‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 5)Chapitre 434 sur 457 · SYMÉON STYLITE — SYMÉON DE TMHESSALONIQUE · texte numérisé non relu

SYMÉON STYLITE — SYMÉON DE TMHESSALONIQUE

plus anciens hymnographes byzantins. Il composa en effet les paroles et le chant de trois tropaires à l’occasion de tremblements de terre sans doute en novembre-décembre 557; cf. P. Pétridès, Syméon le nouveau Stylite mélode, dans Échos d'Orient, t. v, 1901-1902, p. 270-274. On trouvera les trois morceaux dans la Vie la plus ancienne de Syméon, dans les extraits publiés par A. Papadopoulos-Kérameus, Συμεών ὁ Θωμαστορείτης ὡς ὑμνογράφος, Viz. Vremennik, t. τ, 1894, p. 145-148. Le troisième d’entre eux se retrouve dans la paraphrase de N. Ouranos (cf. bibliogr.). Le premier seul a été admis après remaniements dans les Ménées pour la mémoire du tremblement de terre du 26 octobre 740, à la suite de deux autres pièces de provenance différente. Les autres compositions parfois mises sous son étiquette, cf. Pitra, Analecta sacra, Paris, 1876, t. 1, p. 622, en note, reviennent sûrement à des homonymes entre lesquels on n’a que l’embarras de choisir.

I. SOURCES BIOGRAPHIQUES. — Évagre, Hist. eccl., 1. V, c. XXI, 1. VI, c. XXII, P. G., t. LXXXVI a, col. 2836-2880; Biblioth. hagiographica græca, Bruxelles, 1909, n. 1689- 1691. Il existe trois Vies de Syméon : 1. la plus ancienne, attribuée par saint Jean Damascène, De imagin. orat., 114, P. G.,t. xCIV, col. 1393, à Arcadius évêque de Chypre (t entre 626 et 642). A. Papadopoulos Kérameus en a publié quelques chapitres dans le Viz. Vremennik, t. 1, 1894, p. 145-148 et 602-612; H. Delehaye, un choix d’extraits formant un bon résumé, dans Les saints stylites, Bruxelles, 1923, p. 238-271. 2. Une paraphrase de la précédente, à peu près aussi longue qu’elle, due probablement à Nic. Ouranos, magistros d’Antioche sous Basile II (976-1025), éditée dans Acta sanctorum maii, t. v, 3° éd., col. 310-397, et dans P. G., t. LXxxxvI, col. 2987-3216. 3. Un abrégé médiocre de la première, du moine Jean du couvent de Pétra (x siècle, au plus tard) édit. A. Th. Semenov, Zitie prepodn. Simeona Divnog., Kiev, 1898, cf. K. Krumbacher, Byz. Zeitschr., t. vit, 1899, p. 232-234 et E. Kurtz, Viz. Vremennik,t.vi, 1899, p. 537-542. On pourra consulter aussi la Vie de sainte Marthe, Acta sanctorum, maii t. v, 3° édit., Ὁ. 399-425,

II. ÉTUDES SUBSIDIAIRES. — E. Müller, Studien zu den Biographien des Styliten Symeon des Jüngeren (Progr.), Aschaffenbourg, 1914 ; H. Delehaye, op. cil., p. LIX-LXXV ; 7. Huby, Un rapprochement littéraire entre La Vie de saint Syméon Stylite le Jeune et les Actes des Apôtres, dans Recherches de sc. rel.,t. ΧΙ, 1923, p. 554-556; P. Peeters, Saint Thomas d’Émèse et la Vie de sainte Marthe, dans Analecta bolland., t. xLv, 1927, p. 262-296; du même, L'Église géorgienne du Clibanion au Mont Admirable, dans Analecta bolland., t. XLVI, 1928, p. 241-286; cf. aussi H. Lammens, Promenades dans l’Amanus, Bruxelles, 1905, p. 51 sq.; P. Bazantay, La chaîne de l’Amanus, Beyrouth, 1933.

III. SUR L'ŒUVRE. — Outrele texte : Nov. Patr. biblioth., Rome, 1871, t. νι, part. 3, p. 4-156, et sa préface, p. Xvi1 sq.; L. Allatius, De Symeonum scriptis, Paris, 1664, p. 21; A. Ehrhard, dans K. Krumbacher, Geschichte der byz. Lit., Munich, 1897, p. 144-145; O. Bardenhewer, Geschichte der altkirehl. Lil., t. v, Fribourg, 1932, p. 71-73; A. Papadopoulos-Kérameus, Συμεὼν ὁ θαυμαστορείτης ὡς ὑμνογράφος, dans Viz. Vrem., t. 1, 1894, p. 141-150, 602-612; ἃ compléter par P. Pétridès, S. Syméon le nouveau Stylite mélode, dans Échos d'Orient, t. V, 1901-1902, p. 270-274; A. Émereau, Hymnographi byzantini, dans Échos d'Orient, τ. xxX1V, 1925, p. 175; K. Hoil, Der Anteil der Styliten am Aufkommen der Bilderverehrung, dans Philotesie P. Kleinert, Berlin, 1907, p. 56 sq.

