêtes « despotiques» et celles de la sainte Vierge, mise à part la Dormition. La raison en est que les recueils de panégyriques offraient abondamment leurs homélies pour ces circonstances.
SYMÉON MÉTAPHRASTE
A la différence des anciens ménologes qui présentaient plusieurs fêtes par jour, celui-ci n’en a qu’une, celle qui vient en premier lieu dans ceux-là. Il ne s’écarte de ce plan que sept fois où il en admet deux : le 6 septembre, le 19 octobre, les 24, 25, 26 novembre, le 22 janvier, le 7 février.
On remarque, en outre, une forte disproportion entre les cinq premiers mois et les autres. Ceux-là, parallèlement aux anciens ménologes, ont presque chaque jour leur fête, soit 25 en septembre, 27 en octobre, 27 en novembre, 23 en décembre, 20 en janvier. « Les omissions en septembre et en octobre s'expliquent par le fait que les grandes fêtes correspondantes concernaient des saints pour lesquels faisait défaut tout texte historique susceptible de faire l’objet d’un remaniement rhétorique. Cette explication ne vaut que pour une partie des omissions des trois mois suivants. Pour les autres on ne saurait donner, avec les moyens dont nous disposons, une justification objective des omissions. » A. Ehrhard, loc. cit., Ὁ. 696. Pour ces sept derniers mois on ἃ à peine vingt-six textes tandis que les précédents en totalisent cent vingt-deux. Les ménologes prémétaphrastiques étaient, au contraire, uniformément fournis d’un bout à l’autre de l’année. Certains ont cru que Syméon avait arrêté son ménologe à la fin de janvier, le chroniqueur Jean Xiphilin, par exemple, qui l’explique par une réduction des services liturgiques du matin durant les saisons de printemps et d'été, à cause de la brièveté des nuits durant cette période. La raison ne satisfait pas, car elle ne rend pas compte de la constitution égale des anciens ménologes. Le mieux est encore de supposer avec Ehrhard qu’il s’est produit à Constantinople, vers le xe siècle, un écourtement des liturgies matinales laissant cependant subsister les leçons du sanctoral aux fêtes majeures, auquel Syméon n'aurait fait que se soumettre. Il faut compter encore avec le coefficient de libre initiative qui est une caractéristique de l’Église grecque; οἵ. A. Ehrhard,'t.1, 1, p. 440, δε το, p.695
Ces «lacunes » du nouveau ménologe ont souvent eu pour conséquence de pousser les copistes à y introduire des éléments étrangers qu'il a fallu éliminer pour lui rendre sa vraie physionomie.
Les 148 textessont presque tous des Μαρτύρια ou des Vies. Sont seuls à sortir de ce cadre la leçon pour la fête de l’Acathiste, la légende de l’image achéropite d’Édesse par Constantin Porphyrogénète. La majorité est formée par les légendes de martyrs et, parmi eux, de ceux des grandes persécutions. Viennent ensuite les Vies de saints confesseurs, des apôtres, de quelques saints de l’Ancien Testament et de saint Michel.
5. Les textes. — A. Ehrhard en distingue trois catégories : a) les anciens que Syméon a adoptés sans presque y faire de changement, sans doute parce qu’ils ne lui paraissaient pas en nécessiter. Ils gardent dans la collection le nom de leurs auteurs vrais ou supposés : huit sont dans ce cas (22 septembre, 17 novembre, 14 et 17 janvier, 6 mars, 1% avril, 1er et 16 août) ou bien viennent comme anonymes, ainsi le 25 janvier, 23 avril, etc... — δ) Des œuvres originales contemporaines du Métaphraste qui pourraient lui appartenir ou qui reviennent sûrement à d’autres comme la Vie de saint Luc le Jeune ou de saint Arsène. On ne déterminera avec sûreté celles qui sont de lui qu'après une minutieuse étude de critique des sources et d'analyse littéraire. — c) Tandis que les deux groupes précédents n’atteignent que le chiffre de 23 numéros, le troisième en compte 123 qui sont des métaphrases et c’est lui qui donne au ménologe sa caractéristique. A. Ehrhard est arrivé à établir pour presque les deux tiers d’entre elles le texte original dont elles sont la transposition. Les anciens ménologes sont naturellement la source normale de ces déterminations. Seule
2969 SYMÉON une édition complète des anciens textes pourrait permettre d'étendre l'enquête à presque tout le ménologe. On trouvera les Vorlage connus dans A. Ehrhard, t. 1, 2, à la fin de l’étude respectivement consacrée à chaque livre.