J. GOUILLARD

8. SYMÉON DE THESSALONIQUE, archevêque de cette ville, théologien et liturgiste byzantin de la première moitié du xve siècle. — I. Vie et œuvres. II. Doctrine.

I. VIE ET ŒUVRES DE SYMÉON. — Nous parlons en même temps de la vie et des œuvres de Syméon, parce que tout ce que nous savons de sa vie tient en quelques lignes. Le plus clair sur ce chapitre se réduit à ceci : successeur du métropolite Gabriel sur le siège de Thessalonique, à une date que les uns placent en 1410, les autres en 1418, et qui est sûrement antérieure à 1425

— cette année-là il procéda à la dédicace de l’oratoire Saint-Georges, au monastère Saint-Paul de l’Athos — Syméon, au témoignage d’Allatius, dans sa Diatriba de Symeonibus (cf. P. G., ἃ. ον, col. 12-18), qui déduit le fait de plusieurs documents dignes de foi, mourut six mois avant la prise de Thessalonique par les Turcs, c’est-à-dire en septembre 1429. C’est peu pour la vie d’un auteur dont les écrits remplissent le tome cLv de la Patrologie grecque de Migne. Sa notice dans le Synodicon de l'Église de Thessalonique, rédigée par le frère de Marc d'Éphèse, Jean Eugénicos et non Eugenios, comme a écrit par erreur Allatius, P. G., t. cit., col. 9-10, est des plus élogieuses, mais vide de renseignements biographiques, sauf celui-ci : que notre héros fut un moine fervent avant de devenir évêque.

Les œuvres que donne la P. G. sont une reproduction de l'édition faite par Dosithée, patriarche de Jérusalem, à Iassy, en 1683, accompagnée d’une mauvaise traduction latine, dont on ne saurait trop se défier, car les contresens y abondent. Elles comprennent : 1. un gros ouvrage dogmatico-liturgique divisé en 373 chapitres d’étendue fort inégale et dont les titres sont parfois trompeurs; 2. cinq opuscules, dont un liturgique, trois dogmatiques, un ascétique; 3. des questions quodlibétiques au nombre de 83, adressées à Gabriel, métropolite de la Pentapole. Quelques courtes productions liturgiques sont encore inédites.

1° L'ouvrage dogmatico-liturgique, dont le titre, tel du moins que le donne Dosithée, est fort long, est rédigé sous forme de dialogue entre un évêque et un clerc. L'auteur paraît avoir eu en vue de rédiger une sorte de manuel ou de somme à l’usage des clercs et spécialement des prêtres, où il a réuni tout ce que les ministres de l’autel doivent savoir. On y discerne deux grandes divisions :

1. Une partie proprement dogmatique et polémique intitulée : Διάλογος ἐν Χριστῷ κατὰ πασῶν τῶν αἱρέσεων, Dialogue contre toutes les hérésies, comprenant les 32 premiers chapitres de l’ouvrage, col. 33- 176 : Syméon commence par démontrer l’existence de Dieu contre les athées; il réfute ensuite les idolâtres, les fatalistes, les Juifs, puis les hérésies proprement chrétiennes. Parmi ces dernières, et avec de longs développements, figure le latinisme, c’est-à-dire la série des innovations de tout genre que Syméon reproche aux latins (c. xIx-xx111, col. 96-124), alors que les autres hérésies sont signalées très brièvement. Les trois derniers chapitres (c. ΧΧΧ-ΧΧΧΙΙ, col. 144-176) sont consacrés à l’exposé de la doctrine palamite, dont Syméon est un chaud partisan et qu’il défend contre les attaques de Barlaam, d’Acindyne et des latins en général.

2. Une partie liturgico-dogmatique, intitulée : Περὶ τῶν ἱερῶν τελετῶν, Des riles sacrés, divisée elle-même en onze sections : 1. Des sacrements en général et de leur institution par Jésus-Christ, qui les a tous reçus lui-même en quelque façon, €. XXXIHI-LVII, Col. 176- 208; 2. Du baptême, c. LvIrI-Lxx, col. 208-238; 3. De la consécration du saint-chrême et du sacrement de confirmation, c. LXX1I-LXxXvIN, col. 208-252; 4. De la sainte liturgie, c’est-à-dire du sacrifice de la messe, Ο. LXXIxc, col. 253-304; 5. Du saint temple et de sa consécration avec une série de questions accessoires, €. CI-CLV, col. 305-362; 6. Des saintes ordinalions, ©. CLVI-CCL, col. 362-470; 7. De la pénilence, C. CCLI-CCLXXV, col. 470-504, il faut noter que l’auteur rattache au sacrement de pénitence la vie monastique; 8. Du mariage honnéle et légitime, c. CcLxxVI-CCLXxXxXH, col. 504- 516; 9. Du rile sacré de l'huile sainte ou euchelæon, c’est-à-dire de l’extrêéme-onction, €. CCLXXXIII-CCXCII, col. 516-536; 10. De la divine prière, c’est-à-dire de l'office canonique, c. cexcriv-cccuix, col. 536-670; 11. De notre mort et du rile sacré des funérailles, c. cccLx-

SYMÉON DE THESSALONIQUE

cccLzxxInt, Col. 670-696. Chacune de ces sections est précédée d’une courte introduction. L'introduction au sacrement de baptême n’est pas nettement détachée dans l'édition. On la trouve à la col. 208. L'’ouvrage est très clair et d’une lecture facile. Les données liturgiques sont particulièrement abondantes et pleines d'intérêt. Syméon s’est largement inspiré de l'interprétation de la liturgie byzantine composée par Nicolas Cabasilas au siècle précédent.

2° Les opuscules. — Les cinq opuscules signalés plus haut portent les titres suivants :

1. Explication touchant le temple divin, les diacres, les prêtres et les évêques et les ornements sacrés qu’ils revélent, et aussi le divin sacrifice οἱ tout ce qui S'y accomplit divinement, adressée, sur leur demande, à des hommes pieux de l’ile de Crète, col. 697-750. De cet ouvrage, dont le long titre indique suffisamment l’objet, Goar donna une première édition dans son Euchologium Græcorum, mais son texte est plus court du tiers. Ce qui est dit dans cet opuscule rappelle partiellement le contenu de plusieurs sections de l’ouvrage précédent dans sa seconde partie.

2. Exposition aussi abrégée que possible du divin et sacré symbole de notre foi chrétienne orthodoxe et immaculée, col. 751-801. C’est une explication du texte du symbole de Nicée-Constantinople article par article. Ici, comme d’ailleurs dans ses autres écrits, Syméon ne manque pas de manifester son esprit polémique contre les latins; cf. col. 784-794.

3. Exposition très utile des articles du symbole sacré ; d’où ils ont été tirés et contre qui ils sont dirigés, col. 803- 818. Opuscule original sur les sources scripturaires du symbole nicéno-constantinopolitain, qui est divisé en 21 articles ou péricopes. Chaque article porte un titre nommant les hérétiques qui y sont visés. Suivent les textes scripturaires, plus ou moins nombreux selon les cas, où l’on peut retrouver la doctrine exprimée dans l’article. C’est donc pratiquement une série de passages scripturaires sans aucun travail de rédaction personnelle, sauf au début et à l’article 16, où il est question de la procession du Saint-Esprit.

4. Douze chapitres renfermant dans la mesure du possible la claire exposition de notre unique foi à nous chrétiens, chapitres que certains appellent les articles de la [οἱ : où l’on montre que le symbole sacré renferme ces articles et où il est aussi question des vertus cardinales, col. 819-830. Comme l’indique ce titre fort long et assez compliqué, qui n’est peut-être pas de Syméon mais de Dosithée ou de quelque scribe, cet opuscule est un bref résumé, en douze articles, des principales vérités de la foi chrétienne. Trois articles regardent la Trinité, six l’incarnation, trois la consommation des choses. L'auteur montre ensuite que ces articles sont marqués dans le symbole de Nicée-Constantinople. La fin est comme un résumé de morale chrétienne fondée sur les articles mêmes du symbole. Il y est question des sept vertus capitales, αἱ περιεχτικαὶ ἀρεταί, opposées aux sept vices principaux. Ces vertus sont : l'humilité, la fuite de la vaine gloire, le détachement des richesses, le jeûne, la chasteté, la patience et la longanimité, qui s'opposent à l’orgueil, la vaine gloire, l’avarice, la gourmandise, la fornication, la colère et la paresse, ἀχηδία.. Cette énumération est assez curieuse. Elle est suivie de la mention de nos trois vertus théologales, qui sont appelées sublimes οἱ capitales, ὑψηλαὶ καὶ χεφαλαιώδεις, et de nos quatre vertus cardinales, qualifiées de vertus générales, αἷ Yevixai ἀρεταί. On peut en conclure que Syméon n’a pas conçu une synthèse bien claire des vertus et qu’il a emprunté ses énumérations à diverses sources.