6. La méthode des métaphrases. — Une connaissance circonstanciée de la méthode du Métaphraste ne sera possible que lorsqu’auront été publiées dans leur texte original toutes les vies et leurs modèles. De celles-là sept seulement ne sont pas encore publiées : saint Thomas apôtre; saint Hilarion; saint Platon martyr; saint Jacques le Perse; saint Étienne le Jeune; saint Jean Calybite; translation des reliques de saint Jean Chrysostome. Il y aurait à soumettre à une révision critique la plupart des autres Vies publiées, pour vérifier si leur recension est une ou multiple et pour en fixer le texte. On peut néanmoins d’ores et déjà, avec les éléments dont nous disposons, constituer une certaine somme de conclusions sur la manière des métaphrases.
Syméon n’a pas touché à la substance des textes. Il est injuste de lui reprocher d’avoir aggravé le merveilleux de ses modèles. Il en a simplement respecté la crédulité, en accord là-dessus avec l’esprit de son temps. Les invectives que les polémistes ou les critiques lui ont adressées à ce sujet et dont on aura des échos dans le De Symeonum scriplis de L. Allatius sont donc hors de saison.
Les textes anciens sont soumis à un travail de stylisation qui porte sur la langue, la composition et en général, sur tous les aspects de la présentation littéraire.
Syméon tantôt allonge, tantôt résume. On trouvera des exemples intéressants du procédé dans le « discours » du 15 août, si vraiment il dépend de Jean le Géomètre; cf. M. Jugie, Sur la vie et les procédés {{{{6raires de 5. Métaphraste, dans Échos d'Orient, t. ΧΧΧτΙ, 1923, p. 5 sq. Il réunit des pièces auparavant distinctes, par exemple, le 15 novembre, le martyre de Gurias est amaigamé avec le récit de son miracle. O. von Gebhardt et E. von Dobschütz, Die Akten der Edessener Bekenner, dans Texte und Untersuchungen, Leipzig, 1911. Une introduction caractéristique est généralement plaquée au récit, par exempie pour la Vie de saint Samson, P. G.,t. cxv, col. 277 C sq. Les textes sont relevés de proverbes et de citations, tant bibliques que classiques; les discours, étoffés, cf. Vie de Théodore le Conscrit dans H. Delehaye, Les légendes des saints militaires, Paris, 1909, p. 25. Ailleurs, ce sont des adaptations liturgiques ou juridiques aux nouveaux usages. La préoccupation de Syméon est d’ordre si strictement littéraire qu’il ne se soucie même pas toujours de supprimer les données autobiographiques de ses modèles, comme on a vu pour sainte Théoctiste.
On a tenté récemment de réunir un florilège stylistique du Métaphraste; εἴ. H. Zilliacus, Das lateinische Lehnwort in der griechischen Hagiographie, dans Byz. Zeitschr., t. xxxVI1, 1937, p. 302 sq.; Zur stilistichen Umarbeitungstechnik des 5. Metaphrastes, ibid., t. χχχυπι, 1938, p. 333 sq. Il suffit à donner le ton de l’ensemble. Sur toute la ligne, on constate une hellénisation concertée des formes, populaires mais vivantes, du passé : abandon ou hellénisation des mots techniques empruntés au latin en matière de lexique; tours stéréotypés dans les introductions et conclusions; intrusion de proverbes et jeux de mots, de citations, d'images ou d’antithèses;, suppression fréquente de détails concrets : noms de personnes, de supplices, retour à des formes tombées en désuétude : duel, optatif, présent historique, préférence accordée au style périodique, souci de multiplier les figures de style, etc. Ces constatations définissent suffisamment le sens de l’œuvre hagiographique de Métaphraste : d’une part,