5. Du sacerdoce, adressé à un pieux moine élevé au diaconat, col. 953-976. La fin du titre nous apprend que Syméon composa ce petit traité sur le sacerdoce,

alors qu’il était lui-même simple prêtre : ἔτι καὶ τοῦ ἀρχιερέως εἰς τὸν τοῦ πρεσδυτέρου τελοῦντος τότε βαθμόν : ce que le traducteur latin de la P. G. a rendu par un gros contresens : ad monachorum quemdam sacro diaconi munere ornatum necnon ab episcopo deinde erectum ad gradum presbyteri. Ce que dit Syméon du sacerdoce, de sa sublimité, de ses fonctions, des vertus qu’il exige est de tout point excellent.

3° Réponses aux questions de Gabriel métropolite de la Pentapole, col. 829-952. — Le nom du destinataire de ces réponses ne paraît pas dans tous les manuscrits. Celui qu’a utilisé Dosithée porte simplement : *Axoχρίσεις πρός τινας ἐρωτήσεις ἀρχιερέως ἠρωτηκότος αὐτόν. Ces réponses quodlibétiques, au nombre de 83, sont fort intéressantes tant du point de vue dogmatique que du point de vue liturgique et disciplinaire. La série ne présente aucun ordre logique.

40 Poésies et prières. — Dans sa notice sur Syméon insérée au Synodicon de l’Église de Thessalonique, Jean Eugénicos lui attribue des poésies en l’honneur des saints : Καὶ φδαῖς ἱεραῖς τοὺς τῶν ἁγίων χοροὺς καὶ οἴκοθεν χαταστέψαντος, Ρ. G., t. cLV, col. 12. Ces poésies n’ont pas été publiées par Dosithée, mais quelques-unes d’entre elles sont signalées dans les manuscrits. Cf. Sp. Lampros, Catalogue des manuscrits de l'Athos, t.1, p.69; Papadopoulos-Kérameus, ‘IepoouAvμιτωκὴ βιδλιοθήχκη, t. τν, p. 150; À. Émereau, Hymnographi byzantini, dans les Échos d'Orient, t. XXIv, 1925, p. 176. Il s’agit de canons friodes et prohéortiques en l’honneur du grand patron de Thessalonique, saint Démétrius. Le ms. Vindobon. 270 contient six prières de Syméon qui attendent un éditeur. La première a pour but de demander la délivrance des attaques des infidèles; les trois suivantes s’adressent à la Vierge; la cinquième contre les calamités publiques : tremblements de terre, sécheresse, famine, etc.; la sixième, adressée au Saint-Esprit, devait être récitée à la fête de la Pentecôte. Un autre manuscrit, le Vindobon. 282, donne des extraits de sentences sur la vie ascétique et monastique. Il y aurait lieu de rechercher si ces sentences sont authentiques ou, du moins, si elles ne sont pas des extraits des ouvrages déjà publiés. Cf. Lambecius, Biblioth. cæsareæ catal., τ. 1V, p. 466 sq., 470.

On trouve, en effet, dans les manuscrits, sous le nom de Syméon, d’autres titres d’écrits, qui ne paraissent pas dans notre liste. Il s’agit, la plupart du temps, sinon toujours, d'extraits des ouvrages signalés, spécialement du premier. Ainsi Jean Morin inséra dans son De sacramento pænilentiæ, Paris, 1651, ce qu’a écrit notre auteur sur le sacrement de pénitence dans son grand ouvrage écrit sous forme de dialogue. Il fit de même pour ce qui regarde le sacrement de l’ordre dans son De sacris ordinalionibus, Paris, 1655. On rencontre encore séparément le Dialogue contre les hérésies, l’'Explication de la liturgie, même la Liste des innovations des latins, Τ]ερὶ ὧν καινοτομοῦσι Λατῖνοι, que Fabricius, édit. Harlès, Bibliotheca græca, t. ΧΙ, p. 328, présente comme un ouvrage séparé.

Syméon écrit en une langue simple et claire sans aucune prétention littéraire, comme le demandaient du reste les sujets qu’il a traités. Ses écrits témoignent de connaissances variées et de vastes lectures. Ses sources sont avant tout byzantines et, s’il y a traces d’influences latines, elles lui sont venues par des intermédiaires byzantins. On peut le considérer comme le docteur par excellence du symbolisme liturgique. Il excelle à trouver des raisons mystiques à tous les objets et instruments du culte, aux moindres prières, aux moindres cérémonies. Sa fécondité sous ce rapport rappelle celle de saint Thomas d'Aquin dans le domaine des raisons de convenance des vérités révélées.

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